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Perspectives de l'économie mondiale, avril 2016 : Une croissance trop faible depuis trop longtemps
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Perspectives de l'économie mondiale, avril 2016 : Une croissance trop faible depuis trop longtemps
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Information
Publisher
INTERNATIONAL MONETARY FUNDeBook ISBN
9781475544565
Year
2016Chapitre 1. Ăvolution RĂ©cente et Perspectives
Ăvolution rĂ©cente et perspectives
Des rĂ©alignements macroĂ©conomiques de grande ampleur influent diffĂ©remment sur les perspectives des pays et des rĂ©gions. Il sâagit du ralentissement et du rééquilibrage de lâĂ©conomie chinoise; dâune nouvelle baisse des prix des produits de base, en particulier du pĂ©trole, qui a des consĂ©quences considĂ©rables sur la distribution du revenu entre les secteurs et les pays; dâun ralentissement connexe de lâinvestissement et du commerce; et de la diminution des flux de capitaux vers les pays Ă©mergents et les pays en dĂ©veloppement. Ces rĂ©alignements, conjuguĂ©s Ă une sĂ©rie de facteurs non Ă©conomiques, parmi lesquels des tensions gĂ©opolitiques et des discordes politiques, crĂ©ent une incertitude considĂ©rable. Globalement, ils concordent avec des perspectives moroses pour lâĂ©conomie mondiale, mais les risques dâun affaiblissement notable de la croissance mondiale ont augmentĂ© aussi.
LâĂ©conomie mondiale ces derniers mois
Il ressort de donnĂ©es prĂ©liminaires que la croissance mondiale a atteint 2,8 % au deuxiĂšme semestre de 2015, soit un taux plus faible que prĂ©vu, avec un ralentissement considĂ©rable au dernier trimestre (graphique 1.1). Ce ralentissement inattendu Ă la fin de 2015 tient dans une large mesure Ă une baisse de lâactivitĂ© dans les pays avancĂ©s, en particulier aux Ătats-Unis, mais aussi au Japon et dans dâautres pays asiatiques avancĂ©s. En ce qui concerne les pays Ă©mergents, la situation est assez diverse, avec une croissance Ă©levĂ©e en Chine et dans la plupart des pays Ă©mergents dâAsie, mais une situation macroĂ©conomique difficile au BrĂ©sil, en Russie et dans plusieurs autres pays exportateurs de produits de base.
Graphique 1.1. Indicateurs de lâactivitĂ© mondiale

Source : Bureau nĂ©erlandais de lâanalyse de la politique Ă©conomique CPB; Haver Analytics; Markit Economics; estimations des services du FMI.
Note : IDA = indice des directeurs dâachat; PI = production industrielle.
1Australie, Canada, CorĂ©e, Danemark, Ătats-Unis, RAS de Hong Kong (PI seulement), IsraĂ«l, Japon, NorvĂšge (PI seulement), Nouvelle-ZĂ©lande, RĂ©publique tchĂšque, Royaume-Uni, Singapour, SuĂšde (PI seulement), Suisse, province chinoise de Taiwan et zone euro.
2Afrique du Sud, Argentine (PI seulement), Brésil, Bulgarie (PI seulement), Chili (PI seulement), Chine, Colombie (PI seulement), Hongrie, Inde, Indonésie, Lettonie (PI seulement), Lituanie (PI seulement), Malaisie (PI seulement), Mexique, Pakistan (PI seulement), Pérou (PI seulement), Philippines (PI seulement), Pologne, Roumanie (PI seulement), Russie, Thaïlande (PI seulement), Turquie, Ukraine (PI seulement) et Venezuela (PI seulement).
- Aux Ătats-Unis, la croissance est tombĂ©e Ă 1,4 % en taux annuel corrigĂ© des variations saisonniĂšres au quatriĂšme trimestre de 2015. Sâil est probable que certaines des raisons de ce ralentissement, y compris la trĂšs grande faiblesse des exportations, seront temporaires, la demande intĂ©rieure finale a Ă©tĂ© plus faible aussi, avec une baisse de lâinvestissement non rĂ©sidentiel, notamment en dehors du secteur de lâĂ©nergie. En dĂ©pit des signes dâun ralentissement de la croissance, les indicateurs du marchĂ© du travail ont continuĂ© de sâamĂ©liorer. En particulier, la croissance de lâemploi a Ă©tĂ© trĂšs vigoureuse, le taux dâactivitĂ© a rebondi, et le taux de chĂŽmage a continuĂ© de baisser, pour sâĂ©tablir Ă 4,5 % en mars.
- Dans la zone euro, la reprise a Ă©tĂ© plus ou moins conforme Ă la prĂ©vision de janvier : lâaffermissement de la demande intĂ©rieure a compensĂ© lâaffaiblissement de lâimpulsion extĂ©rieure. Au niveau des pays, la croissance a Ă©tĂ© plus faible que prĂ©vu en Italie, mais la reprise a Ă©tĂ© plus vigoureuse en Espagne.
- Au Japon, la croissance a Ă©tĂ© largement infĂ©rieure aux prĂ©visions au quatriĂšme trimestre, du fait en particulier dâune forte baisse de la consommation privĂ©e.
- Dans les autres pays avancĂ©s dâAsie Ă©troitement liĂ©s Ă la Chine, tels que la rĂ©gion administrative spĂ©ciale de Hong Kong et la province chinoise de Taiwan, lâactivitĂ© Ă©conomique a diminuĂ© nettement au premier semestre de 2015, Ă cause en partie dâune forte baisse des exportations. LâactivitĂ© a progressĂ© moins que prĂ©vu au deuxiĂšme semestre de lâannĂ©e : la demande intĂ©rieure est restĂ©e languissante, et la reprise des exportations a Ă©tĂ© relativement modeste.
- En Chine, par contre, la croissance a Ă©tĂ© lĂ©gĂšrement plus Ă©levĂ©e que prĂ©vu, grĂące Ă la rĂ©silience de la demande intĂ©rieure, en particulier de la consommation. La croissance robuste dans le secteur des services a compensĂ© la faiblesse rĂ©cente de lâactivitĂ© manufacturiĂšre.
- En AmĂ©rique latine, le ralentissement au BrĂ©sil a Ă©tĂ© plus grave que prĂ©vu, tandis que lâactivitĂ© dans le reste de la rĂ©gion a Ă©tĂ© plus ou moins conforme aux prĂ©visions.
- En Russie, la rĂ©cession a Ă©tĂ© plus ou moins conforme aux attentes en 2015, et la situation sâest dĂ©tĂ©riorĂ©e dans la plupart des autres pays de la CommunautĂ© des Ătats indĂ©pendants (CEI), en raison des rĂ©percussions de la situation en Russie, ainsi que de lâimpact nĂ©gatif de la baisse des prix du pĂ©trole sur les pays exportateurs nets de pĂ©trole.
- En Afrique subsaharienne et au Moyen-Orient, oĂč les sĂ©ries de donnĂ©es trimestrielles sur le PIB ne sont pas toujours disponibles, il ressort des indicateurs macroĂ©conomiques que lâactivitĂ© Ă©conomique a Ă©tĂ© infĂ©rieure aux prĂ©visions aussi, en raison de la baisse des prix du pĂ©trole, du recul des prix des autres produits de base, ainsi que des conflits gĂ©opolitiques et intĂ©rieurs dans un petit nombre de pays.
- De maniĂšre plus gĂ©nĂ©rale, les tensions gĂ©opolitiques pĂšsent sur la croissance de lâĂ©conomie mondiale. Les contractions de la production dans trois pays particuliĂšrement touchĂ©s (Ukraine, Libye et YĂ©men, qui reprĂ©sentaient environ œ point du PIB mondial en 2013) ont amputĂ© la production mondiale de 0,1 point pendant la pĂ©riode 2014â15.
- La production industrielle mondiale, en particulier de biens dâĂ©quipement, est restĂ©e languissante pendant toute lâannĂ©e 2015. Cette faiblesse cadre avec la crise de lâinvestissement Ă lâĂ©chelle mondiale, en particulier dans les secteurs de lâĂ©nergie et des mines, ainsi quâavec la dĂ©cĂ©lĂ©ration de lâactivitĂ© manufacturiĂšre en Chine.
Inflation faible
En 2015, lâinflation globale a atteint 0,3 % en moyenne dans les pays avancĂ©s, soit le niveau le plus bas depuis la crise financiĂšre mondiale, principalement en raison de la forte baisse des prix des produits de base, avec une remontĂ©e Ă la fin de 2015 (graphique 1.2). Lâinflation hors alimentation et Ă©nergie est restĂ©e plus ou moins stable, Ă 1,6â1,7 %, mais est demeurĂ©e bien en deçà des objectifs fixĂ©s par les banques centrales. Dans beaucoup de pays Ă©mergents, le recul des prix du pĂ©trole et dâautres produits de base (y compris les produits alimentaires, qui pĂšsent plus lourd dans les indices des prix Ă la consommation des pays Ă©mergents et des pays en dĂ©veloppement) a gĂ©nĂ©ralement entraĂźnĂ© une baisse de lâinflation, mais, dans un certain nombre de pays, tels que le BrĂ©sil, la Colombie et la Russie, une forte dĂ©prĂ©ciation de la monnaie a compensĂ© dans une large mesure lâeffet du recul des prix des produits de base, et lâinflation est montĂ©e.
Graphique 1.2. Inflation mondiale
(Variation en pourcentage sur un an, sauf indication contraire)

Sources : Consensus Economics; FMI, systĂšme des cours des produits de base; estimations des services du FMI.
Note : APA : autres pays avancés; APAE : autres pays avancés européens.
1Hors Venezuela.
2Au Japon, lâaccĂ©lĂ©ration de lâinflation en 2014 sâexplique dans une large mesure par le relĂšvement de la taxe sur la consommation.
Baisse des prix des produits de base
Les prix du pĂ©trole ont encore diminuĂ© de 32 % entre aoĂ»t 2015 et fĂ©vrier 2016 (câest-Ă -dire entre la pĂ©riode de rĂ©fĂ©rence de lâĂ©dition dâoctobre des Perspectives de lâĂ©conomie mondiale (PEM) et celle du prĂ©sent rapport), du fait de la vigueur de lâoffre des pays membres de lâOrganisation des pays exportateurs de pĂ©trole et de la Russie, des attentes dâune hausse de lâoffre de la RĂ©publique islamique dâIran et des craintes concernant la rĂ©silience de la demande mondiale et des perspectives de croissance Ă moyen terme, ainsi que de lâaversion pour le risque sur les marchĂ©s financiers, qui a encouragĂ© les investisseurs Ă se dĂ©tourner des produits de base et des actions (graphique 1.3). Les prix du charbon et du gaz naturel ont baissĂ© aussi, ces derniers Ă©tant liĂ©s aux prix du pĂ©trole, notamment par le biais des prix des contrats indexĂ©s sur le pĂ©trole. Les prix des produits de base hors carburants ont diminuĂ© aussi, avec une baisse de 9 % et de 4 %, respectivement, pour les mĂ©taux et les produits agricoles. LâexcĂ©dent de lâoffre de pĂ©trole a portĂ© les niveaux de stocks dans les pays membres de lâOrganisation de coopĂ©ration et de dĂ©veloppement Ă©conomiques Ă un niveau record en dĂ©pit de la demande vigoureuse de pĂ©trole que la forte baisse des prix a entraĂźnĂ©e en 20151. Les prix du pĂ©trole se sont redressĂ©s quelque peu en mars, en raison dâune amĂ©lioration de lâĂ©tat dâesprit des opĂ©rateurs des marchĂ©s financiers.
Graphique 1.3. Marchés des produits de base et du pétrole

Sources : Agence internationale de lâĂ©nergie (AIE); FMI, systĂšme des cours des produits de base; Organisation de coopĂ©ration et de dĂ©veloppement Ă©conomiques; estimations des services du FMI.
Note : AfSS = Afrique subsaharienne; ALC = AmĂ©rique latine et CaraĂŻbes; CEI = CommunautĂ© des Ătats indĂ©pendants; MOAN = Moyen-Orient et Afrique du Nord; OCDE = Organisation de coopĂ©ration et de dĂ©veloppement Ă©conomiques; PCMP = prix au comptant moyen du pĂ©trole.
Taux de change et flux de capitaux
Entre août 2015 et février 2016, les monnaies des pays avancés se sont généralement affermies, et celles des pays exportateurs de pétrole ayant un taux de change flottant, en particulier les pays exportateurs de pétrole, ont eu tendance à se déprécier davantage (graphique 1.4, bùtons bleus).
Graphique 1.4. Variations des taux de change effectifs rĂ©els, aoĂ»t 2015âfĂ©vrier 2016
(En pourcentage)

Source : calculs des services du FMI.
Note : TCER = taux de change effectif rĂ©el; ZE = zone euro. Les codes des pays utilisĂ©s sont ceux de lâOrganisation internationale de normalisation (ISO).
Parmi les pays avancĂ©s, lâapprĂ©ciation du yen (environ 10 % en valeur effective rĂ©elle) a Ă©tĂ© particuliĂšrement nette, tandis que le dollar amĂ©ricain et lâeuro se sont apprĂ©ciĂ©s dâenviron 3 % et 2 %, respectivement. Par contre, la livre britannique sâest dĂ©prĂ©ciĂ©e de 7 %, en raison des attentes dâune normalisation ultĂ©rieure de la politique monĂ©taire au Royaume-Uni et des craintes concernant une sortie de lâUnion europĂ©enne (UE).
Dans les pays Ă©mergents, les dĂ©prĂ©ciations ont Ă©tĂ© particuliĂšrement marquĂ©es en Afrique du Sud, au Mexique, en Russie et en Colombie. Le renminbi chinois sâest dĂ©prĂ©ciĂ© dâenviron 2 %, tandis que la roupie indienne est restĂ©e plus ou moins stable.
Depuis fĂ©vrier, les monnaies des pays avancĂ©s ou Ă©mergents exportateurs de produits de base ont gĂ©nĂ©ralement rebondi, du fait dâune baisse de lâaversion pour le risque Ă lâĂ©chelle mondiale et dâun certain redressement des prix des produits de base (graphique 1.4, bĂątons rouges). Inversement, le dollar sâest dĂ©prĂ©ciĂ© dâenviron 1œ %, et l...
Table of contents
- Cover Page
- Title Page
- Copyright Page
- Contents
- HypothĂšses et conventions
- Informations et données supplémentaires
- Préface
- Avant-propos
- Résumé analytique
- Chapitre 1. Ăvolution rĂ©cente et perspectives
- Chapitre 2. Comprendre le ralentissement des flux de capitaux vers les pays émergents
- Chapitre 3. Le moment est-il venu de stimuler lâoffre? Effets macroĂ©conomiques des rĂ©formes des marchĂ©s du travail et des produits dans les pays avancĂ©s
- Appendice statistique
- Perspectives de lâĂ©conomie mondiale questions dâactualitĂ©
- Examen des perspectives par le conseil dâadministration du FMI, avril 2016
- Tableaux
- Footnotes