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Perspectives de l'économie mondiale, avril 2012 : Une reprise en cours, mais qui reste en danger
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Perspectives de l'économie mondiale, avril 2012 : Une reprise en cours, mais qui reste en danger
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Information
Publisher
INTERNATIONAL MONETARY FUNDeBook ISBN
9781616352691
Year
2012Chapitre 1. Perspectives et enjeux mondiaux
Ăvolution rĂ©cente
AprĂšs sâĂȘtre fortement assombries en 2011, les perspectives de lâĂ©conomie mondiale sâamĂ©liorent de nouveau progressivement, mais les risques de dĂ©gradation restent Ă©levĂ©s. Ă la fin du troisiĂšme trimestre de lâannĂ©e, la croissance correspondait plus ou moins aux estimations de lâĂ©dition de septembre 2011 des Perspectives de lâĂ©conomie mondiale (PEM). Le PIB rĂ©el dans de nombreux pays Ă©mergents et en dĂ©veloppement a Ă©tĂ© un peu plus faible que prĂ©vu, mais la croissance a dĂ©passĂ© les prĂ©visions dans les pays avancĂ©s. Cependant, lâactivitĂ© a reculĂ© vivement au quatriĂšme trimestre, principalement dans la zone euro (graphique 1.1, plages 1 et 2).
Graphique 1.1. Indicateurs mondiaux
Les indicateurs mondiaux du commerce et de la production ont reculĂ© au second semestre de 2011. Un redĂ©marrage de lâactivitĂ© est prĂ©vu Ă compter du deuxiĂšme trimestre de 2012. LâĂ©volution aux Ătats-Unis et au Japon en 2011 et en Europe, notamment dans la zone euro en 2012, est dĂ©cevante par rapport aux projections antĂ©rieures.

Source: estimations des services du FMI.
1Afrique du Sud, Argentine, Brésil, Bulgarie, Chili, Chine, Colombie, Hongrie, Inde, Indonésie, Lettonie, Lituanie, Malaisie, Mexique, Pakistan, Pérou, Philippines, Pologne, Roumanie, Russie, Thaïlande, Turquie, Ukraine et Venezuela.
2Australie, Canada, CorĂ©e, Danemark, Ătats-Unis, Hong Kong (RAS), IsraĂ«l, Japon, NorvĂšge, Nouvelle-ZĂ©lande, RĂ©publique tchĂšque, Royaume-Uni, Singapour, SuĂšde, Suisse, province chinoise de Taiwan et zone euro.
- Lâavenir de lâUnion Ă©conomique et monĂ©taire (UEM) est devenu incertain, car la crise de la dette souveraine a entraĂźnĂ© de fortes hausses des taux des obligations publiques (graphique 1.2, plages 2 et 3). Lâeffondrement de la confiance et la montĂ©e des tensions financiĂšres ont largement contribuĂ© Ă la contraction de 1,3 % (en taux annualisĂ©) de lâĂ©conomie de la zone euro. Le PIB rĂ©el sâest contractĂ© aussi au Japon, en raison des perturbations de lâoffre dues aux inondations en ThaĂŻlande et au flĂ©chissement de la demande mondiale. Aux Ătats-Unis, par contre, lâactivitĂ© sâest accĂ©lĂ©rĂ©e, grĂące Ă la hausse de la consommation et de lâinvestissement en stocks. Le crĂ©dit et le marchĂ© du travail ont commencĂ© aussi Ă se redresser.
- LâactivitĂ© a flĂ©chi dans les pays Ă©mergents et les pays en dĂ©veloppement, des facteurs sans rapport avec la crise de la zone euro jouant aussi un rĂŽle important, mais elle est restĂ©e relativement vigoureuse (graphique 1.1, plage 3). Dans les pays Ă©mergents dâAsie et en AmĂ©rique latine, le commerce et la production ont ralenti notablement, Ă cause en partie de facteurs cycliques, y compris un durcissement rĂ©cent de la politique Ă©conomique. Dans la rĂ©gion du Moyen-Orient et de lâAfrique du Nord, lâactivitĂ© est restĂ©e modĂ©rĂ©e dans un contexte marquĂ© par des troubles sociaux et lâincertitude gĂ©opolitique. En Afrique subsaharienne, la croissance nâa guĂšre perdu de sa vigueur, grĂące au niveau Ă©levĂ© des cours des produits de base. Dans les pays Ă©mergents dâEurope, la faiblesse de la croissance dans la zone euro a eu des effets plus marquĂ©s quâailleurs. Cependant, les craintes dâun ralentissement brutal en Turquie et un affaiblissement du cadre de politique Ă©conomique en Hongrie ont pesĂ© aussi sur lâactivitĂ©.
Graphique 1.2. Ăvolution rĂ©cente des marchĂ©s financiers
La situation financiĂšre sâest dĂ©gradĂ©e notablement Ă lâautomne 2011, mais sâest amĂ©liorĂ©e depuis. Les donnĂ©es Ă©conomiques ont Ă©tĂ© meilleures que prĂ©vu, principalement aux Ătats-Unis, et lâaction des pouvoirs publics a permis de faire baisser les primes de risque souverain et bancaire dans la zone euro.

Sources: Bank of America/Merrill Lynch; Bloomberg Financial Markets; Citigroup; estimations des services du FMI.
1Obligations publiques Ă dix ans.
2Taux interbancaire offert Ă Londres Ă trois mois, moins taux des titres publics Ă trois mois.
Bien quâon se soit toujours attendu Ă ce que la reprise soit faible et vulnĂ©rable en raison des retombĂ©es de la crise financiĂšre, dâautres facteurs ont jouĂ© des rĂŽles importants. Dans la zone euro, il sâagit des failles dans la conception de lâUEM; aux Ătats-Unis, un dĂ©bat acrimonieux sur le rééquilibrage des finances publiques, ce qui a Ă©branlĂ© la confiance sur les marchĂ©s financiers; et ailleurs, des catastrophes naturelles et des cours Ă©levĂ©s du pĂ©trole rĂ©sultant des perturbations de lâoffre. En consĂ©quence, les projections antĂ©rieures et actuelles dâune croissance qui ne serait que modeste ont pour origine divers facteurs et rĂ©gions (graphique 1.1, plage 4). Certains de ces facteurs sont en train de disparaĂźtre, ce qui favorisera un redĂ©marrage de lâactivitĂ©.
Les indicateurs Ă haute frĂ©quence font Ă©tat dâune croissance un peu plus vigoureuse. Les indices des directeurs dâachats dans lâindustrie manufacturiĂšre pour les pays avancĂ©s et les pays Ă©mergents ont augmentĂ© lĂ©gĂšrement au dernier trimestre (graphique 1.3, plage 1). Les effets perturbateurs des inondations en ThaĂŻlande sur la chaĂźne dâapprovisionnement semblent sâattĂ©nuer, dâoĂč un redressement de la production industrielle et du commerce dans plusieurs pays asiatiques. En outre, la reconstruction continue de stimuler la production au Japon. La situation financiĂšre mondiale sâest amĂ©liorĂ©e: les derniĂšres donnĂ©es sont meilleures que prĂ©vu par les marchĂ©s, et les craintes dâune crise bancaire ou souveraine imminente dans la zone euro ont diminuĂ©. LâamĂ©lioration rĂ©cente de la capacitĂ© des principaux pays de la pĂ©riphĂ©rie Ă refinancer leur dette souveraine, le rĂ©trĂ©cissement des Ă©carts souverains et interbancaires par rapport aux chiffres records de dĂ©cembre et une rĂ©ouverture partielle des marchĂ©s de financement bancaire ont contribuĂ© Ă apaiser ces craintes, mais ces derniĂšres subsistent (graphique 1.2, plages 2 et 3). De maniĂšre plus gĂ©nĂ©rale, la volatilitĂ© des marchĂ©s a diminuĂ© et les flux de capitaux vers les pays Ă©mergents ont rebondi (graphique 1.4, plages 1 et 2). LâapprĂ©ciation de certaines monnaies a entraĂźnĂ© de nouvelles interventions sur les marchĂ©s des changes (par exemple, au BrĂ©sil et en Colombie).
Graphique 1.3. Indicateurs courants et avancés de la croissance1
Selon les indicateurs avancĂ©s, lâactivitĂ© a atteint son niveau le plus bas. La production mondiale pourrait ĂȘtre stimulĂ©e par une reconstitution des stocks et des investissements en stock tandis que les perturbations de lâoffre dues au tremblement de terre et au tsunami au Japon et aux inondations en ThaĂŻlande continuent de sâattĂ©nuer. Les cours du pĂ©trole devraient augmenter bien moins quâen 2011, ce qui soutiendra la croissance de la consommation.

Sources: Haver Analytics; calculs des services du FMI.
1Tous les pays ne sont pas inclus dans les totaux régionaux. Pour certains pays, les données mensuelles sont interpolées à partir des séries trimestrielles.
2Afrique du Sud, Argentine, Brésil, Bulgarie, Chili, Chine, Colombie, Hongrie, Inde, Indonésie, Lettonie, Lituanie, Malaisie, Mexique, Pérou, Philippines, Pologne, Roumanie, Russie, Thaïlande, Turquie, Ukraine et Venezuela.
3Australie, Canada, CorĂ©e, Danemark, Ătats-Unis, Hong Kong (RAS), IsraĂ«l, Japon, NorvĂšge, Nouvelle-ZĂ©lande, RĂ©publique tchĂšque, Royaume-Uni, Singapour, SuĂšde, Suisse, province chinoise de Taiwan et zone euro.
4Sur la base des écarts par rapport à une relation estimée (cointégration) entre la production industrielle et les ventes de détail.
5Moyennes pondĂ©rĂ©es par la paritĂ© de pouvoir dâachat des produits mĂ©talliques et des machines pour la zone euro, des usines et du matĂ©riel pour le Japon, des usines et des machines pour le Royaume-Uni, et du matĂ©riel et des logiciels pour les Ătats-Unis.
6Dollars le baril: moyenne simple des cours au comptant du UK Brent, du Dubai Fateh et du West Texas Intermediate.
Graphique 1.4. Conditions de financement des pays émergents
Les conditions de financement dans les pays Ă©mergents ont commencĂ© Ă se durcir Ă lâautomne 2011. Dans un contexte de fuite gĂ©nĂ©rale devant le risque, les Ă©carts de taux dâintĂ©rĂȘt ont augmentĂ©. Les conditions de financement se sont dĂ©tĂ©riorĂ©es pour les banques, avec pour rĂ©sultat un durcissement des critĂšres dâoctroi de prĂȘts, et les entrĂ©es de capitaux ont diminuĂ©. Cependant, ces flux reprennent maintenant avec une nouvelle vigueur, et les primes de risque ont baissĂ© de nouveau.

Sources: Bloomberg Financial Markets; Capital Data; EPFR Global; Haver Analytics; IIF Emerging Markets Bank Lending Survey; calculs des services du FMI.
1Ăcart JPMorgan EMBI Global Index.
2Ăcart JPMorgan CEMBI Broad Index.
3ORLT: opération de refinancement à long terme.
4BCE: Banque centrale européenne.
5AMO: Afrique et Moyen-Orient.
Lâaction des pouvoirs publics a jouĂ© un rĂŽle important dans cette amĂ©lioration rĂ©cente, mais il reste Ă rĂ©soudre divers problĂšmes fondamentaux. Les opĂ©rations de refinancement Ă long terme (trois ans) de la Banque centrale europĂ©enne (BCE) ont empĂȘchĂ© une crise de liquiditĂ© imminente qui aurait pu aboutir Ă une crise bancaire. ConjuguĂ©es Ă lâengagement pris rĂ©cemment de renforcer le pare-feu de la zone euro ainsi quâĂ des rĂ©formes budgĂ©taires et structurelles (notamment en Italie et en Espagne), ces opĂ©rations ont entraĂźnĂ© une baisse des primes de risque souverain, mĂȘme si elles ont augmentĂ© de nouveau rĂ©cemment. La prolongation rĂ©cente des allĂ©gements des impĂŽts sur les salaires et des allocations de chĂŽmage aux Ătats-Unis a Ă©vitĂ© un durcissement excessif de la politique budgĂ©taire qui aurait nui Ă lâĂ©conomie nationale. NĂ©anmoins, les marchĂ©s restent trĂšs prĂ©occupĂ©s par les perspectives des pays plus fragiles de la zone euro. Par ailleurs, les problĂšmes posĂ©s par le partage des risques et la gouvernance dans la zone euro, ainsi que par le rééquilibrage budgĂ©taire Ă moyen terme aux Ătats-Unis (et au Japon) exigent des mesures supplĂ©mentaires.
DâoĂč viennent les problĂšmes dans la zone euro?
La crise dans la zone euro est le produit de lâinteraction entre plusieurs forces structurelles. Comme dans les autres pays avancĂ©s, il sâagit de la mauvaise Ă©valuation des risques, de lâapplication de politiques macroĂ©conomiques inappropriĂ©es pendant de nombreuses annĂ©es et de la faiblesse des politiques et des dispositifs prudentiels. Ces facteurs ont influĂ© sur des failles propres Ă lâUEM et vice versa, accĂ©lĂ©rant lâaccumulation de dĂ©sĂ©quilibres excessifs dans les secteurs publics et privĂ©s de plusieurs pays de la zone euro, qui sont apparus Ă la suite de la Grande RĂ©cession. La crise qui a suivi a eu des consĂ©quences catastrophiques.
Si la dette publique extĂ©rieure globale de la zone euro est plus faible que celle des Ătats-Unis et du Japon, la crise a mis en Ă©vidence des failles dans la gouvernance de lâUEM. Le pacte pour la stabilitĂ© et la croissance a Ă©tĂ© conçu pour assurer la discipline budgĂ©taire, mais nâa pas rĂ©ussi Ă empĂȘcher lâapplication de mauvaises politiques budgĂ©taires. Les marchĂ©s sont devenus de plus en plus intĂ©grĂ©s, les prĂȘts bancaires transfrontiĂšres atteignant un niveau considĂ©rable, mais le contrĂŽle et la rĂ©glementation sont restĂ©s nationaux. Il a Ă©tĂ© interdit explicitement Ă la BCE...
Table of contents
- Cover Page
- Title Page
- Copyright Page
- Contents
- HypothĂšses et conventions
- Informations et données supplémentaires
- Préface
- Avant-propos
- Résumé analytique
- Chapitre 1. Perspectives et enjeux mondiaux
- Chapitre 2. Perspectives nationales et régionales
- Chapitre 3. Faire face Ă lâendettement des mĂ©nages
- Chapitre 4. Fluctuations des cours des produits de base et conséquences pour les exportateurs
- Annexe: examen des perspectives par le conseil dâadministration du FMI, mars 2012
- Appendice statistique
- Perspectives de lâĂ©conomie mondiale, Questions dâactualitĂ©
- Encadrés
- Footnotes