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Richesse pétrolière en Afrique centrale : Les moyens d'une croissance solidaire
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Richesse pétrolière en Afrique centrale : Les moyens d'une croissance solidaire
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Information
Publisher
INTERNATIONAL MONETARY FUNDeBook ISBN
9781475584233
Year
2013Première Partie: Défis macroéconomiques et croissance
Chapitre 1. Les défis macroéconomiques pour la CEMAC
La Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) a tiré des recettes substantielles de la production pétrolière au cours des dernières décennies, mais elle doit faire face à d’importants défis sur le front de la croissance et du développement (graphique 1.1). Cinq de ses six pays membres sont producteurs de pétrole; celui-ci représente environ 40 % du PIB régional et 85 % des exportations totales. Les recettes pétrolières sont le principal moteur de l’activité économique par l’intermédiaire des dépenses publiques, mais l’instabilité des cours du pétrole et des politiques budgétaires procycliques ont donné lieu à une succession de périodes d’expansion et de récession qui ont parfois été exacerbées par une hausse rapide des salaires, inélastiques à la baisse en régime de taux de change fixe. Les dépenses financées par la manne pétrolière ne se sont pas traduites par une croissance mieux partagée. Dans un contexte de fortes inégalités, la pauvreté et le chômage restent très répandus. Le taux d’activité des jeunes, en particulier, est plus bas qu’au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (tableau 1.1). Il est peu probable que la région atteigne les objectifs du Millénaire pour le développement d’ici à 2015 (tableau 1.5).
Graphique 1.1 CEMAC: défis de la croissance et du développement, 2005–10

Sources: FMI, base de données des Perspectives de l'économie mondiale; estimations des services du FMI.
Note: CCG = Conseil de coopération du Golfe; UEMOA = Union économique et monétaire ouest-africaine.
1 Le CCG regroupe les pays suivants: Arabie saoudite, Bahreïn, Émirats arabes unis, Koweït, Oman et Qatar.
Tableau 1.1 Indicateurs sociaux

Sources: Programme des Nations Unies pour le développement; Banque mondiale.
Note: AfSS = Afrique subsaharienne; CEMAC = Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale; UEMOA = Union économique et monétaire ouest-africaine.
1 Ratio emploi/population, 15–24 ans, total (%).
Le principal défi pour les pays de la CEMAC est donc de mettre à profit la richesse pétrolière pour rehausser fortement la croissance en dehors du secteur pétrolier et faire reculer sensiblement et durablement la pauvreté. Assurer des investissements publics productifs, améliorer le climat des affaires pour renforcer la compétitivité et stimuler l’investissement privé, et assouplir davantage le marché du travail sont autant d’initiatives qui peuvent utilement contribuer aux efforts déployés dans ce sens. Plus fondamentalement, il faudrait s’attaquer aux taux élevés de pauvreté en améliorant la qualité des dépenses consacrées à l’éducation et à la santé et créer davantage de possibilités d’emploi dans les secteurs non pétroliers.
Pour jeter les bases du développement économique et social des pays de la CEMAC, les autorités responsables doivent relever quatre principaux défis macroéconomiques: i) assurer la viabilité des finances publiques et des comptes extérieurs, ii) stimuler la croissance hors pétrole, iii) réformer le secteur financier, et iv) promouvoir l’intégration commerciale et régionale.
Assurer la Viabilité Budgétaire et la Compétitivité Extérieure
Le déficit primaire hors pétrole (DPHP) de la zone CEMAC s’est creusé ces dernières années sous l’effet des investissements publics (graphique 1.2 et tableau 1.2). Il devrait, d’après les projections, se rapprocher du niveau soutenable d’environ 5 % du PIB hors pétrole, calculé à l’aide du modèle de l’hypothèse du revenu permanent (HRP)1, les investissements devant diminuer à moyen terme.
Graphique 1.2 Viabilité des finances publiques

Source: estimations et projections des services du FMI.
Note: DPHP = Déficit primaire hors pétrole; HRP = Hypothèse du revenu permanent.
Tableau 1.2 Coûts des infrastructures

Source: Banque mondiale, Étude diagnostique des infrastructures nationales en Afrique, 2008.
Note: EVP = équivalent vingt pieds. Les chiffres correspondent au point médian des fourchettes régionales.
Du fait qu’il ne fait pas de distinction entre les dépenses en capital et les dépenses courantes et qu’il ne tient pas compte des besoins de développement, le modèle HRP ne peut toutefois servir de référence que sur le long terme pour évaluer l’orientation budgétaire d’un pays qui exploite ses ressources naturelles et investit dans son capital physique2. Pour assurer la viabilité et l’optimalisation des finances publiques, les décisions en matière d’investissement public doivent être prises de manière à assurer un taux de rendement au moins égal à celui des actifs financiers, en tenant compte des différences entre les profils de risque de ces deux types d’investissement. Les actifs physiques de l’État doivent offrir un rendement corrigé des risques équivalant au moins au taux d’intérêt réel à long terme des placements dans des actifs financiers internationaux (disons 2 à 3 %), ou produire un flux équivalent d’avantages sociaux pour mériter d’être pris en considération. La qualité des investissements est donc cruciale. Le risque que les pouvoirs publics n’obtiennent pas de rendements suffisants sous forme d’un accroissement des recettes fiscales ou de retombées favorables pour la société est non négligeable dans les pays de la CEMAC du fait des carences de ces pays sur le plan de la gouvernance ainsi que de la planification, de l’exécution, du suivi et de la maintenance des projets d’investissement public (voir plus loin la section intitulée «Accélérer la croissance hors pétrole»).
La situation budgétaire a d’importantes implications pour la compétitivité extérieure. Les dépenses financées par les recettes pétrolières ont entraîné une appréciation du taux de change effectif réel (TCER), compte tenu du régime de change fixe, (graphique 1.3 et encadré 1.1 sur l’inflation), et érodé ainsi la compétitivité des secteurs autres que celui des produits de base. L’appréciation du TCER n’est pas nécessairement très préoccupante en soi si les investissements publics offrent un taux de rendement satisfaisant et stimulent la productivité dans ces secteurs. Étant donné, toutefois, la faiblesse des taux de rendement produits dans le passé par les investissements publics dans les pays de la CEMAC, l’appréciation du TCER y a probablement pesé sur la croissance hors produits de base et nui à l’emploi.
Graphique 1.3 Évolution des taux de change, 1990–2010

Sources: FMI, bases de données des Perspectives de l’économie mondiale et du Département Afrique.
Note: CEMAC = Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale; UEMOA = Union économique et monétaire ouest-africaine.
Considérations concernant l’action gouvernementale et les réformes
Le modèle HRP n’est pas le meilleur qui soit pour des pays en développement aux ressources en capital limitées comme ceux de la CEMAC (chapitre 5). Étant donné l’importance de leurs besoins d’investissement dans les infrastructures économiques et sociales, ces pays doivent mettre l’accent sur la qualité et l’efficience de leurs investissements publics. Ils doivent pour cela les intégrer dans des programmes pluriannuels d’investissement réalistes et inscrire les budgets annuels correspondants dans un cadre macroéconomique à moyen terme compatible avec la viabilité budgétaire et la viabilité externe. Ils devraient en outre examiner de près leurs programmes d’investissements publics et leur exécution pour veiller à ce qu’ils offrent un rendement réel, corrigé des risques, au moins égal au taux d’intérêt réel à long terme des actifs financiers.
Encadré 1.1 L’inflation dans la zone CEMAC
L’un des effets positifs de l’union monétaire et du régime de change fixe a été le maintien d’une inflation généralement basse et stable dans la région, malgré les chocs sur l’offre et les déséquilibres budgétaires. En utilisant un ensemble de données incluant des indices par pays des produits énergétiques et alimentaires, Caceres, Poplawski-Ribeiro et Tartari (2011) examinent la dynamique de l’inflation dans quatre pays membres de la CEMAC (Cameroun, Gabon, République centrafricaine et République du Congo) et dans ces quatre pays considérés globalement (CEMAC-4)1. L’objectif est d’analyser l’incidence des prix des produits de base sur l’inflation intérieure et de mettre au jour la dynamique et les interactions entre les composantes de l’inflation globale (comprenant les produits énergétiques et alimentaires) et l’inflation sous-jacente (comprenant tous les éléments du panier de l’IPC à l’exclusion des produits énergétiques et alimentaires).
Il ressort de cette analyse que les chocs affectant les cours des produits de base ont un effet sensible sur l’inflation. Dans la plupart des pays de la CEMAC, l’effet des fluctuations mondiales des prix des produits alimentaires et des...
Table of contents
- Cover Page
- Title Page
- Copyright Page
- Contents
- Avant-propos
- Remerciements
- Présentation des auteurs
- Abréviations
- Vue d’ensemble
- Première partie Défis Macroéconomiques et croissance
- Deuxième partie Gestion de la Richesse Pétrolière et Réduction de la Pauvreté
- Troisième partie Gestion de la Richesse Pétrolière: Études de Cas
- Appendice. Introduction aux institutions de la CEMAC
- Index
- Footnotes