Perspectives de l'économie mondiale, octobre 2013 : Transitions et tensions
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Perspectives de l'économie mondiale, octobre 2013 : Transitions et tensions

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Information

eBook ISBN
9781484356395
Year
2013

Chapitre 1. Perspectives et enjeux Mondiaux

La croissance mondiale reste faible, sa dynamique Ă©volue et les prĂ©visions risquent encore d’ĂȘtre rĂ©visĂ©es Ă  la baisse. En consĂ©quence, de nouveaux enjeux apparaissent et les effets de contagion pourraient devenir plus prĂ©occupants. En particulier, les marchĂ©s sont de plus en plus convaincus que la politique monĂ©taire amĂ©ricaine arrive Ă  un tournant, ce qui a entraĂźnĂ© une augmentation exceptionnellement forte des rendements Ă  long terme aux États-Unis et dans beaucoup d’autres pays, bien que la RĂ©serve fĂ©dĂ©rale ait dĂ©cidĂ© rĂ©cemment de maintenir ses achats d’actifs. Cela pourrait reprĂ©senter des risques pour les pays Ă©mergents, oĂč l’activitĂ© ralentit et la qualitĂ© des actifs se dĂ©tĂ©riore. Il sera essentiel que la RĂ©serve fĂ©dĂ©rale amĂ©ricaine exĂ©cute sa politique avec soin et communique clairement. Par ailleurs, le ralentissement de la croissance chinoise pĂšsera sur de nombreux autres pays, notamment les pays Ă©mergents et les pays en dĂ©veloppement qui exportent des produits de base. Par ailleurs, des problĂšmes de longue date, Ă  savoir un systĂšme financier fragmentĂ© dans la zone euro et une dette publique inquiĂ©tante dans tous les grands pays avancĂ©s, restent sans solution et pourraient provoquer de nouvelles crises. Les pays principaux doivent d’urgence adopter une politique Ă©conomique qui leur permet d’amĂ©liorer leurs perspectives: sinon, l’économie mondiale pourrait bien se retrouver sur une trajectoire de croissance languissante Ă  moyen terme. Les États-Unis et le Japon doivent Ă©tablir et appliquer des programmes Ă©nergiques, assortis de mesures concrĂštes, pour assainir leurs finances publiques Ă  moyen terme et rĂ©former leurs droits Ă  prestations, et la zone euro doit mettre en place une union monĂ©taire plus solide et assainir son systĂšme financier. La Chine devrait accroĂźtre ses dĂ©penses de consommation privĂ©e pour rééquilibrer la croissance de la demande de maniĂšre Ă  ce qu’elle soit moins tributaire des exportations et des investissements. Bon nombre de pays Ă©mergents doivent engager une nouvelle sĂ©rie de rĂ©formes structurelles.

Les dynamiques de croissance continuent de diverger

La croissance mondiale reste faible, atteignant seulement 2œ % en moyenne au premier semestre de 2013, soit environ le mĂȘme rythme qu’au deuxiĂšme semestre de 2012. Contrairement Ă  ce qui s’est passĂ© prĂ©cĂ©demment depuis la Grande RĂ©cession, la croissance s’est accĂ©lĂ©rĂ©e lĂ©gĂšrement dans les pays avancĂ©s, alors qu’elle a ralenti dans les pays Ă©mergents (graphique 1.1, plage 1). Cependant, les pays Ă©mergents continuent de reprĂ©senter la majeure partie de la croissance mondiale. Dans chaque groupe, il subsiste de fortes diffĂ©rences sur le plan de la croissance et de la position dans le cycle conjoncturel.
Graphique 1.1. Croissance mondiale
La croissance du PIB rĂ©el a Ă©tĂ© infĂ©rieure aux prĂ©visions dans les pays Ă©mergents et les pays en dĂ©veloppement, alors qu’elle a Ă©tĂ© plus ou moins conforme aux projections dans les pays avancĂ©s. Les raisons du ralentissement diffĂšrent d’un pays Ă  l’autre: durcissement des contraintes de capacitĂ©, stabilisation ou baisse des cours des produits de base, diminution de l’appui des pouvoirs publics ou ralentissement du crĂ©dit aprĂšs une pĂ©riode d’expansion rapide des circuits financiers.
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Sources: Haver Analytics; FMI, International Financial Statistics; estimations des services du FMI.
Note: AS = Afrique du Sud; BR = Brésil; CN = Chine; CO = Colombie; HK = RAS de Hong Kong; ID = Indonésie; IN = Inde; MA = Malaisie; MX = Mexique; PED = pays émergents et pays en développement; RU = Russie; TU = Turquie.
1 La croissance du PIB est pondĂ©rĂ©e par la part de la paritĂ© de pouvoir d’achat pour 2013.
Selon les derniers indicateurs, les perspectives sont un peu meilleures Ă  court terme, mais la dynamique de croissance varie parmi les pays principaux (graphique 1.2). Les projections des Perspectives de l’économie mondiale (PEM) continuent de faire Ă©tat d’une lĂ©gĂšre accĂ©lĂ©ration de l’activitĂ©, principalement sous l’impulsion des pays avancĂ©s (tableau 1.1).
Graphique 1.2. Indicateurs de l’activitĂ© mondiale
La production industrielle s’est redressĂ©e modĂ©rĂ©ment dans les pays avancĂ©s, mais elle continue de ralentir dans les pays Ă©mergents et les pays en dĂ©veloppement. Dans les pays Ă©mergents, il semble que la croissance soit infĂ©rieure Ă  la tendance, mais s’accĂ©lĂšre. L’activitĂ© reste trĂšs languissante dans la pĂ©riphĂ©rie de la zone euro. Dans la rĂ©gion MOAN et la zone euro, le taux de chĂŽmage, dĂ©jĂ  Ă©levĂ©, continue d’augmenter.
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Sources: Haver Analytics; Bureau nĂ©erlandais de l’analyse de la politique Ă©conomique pour l’indice du volume du commerce CPB; estimations des services du FMI.
Note: ALC = AmĂ©rique latine et CaraĂŻbes; CEI = CommunautĂ© des États indĂ©pendants; EU = États-Unis; MOAN = Moyen-Orient et Afrique du Nord; PDA = pays en dĂ©veloppement d’Asie; PEE = pays Ă©mergents d’Europe; ZE = zone euro.
1 Afrique du Sud, Argentine, Brésil, Bulgarie, Chili, Chine, Colombie, Hongrie, Inde, Indonésie, Lettonie, Lituanie, Malaisie, Mexique, Pakistan, Pérou, Philippines, Pologne, Roumanie, Russie, Thaïlande, Turquie, Ukraine et Venezuela.
2 Australie, Canada, CorĂ©e, Danemark, États-Unis, IsraĂ«l, Japon, NorvĂšge, Nouvelle-ZĂ©lande, province chinoise de Taiwan, RAS de Hong Kong, RĂ©publique tchĂšque, Royaume-Uni, Singapour, SuĂšde, Suisse et zone euro.
3 L’Afrique subsaharienne n’est pas incluse en raison de l’insuffisance des donnĂ©es.
4 Le Growth Tracker est dĂ©crit dans Matheson (2011). Au sein des rĂ©gions, les pays sont classĂ©s selon la taille de leur Ă©conomie. Les couleurs indiquent si la croissance mensuelle estimĂ©e est positive ou nĂ©gative, plus Ă©levĂ©e ou plus faible que la croissance tendancielle estimĂ©e, et si la croissance estimĂ©e est en hausse ou en baisse par rapport au trimestre prĂ©cĂ©dent. La croissance tendancielle est estimĂ©e Ă  l’aide du filtre Hodrick-Prescott et peut diffĂ©rer des estimations de la croissance potentielle des services et du FMI, lorsqu’elles sont disponibles.
Tableau 1.1. Perspectives de l’économie mondiale: aperçu des projections
(Variation en pourcentage, sauf indication contraire)
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Note: On suppose que les taux de change effectifs réels restent aux niveaux observés entre le 29 juillet et le 26 août 2013. Lorsque les pays ne sont pas classés par ordre alphabétique, ils le sont sur la base de la taille de leur économie. Les données trimestrielles agrégées sont corrigées des variations saisonniÚres.
1 Les estimations et projections trimestrielles reprĂ©sentent 90 % des poids mondiaux en paritĂ© de pouvoir d’achat.
2 Les donnĂ©es sur les États-Unis sont prĂ©sentĂ©es dans l’attente de la publication de la rĂ©vision des comptes nationaux par le Bureau de l’analyse Ă©conomique.
3 Hors pays du G-7 (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni) et de la zone euro.
4 Les estimations et projections trimestrielles représentent environ 80 % des pays émergents et en développement.
5 Pour l’Inde, les donnĂ©es et les prĂ©visions sont prĂ©sentĂ©es sur la base de l’exercice budgĂ©taire.
6 Indonésie, Malaisie, Philippines, Thaïlande et Viet Nam.
7 Moyenne simple des cours U.K. Brent, Dubaï et West Texas Intermediate. Le cours moyen du pétrole en 2012 était de 105,01 dollars le baril; hypothÚses, sur la base des marchés à terme, pour 2013: 104,49 dollars le baril, et pour 2014: 101,35 dollars le baril.
8 Taux à six mois pour les États-Unis et le Japon. Taux à trois mois pour la zone euro.
  • L’impulsion donnĂ©e Ă  la croissance mondiale devrait provenir principalement des États-Unis (graphique 1.3, plage 1), oĂč l’activitĂ© s’accĂ©lĂ©rera tandis que l’assainissement des finances publiques se relĂąche et que la politique monĂ©taire reste accommodante. AprĂšs un durcissement prononcĂ© de la politique budgĂ©taire au dĂ©but de l’annĂ©e, l’activitĂ© aux États-Unis reprend dĂ©jĂ  vigueur, grĂące Ă  un redressement du secteur immobilier (graphique 1.4, plage 5), Ă  une augmentation du patrimoine des mĂ©nages, Ă  un assouplissement des critĂšres d’octroi de prĂȘts bancaires (graphique 1.4, plage 3) et Ă  une hausse de l’emprunt (graphique 1.4, plages 2 et 4). Le durcissement budgĂ©taire est estimĂ© Ă  2œ % du PIB en 2013 (tableau A8 de l’appendice statistique). Cependant, il tombera Ă  Ÿ % du PIB en 2014, ce qui contribuera Ă  porter le taux de croissance Ă©conomique Ă  2œ %, contre 1œ % en 2013 (voir tableau 1.1). Cela suppose que les dĂ©penses publiques discrĂ©tionnaires sont autorisĂ©es et exĂ©cutĂ©es comme prĂ©vu et que le plafond de la dette est relevĂ© en temps voulu.
  • Au Japon, l’activitĂ© devrait ralentir en rĂ©action au durcissement de la politique budgĂ©taire en 2014. Jusqu’à prĂ©sent, les donnĂ©es font Ă©tat d’un redressement impressionnant de la production en rĂ©action Ă  l’assouplissement monĂ©taire quantitatif et qualitatif de la Banque du Japon, ainsi qu’à l’impulsion budgĂ©taire de 1,4 % du PIB visant Ă  mettre fin Ă  la dĂ©flation et Ă  accĂ©lĂ©rer la croissance. Selon les estimations des services du FMI, les nouvelles politiques ont peut-ĂȘtre rehaussĂ© le PIB d’environ 1 %, bien que les augmentations salariales soient restĂ©es modĂ©rĂ©es. Tandis que les dĂ©penses de relance et de reconstruction prennent fin et que les hausses des taxes sur la consommation sont mises en Ɠuvre, le dĂ©ficit structurel diminuera: les projections tablent sur un recul de 2œ % du PIB en 2014, qui devrait faire tomber la croissance de 2 % en 2013 Ă  1ÂŒ % en 2014. Cependant, si un autre train de mesures de relance est engagĂ©, le frein budgĂ©taire sera moindre et la croissance sera plus Ă©levĂ©e que prĂ©vu actuellement.
  • Dans la zone euro, les indicateurs de confiance des chefs d’entreprise permettent de penser que l’activitĂ© est sur le point de se stabiliser dans les pays de la pĂ©riphĂ©rie et se redresse dĂ©jĂ  dans les pays du cƓur de la zone. En 2014, une rĂ©duction marquĂ©e du rythme du durcissement budgĂ©taire, d’environ 1 % du PIB en 2013 Ă  moins de œ % du PIB, est imminente (voir graphique 1.5, plage 1). Cependant, l’impulsion rĂ©sultant de la rĂ©duction du rythme du durcissement budgĂ©taire est attĂ©nuĂ©e par le resserrement du crĂ©dit dans les pays de la pĂ©riphĂ©rie (voir graphique 1.4, plage 2). La croissance Ă©conomique n’atteindrait donc que 1 %, aprĂšs une contraction d’environ œ % en 2013.
Graphique 1.3. Prévisions de croissance du PIB
L’activitĂ© continuera de s’accĂ©lĂ©rer dans les pays avancĂ©s. Dans de nombreux pays Ă©mergents et pays en dĂ©veloppement, le redressement attendu est maintenant relativement plus modeste.
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Source: estimations des services du FMI.
Graphique...

Table of contents

  1. Cover Page
  2. Title Page
  3. Copyright Page
  4. Table des MatiĂšres
  5. HypothĂšses et conventions
  6. Informations et données supplémentaires
  7. Préface
  8. Avant-propos
  9. Résumé analytique
  10. Chapitre 1. Perspectives et enjeux mondiaux
  11. Chapitre 2. Perspectives nationales et régionales
  12. Chapitre 3. Sur la mĂȘme longueur d’onde? Effets d’entraĂźnement, chocs communs et rĂŽle des liens financiers et commerciaux
  13. Chapitre 4. Le yin et le yang de la gestion des flux de capitaux: mettre en équilibre les entrées et les sorties de capitaux
  14. Annexe: Examen des perspectives par le conseil d’administration du FMI, septembre 2013
  15. Perspectives de l’économie mondiale, Questions d’actualitĂ©
  16. Tableaux
  17. Footnotes