Précis de la balance des paiements : Un livre de cours
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Information

eBook ISBN
9781557755711
Year
1996

IV. Biens

166. D’aprĂšs la dĂ©finition du Manuel, le poste des biens de la balance des paiements englobe les marchandises gĂ©nĂ©rales, les biens importĂ©s ou exportĂ©s pour transformation, les rĂ©parations de biens, les achats de biens dans les ports par les transporteurs et Vor non monĂ©taire. Aux fins de la balance des paiements, les marchandises gĂ©nĂ©rales (parfois dĂ©nommĂ©es marchandises) recouvrent (Ă  quelques exceptions prĂšs) tous les biens meubles qui font l’objet d’un transfert de propriĂ©té—effectif ou imputé—entre rĂ©sidents et non-rĂ©sidents.
167. Certaines marchandises, qui sont pourtant des actifs rĂ©els faisant l’objet d’un transfert international de propriĂ©tĂ©, ne sont pas classĂ©es au poste des biens et relĂšvent d’autres composantes types de la balance des paiements. Les principaux exemples de biens qui sont exclus de ce poste et s’enregistrent Ă  d’autres postes ou rubriques du compte des transactions courantes sont:
l’or monĂ©taire, qui figure parmi les avoirs de rĂ©serve au compte d’opĂ©rations financiĂšres;
les biens achetĂ©s par les voyageurs et les travailleurs non rĂ©sidents pour leur propre usage, qui s’enregistrent Ă  la rubrique des voyages (du poste des services);
les biens acquis auprĂšs du pays d’accueil par les ambassades, les consulats, les missions et organismes militaires ainsi que par leur personnel non rĂ©sident, qui sont classĂ©s Ă  la rubrique des services fournis ou reçus par les administrations publiques, n.c.a. (du poste des services);
les journaux et pĂ©riodiques envoyĂ©s (autrement qu’en gros) par abonnement direct, qui sont classĂ©s sous la rubrique des services d’informatique et d’information (du poste des services);
les biens acquis et cĂ©dĂ©s pendant la mĂȘme pĂ©riode statistique sans franchir la frontiĂšre, qui sont enregistrĂ©s—sur une base nette—à la rubrique du nĂ©goce international et autres services liĂ©s au commerce, composante des autres services aux entreprises (au poste des services).
168. Les avoirs qui sont considĂ©rĂ©s comme des preuves de crĂ©ances financiĂšres (mĂȘme s’ils revĂȘtent une forme matĂ©rielle et constituent des biens meubles) figurent au poste du compte d’opĂ©rations financiĂšres de la balance des paiements qui correspond au type de crĂ©ance en question. Il s’agit, par exemple, des billets et piĂšces de monnaie en circulation et des titres Ă©mis. Par ailleurs, si un transfert de propriĂ©tĂ© d’un avoir rĂ©el rĂ©sulte de l’acquisition d’une entreprise existante par un rĂ©sident d’une Ă©conomie autre que celle oĂč l’entreprise est situĂ©e, ce transfert est assimilĂ© Ă  une transaction financiĂšre et ne s’enregistre pas au poste des biens (sauf s’il s’accompagne effectivement d’un mouvement physique de biens d’un pays Ă  l’autre), parce que l’entreprise est considĂ©rĂ©e comme rĂ©sidente de l’économie dans laquelle elle exerce ses activitĂ©s (voir paragraphe 92) et l’acquisition de l’entreprise, comme un investissement financier de son propriĂ©taire.
169. Comme l’indique le paragraphe prĂ©cĂ©dent, le poste des biens n’englobe pas tous les biens dont la propriĂ©tĂ© est transfĂ©rĂ©e entre rĂ©sidents et non-rĂ©sidents. Les critĂšres dĂ©terminant l’inclusion des transactions Ă  ce poste ou leur exclusion ne sont pas toujours aussi clairement dĂ©finis que les critĂšres d’exclusion des biens qui sont considĂ©rĂ©s comme des preuves de crĂ©ances financiĂšres.
170. Afin d’expliquer pourquoi le poste des biens de la balance des paiements n’inclut pas tous les Ă©changes d’actifs rĂ©els, il convient de se reporter aux considĂ©rations (examinĂ©es au paragraphe 143) sur lesquelles se fonde le choix des composantes types de la balance des paiements. Deux de ces considĂ©rations sont particuliĂšrement importantes:
Le poste doit regrouper des transactions qui manifestent un comportement distinctif, dénotant une réaction particuliÚre à un facteur ou à un ensemble de facteurs économiques particuliers.
Les statistiques relatives au poste ne doivent pas ĂȘtre excessivement difficiles Ă  obtenir.
171. En consĂ©quence, les transactions qui ont un comportement analogue sont regroupĂ©es si des donnĂ©es distinctes peuvent ĂȘtre obtenues pour le groupe de transactions retenu. Par exemple, les facteurs qui influent sur l’achat de marchandises par un voyageur non rĂ©sident sont suffisamment diffĂ©rents de ceux qui influent sur les autres exportations du pays d’accueil pour que l’exclusion de cet achat du poste des biens soit justifiĂ©e. En outre, il est difficile de recueillir des statistiques sur les achats effectuĂ©s par les voyageurs non rĂ©sidents. Le mĂȘme raisonnement s’applique aux autres exceptions indiquĂ©es au paragraphe 167. Par exemple, les biens qui sont acquis et cĂ©dĂ©s pendant la mĂȘme pĂ©riode statistique sans franchir la frontiĂšre sont classĂ©s parmi les services de nĂ©goce international et autres services liĂ©s au commerce (et non au poste des biens) fournis par une Ă©conomie au reste du monde, car la fourniture de services de nĂ©goce international est gĂ©nĂ©ralement sans rapport avec la consommation de biens importĂ©s et la production de biens d’exportation d’un pays.
172. Alors que certaines transactions sont exclues du poste des biens, d’autres y sont incluses mĂȘme si elles sont plus assimilables Ă  des services. Par exemple, un Ă©lĂ©ment correspondant aux services de transport est souvent inclus dans la valeur des biens parce que, d’aprĂšs la convention adoptĂ©e en matiĂšre de comptabilitĂ© de balance des paiements, les biens doivent ĂȘtre uniformĂ©ment Ă©valuĂ©s Ă  la frontiĂšre douaniĂšre du pays exportateur. Si l’on retient cette base d’évaluation, on abandonne le concept pur de transaction sur marchandises, qui est gĂ©nĂ©ralement appliquĂ© pour l’établissement des tableaux d’entrĂ©es-sorties en vue d’évaluer les biens Ă  l’établissement du producteur («dĂ©part-usine»). Les raisons justifiant le choix de la frontiĂšre douaniĂšre comme point d’évaluation sont examinĂ©es aux paragraphes 220–227.
173. On distingue, Ă  l’intĂ©rieur du poste des biens, quatre catĂ©gories spĂ©ciales de transactions qui ne relĂšvent pas des marchandises gĂ©nĂ©rales:
  • 1) L’expĂ©dition Ă  l’étranger de biens qui y sont transformĂ©s et sont ultĂ©rieurement renvoyĂ©s au pays d’origine. (Ces transactions s’inscrivent Ă  la rubrique des biens importĂ©s ou exportĂ©s pour transformation.)
  • 2) L’utilisation de biens (et de services) pour la rĂ©paration d’autres biens appartenant Ă  des non-rĂ©sidents. (Ces transactions sont classĂ©es Ă  la rubrique des rĂ©parations de biens.)
  • 3) Les achats de carburants, vivres, provisions et fournitures par les transporteurs. (La valeur des marchandises achetĂ©es pour ĂȘtre utilisĂ©es dans un but commercial Ă  bord des navires, avions et autres moyens de transport s’inscrit Ă  la rubrique des achats de biens dans les ports par les transporteurs.)
  • 4) Les transactions portant sur de l’or non monĂ©taire, qui se subdivise en or dĂ©tenu Ă  titre de rĂ©serve de valeur et or dĂ©tenu Ă  d’autres fins.
174. S’il est vrai que les marchandises sur lesquelles elles portent sont sans nul doute des biens, ces transactions sont souvent effectuĂ©es pour des raisons qui n’ont aucun rapport avec le niveau gĂ©nĂ©ral de l’activitĂ© Ă©conomique du pays. D’autre part, l’inclusion de ces transactions Ă  la rubrique des marchandises gĂ©nĂ©rales pourrait donner une idĂ©e fausse du volume des transactions de marchandises de ce pays. Par exemple, le carburant achetĂ© par les transporteurs pour leur propre usage n’est pas classĂ© dans la catĂ©gorie des marchandises gĂ©nĂ©rales parce que les achats de carburant par les transporteurs sont plus Ă©troitement liĂ©s aux activitĂ©s de transport qu’à la demande de pĂ©trole d’un pays donnĂ©. Le classement de ces achats de carburant parmi les transactions Ă  la rubrique des marchandises gĂ©nĂ©rales aurait une signification Ă©conomique pour le pays qui vend le carburant, mais cela serait beaucoup moins le cas pour l’économie qui l’achĂšte. Pour des raisons analogues de symĂ©trie, l’avitaillement des navires est classĂ© Ă  la rubrique des achats de biens dans les ports par les transporteurs. Les transactions qui portent sur de l’or non monĂ©taire sont souvent motivĂ©es par des considĂ©rations autres que l’utilisation de l’or dans les processus de production et de consommation. L’inclusion de ces transactions Ă  la rubrique des marchandises gĂ©nĂ©rales pourrait donner une idĂ©e incorrecte de la production (dans le cas des exportations) ou de la consommation (dans le cas des importations) d’un pays. En consĂ©quence, les transactions sur or non monĂ©taire sont exclues des marchandises gĂ©nĂ©rales et figurent Ă  une rubrique distincte du poste des biens. Les exportations ou importations de biens qui sont transformĂ©s puis rĂ©expĂ©diĂ©s au pays d’origine sont souvent trĂšs importantes si l’on considĂšre leur valeur brute, mais leur effet net sur l’économie est beaucoup plus faible. Le classement de ces transactions Ă  la rubrique des marchandises gĂ©nĂ©rales pourrait donner une fausse idĂ©e du volume global du commerce extĂ©rieur d’un pays.
175. En rĂ©sumĂ©, le concept de transactions sur biens exclut certains Ă©changes de marchandises entre Ă©conomies mais recouvre certains services de distribution. En outre, si la plupart des transactions sur biens sont classĂ©es parmi les marchandises gĂ©nĂ©rales, certaines figurent Ă  des rubriques sĂ©parĂ©es. Le choix est guidĂ© Ă  la fois par des considĂ©rations d’ordre analytique et par un souci de commoditĂ© statistique.

Convention d’enregistrement du transfert de propriĂ©tĂ©

176. À l’exception des cas susmentionnĂ©s, la composition du poste des biens est dĂ©finie par rĂ©fĂ©rence au transfert de propriĂ©tĂ© de tous les biens meubles qui font l’objet d’échanges entre rĂ©sidents et non-rĂ©sidents. La rĂšgle du transfert de propriĂ©tĂ© adoptĂ©e pour la dĂ©finition des biens assure, en principe, que ce poste concorde—par la couverture et la date d’enregistrement des donnĂ©es—avec les autres postes de la balance des paiements (en particulier les postes financiers). Selon le Manuel, les biens Ă  l’exportation sont gĂ©nĂ©ralement considĂ©rĂ©s comme changeant de propriĂ©taire au moment oĂč l’exportateur cesse de les enregistrer dans ses livres comme avoirs rĂ©els et porte une Ă©criture correspondante dans ses comptes financiers. De cette façon, il y a concordance entre le poste des biens et le compte d’opĂ©rations financiĂšres de la balance des paiements du pays considĂ©rĂ©, ainsi qu’entre les postes des biens du pays exportateur et du pays importateur. L’exemple qui suit illustre la simultanĂ©itĂ© des deux Ă©critures passĂ©es dans les comptes de chaque pays ainsi que dans ceux du pays exportateur et du pays importateur:
images
177. Les normes internationales des statistiques du commerce extĂ©rieur, qui sont souvent la source de donnĂ©es utilisĂ©e pour l’établissement du poste des biens de la balance des paiements, ne sont pas fondĂ©es sur le transfert de propriĂ©tĂ©, mais sur le dĂ©placement physique des biens franchissant les frontiĂšres nationales (ou douaniĂšres). Quoique les biens faisant l’objet d’un transfert international de propriĂ©tĂ© soient prĂ©cisĂ©ment, pour la plupart, ceux qui franchissent les frontiĂšres, le transfert de propriĂ©tĂ© et le dĂ©placement des biens ne se produisent pas nĂ©cessairement au mĂȘme moment. Les systĂšmes de communication des transactions internationales (fondĂ©s, par exemple, sur les relevĂ©s des opĂ©rations de change et autres documents bancaires analogues) constituent une autre source possible de donnĂ©es sur le poste des biens. Dans ces systĂšmes, les transactions de biens ne sont gĂ©nĂ©ralement pas enregistrĂ©es sur la base du transfert de propriĂ©tĂ©. La nature de ces diffĂ©rences devrait apparaĂźtre plus clairement Ă  la lumiĂšre des explications qui seront donnĂ©es, dans les sections ultĂ©rieures du prĂ©sent chapitre, sur les ajustements chronologiques Ă  apporter aux donnĂ©es-source pour qu’elles puissent ĂȘtre utilisĂ©es aux fins de l’établissement de la balance des paiements.

Exceptions à la rÚgle du transfert de propriété

178. Le champ couvert par le poste des biens est limitĂ© aux marchandises qui font l’objet d’un transfert de propriĂ©tĂ© entre un rĂ©sident et un non-rĂ©sident; cependant, le Manuel prĂ©voit quelques exceptions Ă  ce principe. Chaque exception, ainsi que les raisons la justifiant, est examinĂ©e ci-aprĂšs.

Entreprises opérant dans plusieurs économies

179. Comme indiquĂ© dans le chapitre II, lorsqu’une entreprise multinationale exerce, sur une Ă©chelle apprĂ©ciable, des activitĂ©s dans plusieurs Ă©conomies, une entreprise rĂ©sidente distincte est supposĂ©e exister dans chacune des Ă©conomies oĂč l’entreprise multinationale opĂšre. Les biens Ă©changĂ©s entre les unitĂ©s qui composent l’entreprise multinationale ne changent pas en fait de propriĂ©taire, comme ce serait le cas si les biens Ă©taient Ă©changĂ©s entre des unitĂ©s d’entitĂ©s juridiques distinctes. Les transactions entre une sociĂ©tĂ© mĂšre et sa succursale ne peuvent pas donner lieu Ă  un transfert juridique de propriĂ©tĂ© au sens littĂ©ral du terme, parce que les deux parties relĂšvent de la mĂȘme entitĂ© juridique. Cependant, il est recommandĂ© dans le Manuel que toute expĂ©dition internationale de marchandises entre des unitĂ©s qui font partie d’...

Table of contents

  1. Cover Page
  2. Title Page
  3. Copyright Page
  4. Contents
  5. Avant-propos
  6. I. Le cadre conceptuel de la balance des paiements
  7. II. Les rĂ©sidents d’une Ă©conomie
  8. III. Classification des transactions Ă  la balance des paiements
  9. IV. Biens
  10. V. Services
  11. VI. Revenus
  12. VII. Transferts courants et compte de capital
  13. VIII. PrĂ©sentation du compte d’opĂ©rations financiĂšres
  14. IX. Investissements directs
  15. X. Investissements de portefeuille
  16. XI. Autres investissements
  17. XII. Avoirs de réserve
  18. XIII. La position extérieure globale
  19. Footnotes