La logique de l'acouphène
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La logique de l'acouphène

Suivi de Petit traité de développement relationnel

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La logique de l'acouphène

Suivi de Petit traité de développement relationnel

About this book

Humilié en plein comité de direction, Antoine s'enferme dans les toilettes et s'effondre. Un battement d'aile de papillon... Sans le savoir, il a libéré des forces mystérieuses qui vont bouleverser la vie de parfaits inconnus. Une logique implacable est à l'oeuvre... Ce roman nous entraîne dans des aventures truculentes et pleines d'humour qui dévoilent un trésor révolutionnaire et méconnu: le Petit traité de développement relationnel, essai didactique sur la complexité des relations humaines et les stratégies de dissolution des problèmes interpersonnels. Cet ouvrage hybride présente de façon vivante et décalée l'approche systémique stratégique et ses fondements anthropologiques. Une lecture qui vous fera changer de regard sur le monde, les autres et peut-être vous-même: bienvenue dans l'univers étrange de la systémie!

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Information

Topic
Law
Subtopic
Public Law
Index
Law

AUDREY CHAMPOLION

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Petit traité de développement relationnel

Henri Barbouillon Éditions

Avertissement

Le 27 mars 2030, soit cinquante ans jour pour jour après le départ de Milton Erickson, s’éteignait il Professore, enseignant d’exception à l’institut Bobby-Lapointe.
Maître systémicien, thérapeute, roi du paradoxe et de la légèreté relationnelle, conteur merveilleux, artiste, joueur, expert dans l’art de modeler les représentations du monde avec finesse, humour et sagesse, il Professore a toujours considéré qu’il fallait rester discret pour pouvoir garder sa liberté de pensée et d’action. Ayant eu l’honneur de suivre ses enseignements et de l’accompagner dans ses réflexions, je souhaite ici lui rendre un hommage vibrant en retraçant par écrit ce qu’il m’a transmis ainsi qu’à tous mes condisciples.
Écrire cet ouvrage fut un voyage vers des contrées incertaines. N’ayant eu accès qu’à des bribes de notes griffonnées par cet enseignant pudique et glanées au cours de mes études dans des conditions rocambolesques qu’il est inutile de préciser dans ces pages, j’ai dû puiser dans ma propre expérience pour obtenir un texte suffisamment accompli. C’est pourquoi je tiens à préciser que le présent traité peut apparaître comme un patchwork baroque de la pensée systémique ou plus exactement comme un kaléidoscope dynamique réfléchissant en couleur cette pensée lumineuse qu’il Professore a cherché à approfondir avec patience tout au long de sa vie. Il convient donc de ne pas rechercher une logique linéaire à mon propos mais bien plutôt de se laisser saisir par la beauté de ces fragments imbriqués les uns dans les autres, permettant un nombre infini de combinaisons au service des professionnels de la relation d’aide et de toute personne qui souhaite s’offrir le luxe d’une compréhension plus affûtée de la complexité du monde de la relation.

Introduction

La révolution des maîtres du soupçon, le suicide de l’Europe lors de la Première Guerre mondiale et la fin de la Seconde Guerre mondiale, signent, dans toutes les disciplines de l’esprit humain, l’ouverture d’un temps de profondes remises en cause des certitudes issues du positivisme et de l’anthropologie occidentale. Si Hiroshima et Nagasaki provoquent l’effondrement de l’idéologie du progrès de l’humanité par la science et la technique, la Shoah met à bas celle de la possibilité d’un quelconque progrès moral et spirituel. Le meurtre industriel et l’assassinat de masse imposent de refonder chaque discipline de la pensée humaine et du savoir. Chaque domaine de la connaissance se voit ainsi désormais sommé de rendre compte de son anthropologie et son épistémologie.
Dans cette crise majeure de la pensée humaine, les années cinquante et soixante constituent donc un terreau pour l’émergence de nouveaux paradigmes.
Aux États-Unis, c’est sur la côte ouest que se concentreront l’ébullition et le brassage intellectuels, tandis qu’en Europe les tentatives de refondation apparaîtront plus dispersées et revendiqueront plus tardivement un métissage interdisciplinaire. De plus, si en Europe, les nouveaux paradigmes émergent sur les ruines encore fumantes de la pensée académique et spéculative, c’est plutôt d’abord sur le pragmatisme que se fonde l’approche anglo-saxonne, autorisant dès l’origine des fertilisations croisées entre différents domaines de la connaissance.
Ainsi, en Europe, Claude Levis-Strauss et ses successeurs, ou Serge Moscovici, Jacques Monod, Michel Crozier, Michel Foucault ou encore Jean-Louis Le Moigne proposent, chacun dans leur discipline respective, un nouveau cadre conceptuel pour penser la relation de l’être humain au monde et aux autres.
Pourtant, des passerelles seront lancées entre les deux rives de l’Atlantique grâce à des géants de cette première et seconde génération qui porteront la révolution épistémologique. Du côté européen, c’est à l’occasion de travaux de recherche et d’enseignement assurés aux États-Unis que des gens comme René Girard, ou surtout Edgar Morin1 pourront ramener sur le vieux continent des regards croisés sur d’autres disciplines susceptibles d’enrichir les nouveaux paradigmes. De la même façon, Jacques Derrida aura une influence considérable aux États-Unis avec ce que l’on appellera outre-Atlantique la « French Theory » et, dans le domaine qui nous intéresse, Paul Watzlawick apportera à l’école de Palo Alto et à la systémie un socle théorique et une coloration européenne qui lui faisait défaut.
Notre propos sera d’évoquer ces traditions de pensée en soulignant leurs assonances et leur articulation, sans pour autant les confondre ou prétendre les unifier, mais en relevant les motifs d’un tissage complexe de fils très divers, laissant apparaître peu à peu les contours de nouvelles théories de la connaissance.
La question que nous souhaitons nous poser dans ce traité porte sur notre façon de penser le monde, le regard que nous portons sur le réel et l’incidence que ces représentations du monde ont sur nos comportements et les processus d’accompagnement des personnes en souffrance. Face à la complexité du monde, nous affichons haut et fort notre incompétence à tout embrasser, et par conséquent la nécessité que nous avons d’être dans une étude moins parcellaire du réel que relationnelle, c’est-à-dire, une étude non pas statique où la réponse serait de l’ordre du « cela est » mais bien plutôt dynamique où la non-réponse serait de l’ordre du « cela interagit ». Car l’interaction marque l’incertitude dans laquelle nous naviguons de façon permanente quand l’essence marque la certitude de l’identité des choses. Or, tenir pour certain un phénomène, tend à restreindre notre regard sur le monde dans l’unique but de garantir notre sécurité et non pas dans celui de révéler la complexité du monde des vivants.
Pour commencer cette étude dynamique du réel focalisé sur les relations, nous sommes contraints d’aborder le monde des systèmes.
1. Edgar Morin a apporté énormément à notre sujet en Europe, en proposant une approche interdisciplinaire épistémologique autour du paradigme de la complexité et du constructivisme portée notamment par la notion de reliance. Son œuvre majeure est La Méthode, somme encyclopédique articulée en six volumes ; voir Morin, 1977-2004.

Partie 1 : Qu’est-ce qu’un système relationnel ?

1.1 Un monde de relations

Ce que l’on appelle « système » appartient au monde du récit, du discours sur le réel, c’est un objet épistémologique1 : « La démarche systémique consiste toujours […] à isoler un certain nombre d’éléments, en privilégiant certains types de relations qui vont conférer à ce système une relative autonomie par rapport à un ensemble d’éléments plus vaste2. ». Les éléments ou les acteurs d’un système sont en relation les uns avec les autres et interagissent en échangeant de l’information ou des messages. Lorsqu’un élément reçoit une information ou un message, il réagit par l’émission d’une nouvelle information à destination de l’émetteur initial ou d’autres acteurs du système. Il se crée ainsi des boucles relationnelles rétroactives. Dans la mesure où l’information circule dans ces boucles de rétroactions, on peut véritablement parler de système formé par l’ensemble de ces éléments en interaction.
En appliquant la notion de système aux sciences humaines, on parlera d’un système relationnel lorsque des individus sont en interaction et échangent des informations dans un contexte donné. Ces échanges structurent le système et lui donnent sa cohérence contre la tendance naturelle entropique de tout système : « L’information, c’est de l’ordre arraché au désordre3. »
Un système est également téléologique, c’est-à-dire organisé en vue d’une finalité. L’exemple classique est celui d’un groupe de personnes dans un autobus ; en soi, ce groupe ne constitue pas un système. Si le bus tombe en panne, il peut cependant le devenir4.
En entreprise, il est fréquent de rencontrer des organisations qui n’ont pas de récit très clair sur leur propre finalité (« comités Théodule » divers), soit que la finalité qui a présidé à leur création ait disparu, soit que cette finalité n’ait jamais été précisément définie, ce qui n’est pas sans poser des problèmes insondables lorsque le contexte dans lequel elles évoluent a suffisamment changé pour justifier la mise en cause de leur existence même ; ces mécanismes sociaux ont été très bien décrits par Michel Crozier dans Le phénomène bureaucratique5. C’est le cas de l’équipe de direction du bloc opératoire d’un grand hôpital qui demande une intervention visant à l’amener à travailler de façon plus transversale et dans une meilleure coopération, avant que nous constations dès le premier rendez-vous qu’il n’y a pas d’équipe mais une réunion d’acteurs utilisant des ressources communes, sans communauté d’intérêt ni même de hiérarchie commune. Dans l’écosystème global, personne n’a intérêt à ce que ces gens coopèrent davantage. Impossible de commencer à travailler avant d’avoir préalablement donné à cet agrégat d’individus un semblant d’histoire commune et une intention partagée (autour d’un danger commun par exemple).
On dit d’un système qu’il est « ouvert » lorsqu’il interagit avec son environnement, c’est-à-dire qu’il échange des messages (de l’information) avec le monde extérieur : ainsi perméable au contexte qui est le sien, son comportement et son équilibre en seront largement dépendants. Il reçoit de l’information nouvelle en permanence du monde extérieur qui le contraint à réguler le désordre ainsi provoqué par un surcroît d’échanges en son sein. A contrario, on parlera d’un système « clos » ou « fermé » lorsqu’il n’y a pas d’interactions ou d’échanges d’informations entre le système et le monde qui lui est extérieur. Pour parler en termes d’énergie, si l’on considère que l’échange d’informations favorise l’ordre (néguentropie), c’est-à-dire l’équilibrage des ...

Table of contents

  1. Couverture
  2. Titre
  3. Copyright
  4. Dédicace
  5. Table des matières
  6. Chapitre O
  7. Chapitre premier
  8. Chapitre II
  9. Chapitre III
  10. Chapitre IV
  11. Chapitre V
  12. Chapitre VI
  13. Chapitre VII
  14. Chapitre VIII
  15. Chapitre IX
  16. Chapitre X
  17. Chapitre XI
  18. Chapitre XII
  19. Chapitre XIII
  20. Chapitre XIV
  21. Chapitre XV
  22. Chapitre XVI
  23. Chapitre XVII
  24. Chapitre XVIII
  25. Chapitre XIX
  26. Chapitre XX
  27. Chapitre XXI
  28. Chapitre XXII
  29. Chapitre XXIII
  30. Chapitre XXIV
  31. Chapitre XXV
  32. Chapitre XXVI
  33. Chapitre XXVII
  34. Chapitre XXVIII
  35. Chapitre XXIX
  36. Chapitre XXX
  37. Chapitre XXXI
  38. Chapitre XXXII
  39. Chapitre XXXIII
  40. Chapitre XXXIV
  41. Chapitre XXXV
  42. Chapitre XXXVI
  43. Chapitre XXXVII
  44. Chapitre XXXVIII
  45. Chapitre XXXIX
  46. Chapitre XL
  47. Chapitre XLI
  48. Chapitre XLII
  49. Chapitre XLIII
  50. Épilogue
  51. Petit traité de développement relationnel
  52. Anti-conclusion
  53. Bibliographie