Anche questo numero della rivista, al pari del precedente, esce come miscellanea allo scopo di presentare una varietà di contributi geografici che danno spazio alle diverse suggestioni ricevute da ricercatori operantiin diverse sedi nazionali e internazionali. Con piacere pubblichiamo un numero per la prima volta arricchito non solo dalla ormai consueta varietà degli approcci ma anche da una pluralità linguistica che esprimono puntidi vista, esperienze, narrazioni e suggestioni bibliografiche provenienti dall'Italia, dalla Francia, dalla Spagna, dal Canada, dal Messico e dal Marocco.Table of Contents: Esperienze, rappresentazioni e narrazioni geografiche, Dino Gavinelli - Produire des espaces sportifs décalés pour gérer un risque social: l'exemple du sport LGBT, Antoine Le Blanc - Social inequalities and spatial exclusion in Italian and Canadian metropolis: a challenge for citizenship, Paolo Molinari - Viticulture and Landscape in the Italian Northwestern Alpine Region, Gian Luigi Corinto and Anna Maria Pioletti - Le concept 'risque' dans les outils stratégiques d'aménagement et d'urbanisme: faiblesses antérieures et evaluation des mesures postérieures. Cas de la zone littorale de la Province de Nador au nord-est du Maroc, Hassan El Amrani et Abdellatif Tribak - The role of subnational actors in North America during the NAFTA renegotiation, Roberto Zepeda and Jorge VirchezBooks Reviews: R. De Miguel González, K. Donert, and K. Koutsopoulos (eds.), Geospatial Technologies in Geography Education (2019), Javier Álvarez Otero.
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Produire des espaces sportifs décalés pour gérer un risque social: l’exemple du sport LGBT
Antoine Le Blanc
Université du Littoral Côte d’Opale – Dunkerque
DOI: https://dx.doi.org/10.7358/gn-2019-002-lebl
ABSTRACT
The growing number of LGBT sports clubs and tournaments questions gender and sexuality related boundaries in cities. The specific spatial patterns, at various scales, create specific sporting sites and structures: temporarily isolated territories, and strong and resilient local and international networks. These sites are identified by more or less visible and symbolic territorial markers. Some practices highlight unquestioned ordinary habits and make visible the usual norms of conventional sport. The choice of creating protective but also politically significant territories underlines the paradox of a marginalization chosen in an attempt to reach more safety, combined with an objective of openness and of political statement by denunciating the normativity of the gendered urban and sporting spaces.
Mots clés: sports; associations; sexualités; genre; LGBT.
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1.INTRODUCTION
La pratique du sport gay et lesbien se traduit par des appropriations spatiales temporaires de sites sportifs, marquées par certaines spécificités: un rapport particulier aux normes de genre, aux affichages, parfois aux règles des sports. La prise en considération des identités de genre et des sexualités permet de rendre visibles, dans le sport, des pratiques et des normes qui peuvent paraître consensuelles mais qui sont en réalité construites et parfois excluantes; elle aboutit ainsi au développement de sites alternatifs, rarement décrits en tant que tels.
En 2019, on compte en France une cinquantaine d’associations affiliées à la Fédération Sportive Gaie et Lesbienne (FSGL), avec près de 6.000 adhérents pratiquant 45 sports1 (Fig. 1).
Figure 1. – Clubs sportifs LGBT en France, 2016. Source: Chagnon, Le Blanc.
L’analyse des pratiques spatiales de membres de ces associations sportives permet de mettre à jour un système hiérarchisé et résilient de sites d’entrainement et de compétition, système très peu connu et très peu étudié dans une perspective géographique. L’affichage LGBT (lesbiennes, gays, bis, trans) constitue un marqueur identitaire fort, avec une composante territoriale originale (Lefebvre et al. 2013). Les pratiques spatiales en question sont variées: forte structuration réticulaire doublée d’une hyperconcentration à différentes échelles (Prieur 2014), création d’isolats territoriaux temporaires, mise en place de marqueurs territoriaux symboliques … Cela peut rappeler des processus classiques de diasporas, notamment par la mobilisation de plusieurs échelles: de l’échelon mondial à l’échelon très local, le sport LGBT construit ses sites et ses pratiques et, par ricochet, rend visible les sites et les pratiques du sport traditionnel.
2.MÉTHODOLOGIE
On trouve des études sur le sport gay et lesbien principalement en sociologie et en sciences du sport, aux États-Unis (Pronger 1990) et dans quelques pays européens (Elling et al. 2003; Ferez 2007; Liotard 2008); mais aucune en géographie, française et internationale. En outre, la majeure partie de ces études sur le sport et le genre se situent dans la lignée des études féministes plus que des études des sexualités2. Il en résulte un besoin d’enquêtes et d’études plus approfondies, suivant des méthodologies spécifiques. Nous proposons ici une approche proprement géo-graphique de ces problématiques. Outre les quelques recherches sociologiques sur le sujet, nous nous appuyons sur nos observations pendant douze années de participation et d’organisation d’événements liés aux associations LGBT, sur des entretiens (Le Blanc 2016; 2018), et sur des sources diverses, dont les documentations des sites internet des associations étudiées, leurs statuts, chartes, et sur les bilans analytiques des événements sportifs. En outre, nous avons pu obtenir les données statistiques anonymisées des adhérents d’une douzaine d’associations sportives LGBT françaises, soit plus de 3.000 entrées, ainsi que de certaines compétitions sportives LGBT internationales. Cette démarche en partie empirique permet de mieux appréhender une réalité mouvante, difficile à délimiter, qui est celle de la perception individuelle et collective des discriminations et des territoires à risques. Comme le notent Arnaud Alessandrin et Yves Raibaud (2013, 17), “la géographie des homophobies questionne les espaces” et “évite de dessiner des frontières ou des limites” de manière trop fixiste, dans la mesure où “l’acte du dessin matérialise les relégations et les processus d’invisibilisation”. Ces processus d’invisibilisation et de visibilisation sont au coeur de notre étude sur la création d’espaces sportifs spécifiques.
Nous appelons clubs sportifs LGBT, ou associations sportives LGBT, les clubs et associations qui choisissent de s’étiqueter ainsi et de l’afficher (dans leur dénomination, dans leurs statuts, sur leur site internet, etc.). Ils se distinguent d’autres associations sportives qui peuvent être gayfriendly, et des associations traditionnelles, non étiquetées en fonction d’une sexualité ou d’un genre. L’affichage en tant qu’association LGBT est un marqueur identitaire important, comportant des implications en termes de pratiques spatiales et de gestion des risques.
Les associations étiquetées LGBT, en France comme ailleurs, sont des associations de facto ouvertes à tous sans distinction de genre ou de sexualité. Ce sont des associations qui mettent l’accent sur l’ouverture aux sexualités et genres minoritaires mais sans qu’il y ait de discrimination ‘inverse’ à l’entrée. Mais l’affichage LGBT est un point crucial: car il correspond, par ricochet, à une visibilisation de la norme hétérosexuelle majoritaire.
Toutefois, la majeure partie des membres de ces associations sont homosexuels3, et cette inscription dans un club sportif estampillé LGBT correspond à une perception et à des motivations complexes. C’est en réalité une réinscription spatiale, à diverses échelles, dans un milieu sportif, qui répond à une marginalisation antérieure, réelle ou perçue.
3.LA PRODUCTION DE SITES SPORTIFS AUX NORMES DÉCALÉES
3.1.Territorialisation et normes
Les entretiens et l’observation participante montrent un fort questionnement sur la pertinence du choix de faire du sport dans un club estampillé LGBT, en soulignant que la sexualité n’entre pas en ligne de compte dans le sport. En réalité, les études sur le sujet montrent que c’est une illusion de croire que la sexualité est absente des clubs traditionnels; le sport est un domaine très sexualisé, à tous égards. Le sport demeure globalement un “espace privilégié de construction de la masculinité virile” (Guérandel 2014, 139), un puissant outil normatif de la “fabrique des garçons” (Raibaud et Ayral 2014). Ainsi les clubs sportifs traditionnels sont les véhicules d’une très forte normativité hétérosexuelle, qui se traduit, volontairement ou non, par une discrimination envers les homosexuels. Les associations sportives LGBT constituent ainsi une réponse pragmatique à cette situation.
Ainsi, les premières pratiques spatiales liées à l’homosexualité dans le sport sont des formes de mises à l’écart, volontaires ou non, spatialisées ou discursives, dans le milieu non spécifiquement LGBT. Cela aboutit, surtout en ce qui concerne l’homosexualité masculine, à des phénomènes de marginalisation à diverses échelles, notamment dans le gymnase, mais aussi socialement et plus généralement dans l’ensemble du domaine sportif. Les sites sportifs conventionnels sont donc, de manière plus ou moins perçue et plus ou moins affichée, des sites normalisés et excluants, au sein desquels l’aspect compétitif valorise une norme physique et comportementale particulière, tandis que le jeu en équipe amplifie la nécessité de l’homogénéité de groupe.
Les enquêtes montrent que l’expérience de l’exclusion des homosexuel.le.s dans le sport est forte et fréquente, bien que prenant des formes diverses et parfois discrètes. Il s’agit parfois de violences physiques, qui ne concernent pas moins de 6% des personnes interrogées dans l’échantillon de Sylvain Ferez (2007); et plus fréquemment de violences verbales, souvent difficiles à appréhender: impression d’étrangeté, regards, mise à l’écart implicite … et auto-exclusion (ibid., 40). S’il semble que l’homophobie dans le milieu sportif soit aujourd’hui en baisse dans les pays occidentaux (Anderson 2009), la peur de l’homophobie continue d’expliquer l’inscription dans les clubs sportifs LGBT, en particulier dans les sports collectifs (Mette 2015).
Lorsque l’on pose la question de leur choix de pratique sportive aux membres des clubs LGBT, les réponses sont variées; toutefois, la gestion de risques sociaux, les comportements d’évitement des clubs non LGBT pour des raisons liées aux discriminations envers les homosexuels, sont cités presque systématiquement (Ferez 2007). D’après une enquête menée par Baks et Malecek en 20044, 72% des personnes inscrites dans des associations LGBT ont pratiqué auparavant dans des clubs traditionnels avant de rejoindre un club LGBT. Au cours des entretiens menés personnellement, on retrouve, dans la majorité des réponses, l’envie ou le besoin de s’extraire d’un milieu sportif perçu comme hostile aux homosexuels. Parmi les autres motivations, on trouve un désir d’entre-soi communautaire, un besoin de rencontre individuelle, une occasion qui s’est présentée, un choix économique rationnel, une co-inscription avec un ami, entre autres (Elling et al. 2003). Dans tous ces cas de figure, l’individu effectue un choix réfléchi entre un club LGBT et la possibilité d’intégrer d’autres clubs non LGBT.
Ainsi, de manière plus ou moins consciente, l’inscription dans un club de sport LGBT constitue une revendication, avec un aspect territorial. Cette démarche de réappropriation territoriale se fait au sein d’un collectif minoritaire et avec des marqueurs spatiaux discrets, et non dans le milieu sportif hétérosexuel; ce qui peut être perçu comme paradoxal ou contre-productif5. La création d’un espace d’entre-soi protecteur semble à première vue s’opposer à l’exposition, à l’affirmation d’une identité auprès d’un collectif plus large. De même, la réappropriation du sport par le biais d’associations LGBT est à l’opposé de coming out plus ou moins médiatiques de sportifs homosexuels pratiquant leur sport dans les structu...