Le dialogue de politique économique avec le FMI : la dimension sociale
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Information

eBook ISBN
9781557754936
Year
1995

Table des matiĂšres

Résumé
Introduction
Intervention du FMI dans le domaine social
Un développement économique et social durable: la perspective du FMI
Dimensions sociales des recommandations de politique économique formulées par le FMI
Conseils de politique économique: surveillance et soutien des programmes
Questions de politique sociale dans le cadre des activités de surveillance
Questions de politique sociale dans la conception des programmes
Dosage des politiques
Effets sociaux Ă  court terme et filet de protection sociale
Politiques d’action sociale à long terme
Assistance technique
Collaboration avec d’autres institutions en matiùre de conception et de suivi des programmes
Amélioration de la contribution du FMI
Encadrés
1. Le rĂŽle du FMI dans l’économie mondiale
2. Italie: réforme du systÚme de santé publique
3. Jordanie: ciblage des subventions au moyen d’un systùme de bons
4. La République kirghize remplace les subventions générales par une indemnité compensatoire
5. Ghana: indemnitĂ©s de perte d’emploi pour les travailleurs licenciĂ©s
6. Sri Lanka: rationalisation des programmes de lutte contre la pauvreté et réforme de la fonction publique
7. Pays africains de la zone franc: promotion de la croissance économique et protection des groupes défavorisés par une conception appropriée des programmes
8. Ouganda: les dividendes de la paix dans un environnement macroéconomique stable
9. PĂ©rou: assurer la stabilitĂ© macroĂ©conomique afin d’accroĂźtre les dĂ©penses en faveur des groupes sociaux dĂ©favorisĂ©s

Intervention du FMI dans le domaine social

L’intervention du FMI dans le domaine social doit ĂȘtre considĂ©rĂ©e dans le contexte de la mission qui lui a Ă©tĂ© confiĂ©e. Cette mission, telle qu’elle est dĂ©finie dans les statuts de l’institution, est claire: elle consiste Ă  i) promouvoir la coopĂ©ration monĂ©taire internationale; ii) faciliter l’expansion et l’accroissement harmonieux du commerce international, et contribuer ainsi Ă  l’instauration et au maintien de niveaux Ă©levĂ©s d’emploi et de revenu rĂ©el; iii) promouvoir la stabilitĂ© des changes, maintenir entre les Etats membres des rĂ©gimes de change ordonnĂ©s; iv) aider Ă  Ă©tablir un systĂšme multilatĂ©ral de rĂšglement; v) donner confiance aux Etats membres en mettant les ressources gĂ©nĂ©rales du FMI temporairement Ă  leur disposition 
 leur fournissant ainsi la possibilitĂ© de corriger les dĂ©sĂ©quilibres de leurs balances des paiements. Etant donnĂ© cette mission d’ordre essentiellement macroĂ©conomique, la contribution du FMI au dĂ©veloppement social ne peut qu’ĂȘtre indirecte et son rĂŽle de conseil en matiĂšre de politique sociale est nĂ©cessairement limitĂ©. NĂ©anmoins, avec le temps, l’intĂ©rĂȘt portĂ© par le FMI aux questions sociales a Ă©voluĂ©, sur la base non seulement de son expĂ©rience propre, mais aussi de celle des pays membres et d’autres organismes (voir encadrĂ© 1).
Dans les annĂ©es 50 et 60, quand l’assistance technique du FMI Ă©tait principalement destinĂ©e aux pays industrialisĂ©s, les conseils de politique Ă©conomique formulĂ©s par l’institution concernaient surtout les politiques macroĂ©conomiques. Avec le redĂ©ploiement du financement vers les pays en dĂ©veloppement depuis les annĂ©es 70 et vers les Ă©conomies en transition depuis la fin des annĂ©es 80, une attention beaucoup plus grande a Ă©tĂ© accordĂ©e Ă  la complĂ©mentaritĂ© des politiques macroĂ©conomiques et des rĂ©formes structurelles, ainsi qu’à la formulation de politiques Ă©conomiques dans une perspective Ă  moyen terme2. Le cadre de son action s’élargissant, les relations rĂ©ciproques entre questions sociales et problĂšmes Ă©conomiques ont aussi fait l’objet d’une reconnaissance grandissante. L’expĂ©rience a montrĂ© qu’il Ă©tait nĂ©cessaire, au cours de la pĂ©riode d’ajustement, de protĂ©ger les groupes vulnĂ©rables en mettant en place des filets de protection sociale bien ciblĂ©s et en sauvegardant leur accĂšs aux services publics essentiels, tels que les soins de santĂ© de base et l’enseignement primaire. De telles mesures contribuent Ă©galement Ă  amĂ©liorer la viabilitĂ© politique des rĂ©formes Ă©conomiques.
EncadrĂ© 1. Le rĂŽle du FMI dans l’économie mondiale
Le FMI —principale institution monĂ©taire internationale du monde —est chargĂ© d’exercer une surveillance effective sur les politiques de taux de change et les politiques macroĂ©conomiques de ses pays membres. Ainsi, Tune des tĂąches clĂ©s du FMI consiste Ă  aider les pays Ă  poursuivre des politiques macroĂ©conomiques bien conçues de nature Ă  favoriser une croissance Ă©conomique soutenue. Il conseille les pays membres en matiĂšre de politiques Ă©conomiques et financiĂšres et encourage la coordination des politiques Ă©conomiques entre principaux pays industrialisĂ©s.
Le FMI fournit aussi Ă  ses pays membres des financements temporaires de balance des paiements, pour les aider Ă  corriger des difficultĂ©s de paiements extĂ©rieurs. Des concours financiers ont Ă©tĂ© accordĂ©s aussi bien Ă  des pays en dĂ©veloppement qu’à des pays industrialisĂ©s Ă  l’appui de rĂ©formes et de transformations Ă©conomiques, comme le rĂ©tablissement de l’économie de marchĂ© dans les pays d’Europe de l’Est et de l’ex-Union soviĂ©tique, ainsi qu’à l’appui d’efforts d’ajustement et d’adaptation structurelle des Ă©conomies d’Afrique, d’Asie et d’AmĂ©rique latine. Lorsqu’il apporte son soutien financier, le FMI tient compte des aspects sociaux de l’ajustement Ă©conomique.
Le contexte plus vaste dans lequel le FMI exerce Ă  prĂ©sent son activitĂ© de conseil en matiĂšre de politique Ă©conomique exige une collaboration beaucoup plus Ă©troite que par le passĂ© entre organisations internationales, les responsabilitĂ©s Ă©tant rĂ©parties en fonction du mandat et des compĂ©tences de chacune. Dans le domaine social, l’analyse et les conseils, techniques ou de politique gĂ©nĂ©rale, relĂšvent en grande partie d’organisations internationales autres que le FMI, telles que la Banque mondiale, les banques rĂ©gionales de dĂ©veloppement, la FAO, TOIT, le PNUD et l’UNICEF, ainsi que des donateurs bilatĂ©raux et des organisations non gouvernementales. Les problĂšmes sont complexes, et l’insuffisance des donnĂ©es et des structures administratives entrave souvent l’analyse et l’action; Ă©tant donnĂ© ces difficultĂ©s, il est important que les diffĂ©rents partenaires puissent s’appuyer non seulement sur leur expĂ©rience propre, mais Ă©galement sur celles des pays membres et des autres institutions.
Dans son activitĂ© de conseil en matiĂšre de politique Ă©conomique qu’il exerce auprĂšs de ses pays membres, le FMI fait face Ă  des contraintes, qui tiennent non seulement Ă  des limites de ressources et Ă  la nature de son mandat, centrĂ© principalement sur la politique macroĂ©conomique, mais aussi parfois aux difficultĂ©s qu’éprouvent les Etats membres Ă  susciter dans leur opinion publique un soutien politique suffisant en faveur de l’amĂ©lioration des politiques de dĂ©penses sociales et de leur ciblage. En dĂ©pit du rĂŽle de conseil jouĂ© par le FMI auprĂšs des gouvernements dans la conception des politiques, le choix des politiques sociales et Ă©conomiques appartient en dĂ©finitive aux pays membres.
Le Conseil d’administration du FMI a examinĂ© Ă  plusieurs reprises le rĂŽle croissant de l’institution dans les affaires sociales. En 1988, par exemple, le Conseil a soulignĂ© qu’il Ă©tait nĂ©cessaire d’aider les pays membres Ă  Ă©valuer les consĂ©quences des programmes d’ajustement appuyĂ©s par le FMI sur la rĂ©partition des revenus et sur la pauvretĂ©, d’amĂ©liorer la comprĂ©hension par les services du FMI des mĂ©canismes par lesquels les politiques d’ajustement affectent les groupes pauvres de population, et de tirer davantage parti de l’expĂ©rience et des compĂ©tences de la Banque mondiale et des institutions de l’ONU. Dans le mĂȘme temps, le Conseil a rĂ©affirmĂ© sa dĂ©cision de ne pas soumettre l’utilisation des ressources du FMI Ă  des conditions liĂ©es Ă  la rĂ©partition des revenus. Le ComitĂ© du dĂ©veloppement, qui est commun Ă  la Banque mondiale et au FMI et qui s’est aussi intĂ©ressĂ© aux questions sociales, a encouragĂ© la Banque mondiale comme le FMI Ă  intensifier encore leurs efforts, en collaboration Ă©troite, pour aider Ă  la conception et Ă  la mise en oeuvre de mesures bien ciblĂ©es destinĂ©es Ă  attĂ©nuer les coĂ»ts de l’ajustement.

Questions de politique sociale dans le cadre des activités de surveillance

Les conseils de politique Ă©conomique donnĂ©s par le FMI Ă  ses pays membres Ă  l’occasion des entretiens qui se tiennent dans le cadre des consultation au titre de l’article IV font leur place aux questions de politique sociale, en tenant compte de la situation particuliĂšre de chaque pays. Le chĂŽmage et divers types de dĂ©penses sociales comptent parmi les principales questions abordĂ©es avec les pays membres.
Les niveaux Ă©levĂ©s de chĂŽmage dans de nombreux pays d’Europe sont depuis un certain temps une source de grave prĂ©occupation, car un chĂŽmage qui n’est pas ramenĂ© Ă  un niveau acceptable, c’est-Ă -dire Ă  un niveau compatible avec un faible taux d’inflation, comporte des coĂ»ts Ă©conomiques et sociaux trĂšs Ă©levĂ©s. Le FMI a par consĂ©quent prĂ©conisĂ©, pour rĂ©duire la frĂ©quence de ces forts taux de chĂŽmage, des rĂ©formes gĂ©nĂ©rales du marchĂ© du travail, associĂ©es Ă  des politiques de renforcement de l’enseignement et de la formation destinĂ©es Ă  amĂ©liorer les compĂ©tences et la productivitĂ©. Le FMI a Ă©galement soulignĂ© la nĂ©cessitĂ© d’accompagner les rĂ©formes du marchĂ© du travail par des ajustements des politiques fiscales et des politiques de dĂ©penses publiques destinĂ©s Ă  rĂ©pondre aux prĂ©occupations sociales.
Dans d’autres domaines des dĂ©penses publiques, le FMI porte une attention croissante aux dĂ©penses de santĂ© et de sĂ©curitĂ© sociale, en particulier dans de nombreux pays industrialisĂ©s oĂč leur progression a Ă©tĂ© rapide. Bien que cette progression s’explique principalement par une tendance prononcĂ©e au vieillissement de la population et Ă  des niveaux de service et de coĂ»ts unitaires plus Ă©levĂ©s, elle est souvent difficile Ă  soutenir. En consĂ©quence, le FMI a explorĂ© avec les pouvoirs publics nationaux diverses options qui permettraient de rationaliser les dĂ©penses et de prĂ©server leur viabilitĂ© Ă  moyen terme (voir, par exemple, l’encadrĂ© 2 sur l’Italie).
Dans certaines Ă©conomies en dĂ©veloppement, le problĂšme consiste Ă  Ă©largir les dispositifs de sĂ©curitĂ© sociale dans un contexte d’expansion Ă©conomique rapide et d’urbanisation croissante, phĂ©nomĂšnes qui sapent les systĂšmes de sĂ©curitĂ© traditionnels, fondĂ©s sur la solidaritĂ© familiale. Les entretiens de politique Ă©conomique entre le FMI et ces pays ont donc portĂ© principalement sur les façons Ă©conomiques de conserver aux nouveaux dispositifs de sĂ©curitĂ© sociale certaines caractĂ©ristiques minimales d’équitĂ©, dans le cadre d’une politique budgĂ©taire soutenable Ă  terme.
Dans le cadre de la surveillance qu’il exerce au niveau international —par les travaux qu’il rĂ©alise tous les six mois sur les Perspectives de l’économie mondiale —, le FMI a attirĂ© l’attention sur toute une gamme de questions touchant Ă  la politique sociale, notamment les problĂšmes du chĂŽmage et du marchĂ© du travail dans les pays industrialisĂ©s, les avantages Ă©conomiques de la rĂ©duction des dĂ©penses improductives, le renforcement des institutions et les investissements en ressources humaines dans les pays en dĂ©veloppement, et les politiques du marchĂ© du travail et les Filets de protection sociale dans les Ă©conomies en transition. Dans une large mesure, ces questions font Ă©cho aux prĂ©occupations portĂ©es Ă  l’attention du FMI au cours des entretiens annuels conduits avec les pays membres.
Encadré 2. Italie: réforme du systÚme de santé publique
Tandis que le niveau des dĂ©penses de santĂ© publique en Italie est semblable Ă  ce qu’il est dans d’autres pays de l’OCDE, de l’avis gĂ©nĂ©ral, la qualitĂ© des soins dispensĂ©s par la SantĂ© publique est en baisse alors que les coĂ»ts augmentent. En outre, la faiblesse de la situation budgĂ©taire de l’Italie suscite des interrogations au sujet de la durabilitĂ© des dĂ©penses de santĂ© et des autres dĂ©penses de sĂ©curitĂ© sociale (en particulier les retraites).
Au cours de ses entretiens avec les autoritĂ©s italiennes, le FMI a soulignĂ© combien il est important de maĂźtriser les dĂ©penses liĂ©es aux droits Ă  prestations, notamment les dĂ©penses de la santĂ© publique. Le FMI a prĂ©conisĂ©, dans la rĂ©forme des dĂ©penses de santĂ©, d’éviter les coupes gĂ©nĂ©rales indiscriminĂ©es et de rechercher des Ă©conomies durables. La stratĂ©gie de rĂ©forme devrait viser Ă  accroĂźtre la responsabilitĂ© des autoritĂ©s locales en matiĂšre de dĂ©cisions de dĂ©penses, Ă  renforcer l’autoritĂ© gestionnaire et la responsabilitĂ© financiĂšre des administrateurs locaux de la santĂ©, et Ă  accorder aux patients une plus grande libertĂ© de choix. Bien qu’une grande partie des effets financiers des programmes de rĂ©forme entrepris depuis 1992 ne se fera sentir que progressivement au cours des prochaines annĂ©es, la meilleure qualitĂ© de certaines mesures budgĂ©taires —mesurable Ă  leur e...

Table of contents

  1. Cover Page
  2. Title Page
  3. Copyright Page
  4. Contents
  5. Résumé
  6. Introduction
  7. Intervention du FMI dans le domaine social
  8. Un développement économique et social durable: la perspective du FMI
  9. Dimensions sociales des recommandations de politique économique formulées par le FMI
  10. Assistance technique
  11. Collaboration avec d’autres institutions en matiùre de conception et de suivi des programmes
  12. Amélioration de la contribution du FMI
  13. Encadrés
  14. Footnotes