Rapport annuel 2003 : L'économie mondiale au service de tous, 2003
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Information

eBook ISBN
9781589062474
Year
2003

Chapitre 1. La surveillance du FMI à l’Ɠuvre

En vertu de ses Statuts, le FMI a pour mission de s’assurer du bon fonctionnement du systĂšme monĂ©taire international et d’exercer une ferme «surveillance»—ce qui suppose un suivi et une analyse attentifs—sur les politiques de change de ses pays membres. Comme en a dĂ©cidĂ© le Conseil d’administration, cette Ă©valuation de la politique de change doit ĂȘtre le rĂ©sultat d’un examen approfondi de la situation et de la politique Ă©conomiques de chaque pays, ce qui recouvre aussi bien les mesures internes que sa politique extĂ©rieure.
Il exerce cette mission de surveillance—du systĂšme et de la politique Ă©conomique de chaque pays—de diverses maniĂšres:
  • Surveillance «bilatĂ©rale». En application de ses Statuts, le FMI tient rĂ©guliĂšrement des consultations avec chaque pays membre sur ses politiques Ă©conomiques et financiĂšres et leurs rĂ©percussions internationales. Ces consultations dites «au titre de l’article IV», qui sont fondĂ©es sur les rapports des services du FMI, sont ce que l’on entend par surveillance bilatĂ©rale. Par cette forme de surveillance, le FMI peut dĂ©tecter les points faibles, signaler les dangers qui se profilent et recommander aux pays des mesures correctives. En outre, ses services suivent en permanence l’évolution de la situation Ă©conomique et financiĂšre des pays et ont des contacts informels avec les autoritĂ©s nationales; si nĂ©cessaire, des discussions ont lieu au Conseil entre les consultations.
  • Surveillance mondiale ou «multilatĂ©rale». Le Conseil d’administration du FMI passe en revue pĂ©riodiquement l’évolution Ă©conomique internationale et celle des marchĂ©s financiers, en s’appuyant notamment sur les rapports sur les Perspectives de l’économie mondiale, que les services de l’institution prĂ©parent en gĂ©nĂ©ral deux fois par an, et le Rapport sur la stabilitĂ© financiĂšre dans le monde, Ă©galement semestriel. Par ailleurs, le Conseil examine frĂ©quemment de maniĂšre informelle l’évolution de l’économie mondiale et des marchĂ©s financiers, et les administrateurs ainsi que tous les fonctionnaires du FMI reçoivent chaque jour un rapport qui rend compte des grands Ă©vĂ©nements financiers survenus sur les marchĂ©s matures et Ă©mergents.
  • Surveillance rĂ©gionale. Afin de complĂ©ter les consultations bilatĂ©rales, le FMI s’intĂ©resse aussi aux politiques menĂ©es dans le cadre d’accords rĂ©gionaux. Il tient pĂ©riodiquement des rĂ©unions de concertation avec des institutions Ă©conomiques rĂ©gionales telles que l’Union europĂ©enne, la Banque centrale europĂ©enne, l’Union Ă©conomique et monĂ©taire ouest-africaine, la CommunautĂ© Ă©conomique et monĂ©taire de l’Afrique centrale et l’Union monĂ©taire des CaraĂŻbes orientales.
En outre, la direction et les services du FMI prennent part Ă  des discussions de politique gĂ©nĂ©rale avec les ministres des finances, les gouverneurs de banques centrales et les autres hauts responsables de groupes tels que le Groupe des Sept plus grands pays industrialisĂ©s (G-7), le Groupe des Vingt-Quatre (G-24), l’Association de coopĂ©ration Ă©conomique Asie-Pacifique, le Nouveau Partenariat pour le dĂ©veloppement de l’Afrique, le Conseil de coopĂ©ration du Golfe, ou le groupe des pays du Maghreb associĂ©s Ă  l’Union europĂ©enne.
Le FMI ne cesse d’adapter les modalitĂ©s de sa surveillance aux nouveaux enjeux. (Pour plus de prĂ©cisions sur les mesures de renforcement de la surveillance, voir le chapitre 2.)

Surveillance bilatérale

Aux fins de la surveillance au titre de l’article IV des Statuts, une mission des services du FMI se rend dans le pays pour rencontrer des reprĂ©sentants du gouvernement et de la banque centrale et recueillir les informations Ă©conomiques et financiĂšres. Les consultations portent sur l’évolution rĂ©cente sur le plan monĂ©taire et budgĂ©taire, ainsi que sur les rĂ©formes structurelles connexes que le pays met en Ɠuvre. L’administrateur pour le pays membre assiste en gĂ©nĂ©ral aux consultations en tant qu’observateur. La mission rencontre en gĂ©nĂ©ral aussi d’autres personnes ou groupes—syndicats, associations patronales, universitaires, organes lĂ©gislatifs, opĂ©rateurs du marchĂ© financier. L’équipe des services du FMI prĂ©pare normalement une dĂ©claration ou un aide-mĂ©moire de fin de mission qui rĂ©sume ses constatations et recommandations; elle remet ce document aux autoritĂ©s, qui ont la possibilitĂ© de le rendre public.
À son retour au siĂšge, la mission rĂ©dige un rapport dans lequel elle analyse la situation Ă©conomique du pays, rend compte des questions de fond examinĂ©es avec les autoritĂ©s et Ă©value les politiques suivies. Ensuite, le Conseil d’administration examine ce rapport lors d’une rĂ©union oĂč le pays est lui-mĂȘme reprĂ©sentĂ© par son administrateur. Le PrĂ©sident du Conseil d’administration ou le PrĂ©sident par intĂ©rim rĂ©sume les opinions exprimĂ©es par les administrateurs Ă  cette occasion, et un rĂ©sumĂ© Ă©crit est Ă©tabli. Si le pays membre y consent, le texte intĂ©gral du rapport de consultations au titre de l’article IV est rendu public, de mĂȘme que le rĂ©sumĂ© du PrĂ©sident et diverses informations gĂ©nĂ©rales sous forme d’une «note d’information au public» (NIP). Les autoritĂ©s peuvent autoriser la diffusion d’une note d’information au public mĂȘme si elles ne souhaitent pas rendre public le rapport dans son intĂ©gralitĂ©. Durant l’exercice 2003, le Conseil a conclu 136 consultations au titre de l’article IV (tableau 1.1). Les notes d’information au public et les rapports de consultations au titre de l’article IV dont les autoritĂ©s ont autorisĂ© la diffusion sont disponibles sur le site Internet du FMI.
Tableau 1.1 Consultations au titre de l’article IV conclues au cours de l’exercice 2003
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1 La République fédérale de Yougoslavie a pris le nom de Serbie-et-Monténégro avec effet au 4 février 2003.
En outre, le Conseil Ă©value la situation et la politique Ă©conomiques des pays membres qui empruntent Ă  l’institution, Ă  l’occasion de la discussion des accords financiers appuyant le programme Ă©conomique de ces pays.

Surveillance mondiale

Le Conseil d’administration exerce la surveillance mondiale Ă  partir essentiellement des rapports que les services du FMI Ă©tablissent—les Perspectives de l’économie mondiale et le Global Financial Stability Report (Rapport sur la stabilitĂ© financiĂšre dans le monde)—et examine, Ă  intervalles rĂ©guliers, l’évolution de l’économie et des marchĂ©s.

Perspectives de l’économie mondiale

Les rapports intitulĂ©s Perspectives de l’économie mondiale prĂ©sentent une analyse exhaustive des perspectives Ă©conomiques Ă  l’échelon mondial et Ă  celui des divers pays et rĂ©gions, ainsi qu’un examen de certains points prĂ©cis. En rĂšgle gĂ©nĂ©rale, ils sont prĂ©parĂ©s par les services du FMI et examinĂ©s par le Conseil d’administration deux fois par an (puis publiĂ©s), mais ils peuvent l’ĂȘtre plus frĂ©quemment si des changements rapides dans la situation mondiale le justifient.
Au cours de l’exercice 2003, le Conseil a examinĂ© les Perspectives de l’économie mondiale Ă  deux reprises: en septembre 2002 et en mars 2003 (la chronologie des faits saillants de l’exercice est prĂ©sentĂ©e Ă  l’encadrĂ© 1.1).

Les Perspectives de l’économie mondiale: sĂ©ance de septembre 2002

À la sĂ©ance de septembre 2002, les administrateurs ont constatĂ© que l’évolution de l’économie mondiale et des marchĂ©s financiers avait Ă©tĂ© contrastĂ©e depuis le deuxiĂšme trimestre de 2002. Des tendances nĂ©gatives Ă©taient apparues sur plusieurs fronts—entre autres, la forte baisse des cours internationaux des actions depuis fin mars 2002, la dĂ©tĂ©rioration des conditions financiĂšres pour la plupart des emprunteurs des marchĂ©s Ă©mergents, notamment en AmĂ©rique latine, et les faiblesses de plusieurs indicateurs courants ou avancĂ©s pour les États-Unis, l’Europe et plusieurs autres rĂ©gions. Cette Ă©volution Ă©tait particuliĂšrement dĂ©cevante en regard des indicateurs Ă©conomiques mondiaux, dont ceux du commerce et de la production industrielle, qui s’étaient renforcĂ©s depuis fin 2001, et des chiffres de croissance qui ont dĂ©passĂ© les prĂ©visions dans plusieurs rĂ©gions au premier trimestre.
Les administrateurs ont notĂ© que l’économie mondiale et les marchĂ©s financiers avaient fait preuve d’une grande rĂ©sistance Ă  de multiples chocs et que, Ă  terme, plusieurs facteurs devraient appuyer un renforcement soutenu de la croissance mondiale—notamment le stimulant que continuera d’apporter la politique d’assouplissement macroĂ©conomique suivie antĂ©rieurement dans de nombreuses rĂ©gions, l’achĂšvement des corrections des stocks et les signes rĂ©cents d’une stabilisation des marchĂ©s financiers internationaux. NĂ©anmoins, les administrateurs ont fait part de leurs prĂ©occupations quant Ă  la vigueur et Ă  la viabilitĂ© de la reprise et Ă©taient convenus que les perspectives pour le reste de 2002 et pour 2003 seront probablement moins bonnes que prĂ©vu dans l’édition d’avril des Perspectives de l’économie mondiale.
Les administrateurs Ă©taient d’avis que les perspectives Ă  court terme se rĂ©vĂ©leraient trop optimistes. En particulier, ils ont notĂ© que les baisses des cours des actions auraient peut-ĂȘtre sur la demande intĂ©rieure un impact plus marquĂ© que prĂ©vu—en particulier aux États-Unis, qui ont tirĂ© la reprise mondiale jusqu’à prĂ©sent. Ils ont Ă©galement notĂ© que l’évolution des taux de change des principales monnaies Ă©tait appropriĂ©e dans une perspective Ă  moyen terme, mĂȘme si, Ă  court terme, un certain effet nĂ©gatif n’était pas Ă  exclure sur la reprise au Japon et dans la zone euro, qui avait Ă©tĂ© induite jusque-lĂ  par la demande extĂ©rieure. Selon de nombreux administrateurs, un risque de correction brutale et perturbatrice pesait sur le dĂ©ficit extĂ©rieur courant des États-Unis qui restait considĂ©rable et sur la valeur toujours Ă©levĂ©e du dollar. Les administrateurs ont Ă©galement constatĂ© avec prĂ©occupation que le durcissement des conditions de financement pour les marchĂ©s Ă©mergents pourrait compromettre davantage encore les perspectives de croissance de plusieurs pays et accroĂźtre leur vulnĂ©rabilitĂ©. Ils ont aussi notĂ© que les prix du pĂ©trole pourraient devenir plus volatils en cas d’aggravation des problĂšmes de sĂ©curitĂ© au Moyen-Orient.

Les Perspectives de l’économie mondiale: sĂ©ance de mars 2003

Le rythme de la reprise Ă  l’échelle mondiale s’était ralenti lorsque le Conseil a tenu, en mars 2003, sa deuxiĂšme sĂ©cance consacrĂ©e Ă  l’examen des Perspectives de l’économie mondiale, dans un environnement marquĂ© par une incertitude gĂ©opolitique croissante concernant l’Iraq, par la persistance des retombĂ©es nĂ©gatives de l’éclatement de la bulle du marchĂ© des actions et par une situation gĂ©nĂ©rale trĂšs mouvante.
Les administrateurs ont constatĂ© que l’économie mondiale avait rĂ©sistĂ© et que les fondamentaux demeuraient solides dans bien des pays industrialisĂ©s. Ils Ă©taient d’avis que la reprise mondiale devrait se confirmer progressivement et se traduire par un taux de croissance du PIB mondial d’un peu plus de 3 % en 2003, d’aprĂšs le scĂ©nario de rĂ©ference. Ce rĂ©sultat reposerait sur une reprise de la confiance, la rĂ©duction des obstacles Ă  la croissance aprĂšs l’éclatement de la bulle des cours des actions, le programme de relance envisagĂ© et le cycle des stocks. En outre, les entreprises des États-Unis et d’Europe ayant des encaisses relativement Ă©levĂ©es, l’investissement pourrait reprendre assez rapidement. Toutefois, les administrateurs ont reconnu que l’ampleur des incertitudes et des risques remettait en question les perspectives Ă©conomiques, eu Ă©gard Ă  la fragilitĂ© de la reprise dans le monde et Ă  la probabilitĂ© d’un affaiblissement graduel de la rĂ©sistance de l’économie mondiale Ă  des chocs Ă©ventuels. L’évolution du marchĂ© pĂ©trolier inĂ©ritait une attention particuliĂšre.
Selon les administrateurs, l’impact Ă©conomique d’un conflit en Iraq Ă©tait trĂšs difficile Ă  quantifier. Ils considĂ©raient que la balance des autres risques Ă©tait essentiellement nĂ©gative et que la croissance lĂ©thargique pourrait persister, mĂȘme en l’absence d’une guerre, pour trois raisons. PremiĂšrement, la relance de l’économie mondiale dĂ©pendait encore largement des États-Unis, aucun autre pays ne pouvant prendre valablement la relĂšve si l’économie amĂ©ricaine s’essoufflait. Le risque d’un ajustement dĂ©sordonnĂ© pour corriger les dĂ©sĂ©quilibres mondiaux—y compris une forte dĂ©prĂ©ciation du dollar—existait encore. DeuxiĂšmement, la possibilitĂ© d’une contraction supplĂ©mentaire de marchĂ©s boursiers parvenus Ă  maturitĂ© ne pouvait ĂȘtre exclue, car les anticipations de gains Ă©taient encore relativement optimistes et un ajustement des prix du logement Ă©tait aussi possible dans certains pays industrialisĂ©s. TroisiĂšmement, en dĂ©pit des progrĂšs rĂ©cents, certains marchĂ©s Ă©mergents demeuraient vulnĂ©rables Ă  une dĂ©tĂ©rioration de l’environnement mondial. MalgrĂ© ces risques, les administrateurs estimaient qu’une dĂ©flation soutenue Ă  l’échelle mondiale Ă©tait improbable, mais n’excluaient pas une baisse des prix dans tel ou tel pays.
Les pressions inflationnistes Ă©tant gĂ©nĂ©ralement assez modĂ©rĂ©es, les administrateurs Ă©taient convenus que les principaux pays industrialisĂ©s devraient continuer Ă  appliquer des politiques monĂ©taires accommodantes. Dans le domaine budgĂ©taire, la situation variait d’un pays Ă  l’autre. À court terme, les administrateurs reconnaissaient que la marge de manƓuvre en matiĂšre de compressions budgĂ©taires Ă©tait limitĂ©e par la situation conjoncturelle. Il faudrait de maniĂšre gĂ©nĂ©rale laisser jouer les stabilisateurs budgĂ©taires automatiques, mĂȘme s’il Ă©tait Ă©vident que l’assainissement des finances publiques doit demeurer une prioritĂ© Ă  moyen terme pour de nombreux pays industrialisĂ©s ayant une dette publique Ă©levĂ©e et soumis Ă  des pressions croissantes en raison du vieillissement de la population. Par ailleurs, les administrateurs encourageaient vivement l’accĂ©lĂ©ration des rĂ©formes structurelles pour stimuler la confiance et la croissance de la demande intĂ©rieure—surtout en Europe et au Japon—afin de rĂ©duire la dĂ©pendance du monde envers les États-Unis et de favoriser une rĂ©duction ordonnĂ©e des dĂ©sĂ©quilibres mondiaux.
Les administrateurs ont soulignĂ© que les autoritĂ©s devraient continuer Ă  suivre attentivement l’évolution de la situation, faire preuve de souplesse et ĂȘtre prĂȘtes Ă  s’adapter selon les circonstances. Sur le plan international, une collaboration et un dialogue Ă©troits et des efforts concertĂ©s seraient nĂ©cessaires pour parer aux incertitudes et stimuler la confiance dans le monde. À cet Ă©gard, les administrateurs considĂ©raient que la poursuite vigoureuse des nĂ©gociations commerciales multilatĂ©rales du cycle de Doha (encadrĂ© 5.7) serait essentielle.

Principales zones monétaires

Les administrateurs s’attendaient Ă  ce que les États-Unis continuent Ă  tirer la reprise Ă  l’échelle mondiale. Dans ce pays, certains indicateurs Ă©conomiques fondamentaux—chiffres de productivitĂ© notamment—étaient certes encore robustes, mais les donnĂ©es Ă©conomiques rĂ©centes Ă©taient dĂ©cevantes en raison de l’effritement de la confiance et des dĂ©penses de consommation. Plusieurs facteurs semblaient accentuer les risques d’aggravation de la situation aux États-Unis, en l’occurrence: les incertitudes quant Ă  la guerre en Iraq, la question de savoir si les excĂšs engendrĂ©s par la bulle spĂ©culative avaient complĂštement disparu et l’apparition de dĂ©ficits budgĂ©taires qui s’ajoutaient Ă  l’important dĂ©ficit courant. Selon les administrateurs, l’orientation actuelle de la politique monĂ©taire Ă©tait globalement appropriĂ©e, mais il faudrait sans doute l’assouplir davantage si la croissance Ă©tait menacĂ©e (plusieurs Ă©taient toutefois d’avis que la marge de manƓuvre Ă©tait de plus en plus limitĂ©e). En matiĂšre budgĂ©taire, les administrateurs estimaient que les rĂ©centes mesures fiscales proposĂ©es par l’administration des États-Unis prĂ©sentaient certains avantages sur le plan structurel, mais que leur application aggraverait considĂ©rablement la position budgĂ©taire Ă  moyen terme et pourrait bien suivre les mouvements de la conjoncture en cas de reprise Ă©conomique conformĂ©ment au scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence. Les administrateurs ont, par ailleurs, soulignĂ© l’importance de rĂ©tablir la confiance des investisseurs pour soutenir la reprise et prĂ©conisaient l’application rigoureuse de meilleures rĂšgles de gouvernance des entreprises.
La zone euro ne connaissait certes pas de dĂ©sĂ©quilibre grave et ses fondamentaux Ă©taient encore solides dans l’ensemble, mais les administrateurs ont jugĂ© l’évolution rĂ©cente de la rĂ©gion prĂ©occupante. En effet, le taux de croissance Ă©taient encore dĂ©cevant et les prĂ©visions pour 2003 avaient Ă©tĂ© sensiblement rĂ©duites. L’apprĂ©ciation de l’euro, les contraintes de bilan et l’assainissement des finances publiques envisagĂ© dans certains pays risquaient de peser sur l’économie rĂ©gionale Ă  l’avenir. Dans ce contexte gĂ©nĂ©ral, les administrateurs jugeaient particuliĂšrement prĂ©occupante la situation de l’Allemagne—dont l’économie Ă©tait stagnante et dont le secteur financier Ă©tait soumis Ă  des pressions croissantes.
Les administrateurs ont saluĂ© la dĂ©cision rĂ©cente de la Banque centrale europĂ©enne (BCE) de rĂ©duire les taux d’intĂ©rĂȘt, et bon nombre d’entre eux estimaient qu’il y avait lieu d’assouplir davantage la politique monĂ©taire pour relancer la croissance. En matiĂšre budgĂ©taire, la situation de certains pays d’Europe de l’Ouest s’étant aggravĂ©e depuis un an, les administrateurs estimaient que le dĂ©fi Ă  court terme consisterait Ă  Ă©viter d’accentuer inutilement les difficultĂ©s Ă©conomiques par des compressions budgĂ©taires, tout en renforçant la crĂ©dibilitĂ© du Pacte de stabilitĂ© et de croissance. Pour ce faire, il faudrait rĂ©duire les dĂ©ficits structurels pour se rapprocher de la norme Ă  moyen terme, Ă  savoir une position budgĂ©taire proche de l’équilibre ou excĂ©dentaire. La plupart des administrateurs convenaient de la nĂ©cessitĂ© de laisser jouer pleinement les stabilisateurs automatiques autour de l’axe d’assainissement des finances publiques, mĂȘme si cela devait entraĂźner des dĂ©ficits supĂ©rieurs au plafond de 3 % du PIB en 2003. Toutefois, certains administrateurs estimaient qu’un dĂ©passement de ce plafond n’était pas indiquĂ© dans la situation actuelle, une telle mesure pouvant miner la crĂ©dibilitĂ© de la gestion budgĂ©taire sans amĂ©liorer sensiblement l’activitĂ© Ă©conomique Ă  court terme.
Les administrateurs ont engagĂ© vivement les pays europĂ©ens Ă  corriger plus rapidement les rigiditĂ©s structurelles du marchĂ© des produits et du marchĂ© du travail. Des mesures importantes ont Ă©tĂ© prises, mais les taux de chĂŽmage Ă©taient encore gĂ©nĂ©ralement Ă©levĂ©s en Europe et les taux d’activitĂ© Ă©conomique Ă©taient beaucoup plus faibles que dans d’autres pays avancĂ©s....

Table of contents

  1. Cover Page
  2. Title Page
  3. Copyright Page
  4. Contents
  5. Faits marquants
  6. Message du Directeur général
  7. Conseil d’administration
  8. Cadres de direction
  9. Organes directeurs du FMI et Rapport annuel
  10. Lettre de présentation
  11. 1. La surveillance du FMI à l’Ɠuvre
  12. 2. Renforcement de la surveillance et de la prévention des crises
  13. 3. Renforcement du dispositif de résolution des crises
  14. 4. RĂ©forme des politiques et des modalitĂ©s de prĂȘt
  15. 5. Lutte contre la pauvreté dans les pays à faible revenu
  16. 6. Assistance technique et formation
  17. 7. Transparence, obligation de rendre compte et coopération
  18. 8. OpĂ©rations et politiques financiĂšres de l’exercice 2003
  19. 9. Organisation, budget et ressources humaines
  20. Appendices
  21. Abréviations
  22. Encadrés
  23. Footnotes