Perspectives de l'économie mondiale, avril 2007 : Effets de contagion et cycles économiques mondiaux
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Information

eBook ISBN
9781589066274
Year
2007

Chapitre 1. Perspectives et enjeux mondiaux

En dépit de la récente nervosité sur les marchés financiers, la croissance mondiale devrait rester vigoureuse en 2007 et en 2008, mais son rythme devrait ralentir quelque peu par rapport à 2006 (graphique 1.1). Par ailleurs, les perspectives semblent moins menacées qu’à l’époque de l’édition de septembre 2006 du rapport sur les Perspectives de l’économie mondiale (ci-après Perspectives), car la baisse des cours du pétrole depuis août dernier et les conditions généralement favorables sur les marchés financiers internationaux ont contribué à limiter les répercussions de la correction du marché du logement américain et les tensions inflationnistes. Néanmoins, les événements récents sur les marchés ont souligné que les perspectives restent orientées à la baisse plutôt qu’à la hausse. Parmi les sources de préoccupation figurent le risque que le ralentissement soit plus brutal aux États-Unis si le secteur du logement continue de se détériorer; le risque que les investisseurs se détournent des actifs risqués davantage et de manière plus prolongée si les marchés financiers restent instables; le risque que les tensions inflationnistes s’intensifient alors que les écarts de production continuent de se combler, surtout en cas de nouvelle montée des cours du pétrole; et le risque peu probable mais très coûteux que les déséquilibres élevés de l’économie mondiale se résorbent de manière désordonnée. À plus long terme, plusieurs facteurs—dont le vieillissement de la population, la résistance croissante à la mondialisation et les conséquences d’une croissance rapide sur l’environnement—pourraient peser sur la productivité soutenue qui est à la base des bons résultats récents. Tout en restant vigilants aux risques macroéconomiques à court terme, les pouvoirs publics devraient tirer parti de la bonne tenue persistante de l’économie mondiale pour s’attaquer de manière plus ambitieuse aux problèmes structurels qui sont profondément ancrés.
Graphique 1.1. Indicateurs mondiaux1
(Variations annuelles en pourcentage, sauf indication contraire)
La croissance mondiale reste supérieure à sa tendance, mais son rythme ralentit, ce qui limite les tensions inflationnistes. Le commerce mondial continue de progresser bien plus vite que la production.
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1Les zones ombrées correspondent aux projections des services du FMI. Sauf indication contraire, les agrégats sont pondérés sur la base de la parité de pouvoir d’achat.
2Taux moyen de croissance des pays (somme pondérée en fonction de la parité de pouvoir d’achat). Au fil des ans, la pondération des pays à croissance plus rapide augmente, ce qui oriente la courbe vers le haut.

Conjoncture économique mondiale

La croissance mondiale a été vigoureuse en 2006, atteignant 5,4 % (¼ de point de plus que prévu dans l’édition de septembre 2006 des Perspectives (tableau 1.1 et graphique 1.2). Aux États-Unis, l’activité souffre fortement d’un ralentissement brutal du marché du logement, alors que l’investissement des entreprises dans les installations et équipements a fléchi aussi. Cependant, la consommation a été soutenue par la croissance persistante de l’emploi (surtout dans le secteur des services) et par la baisse des cours du pétrole après les records enregistrés en août. Dans la zone euro, la croissance s’est accélérée pour atteindre son rythme le plus rapide depuis six ans, la demande intérieure étant dopée par la confiance accrue des chefs d’entreprise et l’amélioration des marchés du travail, ainsi que par des facteurs exceptionnels, notamment la Coupe du monde de football et la poussée de la consommation en Allemagne avant la hausse de la TVA prévue pour janvier 2007. Au Japon, l’activité a ralenti au milieu de l’année, mais s’est redressée vers la fin de l’année.
Tableau 1.1. Perspectives de l’économie mondiale: aperçu des projections
(Variations annuelles en pourcentage, sauf indication contraire)
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Note: On suppose que les taux de change effectifs restent, en valeur réelle, aux niveaux observés entre le 26 janvier et le 23 février 2007. Voir l’appendice statistique pour détails, groupes et méthodologies.
1 Moyenne simple des cours U.K. Brent, Dubaï Fateh et West Texas Intermediate. Le cours moyen du pétrole en 2006 était de 64,27 dollars le baril; hypothèse pour 2007: 60,75 dollars le baril; et pour 2008: 64,75 dollars le baril.
2 Taux à six mois pour le dollar EU et le yen. Taux à trois mois pour l’euro.
Graphique 1.2. Indicateurs courants et avancés
(Variations en pourcentage par rapport à l’année précédente, sauf indication contraire)
Selon les indicateurs de la production industrielle et du commerce, le rythme de la croissance mondiale a ralenti quelque peu depuis la mi-2006, bien que les indicateurs généralement positifs de confiance restent de bon augure pour le court terme.
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Sources: confiance des chefs d’entreprise: pour les États-Unis, Institute for Supply Management; pour la zone euro, Commission européenne; pour le Japon, Banque du Japon. Confiance des consommateurs: pour les États-Unis, Conference Board; pour la zone euro, Commission européenne; pour le Japon, Bureau du Premier Ministre. Pour les autres indicateurs: Haver Analytics.
1Australie, Canada, Danemark, États-Unis, Japon, Norvège, Nouvelle-Zélande, Royaume-Uni, Suède, Suisse et zone euro.
2Afrique du Sud, Argentine, Brésil, Bulgarie, Chili, Chine, Colombie, Corée, Estonie, Hong Kong (RAS), Hongrie, Inde, Indonésie, Israël, Lettonie, Lituanie, Malaisie, Mexique, Pakistan, Pérou, Philippines, Pologne, République slovaque, République tchèque, Roumanie, Russie, Singapour, province chinoise de Taiwan, Thaïlande, Turquie, Ukraine et Venezuela.
3Les données sur la confiance des consommateurs au Japon sont fondées sur un indice de diffusion, où des valeurs supérieures à 50 indiquent un raffermissement de la confiance.
4Les données pour la Chine, l’Inde, le Pakistan et la Russie ont été calculées par interpolation.
Dans les pays émergents et les pays en développement, la croissance rapide a été tirée par la Chine et l’Inde. Le taux de croissance en Chine a atteint 10¾ % en 2006, grâce à la croissance de l’investissement et des exportations, en dépit d’un ralentissement au deuxième semestre, alors qu’une politique économique plus restrictive a contribué à freiner le rythme de l’investissement en actifs fixes. En Inde, l’expansion a pris de l’ampleur dans le courant de l’année, la croissance sur un an atteignant 9¼ %. Ailleurs, la croissance est généralement restée vigoureuse aussi, grâce aux cours élevés des produits de base et aux conditions favorables sur les marchés de capitaux.
La croissance vigoureuse et la hausse des cours mondiaux du pétrole au premier semestre de 2006 ont fait craindre une poussée d’inflation, mais les tensions se sont modérées au second semestre, du fait d’un resserrement des politiques monétaires et d’un retournement de la tendance sur le marché du pétrole (graphique 1.3). Les baisses des cours du pétrole depuis le mois d’août s’expliquent dans une large mesure par une atténuation des tensions sécuritaires au Moyen-Orient, un meilleur équilibre entre l’offre et la demande sur le marché pétrolier et des conditions climatiques favorables au deuxième semestre de 2006 (appendice 1.1). Dans les pays avancés, l’inflation mesurée par l’indice général des prix à la consommation a reculé assez brutalement après l’été du fait de la baisse du coût des combustibles. L’inflation hors énergie et alimentation a reculé modérément. Aux États-Unis, elle est restée légèrement au-dessus de la zone de confort implicite de la Réserve fédérale, et celle-ci maintient inchangé le taux des fonds fédéraux depuis juin, mettant en balance les risques d’un ralentissement économique et la crainte persistante de l’inflation. Au Japon, l’inflation reste désagréablement proche de zéro après une révision à la baisse de l’indice des prix à la consommation, et la Banque du Japon n’a relevé son taux directeur que très graduellement depuis qu’elle a abandonné sa politique de taux nul en juillet 2006. La Banque centrale européenne (BCE), la Banque d’Angleterre et d’autres banques centrales européennes ont continué de retirer l’impulsion monétaire du fait de la vigueur de l’activité économique. Quelques pays émergents—notamment la Chine, l’Inde et la Turquie—ont durci leur politique monétaire par crainte d’une croissance trop rapide, d’une surchauffe et (dans le cas de la Turquie) de tensions extérieures, mais, globalement, l’évolution de l’inflation est restée favorable.
Graphique 1.3. Inflation mondiale
(Variations annualisées en pourcentage d’une moyenne mobile sur trois mois par rapport à la moyenne précédente sur trois mois, sauf indication contraire)
L’inflation et les anticipations inflationnistes ont généralement reculé depuis la mi-2006, grâce à la baisse des cours du pétrole et au durcissement monétaire.
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Sources: Haver Analytics et calculs des services du FMI.
1Australie, Canada, Danemark, États-Unis, Japon, Norvège, Nouvelle-Zélande, Royaume-Uni, Suède et zone euro.
2Afrique du Sud, Brésil, Bulgarie, Chili, Chine, Corée, Estonie, Hong Kong (RAS), Hongrie, Inde, Indonésie, Malaisie, Mexique, Pologne, Singapour, province chinoise de Taiwan et Thaïlande.
3En pourcentage; rendement nominal moins rendement indexé sur l’inflation des titres à dix ans.
Les anticipations d’une persistance de la croissance vigoureuse et d’une diminution des craintes d’inflation ont contribué à la bonne tenue des marchés financiers internationaux pendant la majeure partie de la période depuis le milieu de 2006. Les marchés sont plus instables depuis fin février, mais il semble que ce soit une correction modeste après une période de hausse des prix des actifs, et non un changement d’opinion fondamental de la part des marchés (voir le Global Financial Stability Report d’avril 2007 pour de plus amples détails). En dépit des baisses récentes, les marchés d’actions des pays avancés restent proches de leurs records, grâce à la croissance vigoureuse des bénéfices (graphiques 1.4 et 1.5). Les rendements obligataires à long terme ont en général baissé depuis le milieu de 2006, les marges sur les actifs risqués se sont rétrécies dans la plupart des compartiments du marché et la volatilité des marchés a été extrêmement faible jusqu’il y a peu. Les marchés émergents d’obligations et d’actions ont rebondi vigoureusement après les turbulences de mai–juin 2006, alors que les craintes concernant un durcissement prolongé de la politique monétaire américaine se sont atténuées, et ces marchés restent proches de leurs records même après la correction récente (graphique 1.6). Les flux de capitaux vers les pays émergents sont demeurés élevés sur toute l’année 2006, l’Asie et les pays émergents d’Europe continuant d’en attirer une grande partie, et les entreprises ont remplacé les États souverains comme source principale de la demande (tableau 1.2).
Graphique 1.4. Évolution des marchés financiers matures
Les anticipations d’une croissance vigoureuse persistante et d’une modération des tensions sur les prix depuis mi-2006 ont encouragé l’activité sur les marchés d’actions et une baisse des taux longs. La croissance du crédit a ralenti un peu, mais reste forte.
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Sources: Bloomberg Financial Markets, LP; CEIC Data Company Limited; Haver Analytics; OCDE; FMI, International Financial Statistics; autorités nationales; calculs des services du FMI.
1Obligation d’État à dix ans moins bon du Trésor à trois mois.
G...

Table of contents

  1. Cover Page
  2. Title Page
  3. Copyright Page
  4. Contents
  5. Hypothèses et Conventions
  6. Préface
  7. Avant-propos
  8. Résumé analytique
  9. Chapitre 1. Perspectives et enjeux mondiaux
  10. Chapitre 2. Perspectives nationales et régionales
  11. Chapitre 3. Les taux de change et l’ajustement des déséquilibres extérieurs
  12. Chapitre 4. Possibilités de découplage? Effets de contagion et cycles économiques mondiaux
  13. Chapitre 5. La mondialisation de la main-d’œuvre
  14. Annexe: Examen des perspectives par le Conseil d’administration, mars 2007
  15. Appendice statistique
  16. Perspectives de l’économie mondiale, questions d’actualité
  17. Encadrés
  18. Footnotes