Perspectives de l'économie mondiale, septembre 2011 : Croissance au ralenti, risques en hausse
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Information

eBook ISBN
9781616351212
Year
2011

Chapitre 1: Perspectives et Enjeux Mondiaux

Ralentissement de l’activitĂ© mondiale

L’activitĂ© a flĂ©chi considĂ©rablement (graphique 1.1), aprĂšs plusieurs trimestres oĂč la croissance mondiale a Ă©tĂ© plus ou moins conforme aux projections des Perspectives de l’économie mondiale (PEM). Ce ralentissement s’explique par des facteurs anticipĂ©s et non anticipĂ©s. On ne s’attendait pas Ă  ce que le rebond conjoncturel vigoureux de la production industrielle et du commerce mondiaux en 2010 persiste. Cependant, dans les pays avancĂ©s touchĂ©s par la crise, en particulier aux États-Unis, le redĂ©ploiement de la demande publique vers la demande privĂ©e prend plus de temps que prĂ©vu. En outre, les problĂšmes relatifs Ă  la dette souveraine et au secteur bancaire dans la zone euro s’avĂšrent plus tenaces que prĂ©vu. Par ailleurs, les perturbations rĂ©sultant du tremblement de terre et du tsunami au Japon, ainsi que les troubles qui se propagent dans la rĂ©gion du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord et l’envolĂ©e des cours du pĂ©trole qui en rĂ©sulte ont constituĂ© des surprises majeures.
Graphique 1.1. Indicateurs mondiaux1
(Variation annualisée en pourcentage de la moyenne mobile sur trois mois par rapport à la moyenne précédente, sauf indication contraire)
Le commerce et la production industrielle mondiaux ont perdu de leur Ă©lan au deuxiĂšme trimestre de 2011, en partie parce qu’un tremblement de terre et un tsunami au Japon ont perturbĂ© la chaĂźne de l’offre mondiale et que les prix Ă©levĂ©s du pĂ©trole ont ralenti la consommation dans les pays avancĂ©s. En consĂ©quence, la croissance s’est avĂ©rĂ©e plus molle que prĂ©vu Ă  l’échelle mondiale, et surtout dans les pays avancĂ©s.
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Sources: Bureau of Economic Analysis; TrĂ©sor amĂ©ricain; Banque centrale europĂ©enne; Haver Analytics; Bureau nĂ©erlandais d’analyse de la politique Ă©conomique pour l’indice CPB du commerce en volume; calculs des services du FMI.
1Tous les pays ne sont pas inclus dans les totaux régionaux. Pour certains pays, les données mensuelles sont interpolées à partir des séries trimestrielles.
2En DTS.
3Afrique du Sud, Argentine, Brésil, Bulgarie, Chili, Chine, Colombie, Hongrie, Inde, Indonésie, Lettonie, Lituanie, Malaisie, Mexique, Pakistan, Pérou, Philippines, Pologne, Roumanie, Russie, Thaïlande, Turquie, Ukraine et Venezuela.
4Australie, Canada, CorĂ©e, Danemark, États-Unis, Hong Kong (RAS), IsraĂ«l, Japon, NorvĂšge, Nouvelle-ZĂ©lande, RĂ©publique tchĂšque, Royaume-Uni, Singapour, SuĂšde, Suisse, province chinoise de Taiwan et zone euro.
5Dollars le baril; échelle de droite; moyenne simple des cours au comptant du pétrole brut U.K. Brent, Dubaï Fateh et West Texas Intermediate.
La catastrophe au Japon et les perturbations des approvisionnements pĂ©troliers ont eu un effet temporaire sur la croissance mondiale qui commence Ă  prendre fin. Divers facteurs portent Ă  croire qu’elles ont peutĂȘtre abaissĂ© la production des pays avancĂ©s de œ point de pourcentage, principalement au deuxiĂšme trimestre de 2011.
  • Selon certaines estimations, le nombre d’automobiles fabriquĂ©es dans le monde a peut-ĂȘtre diminuĂ© de pas moins de 30 % dans les deux mois qui ont suivi le tremblement de terre et le tsunami au Japon en raison des perturbations de la chaĂźne de l’offre. Pour les États-Unis, les pertes seraient, selon certaines estimations, de l’ordre de 1 point de pourcentage du PIB au deuxiĂšme trimestre de 20111, et, selon d’autres, d’environ œ point de pourcentage2.
  • Au deuxiĂšme trimestre de 2011, les cours du pĂ©trole se sont Ă©tablis briĂšvement plus de 25 % au-dessus des niveaux observĂ©s en janvier 2011. Il est difficile de dĂ©terminer dans quelle mesure les cours ont Ă©tĂ© portĂ©s par une hausse de la demande ou une baisse de l’offre (par exemple, de Libye). En supposant qu’une part importante de cette hausse s’explique par une baisse de l’offre, elle a peut-ĂȘtre rĂ©duit la production des pays avancĂ©s de ÂŒ Ă  œ point de pourcentage du PIB.
Par ailleurs, les pays Ă©mergents et les pays en dĂ©veloppement ont obtenu des rĂ©sultats plus ou moins conformes aux prĂ©visions, avec des variations considĂ©rables d’une rĂ©gion Ă  l’autre. L’activitĂ© a commencĂ© Ă  rebondir assez vigoureusement dans les pays d’Europe centrale et orientale (PECO) et de la CommunautĂ© des États indĂ©pendants (CEI) qui ont Ă©tĂ© touchĂ©s par la crise, du fait de la vigueur des cours des matiĂšres premiĂšres pour ces derniers. La montĂ©e des cours des matiĂšres premiĂšres a aussi permis Ă  l’AmĂ©rique latine d’enregistrer une croissance Ă©levĂ©e. Dans les pays en dĂ©veloppement d’Asie, l’activitĂ© a flĂ©chi modĂ©rĂ©ment en raison des perturbations de la chaĂźne de l’offre mondiale et du dĂ©stockage face Ă  l’incertitude entourant la demande des pays avancĂ©s. L’Afrique subsaharienne a continuĂ© d’enregistrer une croissance vigoureuse. Par contre, l’activitĂ© Ă©conomique au Moyen-Orient et en Afrique du Nord (MOAN) a souffert des conflits politiques et sociaux, bien que la bonne tenue des recettes ait stimulĂ© l’économie des pays exportateurs de pĂ©trole. Du fait de ces rĂ©sultats dans les pays avancĂ©s et les pays Ă©mergents, l’activitĂ© mondiale a Ă©tĂ© Ă©tonnamment faible au deuxiĂšme trimestre (graphique 1.1, plage infĂ©rieure).

Regain d’instabilitĂ© financiĂšre

RĂ©cemment, la volatilitĂ© a de nouveau augmentĂ© fortement sur les marchĂ©s financiers, en raison des craintes concernant l’évolution dans la zone euro et la vigueur de l’activitĂ© mondiale, surtout de l’économie amĂ©ricaine. L’indĂ©cision au niveau de l’action des pouvoirs publics a aggravĂ© l’incertitude et avivĂ© les tensions financiĂšres, avec des retombĂ©es en retour sur l’économie rĂ©elle. L’édition de septembre 2011 du Rapport sur la stabilitĂ© financiĂšre dans le monde (Global Financial Stability Report, GFSR) note que l’incertitude entourant l’éventuelle rĂ©solution des problĂšmes dans la zone euro a refait surface au printemps de 2011 et s’est accentuĂ©e depuis, en dĂ©pit des mesures vigoureuses qui ont Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©es lors du sommet europĂ©en du 21 juillet 2011. Il est prĂ©occupant que les investisseurs aient relevĂ© fortement les primes de risque souverain pour la Belgique, l’Espagne, l’Italie, et, dans une bien moindre mesure, la France (graphique 1.2, plage supĂ©rieure), et que Chypre soit mis fortement sous pression. Les marchĂ©s interbancaires sont de nouveau sous tension, et certaines banques semblent avoir du mal Ă  continuer d’obtenir du crĂ©dit (graphique 1.2, plage intermĂ©diaire de droite). Étant donnĂ© l’accumulation de signes de faiblesse dans les principaux pays avancĂ©s, et notamment la publication de mauvais chiffres pour l’économie amĂ©ricaine au cours des deux derniers mois, les marchĂ©s d’actions ont baissĂ© nettement et la volatilitĂ© des cours des actions est montĂ©e en flĂšche (graphique 1.3, plage supĂ©rieure); en outre, les prix des obligations souveraines solides et de l’or ont augmentĂ©. Tout cela indique que les investisseurs sont bien plus prudents en ce qui concerne les perspectives des principaux pays avancĂ©s.
Graphique 1.2. Tensions financiùres en Europe et aux États-Unis
La crise dans la zone euro s’est intensifiĂ©e et Ă©tendue. Les Ă©carts sur les obligations souveraines des pays de la pĂ©riphĂ©rie ont atteint de nouveaux sommets. Dans le mĂȘme temps, les Ă©carts de plusieurs autres pays se sont aussi creusĂ©s Ă  des degrĂ©s divers. Les cours des actions ont subi de fortes corrections, du fait des craintes concernant la faiblesse de l’activitĂ© et du secteur financier dans les pays avancĂ©s. Des tensions sont rĂ©apparues sur les marchĂ©s interbancaires. Les Ă©carts des couvertures de dĂ©faillance (CDS) sur les obligations publiques amĂ©ricaines ont augmentĂ©. En revanche, les taux des obligations amĂ©ricaines ont baissĂ©. L’euro et le dollar amĂ©ricain se sont dĂ©prĂ©ciĂ©s vis-Ă -vis du franc suisse jusqu’il y a peu.
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Sources: Bloomberg Financial Markets; calculs des services du FMI.
1LIBOR à 3 mois moins taux des bons du Trésor à 3 mois.
Graphique 1.3. Évolution rĂ©cente des marchĂ©s financiers
Les marchĂ©s d’actions ont reculĂ© et la volatilitĂ© a augmentĂ©. Les investisseurs se sont rĂ©fugiĂ©s dans les obligations publiques des pays jugĂ©s «sĂ»rs». Le crĂ©dit semblait jusqu’il y a peu avoir atteint son point le plus bas. Les indices de conditions financiĂšres font Ă©tat d’un durcissement rĂ©cent, mais les projections tablent sur un relĂąchement progressif.
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Sources: Bank of America/Merrill Lynch; Banque centrale européenne; Banque du Japon; Bloomberg Financial Markets; Haver Analytics; Réserve fédérale; Thomson Datastream; calculs des services du FMI.
1VIX: indice de volatilité du marché des options de Chicago; VXY: indice de volatilité des pays émergents de JPMorgan; CSFB: baromÚtre de crainte du Crédit Suisse.
2Obligations publiques Ă  dix ans.
3Variation annualisĂ©e en pourcentage de la moyenne mobile sur trois mois par rapport Ă  la moyenne prĂ©cĂ©dente. AprĂšs janvier 2009, les prĂȘts corrigĂ©s des ventes et de la titrisation sont utilisĂ©s pour la zone euro. La forte variation aux États-Unis fin 2010 est due aux actifs de carte de crĂ©dit titrisĂ©s que les banques dĂ©tenaient et qui ont Ă©tĂ© inscrits Ă  leurs bilans en 2010.
4Les données historiques sont mensuelles et les projections (lignes en traits) trimestrielles.

Une expansion plus inégale

Il est inquiĂ©tant de constater que divers indicateurs de confiance des consommateurs et des chefs d’entreprise dans les pays avancĂ©s ont reculĂ© fortement, plutĂŽt que progressĂ© comme on aurait pu s’y attendre face Ă  des chocs gĂ©nĂ©ralement temporaires dont les effets se dissipent. En consĂ©quence, l’indicateur synthĂ©tique de croissance («Growth Tracker») du FMI (graphique 1.4, plage supĂ©rieure) laisse entrevoir une croissance faible Ă  court terme. Les projections des PEM supposent que les pouvoirs publics tiennent leurs engagements et sont en mesure de maĂźtriser les turbulences financiĂšres, ce qui permettrait de rĂ©tablir la confiance Ă  mesure que la situation se stabilise. Le retour Ă  une activitĂ© plus vigoureuse dans les pays avancĂ©s serait ainsi retardĂ© et non avortĂ© par les turbulences. Les projections font Ă©tat d’un redressement modĂ©rĂ© de l’activitĂ© dans les pays avancĂ©s et d’une croissance vigoureuse dans les pays Ă©mergent...

Table of contents

  1. Cover Page
  2. Title Page
  3. Copyright Page
  4. Contents
  5. HypothĂšses et conventions
  6. Informations et données supplémentaires
  7. Préface
  8. Avant-propos
  9. Résumé analytique
  10. Chapitre 1. Perspectives et enjeux mondiaux
  11. Chapitre 2. Perspectives nationales et régionales
  12. Chapitre 3. Viser des objectifs atteignables: fluctuations des cours des matiÚres premiÚres et politique monétaire
  13. Chapitre 4. Soldes budgétaire et commercial, des jumeaux séparés à la naissance?
  14. Annexe. Examen des perspectives par le Conseil d’administration du FMI, aoĂ»t 2011
  15. Appendice statistique
  16. Encadrés
  17. Footnotes