Les Temps Difficiles
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Les Temps Difficiles

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Les Temps Difficiles

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M. Gradgrind a donnĂ© Ă  ses enfants Tom et Louise, une Ă©ducation rigoureuse, sans tendresse, ne laissant place ni Ă  l'imagination, ni Ă  la rĂȘverie, comme il nous l'explique: «Ce que je veux, ce sont des faits. Enseignez des faits Ă  ces garçons et Ă  ces filles, rien que des faits. Les faits sont la seule chose dont on ait besoin ici-bas.». Louise Ă©pouse M. Bounderby, l'ami de M Gradgrind, riche industriel parti de rien et fier de sa rĂ©ussite. Il emploiera Tom dans sa banque comme comptable. Le destin semble tracĂ© pour tout le monde, quand un nouveau personnage entre en scĂšne, M. Harthouse, un jeune dandy qui a beaucoup d'influence sur Tom. De plus un vol survient Ă  la banque de M. Bounderby. Un honnĂȘte ouvrier, Étienne Blackpool, est accusĂ© du vol, mais qui est rĂ©ellement le coupable?...Roman le plus engagĂ© de Dickens, Les Temps difficiles nous plonge dans les dĂ©buts de la rĂ©volution industrielle qui transforme l'aimable campagne anglaise en un pandĂ©monium d'usines, de canaux, d'installations miniĂšres, de fabriques, d'entrepĂŽts, de banlieues misĂ©rables, oĂč survit un prolĂ©tariat totalement exploitĂ©. Sous un ciel de suie, Coketown, la ville du charbon (Manchester en rĂ©alitĂ©), est d'autant plus l'image de l'enfer que la classe ouvriĂšre n'y est pas encore organisĂ©e et qu'elle apparaĂźt ainsi comme la victime toute dĂ©signĂ©e de politiciens sans scrupules et d'une bourgeoisie, parfois compatissante et troublĂ©e dans son confort moral, mais toujours persuadĂ©e de la divinitĂ© de ses droits. Le roman de Dickens correspond point pour point Ă  l'analyse qu'en ces mĂȘmes annĂ©es et dans cette mĂȘme Angleterre, Fr. Engels entreprenait de la naissance du capitalisme moderne.

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Information

Year
2020
eBook ISBN
9782322234288
Edition
1

Chapitre 1 - La seule chose nécessaire.

 
« Or, ce que je veux, ce sont des faits. Enseignez des faits Ă  ces garçons et Ă  ces filles, rien que des faits. Les faits sont la seule chose dont on ait besoin ici-bas. Ne plantez pas autre chose et dĂ©racinez-moi tout le reste. Ce n’est qu’au moyen des faits qu’on forme l’esprit d’un animal qui raisonne : le reste ne lui servira jamais de rien. C’est d’aprĂšs ce principe que j’élĂšve mes propres enfants, et c’est d’aprĂšs ce principe que j’élĂšve les enfants que voilĂ . Attachez-vous aux faits, monsieur ! »
La scĂšne se passe dans une salle d’école nue, monotone et sĂ©pulcrale, et le petit doigt carrĂ© de l’orateur donnait de l’énergie Ă  ses observations en soulignant chaque sentence sur la manche du maĂźtre d’école. L’énergie Ă©tait encore augmentĂ©e par le front imposant de l’orateur, mur carrĂ© qui avait les sourcils pour base, tandis que les yeux trouvaient un logement commode dans deux caves obscures, ombragĂ©es par le mur en question ; l’énergie Ă©tait encore augmentĂ©e par la bouche large, mince et sĂ©vĂšre de l’orateur ; l’énergie Ă©tait encore augmentĂ©e par le ton inflexible, dur et dictatorial de l’orateur ; l’énergie Ă©tait encore augmentĂ©e par les cheveux de l’orateur, lesquels se hĂ©rissaient sur les cĂŽtĂ©s de sa tĂȘte chauve, ainsi qu’une plantation de pins destinĂ©e Ă  prĂ©server du vent la surface luisante du crĂąne, couverte d’autant de bosses que la croĂ»te d’un chausson de pommes, comme si cette tĂȘte eĂ»t Ă  peine trouvĂ© assez de place dans ses magasins pour loger tous les faits solides entassĂ©s Ă  l’intĂ©rieur. L’allure obstinĂ©e, l’habit carrĂ©, les jambes carrĂ©es, les Ă©paules carrĂ©e de l’orateur, voire mĂȘme sa cravate, dressĂ©e Ă  le prendre Ă  la gorge avec une Ă©treinte peu accommodante, comme un fait opiniĂątre, tout contribuait Ă  augmenter encore l’énergie.
« Dans cette vie, nous n’avons besoin que de faits, monsieur, rien que de faits ! »
L’orateur et le maĂźtre d’école, et le troisiĂšme personnage adulte qui se trouvait en scĂšne, reculĂšrent un peu pour mieux envelopper dans un coup d’Ɠil rapide le plan inclinĂ© oĂč l’on voyait rangĂ©s en ordre les petits vases humains dans lesquels il n’y avait plus qu’à verser des faits jusqu’à ce qu’ils en fussent remplis Ă  pleins bords.

Chapitre 2 - Le massacre des innocents.

« Thomas Gradgrind, monsieur ! L’homme des rĂ©alitĂ©s ; l’homme des faits et des calculs ; l’homme qui procĂšde d’aprĂšs le principe que deux et deux font quatre et rien de plus, et qu’aucun raisonnement n’amĂšnera jamais Ă  concĂ©der une fraction en sus ; Tho – mas Gradgrind, monsieur (appuyez sur le nom de baptĂȘme Thomas), Tho – mas Gradgrind ! Avec une rĂšgle et des balances, et une table de multiplication dans la poche, monsieur, toujours prĂȘt Ă  peser ou Ă  mesurer le premier colis humain venu, et Ă  vous en donner exactement la jauge. Simple question de chiffres que cela, simple opĂ©ration arithmĂ©tique ! Vous pourriez vous flatter de faire entrer quelque absurditĂ© contraire dans la tĂȘte d’un Georges Gradgrind, ou d’un Auguste Gradgrind, ou d’un John Gradgrind, ou d’un Joseph Gradgrind (tous personnages fictifs qui n’ont pas d’existence), mais non pas dans celle de Thomas Gradgrind ; non, non, monsieur, impossible ! »
C’est en ces termes que M. Gradgrind ne manquait jamais de se prĂ©senter mentalement, soit au cercle de ses connaissances intimes, soit au public en gĂ©nĂ©ral. C’est en ces termes aussi que Thomas Gradgrind, remplaçant seulement par les mots filles et garçons celui de monsieur,vient de se prĂ©senter lui-mĂȘme, Thomas Gradgrind, aux petites cruches alignĂ©es devant lui pour ĂȘtre remplies de faits jusqu’au goulot.
Et vraiment, tandis qu’il les contemple curieusement du fond de ces caves ci-dessus mentionnĂ©es, il a lui-mĂȘme l’air d’une espĂšce de canon bourrĂ©, jusqu’à la gueule, de faits qu’il s’apprĂȘte Ă  envoyer, au moyen d’une seule explosion, bien au delĂ  des rĂ©gions que connaĂźt l’enfance. Il a l’air d’une batterie galvanique chargĂ©e de quelque mauvaise prĂ©paration mĂ©canique destinĂ©e Ă  remplacer dans l’esprit des enfants la jeune et tendre imagination qu’il s’agit de rĂ©duire en poudre.
« Fille numéro vingt, dit M. Gradgrind indiquant carrément, avec son index carré, la personne désignée ; je ne connais pas cette fille. Qui est cette fille ?
– Sissy Jupe, monsieur, rĂ©pondit le numĂ©ro vingt, rougissant, se levant et faisant une rĂ©vĂ©rence.
– Sissy ? Ce n’est pas un nom, ça, dit M. Gradgrind. Vous ne vous nommez pas Sissy, vous vous nommez CĂ©cile.
– C’est papa qui me nomme Sissy, monsieur, rĂ©pondit l’enfant d’une voix tremblante et avec une nouvelle rĂ©vĂ©rence.
– Il a tort, rĂ©pliqua M. Gradgrind. Dites-le-lui. CĂ©cile Jupe : voilĂ  votre nom.
 Voyons un peu
 Que fait votre pĂšre ?
– Il est Ă©cuyer, artiste au cirque, s’il vous plaĂźt, monsieur. »
M. Gradgrind fronça le sourcil, et, d’un geste de sa main, repoussa cette profession inconvenante.
« Nous ne voulons rien savoir de ces choses-lĂ  ici. Il ne faut point nous parler de ces choses-lĂ  ici. Votre pĂšre dompte les chevaux vicieux, n’est-ce pas ?
– Oui, monsieur ; s’il vous plaüt ; quand nous trouvons quelque chose à dompter, nous le domptons dans le manùge.
– Il ne faut pas nous parler de manĂšge ici ; c’est entendu. DĂ©signez votre pĂšre comme un dompteur de chevaux. Il soigne aussi les chevaux malades, sans doute ?
– Oui, monsieur.
– TrĂšs-bien. C’est un vĂ©tĂ©rinaire, un marĂ©chal ferrant et un dompteur de chevaux. Donnez-moi votre dĂ©finition du cheval. »
(Grande terreur éprouvée par Sissy Jupe à cette demande.)
« Fille numĂ©ro vingt incapable de dĂ©finir un cheval ! s’écria M. Gradgrind pour l’édification de toutes les petites cruches en gĂ©nĂ©ral. Fille numĂ©ro vingt ne possĂ©dant aucun fait relatif au plus vulgaire des animaux ! Allons, qu’un des garçons me donne sa dĂ©finition du cheval. Bitzer, la vĂŽtre ? »
L’index carrĂ©, aprĂšs s’ĂȘtre promenĂ© çà et lĂ , Ă©tait venu soudain s’abattre sur Bitzer, peut-ĂȘtre parce que celui-ci se trouvait par hasard exposĂ© au mĂȘme rayon de soleil qui, s’élançant par une des croisĂ©es nues d’une salle badigeonnĂ©e de façon Ă  faire mal aux yeux, rĂ©pandait une vive clartĂ© sur Sissy ; car les filles et les garçons Ă©taient assis sur toute l’étendue du plan inclinĂ© en deux corps d’armĂ©e compactes divisĂ©s au centre par un Ă©troit espace, et Sissy, placĂ©e au coin d’un banc sur le cĂŽtĂ© exposĂ© au soleil, profitait du commencement d’un rayon dont Bitzer, placĂ© au coin d’un banc du cĂŽtĂ© opposĂ© et Ă  quelques rangs plus bas, attrapait la queue. Mais, tandis que la jeune fille avait des yeux et des cheveux si noirs, que le rayon, lorsqu’il tombait sur elle, paraissait lui donner des couleurs plus foncĂ©es et plus vives, le garçon avait des yeux et des cheveux d’un blond si pĂąle, que ce mĂȘme rayon semblait lui enlever le peu de couleur qu’il possĂ©dait. Les yeux ternes de l’écolier eussent Ă  peine Ă©tĂ© des yeux, sans les petits bouts de cils qui, en provoquant un contraste immĂ©diat avec quelque chose de plus pĂąle qu’eux, dessinaient leur forme. Ses cheveux, presque ras, pouvaient passer pour une simple continuation des taches de rousseur qui couvraient son front et son visage. Son teint Ă©tait si dĂ©pourvu de fraĂźcheur et de santĂ©, que l’on soupçonnait qu’il devait saigner blanc lorsque par hasard il se coupait.
« Bitzer, reprit M. Thomas Gradgrind, votre définition du cheval ?
– QuadrupĂšde ; herbivore ; quarante dents, dont vingt-quatre molaires, quatre canines et douze incisives. Change de robe au printemps ; dans les pays marĂ©cageux, change aussi de sabots. Sabots durs, mais demandant Ă  ĂȘtre ferrĂ©s. Âge reconnaissable Ă  diverses marques dans la bouche. »
Ainsi, et plus longuement encore, parla Bitzer.
« Maintenant, fille numĂ©ro vingt, dit M. Gradgrind, vous voyez ce que c’est qu’un cheval. »
Elle fit sa rĂ©vĂ©rence et aurait rougi davantage si elle avait pu devenir plus rouge qu’elle ne l’était depuis le commencement de l’interrogatoire. Bitzer cligna des deux yeux Ă  la fois en regardant Thomas Gradgrind, attrapa la lumiĂšre sur les extrĂ©mitĂ©s frĂ©missantes de ses cils, de façon Ă  les faire ressembler aux antennes d’une foule d’insectes affairĂ©s, porta son poing fermĂ© Ă  son front couvert de taches de rousseur, et, aprĂšs avoir ainsi saluĂ©, se rassit.
Le troisiĂšme personnage s’avance alors. Un fier homme pour rogner et dissĂ©quer les faits, que ce personnage ; c’était un employĂ© du gouvernement ; un vrai pugiliste Ă  sa maniĂšre, toujours prĂȘt Ă  la boxe, ayant toujours un systĂšme Ă  faire avaler au public, bon grĂ© mal grĂ©, Ă  l’instar d’une mĂ©decine, toujours visible Ă  la barre de son petit bureau officiel, prĂȘt Ă  combattre toute l’Angleterre. Pour continuer en termes de boxe, c’était un vrai gĂ©nie pour en venir aux mains n’importe oĂč et n’importe Ă  quel propos, enfin un crĂąne fini. DĂšs son entrĂ©e dans l’arĂšne, il endommageait le premier venu avec le poing droit, continuait avec le poing gauche, s’arrĂȘtait, Ă©changeait les coups, parait, assommait, harassait son antagoniste (toujours dĂ©fiant toute l’Angleterre), le poussait jusqu’à la corde d’enceinte, et se laissait tomber sur lui le plus gentiment du monde afin de l’étouffer ; il se faisait fort de lui couper la respiration de façon Ă  rendre l’infortunĂ© incapable de reprendre la lutte Ă  l’expiration du dĂ©lai de rigueur. Aussi avait-il Ă©tĂ© chargĂ© par les autoritĂ©s supĂ©rieures de hĂąter la venue du grand millĂ©naire pendant lequel les commissaires doivent rĂ©gner ici-bas.
« TrĂšs-bien, dit ce monsieur en souriant gaiement et en se croisant les bras. VoilĂ  un cheval. Maintenant, garçons et filles, laissez-moi vous demander une chose. Tendriez-vous votre chambre d’un papier reprĂ©sentant des chevaux ? »
AprĂšs un instant de silence, une moitiĂ© des enfants cria en chƓur : « Oui, m’sieu ! » Sur ce, l’autre moitiĂ©, lisant dans le visage du monsieur que « oui » avait tort, cria en chƓur : « Non, m’sieu ! » ainsi que cela se fait d’habitude Ă  ces sortes d’examen.
– Non, cela va sans dire. Et pourquoi non ? »
Nouveau silence. Un gros garçon peu dĂ©gourdi, avec une respiration sifflante, s’avisa de rĂ©pondre qu’il ne tendrait la chambre d’aucune espĂšce de papier, parce qu’il aimerait mieux la peindre.
– Mais puisqu’il faut la tendre de papier, insista le monsieur avec quelque peu de vivacitĂ©.
– Il faut la tendre de papier, ajouta Thomas Gradgrind, que cela vous plaise ou non. Ne nous dites donc pas que vous ne la tendrez pas. Qu’entendez-vous par là ?
– Je vais vous expliquer, dit le monsieur aprĂšs un autre silence non moins lugubre, pourquoi vous ne devez pas tendre une salle d’un papier reprĂ©sentant des chevaux. Ayez-vous jamais vu des chevaux se promener sur les murs d’un appartement dans la rĂ©alitĂ©, en fait ? Hein ?
– Oui, m’sieu ! d’une part. Non, m’sieu ! de l’autre.
– Non, cela va sans dire, reprit le monsieur, lançant un regard indignĂ© vers le cĂŽtĂ© qui se trompait. Or, vous ne devez avoir nulle part ce que vous ne voyez pas en fait ; vous ne devez avoir nulle part ce que vous n’avez pas en fait, ce qu’on nomme le goĂ»t n’est qu’un autre nom du fait. »
Thomas Gradgrind baissa la tĂȘte en signe d’approbation.
« C’est lĂ  un principe nouveau, une dĂ©couverte, une grande dĂ©couverte, continua le monsieur. Maintenant, je vais vous donner encore une question. Supposons que vous ayez Ă  tapisser un plancher, Choisirez-vous un tapis oĂč l’on aurait reprĂ©sentĂ© des fleurs ? »
Comme on commençait Ă  ĂȘtre convaincu que non Ă©tait la rĂ©ponse qui convenait le mieux aux questions de ce monsieur, le chƓur des nonfut trĂšs-nombreux. Quelques traĂźnards dĂ©couragĂ©s dirent oui. De ce nombre fut Sissy Jupe.
« Fille numĂ©ro vingt ! » s’écria le monsieur, souriant avec la calme supĂ©rioritĂ© de la science.
Sissy rougit et se leva.
« Ainsi donc, vous iriez tapisser votre chambre, ou la chambre de votre mari, si vous étiez une femme et que vous eussiez un mari, avec des images de fleurs, hein ? demanda le monsieur. Pourquoi cela ?
– S’il vous plaĂźt, monsieur, j’aime beaucoup les fleurs, rĂ©pliqua l’enfant.
– Et c’est pour cela que vous poseriez dessus des tables et des chaises et que vous vous plairiez à voir des gens avec de grosses bottes les fouler aux pieds ?
– Cela ne leur ferait pas de mal, monsieur ; cela ne les Ă©craserait pas, et elles ne se flĂ©triraient pas, s’il vous plaĂźt, monsieur. Elles seraient toujours les images de quelque chose de trĂšs-joli et de trĂšs-agrĂ©able, et je pourrais m’imaginer.

– Oui, oui, vraiment ? Mais justement vous ne devez pas vous imaginer, s’écria le monsieur, enchantĂ© d’ĂȘtre si heureusement arrivĂ© oĂč il voulait en venir. VoilĂ  justement la chose. Vous ne devez jamais vous imaginer.
« Vous ne devez jamais, Sissy Jupe, ajouta Thomas Gradgrind d’un ton solennel, vous permettre d’imaginer quoi que ce soit.
– Des faits, des faits, des faits ! reprit l’autre ; et des faits, des faits, des faits ! rĂ©pĂ©ta Thomas Gradgrind.
– En toutes choses vous devez vous laisser guider et gouverner par les faits, dit le monsieur. Nous espĂ©rons possĂ©der avant peu un corps dĂ©libĂ©rant composĂ© de commissaires amis des faits, qui forceront le peuple Ă  respecter les faits et rien que les faits. Il faut bannir le mot Imagination Ă  tout jamais. Vous n’en avez que faire. Vous ne devez rien avoir, sous forme d’objet d’ornement ou d’utilitĂ©, qui soit en contradiction avec les faits. Vous ne marchez pas en fait sur des fleurs : donc on ne saurait vous permettre de les fouler aux pieds sur un tapis. Vous ne voyez pas que les oiseaux ou les papillons des climats lointains viennent se percher sur votre faĂŻence : donc on ne saurait vous permettre de peindre sur votre faĂŻence des oiseaux et des papillons Ă©trangers. Vous ne rencontrez jamais un quadrupĂšde se promenant du haut en bas d’un mur : donc vous ne devez pas reprĂ©senter des quadrupĂšdes sur vos m...

Table of contents

  1. Chapitre 1 - La seule chose nécessaire.
  2. Chapitre 2 - Le massacre des innocents.
  3. Chapitre 3 - Une crevasse.
  4. Chapitre 4 - Monsieur Bounderby.
  5. Chapitre 5 - La tonique.
  6. Chapitre 6 - le cirque de Sleary.
  7. Chapitre 7 - Madame Sparsit.
  8. Chapitre 8 - Il ne faut jamais s’étonner.
  9. Chapitre 9 - Les progrĂšs de Sissy.
  10. Chapitre 10 - Étienne Blackpool.
  11. Chapitre 11 - Pas moyen d’en sortir.
  12. Chapitre 12 - La vieille.
  13. Chapitre 13 - Rachel.
  14. Chapitre 14 - Le grand manufacturier.
  15. Chapitre 15 - PĂšre et fille.
  16. Chapitre 16 - Mari et femme.
  17. Chapitre 17 - Effets dans la banque.
  18. Chapitre 18 - M. James Harthouse.
  19. Chapitre 19 - Le Roquet.
  20. Chapitre 20 - Les frĂšres et amis.
  21. Chapitre 21 - Ouvriers et maĂźtres.
  22. Chapitre 22 - La disparition.
  23. Chapitre 23 - Poudre Ă  canon.
  24. Chapitre 24 - Explosion.
  25. Chapitre 25 - Pour en finir.
  26. Chapitre 26 - L’escalier de madame Sparsit.
  27. Chapitre 27 - Plus bas, toujours plus bas.
  28. Chapitre 28 - La culbute.
  29. Chapitre 29 - Il fallait encore autre chose.
  30. Chapitre 30 - TrĂšs-ridicule.
  31. Chapitre 31 - TrÚs-décisif.
  32. Chapitre 32 - Perdu.
  33. Chapitre 33 - Retrouvé.
  34. Chapitre 34 - Clair de lune.
  35. Chapitre 35 - Chasse au roquet.
  36. Chapitre 36 - Philosophique.
  37. Chapitre 37 - Final.
  38. Page de copyright

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