ÉDEN, DEUX, TROIS, ÉMOI
(EDEN, TWO, THREE AND CHURNED-UP ME)
I
Le cheval a mangé la rose voice le Prince
Il est ébouriffé il a dû attraper du grand vent comme un arbre et des plumes au passage
Montre-moi ta banlieue dit-il et je l’emmène
Voir à meme le bitumen d’une rue pittoresque
Quatre pieds de carottes levés dans le trottoir
Et maintenant allons poursuivre notre fête
Sur le chemin de fer français à cette heure-ci c’est un départ en bleu
Nous nous rendons à pinces dessous le fil à linge où ma jupe frissonna il était une fois
(Dans la brise de Praha et puis de Cordoba j’attendais son retour
Je semais en éden béton un jardin pour mieux lui faire la cour)
Alors le bouchon part visant le petit train des mains du bien-aimé et je suis très touché
II
(Autrefois à un adieu d’amis je déchire mon vêtement de pluie en plongeant d’un mur des Tuileries dans une profondeur grise de cypress une nuit et je fais sur mes chaussures un bruit presque mélodieux puis j’escalade) je continue sous les étoiles
III
Une file indienne d’Ivoiriens traverse avec chacun sur la tête un colis
(Un colis beau colis broccoli)
La cour où la bourrache a levé d’un parpaing creux
(Pour ses yeux c’est fête juste pour ses yeux)
Je veux dire quelque chose de moi à lui et bouleversement
Cette phrase de fourmis noires avec ses pousses de chou vertes ou bleues qui se balancent c’est immense aphroparadisiaque
Il n’aura pas besoin de chausser ses lunettes pour lire mon amour
IV
A quatre heures du matin sous la lune il sort
En costume d’Adam mon amant va respire la rose
La rose éclose dans la cour grise
A quatre heures nu sous la lune la ville aurait pu le voir avec la rose
Alors j’ai grimpé à son cou
Comme un lierre comme trémière
La rose.
EDEN, TWO, THREE AND CHURNED-UP ME
(ÉDEN, DEUX, TROIS, ÉMOI)
I
The horse has eaten the rose here is the Prince
His hair is all on end he must have met high winds like a tree and feathers as he passed
Show me your neighbourhood he says and I take him by the hand
And show him right up close the tarmac of a colourful street
Four carrot-tops growing in the pavement
And now let’s carry our party on
To French Rail there’s a blue train leaving now
We hoof it on our pegs under the clothes-line where upon a time
My skirt once shivered (in the breeze of Praha then of Cordoba I awaited his return
Sowing a concrete Eden a garden the better to woo him with)
Then the cork pops out at the little train from the hands of my beloved and I’m deeply touched
II
(Back then at a friends’ farewell I tore my mac as I plunged from a Tuileries wall into a deep grey pit of cypresses one night and did it on my shoes with an almost tuneful sound then I started to climb) I go on under the stars
III
A single file of men from the Ivory Coast each one with a box on his head
(Lovely broccoli in broxes)
The yard where the borage grew in a breeze-block’s hollow
(A party for his eyes for his eyes only)
I mean to tell him something of myself and then the other way about and upside-down
This black ant sentence with its waving sh...