Ainsi parlait Zarathoustra ou Ainsi parla Zarathoustra, sous-titré « Un livre pour tous et pour personne » (en allemand: Also sprach Zarathustra. Ein Buch für Alle und Keinen) est un poème philosophique de Friedrich Nietzsche, publié entre 1883 et 1885.
Le livre comporte quatre parties, et commence par un prologue. Selon le traducteurHenri Albert, chaque partie fut composée en une dizaine de jours.
Friedrich Wilhelm Nietzsche est un philologue, philosophe, poète, pianiste et compositeur allemand, né le 15 octobre 1844 à Röcken, en Prusse, et mort le 25 août 1900 à Weimar, en Allemagne. L'œuvre de Nietzsche est essentiellement une généalogie critique de la culture occidentale moderne et de l'ensemble de ses valeurs morales, politiques, philosophiques et religieuses. Cette critique procède par le projet de renverser notamment les valeurs issues de l'interprétation chrétienne du monde, de l'égalitarisme, du platonisme, du socratisme et de toutes les formes de dualisme métaphysique, et d'en instituer de nouvelles dépassant le ressentiment et la volonté de néant qui ont dominé l'histoire de l'Europe sous l'influence du christianisme; ceci notamment par l'affirmation du concept de l'Éternel retour et par le dépassement de l'humanité et l'avènement du Surhomme. L'exposé de ses idées prend dans l'ensemble une forme aphoristique ou poétique. Traduction par Henri Albert.

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PhilosophieDES VIEILLES ET DES NOUVELLES TABLES
1.
Je suis assis lĂ et jâattends, entourĂ© de vieilles tables brisĂ©es et aussi de nouvelles tables Ă demi Ă©crites. Quand viendra mon heure ?
â lâheure de ma descente, de mon dĂ©clin : car je veux retourner encore une fois auprĂšs des hommes.
Câest ce que jâattends maintenant : car il faut dâabord que me viennent les signes annonçant que mon heure est venue, â le lion rieur avec lâessaim de colombes.
En attendant je parle comme quelquâun qui a le temps, je me parle Ă moi-mĂȘme. Personne ne me raconte de choses nouvelles : je me raconte donc Ă moi-mĂȘme. â
2.
Lorsque je suis venu auprĂšs des hommes, je les ai trouvĂ©s assis sur une vieille prĂ©somption. Ils croyaient tous savoir, depuis longtemps, ce qui est bien et mal pour lâhomme.
Toute discussion sur la vertu leur semblait une chose vieille et fatiguĂ©e, et celui qui voulait bien dormir parlait encore du « bien » et du « mal » avant dâaller se coucher.
Jâai secouĂ© la torpeur de ce sommeil lorsque jâai enseignĂ© : Personne ne sait encore ce qui est bien et mal : â si ce nâest le crĂ©ateur !
Mais câest le crĂ©ateur qui crĂ©e le but des hommes et qui donne son sens et son avenir Ă la terre : câest lui seulement qui crĂ©e le bien et le mal de toutes choses.
Et je leur ai ordonnĂ© de renverser leurs vieilles chaires, et, partout oĂč se trouvait cette vieille prĂ©somption, je leur ai ordonnĂ© de rire de leurs grands maĂźtres de la vertu, de leurs saints, de leurs poĂštes et de leurs sauveurs du monde.
Je leur ai ordonnĂ© de rire de leurs sages austĂšres et je les mettais en garde contre les noirs Ă©pouvantails plantĂ©s sur lâarbre de la vie.
Je me suis assis au bord de leur grande allĂ©e de cercueils, avec les charognes et mĂȘme avec les vautours â et jâai ri de tout leur passĂ© et de la splendeur effritĂ©e de ce passĂ© qui tombe en ruines.
En vĂ©ritĂ©, pareil aux pĂ©nitenciers et aux fous, jâai anathĂ©matisĂ© ce quâils ont de grand et de petit, â la petitesse de ce quâils ont de meilleur, la petitesse de ce quâils ont de pire, voilĂ ce dont je riais.
Mon sage dĂ©sir jaillissait de moi avec des cris et des rires ; comme une sagesse sauvage vraiment il est nĂ© sur les montagnes ! â mon grand dĂ©sir aux ailes bruissantes.
Et souvent il mâa emportĂ© bien loin, au delĂ des monts, vers les hauteurs, au milieu du rire : alors il mâarrivait de voler en frĂ©missant comme une flĂšche, Ă travers des extases ivres de soleil :
â au delĂ , dans les lointains avenirs que nul rĂȘve nâa vus, dans les midis plus chauds que jamais imagier nâen rĂȘva : lĂ -bas oĂč les dieux dansants ont honte de tous les vĂȘtements : â
â afin que je parle en paraboles, que je balbutie et que je boite comme les poĂštes ; et, en vĂ©ritĂ©, jâai honte dâĂȘtre obligĂ© dâĂȘtre encore poĂšte ! â
OĂč tout devenir me semblait danses et malices divines, oĂč le monde dĂ©chaĂźnĂ© et effrĂ©nĂ© se rĂ©fugiait vers lui-mĂȘme : â
â comme une Ă©ternelle fuite de soi et une Ă©ternelle recherche de soi chez des dieux nombreux, comme un bienheureuse contradiction de soi, une rĂ©pĂ©tition et un retour vers soi-mĂȘme des dieux nombreux : â
OĂč tout temps me semblait une bienheureuse moquerie des instants, oĂč la nĂ©cessitĂ© Ă©tait la libertĂ© mĂȘme qui se jouait avec bonheur de lâaiguillon de la libertĂ© : â
OĂč jâai retrouvĂ© aussi mon vieux dĂ©mon et mon ennemi nĂ©, lâesprit de lourdeur et tout ce quâil a créé : la contrainte, la loi, la nĂ©cessitĂ©, la consĂ©quence, le but, la volontĂ©, le bien et le mal : â
Car ne faut-il pas quâil y ait des choses sur lesquelles on puisse danser et passer ? Ne faut-il pas quâil y ait â Ă cause de ceux qui sont lĂ©gers et les plus lĂ©gers â des taupes et de lourds nains ?
3.
Câest lĂ aussi que jâai ramassĂ© sur ma route le mot de « Surhumain » et cette doctrine : lâhomme est quelque chose qui doit ĂȘtre surmontĂ©,
â lâhomme est un pont et non un but : se disant bienheureux de son midi et de son soir, une voie vers de nouvelles aurores :
â la parole de Zarathoustra sur le grand Midi et tout ce que jâai suspendu au-dessus des hommes, semblable Ă un second couchant de pourpre.
En vĂ©ritĂ©, je leur fis voir aussi de nouvelles Ă©toiles et de nouvelles nuits ; et sur les nuages, le jour et la nuit, jâai Ă©tendu le rire, comme une tente multicolore.
Je leur ai enseignĂ© toutes mes pensĂ©es et toutes mes aspirations : Ă rĂ©unir et Ă joindre tout ce qui chez lâhomme nâest que fragment et Ă©nigme et lugubre hasard, â
â en poĂšte, en devineur dâĂ©nigmes, en rĂ©dempteur du hasard, je leur ai appris Ă ĂȘtre crĂ©ateurs de lâavenir et Ă sauver, en crĂ©ant, tout ce qui fut.
Sauver le passĂ© dans lâhomme et transformer tout « ce qui Ă©tait » jusquâĂ ce que la volontĂ© dise : « Mais câest ainsi que je voulais que ce fĂ»t ! Câest ainsi que je le voudrai â »
â Câest ceci que jâai appelĂ© salut pour eux, câest ceci seul que je leur ai enseignĂ© Ă appeler salut. â
Maintenant jâattends mon salut, â afin de retourner une derniĂšre fois auprĂšs dâeux.
Car encore une fois je veux retourner auprĂšs des hommes : câest parmi eux que je veux disparaĂźtre et, en mourant, je veux leur offrir le plus riche de mes dons !
Câest du soleil que jâai appris cela, quand il se couche, du soleil trop riche : il rĂ©pand alors dans la mer lâor de sa richesse inĂ©puisable, â
â en sorte que mĂȘme les plus pauvres pĂȘcheurs rament alors avec des rames dorĂ©es ! Car câest cela que jâai vu jadis et, tandis que je regardais, mes larmes coulaient sans cesse. â
Pareil au soleil, Zarathoustra, lui aussi, veut disparaĂźtre : maintenant il est assis lĂ Ă attendre, entourĂ© de vieilles tables brisĂ©es et de nouvelles tables, â Ă demi-Ă©crites.
4.
Regardez, voici une nouvelle table : mais oĂč sont mes frĂšres qui la porteront avec moi dans la vallĂ©e et dans les cĆurs de chair ? â
Ainsi lâexige mon grand amour pour les plus Ă©loignĂ©s : ne mĂ©nage point ton prochain ! Lâhomme est quelque chose qui doit ĂȘtre surmontĂ©.
On peut arriver Ă se surmonter par des chemins et des moyens nombreux : câest Ă toi Ă y parvenir ! Mais le bouffon seul pense : « On peut aussi sauter par-dessus lâhomme. »
Surmonte-toi toi-mĂȘme, mĂȘme dans ton prochain : il ne faut pas te laisser donner un droit que tu es capable de conquĂ©rir !
Ce que tu fais, personne ne peut te le faire Ă son tour. Voici, il nây a pas de rĂ©compense.
Celui qui ne peut pas se commander Ă soi-mĂȘme doit obĂ©ir. Et il y en a qui savent se commander, mais il sâen faut encore de beaucoup quâils sachent aussi sâobĂ©ir !
5.
Telle est la maniĂšre des Ăąmes nobles : elles ne veulent rien avoir pour rien, et moins que toute autre chose, la vie.
Celui qui fait partie de la populace veut vivre pour rien ; mais nous autres, Ă qui la vie sâest donnĂ©e, â nous rĂ©flĂ©chissons toujours Ă ce que nous pourrions donner de mieux en Ă©change !
Et en vĂ©ritĂ©, câest une noble parole, celle qui dit : « Ce que la vie nous a promis nous voulons le tenir â Ă la vie ! »
On ne doit pas vouloir jouir, lorsque lâon ne donne pas Ă jouir. Et lâon ne doit pas vouloir jouir !
Car la jouissance et lâinnocence sont les deux choses les plus pudiques : aucune des deux ne veut ĂȘtre cherchĂ©e. Il faut les possĂ©der â mais il vaut mieux encore chercher la faute et la douleur ! â
6.
à mes frÚres, le précurseur est toujours sacrifié. Or nous sommes des précurseurs.
Nous saignons tous au secret autel des sacrifices, nous brĂ»lons et nous rĂŽtissons tous en lâhonneur des vieilles idoles.
Ce quâil y a de mieux en nous est encore jeune : câest ce qui irrite les vieux gosiers. Notre chair est tendre, notre peau nâest quâune peau dâagneau : â comment ne tenterions-nous pas de vieux prĂȘtres idolĂątres !
Il habite encore en nous-mĂȘmes, le vieux prĂȘtre idolĂątre qui se prĂ©pare Ă faire un festin de ce quâil y a de mieux en nous. HĂ©las ! mes frĂšres, comment des prĂ©curseurs ne seraient-ils pas sacrifiĂ©s !
Mais ainsi le veut notre qualitĂ© ; et jâaime ceux qui ne veulent point se conserver. Ceux qui sombrent, je les aime de tout mon cĆur : car ils vont de lâautre cĂŽtĂ©.
7.
Ătre vĂ©ridique : peu de gens le savent ! Et celui qui le sait ne veut pas lâĂȘtre ! Moins que tous les autres, les bons.
Ă ces bons ! â Les hommes bons ne disent jamais la vĂ©ritĂ© ; ĂȘtre bon dâune telle façon est une maladie pour lâesprit.
Ils cĂšdent, ces bons, ils se rendent, leur cĆur rĂ©pĂšte et leur raison obĂ©it : mais celui qui obĂ©it ne sâentend pas lui-mĂȘme !
Tout ce qui pour les bons est mal doit se rĂ©unir pour faire naĂźtre une vĂ©ritĂ© : ĂŽ mes frĂšres, ĂȘtes-vous assez mĂ©chants pour cette vĂ©ritĂ© ?
Lâaudace tĂ©mĂ©raire, la longue mĂ©fiance, le cruel non, le dĂ©goĂ»t, lâincision dans la vie, â comme il est rare que tout cela soit rĂ©uni ! Câest de telles semences cependant que â naĂźt la vĂ©ritĂ©.
Ă cĂŽtĂ© de la mauvaise conscience, naquit jusquâĂ prĂ©sent toute science ! Brisez, brisez-moi les vieilles tables, vous qui cherchez la connaissance !
8.
Quand il y a des planches jetĂ©es sur lâeau, quand des passerelles et des balustrades passent sur le fleuve : en vĂ©ritĂ©, alors on nâajoutera foi Ă personne lorsquâil dira que « tout coule ».
Au contraire, les imbĂ©ciles eux-mĂȘmes le contredisent. « Comment ! sâĂ©crient-ils, tout coule ? Les planches et les balustrades sont pourtant au-dessus du fleuve ! »
« Au-dessus du fleuve tout est solide, toutes les valeurs des choses, les ponts, les notions, tout ce qui est « bien » et « mal » : tout cela est solide ! » â
Et quand vient lâhiver, qui est le dompteur des fleuves, les plus malicieux apprennent Ă se mĂ©fier ; et, en vĂ©ritĂ©, ce ne sont pas seulement les imbĂ©ciles qui disent alors : « Tout ne serait-il pas â immobile ? »
« Au fond tout est immobile », â câest lĂ un vĂ©ritable enseignement dâhiver, une bonne chose pour les temps stĂ©riles, une bonne consolation pour le sommeil hivernal et les sĂ©dentaires.
« Au fond tout est immobile » â : mais le vent du dĂ©gel Ă©lĂšve sa protestation contre cette parole !
Le vent du dĂ©gel, un taureau qui ne laboure point, â un taureau furieux et destructeur qui brise la glace avec des cornes en colĂšre ! La glace cependant â brise les passerelles !
Ă mes frĂšres ! tout ne coule-t-il pas maintenant ? Toutes les balustrades et toutes les passerelles ne sont-elles pas tombĂ©es Ă lâeau ? Qui se tiendrait encore au « bien » et au « mal » ?
« Malheur Ă nous ! gloire Ă nous ! le vent du dĂ©gel souffle ! » â PrĂȘchez ainsi, mes frĂšres, Ă travers toutes les rues.
9.
Il y a une vieille folie qui sâappelle bien et mal. La roue de cette folie a tournĂ© jusquâĂ prĂ©sent autour des devins et des astrologues.
Jadis on croyait aux devins et aux astrologues ; et câest pourquoi lâon croyait que tout Ă©tait fatalitĂ© : « Tu dois, car il le faut ! »
Puis on se mĂ©fia de tous les devins et de tous les astrologues et câest pourquoi lâon crut que tout Ă©tait libertĂ© : « Tu peux, car tu veux ! »
Ă mes frĂšres ! sur les Ă©toiles et sur lâavenir on nâa fait jusquâĂ prĂ©sent que des suppositions sans jamais savoir : et câest pourquoi sur le bien et le mal on nâa fait que des suppositions sans jamais savoir !
10.
« Tu ne dĂ©roberas point ! Tu ne tueras point ! » Ces paroles Ă©taient appelĂ©es saintes jadis : devant elles on courbait les genoux et lâon baissait la tĂȘte, et lâon ĂŽtait ses souliers.
Mais je vous demande : oĂč y eut-il jamais de meilleurs brigands et meilleurs assassins dans le monde, que les brigands et les assassins provoquĂ©s par ces saintes paroles ?
Nây a-t-il pas dans la vie elle-mĂȘme â le vol et lâassassinat ? Et, en sanctifiant ces paroles, nâa-t-on pas assassinĂ© la vĂ©ritĂ© elle-mĂȘme ?
Ou bien Ă©tait-ce prĂȘcher la mort que de sanctifier tout ce qui contredisait et dĂ©conseillait la vie ? â Ă mes frĂšres, brisez, brisez-moi les vieilles tables.
11.
Ceci est ma pitiĂ© Ă lâĂ©gard de tout le passĂ© que je le vois abandonnĂ©, â abandonnĂ© Ă la grĂące, Ă lâesprit et Ă la folie de toutes les gĂ©nĂ©rations de lâavenir, qui transformeront tout ce qui fut en un pont pour elles-mĂȘmes !
Un grand despote pourrait venir, un dĂ©mon malin qui forcerait tout le passĂ© par sa grĂące et par sa disgrĂące : jusquâĂ ce que le passĂ© devienne pour lui un pont, un signal, un hĂ©ros et un cri de coq.
Mais ceci est lâautre danger et mon autre pitiĂ© : â les pensĂ©es de celui qui fait partie de la populace ne remontent que jusquâĂ son grand-pĂšre, â mais avec le grand-pĂšre finit le temps.
Ainsi tout le passĂ© est abandonnĂ© : car il pourrait arriver un jour que la populace devĂźnt maĂźtre et quâelle noyĂąt dans des eaux basses lâĂ©poque tout entiĂšre.
Câest pourquoi, mes frĂšres, il faut une nouvelle noblesse, adversaire de tout ce qui est populace et despote, une noblesse qui Ă©crirait de nouveau le mot « noble » sur des tables nouvelles.
Car il faut beaucoup de nobles pour quâil y ait de la noblesse ! Ou bien, comme jâai dit jadis en parabole : « Ceci prĂ©cisĂ©ment est de la divinitĂ©, quâil y ait beaucoup de dieux, mais pas de Dieu ! »
12.
Ă mes frĂšres ! je vous investis dâune nouvelle noblesse que je vous rĂ©vĂšle : vous devez ĂȘtre pour moi des crĂ©ateurs et des Ă©ducateurs, â des semeurs de lâavenir, â
â en vĂ©ritĂ©, non dâune noblesse que vous puissiez acheter comme des Ă©piciers avec de lâor dâĂ©picier : car ce qui a son prix a peu de valeur.
Ce nâest pas votre origine qui sera dorĂ©navant votre honneur, mais câest votre but qui vous fera honneur ! Votre volontĂ© et votre pas en avant qui veut vous dĂ©passer vous-mĂȘmes, â que ceci soit votre nouvel honneur !
En vĂ©ritĂ©, votre honneur nâest pas dâavoir servi un prince â quâimportent encore les princes ! â ou bien dâĂȘtre devenu le rempart de ce qui est, afin que ce qui est soit plus solide !
Non que votre race soit devenue courtisane Ă la cour et que vous ayez appris Ă ĂȘtre multicolores comme le flamant, debout pendant de longues heures sur les bords plats de lâĂ©tang.
Car savoir se tenir debout est un mĂ©rite chez les courtisans ; et tous les courtisans croient que la permission dâĂȘtre assis sera une des fĂ©licitĂ©s dont ils jouiront aprĂšs la mort ! â
Ce nâest pas non plus quâun esprit quâils appellent saint ait conduit vos ancĂȘtres en des terres promises, que je ne loue pas ; car dans le pays oĂč a poussĂ© le pire de tous les arbres, la croix, â il nây a rien Ă louer !
â Et, en vĂ©ritĂ©, quel que soit le pays oĂč ce « Saint-Esprit » ait conduit ses chevaliers, le cortĂšge de ses chevaliers Ă©tait toujours â prĂ©cĂ©dĂ© de chĂšvres, dâoies, de fous et de toquĂ©s ! â
Ă mes frĂšres ! ce nâest pas en arriĂšre que votre noblesse doit regarder, mais au dehors ! Vous devez ĂȘtre des expulsĂ©s de toutes les patries et de tous les pays de vos ancĂȘtres !
Vous devez aimer le pays de vos enfants : que cet amour soit v...
Table of contents
- Couverture
- Ainsi Parlait Zarathoustra
- Table des matiĂšres
- PREMIĂRE PARTIE
- LE PROLOGUE DE ZARATHOUSTRA
- LES TROIS METAMORPHOSES
- DES CHAIRES DE LA VERTU
- DES HALLUCINĂS DE LâARRIĂRE-MONDE
- DES CONTEMPTEURS DU CORPS
- DES JOIES ET DES PASSIONS
- DU PĂLE CRIMINEL
- LIRE ET ĂCRIRE
- DE LâARBRE SUR LA MONTAGNE
- DES PRĂDICATEURS DE LA MORT
- DE LA GUERRE ET DES GUERRIERS
- DE LA NOUVELLE IDOLE
- DES MOUCHES DE LA PLACE PUBLIQUE
- DE LA CHASTETĂ
- DE LâAMI
- MILLE ET UN BUTS
- DE LâAMOUR DU PROCHAIN
- DES VOIES DU CRĂATEUR
- LA VIEILLE ET LA JEUNE FEMME
- LA MORSURE DE LA VIPĂRE
- DE LâENFANT ET DU MARIAGE
- DE LA MORT VOLONTAIRE
- DE LA VERTU QUI DONNE
- DEUXIĂME PARTIE
- LâENFANT AU MIROIR
- SUR LES ILES BIENHEUREUSES
- DES MISĂRICORDIEUX
- DES PRĂTRES
- DES VERTUEUX
- DE LA CANAILLE
- DES TARENTULES
- DES SAGES ILLUSTRES
- LE CHANT DE LA NUIT
- LE CHANT DE LA DANSE
- LE CHANT DU TOMBEAU
- DE LA VICTOIRE SUR SOI-MĂME
- DES HOMMES SUBLIMES
- DU PAYS DE LA CIVILISATION
- DE LâIMMACULĂE CONNAISSANCE
- DES SAVANTS
- DES POĂTES
- DES GRANDS ĂVĂNEMENTS
- LE DEVIN
- DE LA RĂDEMPTION
- DE LA SAGESSE DES HOMMES
- LâHEURE LA PLUS SILENCIEUSE
- TROISIĂME PARTIE
- LE VOYAGEUR
- DE LA VISION ET DE LâĂNIGME
- DE LA BĂATITUDE INVOLONTAIRE
- AVANT LE LEVER DU SOLEIL
- DE LA VERTU QUI RAPETISSE
- SUR LE MONT DES OLIVIERS
- EN PASSANT
- DES TRANSFUGES
- LE RETOUR
- DES TROIS MAUX
- DE LâESPRIT DE LOURDEUR
- DES VIEILLES ET DES NOUVELLES TABLES
- LE CONVALESCENT
- DU GRAND DĂSIR
- LâAUTRE CHANT DE LA DANSE
- LES SEPT SCEAUX (OU : LE CHANT DE LâALPHA ET DE LâOMĂGA)
- QUATRIĂME ET DERNIĂRE PARTIE
- LâOFFRANDE DU MIEL
- LE CRI DE DĂTRESSE
- ENTRETIEN AVEC LES ROIS
- LA SANGSUE
- LâENCHANTEUR
- HORS DE SERVICE
- LE PLUS LAID DES HOMMES
- LE MENDIANT VOLONTAIRE
- LâOMBRE
- EN PLEIN MIDI
- LA SALUTATION
- LA CĂNE
- DE LâHOMME SUPĂRIEUR
- LE CHANT DE LA MĂLANCOLIE
- DE LA SCIENCE
- PARMI LES FILLES DU DĂSERT
- LE RĂVEIL
- LA FĂTE DE LâANE
- LE CHANT DâIVRESSE
- LE SIGNE
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