Courant normal au cours de la Seconde Guerre mondiale
Les origines du néolibéralisme
AprĂšs la crise des banques allemandes en 1931, la Suisse Ă©labore la mĂȘme annĂ©e un accord de compensation avec lâAutriche et la Hongrie. Le fait que le secrĂ©taire du Vorort Otto Hulftegger nĂ©gocie cet accord est trĂšs caractĂ©ristique et donne le ton de lâĂ©troite collaboration entre lâUSCI et lâadministration fĂ©dĂ©rale au cours des annĂ©es 1930 et 1940. En 1939, au dĂ©but de la guerre, lâUSCI crĂ©e alors le titre de directeur Ă part entiĂšre. Jusque-lĂ , câest le vice-prĂ©sident qui assume la direction des affaires. Lâancien secrĂ©taire Heinrich Homberger est alors nommĂ© directeur Ă plein temps. Ce mode de promotion perdure jusquâau XXIe siĂšcle au sein de lâunion et dâEconomiesuisse lors des diffĂ©rentes nominations au poste de directeur. Au cours de la crise Ă©conomique mondiale des annĂ©es 1930, lâindustrie exportatrice suisse, câest-Ă -dire le moteur de la prospĂ©ritĂ© suisse, se grippe trĂšs nettement du fait de la faiblesse de la demande. Les barriĂšres commerciales des Ătats industriels et le renchĂ©rissement des exportations suisses provoquĂ© par un franc fort frappent lâĂ©conomie exportatrice de plein fouet. En collaboration avec lâUSCI, la ConfĂ©dĂ©ration met en place un commerce extĂ©rieur contrĂŽlĂ©. Cette coopĂ©ration avec lâUSCI Ă©tait inĂ©vitable, car seule lâassociation faĂźtiĂšre des entreprises est en mesure de fournir des chiffres et des estimations sur les performances de ces derniĂšres ; or, les accords de compensation sâappuient sur ces donnĂ©es. Dans le cadre dâune Ă©conomie de guerre planifiĂ©e, il est inĂ©luctable que lâindustrie exportatrice structure ellemĂȘme les exportations, raison pour laquelle lâUSCI devient alors un interlocuteur incontournable et se voit confier des compĂ©tences par la ConfĂ©dĂ©ration, par exemple en matiĂšre de nĂ©gociations. Le Vorort prend notamment en charge lâoffice de compensation pour le trafic dit de compensation. Ceci sâaccompagne dâune charge de travail administratif pour les entreprises encore jamais vue jusque-lĂ ; celles-ci sont alors soutenues par les chambres de commerce cantonales. Ces derniĂšres Ă©tablissent les certificats dâorigine nĂ©cessaires aux entreprises attestant que les produits dâexportation ont Ă©tĂ© fabriquĂ©s en Suisse et quâils nây ont pas simplement Ă©tĂ© transformĂ©s. La ConfĂ©dĂ©ration entame dĂšs 1938 la planification de lâĂ©conomie de guerre avec les diffĂ©rentes organisations existantes. Câest ainsi que la Suisse jouit non seulement dâune certaine stabilitĂ© politique, mais Ă©galement dâune bonne organisation lorsque la Seconde Guerre mondiale Ă©clate en septembre 1939 aprĂšs lâinvasion de la Pologne par lâAllemagne.
Outre les accords de compensation et les offices de compensation existants, les services administratifs dĂ©diĂ©s Ă lâĂ©conomie de guerre ont maintenant leur rĂŽle Ă jouer. Câest en particulier la crĂ©ation de lâOffice de guerre pour lâindustrie et le travail et celle de lâOffice de guerre pour lâalimentation, placĂ©s tous les deux sous lâĂ©gide du DĂ©partement fĂ©dĂ©ral de lâĂ©conomie. Ces deux offices comptent respectivement sept et huit sections. Les reprĂ©sentants de lâUSCI prennent surtout les rĂȘnes de lâOffice de guerre pour lâindustrie et le travail. Hans Sulzer, prĂ©sident de lâUSCI, dirige jusquâen 1941 la section des mĂ©taux et des machines ; Carl Koechlin, vice-prĂ©sident de lâUSCI, celle de la chimie et des produits pharmaceutiques, et Gustav Eisenmann, membre du Vorort et directeur de la fabrique de papier Biberist, la section du papier et de la cellulose. Collaborateur de la sociĂ©tĂ© BBC Ă Baden et conseiller national radical (PRD), le chef de lâOffice de guerre pour lâindustrie et le travail, Ernst Speiser, devient membre du Vorort aprĂšs la guerre et briĂšvement prĂ©sident de la SociĂ©tĂ© pour le dĂ©veloppement de lâĂ©conomie suisse (sdes). Dâautres membres du Vorort travaillent au sein de lâOffice de guerre pour lâalimentation. Le directeur de lâUSCI, Heinrich Homberger, est membre de la commission permanente de nĂ©gociation du Conseil fĂ©dĂ©ral. Plus tard renommĂ©e « DĂ©lĂ©gation Ă©conomique permanente » et encore en activitĂ© jusquâau dĂ©but du XXIe siĂšcle, cette dĂ©lĂ©gation siĂšge, comme son nom lâindique, littĂ©ralement en permanence pendant la guerre. Le directeur du Vorort Heinrich Homberger, qui a pris ses quartiers Ă lâhĂŽtel Schweizerhof Ă Berne et est autorisĂ© Ă utiliser le bureau 62 du dĂ©partement du commerce situĂ© aile ouest du Palais fĂ©dĂ©ral, sera surnommĂ© le « huitiĂšme conseiller fĂ©dĂ©ral ».4 Ă y regarder de plus prĂšs, lâUSCI a dĂ©jĂ procurĂ© par le passĂ© un vrai septiĂšme conseiller fĂ©dĂ©ral lorsque son vice-prĂ©sident, Ernst Wetter, est Ă©lu au Conseil fĂ©dĂ©ral en 1938 et se voit confier le DĂ©partement fĂ©dĂ©ral des finances et des douanes.
Alors que les entrepreneurs comme Carl Koechlin prĂŽnent encore avant la guerre lâorientation de lâindustrie exportatrice suisse le plus possible vers les Ătats-Unis, la rĂ©alitĂ© effective est tout autre Ă lâĂ©tĂ© 1940 : la suprĂ©matie de lâAllemagne se profile. Lorsque la Wehrmacht envahit Paris, lâexode commence en Suisse. De nombreuses personnalitĂ©s en exil dont le prix Nobel de littĂ©rature Thomas Mann ou lâĂ©conomiste Ludwig von Mises sâenfuient aux Ătats-Unis. En Suisse, le mouvement dit du frontisme arrive Ă son point culminant ; il prĂŽne une gouvernance autoritaire et la censure des journaux. La « PĂ©tition des 200 » remise au Conseil fĂ©dĂ©ral en 1940 marque le moment le plus sombre de la tradition libĂ©rale en Suisse. SignĂ©e par des personnes issues des milieux militaires et certains reprĂ©sentants de lâindustrie, ce texte dĂ©nonce lâattitude antigermanique des rĂ©dacteurs en chef de la Neue ZĂŒrcher Zeitung (NZZ) et des Basler Nachrichten. Lorsque les Ătats-Unis abandonnent leur neutralitĂ© aprĂšs lâattaque japonaise de Pearl Harbour et entrent en guerre en 1941, la Suisse est Ă©conomiquement isolĂ©e par la politique de blocage des pays en guerre. Or, la DĂ©fense spirituelle se manifeste Ă cette mĂȘme pĂ©riode ; la population et des entrepreneurs soutiennent lâattitude critique de la NZZ et dâautres journaux Ă lâencontre du totalitarisme de lâAxe. Un groupe de journalistes sâorganise essentiellement autour du rĂ©dacteur en chef de la NZZ, Willy Bretscher, et rĂ©clame un retour au libĂ©ralisme et la prĂ©servation de ses valeurs. Ils sont convaincus que la Suisse, de par son histoire, est la terre fertile sur laquelle le noyau mĂȘme du libĂ©ralisme peut de nouveau prendre racine.5
LâidĂ©e de la Suisse comme un cas particulier dans lâhistoire, «La Suisse [âŠ] est une exception au mĂȘme titre que toutes les rĂ©ussites de ce monde », est dĂ©fendue par lâĂ©conomiste allemand Wilhelm Röpke en exil Ă GenĂšve. Son livre « Die Gesellschaftskrisis der Gegenwart » (Crise sociale de notre temps) paraĂźt en mars 1942 aux Ă©ditions Eugen-Rentsch Ă Erlenbach et devient rapidement un bestseller en Suisse et un classique de la DĂ©fense spirituelle. Lâadaption française sort en 1945 aux Ă©ditions de la BaconniĂšre. Röpke est lâun des premiers professeurs non juifs Ă ĂȘtre dĂ©mis de ses fonctions par le national-socialisme, il part alors en exil Ă Istanbul avant de rejoindre en 1936 lâInstitut des Ătudes internationales de GenĂšve grĂące Ă William Rappard. Il compte Friedrich August von Hayek parmi ses amis. Avant mĂȘme le dĂ©clenchement de la guerre, Rappard, Röpke, Hayek et lâĂ©conomiste autrichien Ludwig von Mises, Ă©galement en exil Ă GenĂšve, essaient de crĂ©er une sociĂ©tĂ© de dĂ©fense des idĂ©es libĂ©rales. Pendant la guerre, Wilhelm Röpke est lâĂ©conomiste le plus connu et le plus courageux de lâespace germanophone. DĂšs 1930, alors professeur en Allemagne, il distribue un trac dans lequel il accuse le Parti national-socialiste des travailleurs allemands (NSDAP) de vouloir Ă©riger une dictature et transformer les individus en « esclaves de lâĂtat ».
La politique Ă©conomique des annĂ©es 1930 divise les Ă©conomistes en deux camps. Le premier sâintĂ©resse Ă la planification de lâĂ©conomie et le second groupe, organisĂ© autour de Röpke et Hayek, voit dans la planification de lâĂ©conomie par lâĂtat une mise en danger de la libertĂ© individuelle et prĂ©dit la route de la servitude, le futur titre dâun livre de Hayek. En Suisse, Wilhelm Röpke devient rapidement un intellectuel incontournable en ces temps mouvementĂ©s et un soutien important pour les journalistes proches du rĂ©dacteur de la NZZ, Willy Bretscher. Röpke parcourt lâhistoire et la littĂ©rature suisse et devient un ardent dĂ©fenseur du rĂ©gime Ă©tatique suisse quâil dĂ©signe comme lâidĂ©al dâun systĂšme Ă©conomique et dâun mode de vie sain. Dans une multitude dâarticles et dâexposĂ©s, et mĂȘme dans un reportage photo pour la Schweizer Illustrierte, Wilhelm Röpke vante lâimage de la Suisse comme le pays des entreprises familiales, des petites et moyennes entreprises, des familles de paysans en bonne santĂ© et des citoyens responsables qui prennent leurs dĂ©cisions Ă©conomiques et politiques en petit comitĂ© et en toute autonomie.
Cette prise de conscience de lâhistoire et de la tradition libĂ©rale de la Suisse est extrĂȘmement importante pour la DĂ©fense spirituelle pendant la guerre. Elle annonce Ă©galement lâaprĂšs-guerre : les valeurs clairement libĂ©rales vont devenir le principal argument marketing de la Suisse, celui qui lui permettra dâĂȘtre Ă©coutĂ©e par les AlliĂ©s en ces temps dâanticommunisme. AprĂšs 1942, une multitude dâorganisations libĂ©rales ou clairement anticommunistes ou au moins antiĂ©tatiques voient le jour en Suisse, dont la SociĂ©tĂ© pour le dĂ©veloppement de lâĂ©conomie suisse (sdes) ou lâ« Institut fĂŒr Auslandforschung » (Institut de recherches internationales) initiĂ© par Hans Sulzer Ă Zurich. Ces organisations entretiennent un rĂ©seau intellectuel avec des penseurs libĂ©raux, mĂȘme Ă lâĂ©tranger, et contribuent aprĂšs la guerre Ă redonner une image plus positive de la Suisse lorsque les AlliĂ©s se montrent plutĂŽt inamicaux Ă lâencontre de ce pays neutre. Or, câest surtout pendant la guerre quâil sâest avĂ©rĂ© nĂ©cessaire de faire prendre conscience au peuple suisse de sa tradition libĂ©rale.
AprĂšs lâentrĂ©e en guerre des AmĂ©ricains, si les Ă©changes commerciaux entre la Suisse et les Ătats-Unis continuent sur leur lancĂ©e dans un premier temps, au dĂ©but de lâannĂ©e 1942, les AlliĂ©s renforcent le blocus Ă©conomique Ă lâencontre des forces de lâAxe. En fĂ©vrier 1942, le Conseil fĂ©dĂ©ral nomme une dĂ©lĂ©gation de nĂ©gociation dirigĂ©e par le prĂ©sident de lâUSCI Hans Sulzer. Ces nĂ©gociations tournent court : les AlliĂ©s exigent une rĂ©duction des livraisons dâarmes suisses vers lâAllemagne, comme le rapporte Sulzer fin mai au Conseil fĂ©dĂ©ral. La mission de Sulzer Ă Londres est dâautant plus difficile que le Conseil fĂ©dĂ©ral Ă Berne sous-estime lâattitude des AlliĂ©s Ă lâĂ©gard de la Suisse, comme il ressort de la correspondance privĂ©e Ă©changĂ©e entre Sulzer et Homberger Ă cette Ă©poque. Homberger arrive Ă convaincre le Conseil fĂ©dĂ©ral Ă Berne de mandater Sulzer de proposer un crĂ©dit de 200 millions de francs Ă la Grande-Bretagne. Le crĂ©dit ne sera jamais versĂ©, mais permet au moins de reporter le blocus imminent des AlliĂ©s. Homberger reste nĂ©anmoins inflexible en ce qui concerne les exportations suisses vers lâAllemagne, et les sections de lâUSCI se prononcent pour la poursuite de ces exportations. Les craintes de Sulzer que les acteurs politiques et Ă©conomiques en Suisse sous-estiment lâattitude des AlliĂ©s se vĂ©rifient. En effet, Ă lâĂ©tĂ© 1942, les AlliĂ©s commencent Ă reprendre le dessus militairement, et la Suisse se retrouve alors fortement sous pression : il lui est demandĂ© de cesser toute relation Ă©conomique avec lâAxe. Ă lâautomne 1943, les AlliĂ©s bloquent les importations de denrĂ©es alimentaires vers la Suisse ; en octobre, ils dressent une liste noire dâentreprises suisses qui doivent ĂȘtre boycottĂ©es dans les pays alliĂ©s. Cette liste noire nâest officiellement supprimĂ©e quâen 1946 lors de la signature de lâaccord de Washington.
Ă la sortie de la guerre Ă lâĂ©tĂ© 1945, lâimage de la Suisse est plus que dĂ©plorable auprĂšs des AlliĂ©s victorieux. Les dĂ©lĂ©guĂ©s suisses chargĂ©s des nĂ©gociations Ă lâinstar de Hans Sulzer et de son ami William Rappard sâefforcent de multiples maniĂšres de redorer le blason de leur pays. La Suisse sâengage par exemple Ă contribuer financiĂšrement Ă la reconstruction de lâEurope. Dâautre part, Sulzer et Rappard entretiennent pendant et aprĂšs la guerre des contacts Ă©troits avec les quelques rares penseurs encore libĂ©raux en Europe. Câest ainsi que lâĂ©conomiste Friedrich August von Hayek quitte son exil de Londres Ă lâautomne 1938 pour se rendre Ă Zurich. Dans un discours prononcĂ© devant la SociĂ©tĂ© Ă©conomique de Zurich, il exprime ses rĂ©serves Ă lâencontre de lâĂ©conomie planifiĂ©e et de ses rĂ©percussions sur les libertĂ©s individuelles. Ce discours zurichois constitue lâessence de son essai « La route de la servitude » oĂč Hayek soutient que le socialisme menace les libertĂ©s individuelles. PubliĂ© en 1944 Ă la fin de la guerre en anglais en Grande-Bretagne et aux Ătats-Unis, cet essai devient rapidement un bestseller. En 1945, la petite maison dâĂ©dition suisse Eugen Rentsch Ă Erlenbach en publie la version allemande, laquelle a Ă©tĂ© traduite par lâĂ©pouse mĂȘme de Wilhelm Röpke, Eva. Le terme allemand de « servitude » dans le titre rappelle implicitement les vers bien connus du serment du GrĂŒtli tirĂ©s de la piĂšce de théùtre de Friedrich Schiller « Guillaume Tell » parue en 1804.
Hans Sulzer (1876â1959)
Hans Sulzer prĂ©side lâUSCI pendant 16 ans, de 1935 Ă 1951, et est donc Ă la tĂȘte des entreprises suisses pendant la Seconde Guerre mondiale. En octobre 1943, les AlliĂ©s inscrivent plusieurs entreprises suisses sur leur liste noire, dont Sulzer FrĂšres SA de Winterthour. Hans Sulzer lui-mĂȘme, mais aussi un grand nombre de ses contemporains considĂšrent cela comme une attaque ciblĂ©e de sa personne. Au cours de la PremiĂšre Guerre mondiale dĂ©jĂ , le Conseil fĂ©dĂ©ral nomme cet entrepreneur Ă la fonction de dĂ©lĂ©guĂ© extraordinaire Ă Washington et lui donne les pleins pouvoirs pour nĂ©gocier avec les AmĂ©ricains lâapprovisionnement de la Suisse en vivres et en matiĂšres premiĂšres. En Suisse, de tels dĂ©tachĂ©s sont appelĂ©s « Ministre », raison pour laquelle Hanz Sulzer a toute sa vie durant Ă©tĂ© connu comme « Ministre Sulzer ». Câest surtout au cours de la Seconde Guerre mondiale que Sulzer, alors prĂ©sident de lâUSCI, assume de nouveau des missions importantes comme ministre. Pendant lâĂ©conomie de guerre, il est chef de la section des mĂ©taux et machines de lâOffice de guerre pour lâindustrie et le travail de 1939 Ă 1941 et prĂ©sident de la commission fĂ©dĂ©rale pour la surveillance des importations et des exportations de 1939 Ă 1945. MandatĂ© par le Conseil fĂ©dĂ©ral, le Ministre Sulzer nĂ©gocie avec les AlliĂ©s pendant la Seconde Guerre mondiale Ă Londres.
AprĂšs des Ă©tudes de droit et dâĂ©conomie politique Ă GenĂšve, Berlin et Leipzig, il obtient un doctorat en droit en 1900. Il entre en 1903 dans lâentreprise familiale Sulzer FrĂšres Ă Winterthour. La sociĂ©tĂ© Sulzer est transformĂ©e en une sociĂ©tĂ© anonyme en 1914, Hans Sulzer en prend alors la direction. Toutefois, pendant les annĂ©es passĂ©es Ă la tĂȘte de lâUSCI, il nây exerce plus que comme prĂ©sident du conseil dâadministration. Avec son ami de longue date, le professeur genevois et dĂ©lĂ©guĂ© suisse auprĂšs de la SociĂ©tĂ© des nations, William Rappard, Sulzer est en contact avec des penseurs libĂ©raux qui revendiquent un renouvellement du libĂ©ralisme et influent sur lâĂ©cole de pensĂ©e du nĂ©olibĂ©ralisme. Conjointement avec dâautres entrepreneurs, Hans Sulzer finance lâInstitut suisse de recherches internationales Ă Zurich, qui invite en Suisse la fine fleur du nĂ©olibĂ©ralisme, surtout pendant les annĂ©es 1950.
Passeport de Hans Sulzer.
Annonce de confĂ©rences publiques de lâInstitut suisse de recherches internationales, 1953.
Discours du prĂ©sident Hans Sulzer sur lâaprĂšsguerre devant lâassemblĂ©e des dĂ©lĂ©guĂ©s du Vorort, le 29 septembre 1945
Une reconnaissance du libĂ©ralisme, du libĂ©ralisme dans toute la dimension de sa signification, comme dĂ©finition de la dignitĂ© humaine, comme notre idĂ©al culturel de lâhomme libre, libre de penser et libre dâagir tant au niveau Ă©conomique que politique, par opposition Ă la massification des hommes en esclaves privĂ©s de libertĂ©. Un peuple qui accorde de lâimportance Ă la libertĂ© politique de ses citoyens doit Ă©galement se soucier de la prĂ©servation de leur libertĂ© Ă©conomique. La perte de la libertĂ© Ă©conomique induit inĂ©vitablement celle de la libertĂ© politique. La dignitĂ© humaine implique lâaspiration Ă lâautonomie, Ă lâascension par ses propres moyens, Ă ĂȘtre libĂ©rĂ© de toute tutelle et de toute contrainte. Elle seule peut apporter Ă lâhomme la reconquĂȘte de la prospĂ©ritĂ© et de la paix. Le libĂ©ralisme ne signifie pas la libertĂ© dâexploiter sans limite le pouvoir politique ou Ă©conomique ; il implique de sâinsĂ©rer dans le bien commun, de prendre soin de ses con...