Le nord de la France Ă©tait d'une importance capitale pour la stratĂ©gie du militaire allemand pendant la DeuxiĂšme Guerre mondial Ă cause des lancements des bombes volantes V1 et des fusĂ©es V2. C'est pourquoi le Service de Renseignements (Abwehr) devrait ĂȘtre organiser soigneusement dans cette rĂ©gion. Le personnelle Ă©tait Ă©duquĂ© d'un niveau trĂšs haut parlant le Français couramment, dont plusieurs avaient des conflits avec le partie nazi (NSDAP) avant 1939. AprĂšs la guerre les forces anglo-americaines jugeaient l'Abwehr comme l'organisation la plus dangereuse du rĂ©gime nazi. Au contraire la justice française apprĂ©ciaient 1947 les actions de l'Abwehr exactement comme celle des services secrĂštes des autre nations et ne pouvaient pas ĂȘtre sanctionnĂ©es. Les relations des sous-officiers de ce service spĂ©cial avec des jeunes femmes françaises Ă©taient diverses. Sans doute il y avaient des femmes qui connaissaient la vraie identitĂ© de ses amis allemands. Mais quelques fois on ne peut pas dire qu'elles Ă©taient des collaboratrices. Autres femmes ne se rendent pas compte qu'elles faisaient travaillant avec des membres du contre-espionnage allemand prĂ©tendant de travailler pour le I.S., le service secret britannique. Edmond Kaiser, fondateur de "Terre des Hommes", Ă©tait un cas spĂ©cial illuminant l'extraordinaire capacitĂ© des agents de l'Abwehr qui savaient Ă feindre et Ă jouer leur rĂŽle d'agent de l'I.S. comme des acteurs sur scĂšne jusqu'Ă la fin de la reprĂ©sentation.

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Amours sous les Armes SecrĂštes d'Hitler
Les agents du contre-espionnage allemand pour la sécurité des armes-V et leurs amies françaises dans le Nord de la France 1943/44
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Amours sous les Armes SecrĂštes d'Hitler
Les agents du contre-espionnage allemand pour la sécurité des armes-V et leurs amies françaises dans le Nord de la France 1943/44
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Chapitre III
Les Dirigeants d'Agents Allemands
1. EGON MAYER et lâOrganisation Pi

Pourquoi Suzanne Durou, nĂ©e Ă Lille en 1922 a-t-elle Ă©tĂ© condamnĂ©e Ă mort par contumace le 25 juin 1947 par la Cour de Justice de Douai ? Par ce quâelle avait ouvertement, pendant des annĂ©es, une relation avec son ami Egon Mayer, membre de lâAbwehr ? Ou avait-elle collaborĂ© avec les Allemands et trahi des membres de la RĂ©sistance ?



Ce jugement a Ă©tĂ© confirmĂ© par contumace car "Suzy" ainsi quâon lâappelait gĂ©nĂ©ralement Ă Lille, Ă©tait mariĂ©e Ă Egon Mayer depuis avril 1945 et vivait depuis avec lui dans la zone dâoccupation britannique en Allemagne oĂč la Justice française nâavait aucun droit dâaccĂšs. Comment la Justice française a-t-elle fondĂ© son jugement ? Sâagissait-il dâun meurtre Ă Lille en mars 1944 et dâun autre meurtre prĂ©sumĂ©, quatre mois plus tard, Ă Paris, au sujet duquel on rapportait que Suzanne et son futur Ă©poux Mayer auraient Ă©tĂ© en relation ?
Le premier meurtre a eu lieu le 10 mars 1944, prĂ©s de la gare de Lille. Deux jeunes hommes de la RĂ©sistance ont fait irruption dans lâappartement de la veuve Durou et lâont abattue. Tous les deux ont Ă©tĂ© rapidement arrĂȘtĂ©s par la Police française et condamnĂ©s. Lâun des tueurs a Ă©tĂ© exĂ©cutĂ©, lâautre aurait disparu en prison. Des rumeurs ont immĂ©diatement Ă©clatĂ© dans le quartier selon lesquelles lâassassinat ne visait pas la veuve Durou mais sa fille "la belle Suzy", 21 ans. Or celle-ci vivait depuis 6 mois chez Egon Mayer au 25 de la rue des Ponts de Comines et avait rendu visite en tant que "tante Suzanne" Ă des proches dâEgon Mayer, en Sarre, trois semaines avant le meurtre.
A peine 3 jours aprĂšs la LibĂ©ration de Lille, le 2 septembre 1944, le Commissaire de la RĂ©publique pour la rĂ©gion Nord a Ă©mis un mandat dâArrĂȘt contre Suzanne Durou. Lorsque la police de Lille a ouvert lâenquĂȘte, les voisins du quartier de la gare se sont montrĂ©s trĂšs nĂ©gatifs au sujet de Suzanne: elle nâavait pas peur de se montrer constamment en public avec "le chef de la Gestapo Mayer" (ce quâil nâĂ©tait pas), elle avait Ă©galement de mauvaises maniĂšres et une mauvaise moralitĂ©. De plus elle avait Ă©tĂ© en relation avec Pierre Bedet, le chef des indicateurs français travaillant pour Mayer.
Ce nâĂ©tait un secret pour personne que le cafĂ© âBar de lâAutoâ, tenu par la veuve Durou dans sa maison au 65 de la rue du Molinel, Ă©tait un lieu de rencontre pour les soldats allemands ainsi que frĂ©quentĂ© par le collaborateur Pierre Bedet, trĂšs connu en ville, et son groupe dâindicateurs. AprĂšs la LibĂ©ration, lâemployĂ©e de la veuve Durou au âBar de lâAutoâ nâa signalĂ© aucun acte criminel dans son tĂ©moignage pour Suzanne Durou. En tant quâemployĂ©e et confidente de la veuve Durou, elle avait certainement le meilleur aperçu de la vie de sa patronne et de sa fille et il nây avait aucune raison pour quâelle ne puisse pas en parler ouvertement aprĂšs la mort de sa patronne et en lâabsence de la fille de cette derniĂšre.
Lors des funĂ©railles de la veuve assassinĂ©e, Pierre Bedet est apparu avec plusieurs membres de lâOrganisation Pi et ils ont prĂ©sentĂ© une grande couronne funĂ©raire avec une boucle portant lâinscription
"Pierre et ses hommes". Cette couronne avait été offerte par Pierre Bedet et son équipe d'indicateurs, lesquelles rendaient ainsi un hommage public à Mme. Durou.
Les enquĂȘtes policiĂšres nâont abouti Ă aucun rĂ©sultat tangible jusquâau dĂ©but du mois de mai 1945. Une seule victime des prĂ©tendues activitĂ©s secrĂštes de Suzanne a pu ĂȘtre trouvĂ©e: le nĂ©gociant en gros de montres Cardon qui a dĂ©clarĂ© que, venant de la gare, il avait laissĂ© une valise endommagĂ©e avec 130 montres-bracelets au âBar de lâAutoâ avec le consentement de la veuve Durou. Il a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©, trois jours plus tard, par la police allemande, et dĂ©tenu pendant deux semaines Ă la prison de Loos. AprĂšs sa libĂ©ration, selon ses dires, il avait retrouvĂ© sa valise sans les montres et appris, par la police allemande, que Suzanne lâavait dĂ©noncĂ©.

Lâacte dâaccusation contre Suzanne Durou en mars 1945 Ă©tait fondĂ© uniquement sur une dĂ©nonciation prĂ©sumĂ©e liĂ©e Ă un vol de montres extrĂȘmement louche et Ă une transaction de montres Ă©galement loche de montres de M. Cardon. Il nây avait aucune preuve de la dĂ©nonciation dans les documents de la police allemande dont les registres Ă©taient trĂšs correctement tenus. En septembre 1945, le juge dâInstruction du Tribunal de Lille a remis le dossier de Suzanne Durou au Procureur demandant quâune dĂ©cision soit enfin prise. En outre un interrogatoire dâautres tĂ©moins nâa menĂ© Ă aucun rĂ©sultat. Ce nâest quâaprĂšs plus dâun an, au dĂ©but de 1947, que la question a Ă©tĂ© reprise, en lien avec un incident survenu en Normandie en mai 1944, juste avant le dĂ©barquement des AlliĂ©s, lorsque, sous la direction dâEgon Mayer un rĂ©seau de rĂ©sistance a Ă©tĂ© dĂ©mantelĂ© et des RĂ©sistants exĂ©cutĂ©s ou dĂ©portĂ©s. A lâoccasion de ce processus et des activitĂ©s ultĂ©rieures de Mayer Ă Verdun et Paris, le nom de Suzanne Durou a continuĂ© Ă apparaĂźtre et il est apparu aux enquĂȘteurs en 1947 quâelle collaborait avec lâAllemand Egon Mayer autant que les autres espions français Ćuvrant au cĂŽtĂ© de Mayer.

EGON MAYER, alias âMertenâ alias âMonsieur Martinâ est nĂ© en 1914 Ă Witten sur la Ruhr oĂč son pĂšre travaillait comme employĂ© au service commercial dâune usine sidĂ©rurgique. En 1920, il a emmĂ©nagĂ© Ă DĂŒsseldorf avec ses parents oĂč il a passĂ© avec succĂšs lâĂ©quivalent du BEPC au lycĂ©e Royal Hohenzollern; il a Ă©tĂ© expressĂ©ment certifiĂ© quâil a pris part, avec beaucoup de rĂ©ussite, Ă un groupe de travail de français. Il a fait la connaissance de Josef Kanehl pendant ses Ă©tudes de Droit Ă Cologne quâil a dĂ» interrompre, malgrĂ© lâexcellence de son travail, pour des raisons financiĂšres, ce dont la FacultĂ© a pris connaissance avec beaucoup de regrets. Il est entrĂ© alors comme employĂ© dans lâentreprise OTTO WOLFF une filiale du OTTO WOLFF GROUPE qui Ă©tait aussi copropriĂ©taire de lâHALBERGHĂTTE Ă Brebach sur la Sarre oĂč travaillait temporairement son pĂšre, mort en 1940, et oĂč a habitĂ© Ă©galement sa mĂšre, durant un court moment, pendant la guerre. AprĂšs avoir Ă©tĂ© appelĂ© sous les drapeaux, Mayer a apparemment Ă©tĂ© formĂ© pour lâespionnage. AprĂšs la guerre un membre bien connu de la RĂ©sistance a indiquĂ© que Mayer Ă©tait un âespion nĂ©â qui avait suivi des cours dâespionnage en Allemagne. En tous cas, en septembre 1941 il a Ă©tĂ© affectĂ© Ă l'Abwehrstelle Belgien et est arrivĂ© en tant quâ Adjudant Aspirant Officier dans le service IIIF de l'Abwehr-Nebenstelle Lille oĂč il est restĂ© pendant plus de 2 ans le collaborateur le plus proche de son Chef Hegener. Sa tĂąche la plus importante a Ă©tĂ© la prise de contact avec les nombreux collaborateurs français oĂč il a Ă©tĂ©, avant tout, dĂ©pendant de lâagent Dr. Bruno Luig.

BRUNO LUIG alias âFranzâ, nĂ© Ă Deutz sur le Rhin en 1883, Ă©tait le fils dâun homme dâaffaires. AprĂšs avoir obtenu son baccalaurĂ©at au lycĂ©e dâ Aix la Chapelle, il a Ă©tudiĂ© la MĂ©decine Ă Fribourg en Brisgau, Berlin, Londres (durant 5 mois) et WĂŒrzburg oĂč en 1913, et bien quâil vivait dĂ©jĂ Ă Bruxelles, il a passĂ© son Doctorat sur lâempoisonnement au sulfure de carbone et au benzĂ©ne. La mĂȘme annĂ©e il a Ă©pousĂ© Marguerite Langermarck avec qui il a emmĂ©nagĂ© Ă Anvers oĂč le pĂšre de cette derniĂšre, de noblesse suĂ©doise, rĂ©sidait en tant que Consul GĂ©nĂ©ral. Pendant la premiĂšre guerre mondiale il a Ă©tĂ© actif en tant que mĂ©decin militaire de campagne puis sâest installĂ© Ă Aix la Chapelle. Sa femme qui vivait Ă Anvers a Ă©tĂ© expulsĂ©e en
1919 mais, grĂące Ă lâintercession dâun dĂ©putĂ© belge et dâun ministre, le couple a pu rentrer en Belgique oĂč Luig est devenu reprĂ©sentant gĂ©nĂ©ral pour la Brasserie Union de Dortmund pour la France, la Belgique et le Luxembourg. AprĂšs son divorce en 1928 il a vĂ©cu avec une autre femme Ă Bruxelles-Ixelles en tant que reprĂ©sentant pour une entreprise dâaiguilles, de parapluies et de montres bracelets dâAix la Chapelle. AprĂšs la dĂ©claration de guerre des puissances occidentales au Reich allemand en 1939, Luig a Ă©tĂ© de nouveau expulsĂ© et a sĂ©journĂ© pendant une courte pĂ©riode Ă Munich avant dâĂȘtre affectĂ© au service IIIF de l'Abwehr-Nebenstelle Lille en raison de ses excellentes compĂ©tences linguistiques. A Lille Luig a Ă©tĂ© Ă©galement habilitĂ© Ă effectuer, de maniĂšre indĂ©pendante, des tĂąches de services secrets, en particulier il a servi de liaison entre Mayer et les indicateurs français de Pierre Bedet. En 1942 il a accompagnĂ© Mayer au Touquet et il est revenu avec lui Ă Lille en mars 1943 oĂč il aurait habitĂ© chez son amie ChrĂ©tien rue du Molinel et Ă©tabli le lien entre Streif et Boussac en septembre de la mĂȘme annĂ©e. Sa destinĂ©e suivante nous est inconnue.


AprĂšs que Mayer eut considĂ©rablement amĂ©liorĂ© sa connaissance du français en 1942, il a pris directement le contrĂŽle du rĂ©seau de collaborateurs français qui, jusque lĂ , Ă©tait dirigĂ© par Luig et qui, dâaprĂšs son chef PIERRE BEDET (Ă droite) Ă©tait Ă©galement appelĂ©e "Organisation Pi" et dont les membres Ă©taient trĂšs bien rĂ©munĂ©rĂ©s notamment Pierre Bedet. Et dont les membres, trĂšs bien rĂ©munĂ©rĂ©s, notamment Pierre Bedet, et son amie Yvette Gantiez, Ă©pouse Moine (Ă gauche), sont officiellement inscrits Ă lâAbwehrnebenstelle de Lille. Depuis environ le milieu de lâannĂ©e 1942, Egon Meyer est chargĂ© de crĂ©er sa propre centre rĂ©gional dâagents (Meldekopf) afin de recueillir indĂ©pendamment des informations, puis les retransmettre Ă son supĂ©rieur hiĂ©rarchique Karl Hegener, non pas comme Agent affectĂ© Ă un Bureau, mais en tant que rĂ©sident, dâabord au Touquet sur la cĂŽte de la Manche, oĂč il est, ainsi que Bruno Luig, remplacĂ© en mars 1943 par Erwin Streif, puis Ă Lille, au 25, rue des Ponts-de -Comines.
Dans le cadre de la premiĂšre rĂ©organisation de lâAbwehr dans les territoires occupĂ©s de lâouest, Egon Mayer est affectĂ© Ă la Force de Reconnaissance 350 nouvellement formĂ©e le
1er fĂ©vrier 1944. Mais cette force est apparemment dissoute aprĂšs quelques semaines en raison du dĂ©part de France de Karl Hegener. DĂ©s lors, Egon Mayer agira dâune maniĂšre trĂšs indĂ©pendante avec lâaide de son âOrganisation Piâ.

Avril-Mai 1944: Séjour à Caen
En avril il dĂ©mĂ©nage avec Suzanne Durou Ă Caen et il emmĂ©nage dans un appartement avec bureau au 60, rue de BosniĂšres, dans une propriĂ©tĂ© qui, avec ses hauts murs et ses arbres est, encore aujourdâhui, cachĂ©e des regards. Pierre Bedet et son amie les suivent ainsi que Jacques POLLET (Ă droite) et son amie Annie GABRIEL (Ă gauche) de âlâOrganisation Piâ. Tous les quatre emmĂ©nagent dans leur propre appartement sur le trĂšs animĂ© boulevard Leroy. A Caen, Egon Mayer, , est surtout assistĂ© dans son travail par Raoul HervĂ©, membre des Services Secrets français Ă cause de sa fonction comme chef du Centre dâinformations et de Renseignements lequel travaille avec , lâoccupation allemande. DĂ©jĂ au dĂ©but du mois de mai, Pierre Bedet, Jacques Pollet et Egon Mayer qui se faisait passer pour âMonsieur Martinâ, arrivent Ă infiltrer le rĂ©seau de rĂ©sistance Arc-en-Ciel, dont lâactivitĂ© Ă©tait suspendue depuis de 22 mai. Outre le membre de la RĂ©sistance, Raymond Pauly, dont Pierre Bedet et Jacques Pollet avaient s'appropriĂ© la confiance, la trahison de Daniel Collard, frĂšre du chef local dâArc-en-Ciel, a contribuĂ© de maniĂšre significative au succĂšs de lâAbwehr. Daniel Collard appartenait Ă un groupe autour de Raoul HervĂ©, qui travaillait pour les Allemands. AprĂšs de nombreuses arrestations le 6 juin, le jour du DĂ©barquement des AlliĂšs Ă proximitĂ© dâOmaha Beach, sept membres de lâArc-en-Ciel sont fusillĂ©s dans la prison de Caen, nombreux dâautres se prĂ©senteront, le lendemain, pour une marche Ă pied vers la prison de Fresnes...
Table of contents
- Dédicace
- Epigraphe
- Sommaire
- Préface
- I. Le Nord de la France et les armes secrĂštes allemandes
- II. Le Service Secret allemand pour la Protection de lâArme V dans la zone dâopĂ©ration
- III. Les Dirigents d'agents allemands
- IV. L'amer chemin vers âTerre des Hommesâ
- Ăpilogue
- Annexe
- Abréviations
- Pseudonymes (noms d'alias)
- Sources
- Page de copyright
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