La finance au service de l'Afrique
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La finance au service de l'Afrique

un développement vert, intelligent et inclusif du secteur privé

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un développement vert, intelligent et inclusif du secteur privé

About this book

La reprise en Afrique aprĂšs la crise causĂ©e par la pandĂ©mie de COVID-19 dĂ©pendra du maintien et de la crĂ©ation d'emplois par les entreprises privĂ©es. Toutefois, mĂȘme les entreprises qui prospĂ©raient par le passĂ© ont Ă©tĂ© durement touchĂ©es par cette crise. Ce rapport dĂ©crit les consĂ©quences de la crise sanitaire en Afrique, le coĂ»t potentiel de la reprise et la volontĂ© des banques de soutenir les investissements verts alors qu'elles se tournent vers l'avenir.

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Information

Year
2021
eBook ISBN
9789286150654

1

Le secteur bancaire en Afrique : au service d’une reprise durable et inclusive[1,2]

Introduction et contexte

Les Ă©conomies africaines – sortie de crise, mais perspectives incertaines

La pandĂ©mie de COVID-19 a eu des consĂ©quences humaines et Ă©conomiques importantes en Afrique, bien que le nombre de cas signalĂ©s soit relativement faible pour le continent. En juillet 2021, l’Afrique avait dĂ©clarĂ© moins de cas et de dĂ©cĂšs par rapport Ă  la population que toute autre rĂ©gion du monde, Ă  l’exception du Pacifique Ouest[3]. NĂ©anmoins, certains pays (notamment la Tunisie et l’Afrique du Sud) ont Ă©tĂ© gravement touchĂ©s, sept pays africains enregistrant des taux de mortalitĂ© supĂ©rieurs Ă  la moyenne mondiale[4]. De surcroĂźt, l’ampleur de la crise sanitaire pourrait ĂȘtre sous-estimĂ©e, car les taux de dĂ©pistage sont extrĂȘmement faibles dans la plupart des pays africains. Pour contenir la pandĂ©mie, presque tous les pays africains ont mis en oeuvre des mesures, qui ont considĂ©rablement rĂ©duit l’activitĂ© Ă©conomique. La crise a Ă©galement touchĂ© les marchĂ©s financiers internationaux et les marchĂ©s des matiĂšres premiĂšres, ainsi que les partenaires commerciaux de l’Afrique, non sans rĂ©percussions sur les Ă©conomies du continent. Le tourisme, important pour de nombreuses Ă©conomies africaines (en particulier, mais pas uniquement, les petits États insulaires), s’est presque totalement arrĂȘtĂ© en 2020, alors que les prix du pĂ©trole, du gaz et d’autres matiĂšres premiĂšres se sont effondrĂ©s en dĂ©but d’annĂ©e. Dans l’ensemble, le produit intĂ©rieur brut (PIB) s’est contractĂ© de 2,3 % en moyenne dans toute l’Afrique en 2020 (Fonds monĂ©taire international (FMI), 2021a), contraction qui a touchĂ© la grande majoritĂ© des pays (figure 1). Les pays fortement dĂ©pendants du tourisme ou des exportations de produits de base ont connu les ralentissements les plus marquĂ©s, ainsi que les États dĂ©jĂ  aux prises avec de graves problĂšmes macroĂ©conomiques avant la crise (ralentissements de la croissance ou crises de la dette naissantes). En outre, Ă  l’instar de nombreux marchĂ©s Ă©mergents ou en dĂ©veloppement, les Ă©conomies africaines prĂ©sentaient des fragilitĂ©s aux niveaux micro et macroĂ©conomiques qui ont exacerbĂ© les effets de la crise, mĂȘme si, en pourcentage, la contraction de leur croissance a Ă©tĂ© plus faible que celle des Ă©conomies avancĂ©es.
Figure 1 : La contraction – croissance du PIB en Afrique et Ă©volution des projections de croissance, 2020, %
image
Source : FMI. Base de donnĂ©es des Perspectives de l’économie mondiale, versions d’octobre 2019 et d’avril 2021[5].
Figure 2 : La reprise – croissance prĂ©vue du PIB en Afrique, 2021, %
image
Bien que la contraction moyenne de la croissance en Afrique ait Ă©tĂ© plus faible que dans les rĂ©gions dĂ©veloppĂ©es, les entreprises et les mĂ©nages africains sont trĂšs exposĂ©s aux risques financiers, qui menacent surtout les groupes dĂ©jĂ  vulnĂ©rables. Les petites entreprises et les entreprises informelles, ainsi que les travailleurs indĂ©pendants, qui constituent l’épine dorsale des Ă©conomies africaines n’ont souvent que des ressources limitĂ©es pour rĂ©sister aux ralentissements Ă©conomiques. Beaucoup peuvent Ă©prouver des difficultĂ©s Ă  reprendre leurs activitĂ©s mĂȘme lorsque les conditions s’amĂ©liorent. La plupart des mĂ©nages Ă  faible revenu n’ont pas d’économies pour amortir le choc causĂ© par la perte de leurs moyens de subsistance. De plus, peu de travailleurs peuvent compter sur des assurances ou d’autres formes de protection sociale, qui ne couvrent gĂ©nĂ©ralement pas les travailleurs du secteur informel et n’offrent d’ailleurs que des prestations limitĂ©es dans de nombreux pays africains, mĂȘme aux travailleurs du secteur formel. Les populations pauvres et vulnĂ©rables des diffĂ©rents pays sont particuliĂšrement exposĂ©es : les travailleurs migrants, les rĂ©fugiĂ©s et les autres groupes marginalisĂ©s sont les plus susceptibles d’ĂȘtre durement touchĂ©s. Le PIB par habitant ne devrait pas retrouver son niveau de 2019 avant 2024 (avec des risques orientĂ©s Ă  la baisse), et la crise a annihilĂ© une diminution attendue du nombre de personnes vivant dans la pauvretĂ© (FMI, 2021a). En consĂ©quence, en 2021, le nombre de personnes vivant dans l’extrĂȘme pauvretĂ© pourrait avoir augmentĂ© de 30 millions en Afrique subsaharienne et de 9 millions dans la rĂ©gion Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA), par rapport aux projections d’avant la crise (Banque mondiale, 2021a)[6]. Les difficultĂ©s Ă©conomiques rencontrĂ©es par les mĂ©nages et l’imposition de mesures de confinement ont exacerbĂ© les tensions existantes et rĂ©duit la confiance dans les institutions publiques, dĂ©clenchant dans plusieurs cas des troubles sociaux et une dĂ©stabilisation. Pangea-Risk, par exemple, rapporte que de nombreux gouvernements africains sont critiquĂ©s par les citoyens pour un manque de prĂ©paration perçu, des scandales de corruption, et pour avoir imposĂ© trop tard de nouveaux confinements, affaiblissant ainsi la confiance dans l’État (Pangea-Risk, 2021). Sur les 39 pays en situation de fragilitĂ© et de conflit recensĂ©s par la Banque mondiale dans sa liste harmonisĂ©e, 20 se trouvent en Afrique[7].
Les mesures budgĂ©taires adoptĂ©es face Ă  la crise dans les États africains ont Ă©tĂ© plus modestes que dans les Ă©conomies avancĂ©es, mais le poids accru de la dette a limitĂ© la capacitĂ© de l’Afrique Ă  soutenir la reprise. Les plans de relance budgĂ©taire des pays africains mis en place Ă  la mi-2020 reprĂ©sentaient environ 1 Ă  2 % de leur PIB. Ils Ă©taient complĂ©tĂ©s par des mesures de relance monĂ©taire estimĂ©es Ă  2 % du PIB[8]. Ces chiffres sont proches de la moyenne calculĂ©e par le FMI pour les pays en dĂ©veloppement Ă  faible revenu dans le monde (environ 2 % du PIB de 2020 sur une pĂ©riode d’un an Ă  compter du dĂ©but de la crise). Les marchĂ©s Ă©mergents, quant Ă  eux, ont dĂ©ployĂ© un ensemble de mesures Ă©quivalant Ă  environ 4 % de leur PIB au cours de la mĂȘme pĂ©riode, tandis que les mesures prises par les Ă©conomies avancĂ©es reprĂ©sentaient au total environ 16 % de leur PIB (FMI, 2021b). Cela dĂ©note la capacitĂ© plus faible des États africains Ă  utiliser des mesures de relance budgĂ©taire pour appuyer leurs Ă©conomies pendant les crises, mĂȘme par rapport aux marchĂ©s Ă©mergents. MĂȘme sans vaste plan de relance budgĂ©taire, le dĂ©ficit budgĂ©taire moyen de l’ensemble de l’Afrique est passĂ© de 5 % du PIB en 2019 Ă  plus de 8 % en 2020, car les États africains tentaient de faire face aux effets sanitaires et Ă©conomiques de la crise tout en subissant des contractions souvent spectaculaires de leurs recettes[9]. Faute de marge de manoeuvre budgĂ©taire, le dĂ©ficit a entraĂźnĂ© une augmentation des emprunts, que les États africains sont moins Ă  mĂȘme d’absorber, par rapport aux Ă©conomies avancĂ©es. Avant la pandĂ©mie, la dette publique moyenne Ă©tait censĂ©e diminuer progressivement Ă  travers toute l’Afrique, mais elle a de nouveau augmentĂ© de 2 points de pourcentage au cours de l’annĂ©e 2020, pour atteindre 61 % du PIB. La hausse a Ă©tĂ© encore plus forte en Afrique subsaharienne, dĂ©passant 6 points de pourcentage en moyenne. Du fait de l’alourdissement de la charge de la dette, les pays doivent supporter des coĂ»ts plus Ă©levĂ©s pour le service de la dette et certains ont perdu tout accĂšs aux marchĂ©s internationaux, les rendant dĂ©pendants des ressources nationales relativement limitĂ©es et des financements concessionnels[10]. La note de seize pays africains a Ă©tĂ© dĂ©gradĂ©e par au moins une agence de notation depuis le dĂ©but de la pandĂ©mie, et un pays (la Zambie) a Ă©tĂ© classĂ© en dĂ©faut[11]. D’autres dĂ©fauts de paiement ont pu ĂȘtre Ă©vitĂ©s, en partie grĂące aux initiatives d’allĂ©gement de la dette prises par la communautĂ© internationale, mais celles-ci sont limitĂ©es et tous les pays n’auront pas recours Ă  un allĂ©gement de la dette pour prĂ©server l’accĂšs au marchĂ©[12]. MĂȘme les pays qui conservent un accĂšs au marchĂ© risquent d’avoir Ă  supporter des coĂ»ts de financement plus Ă©levĂ©s. Dans l’ensemble, les États africains ne disposent que de capacitĂ©s limitĂ©es pour stimuler l’économie pendant la reprise ou pour appuyer les investissements indispensables Ă  un avenir rĂ©silient, durable et inclusif.
La reprise devrait ĂȘtre progressive, et l’incertitude quant aux perspectives Ă©conomiques reste trĂšs Ă©levĂ©e. Le FMI s’attend Ă  une reprise de la croissance moyenne en Afrique, qui devrait atteindre 4,5 % en 2021 et 4,0 % en 2022, toutes les Ă©conomies, Ă  l’exception des Comores, Ă©tant en expansion en 2021 (FMI, 2021a). Toutefois, des variations importantes des taux de croissance sont prĂ©vues (entre 0,2 % en RĂ©publique du Congo et 7,6 % au Kenya en 2021 ; voir la figure 2). Des estimations plus rĂ©centes laissent entrevoir des perspectives de croissance encore moins favorables. Par exemple, dans sa mise Ă  jour Ă©conomique de juin 2021, la Banque mondiale a ajustĂ© Ă  la baisse, de 0,2 point de pou...

Table of contents

  1. Cover
  2. Title
  3. About
  4. Sommaire
  5. Résumé analytique
  6. 1. Le secteur bancaire en Afrique : au service d’une reprise durable et inclusive
  7. 2. Microfinance et COVID-19
  8. 3. Capital-investissement et capital-risque
  9. 4. Services financiers numériques
  10. 5. Verdir le secteur financier africain durant la reprise post-crise
  11. 6. Coopérer avec les secteurs financiers africains pour soutenir les entreprises face à la crise du COVID-19
  12. Addendum : actualisation de données et évolutions récentes .
  13. Copyright

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