BĂątiment 7
eBook - ePub

BĂątiment 7

Victoire populaire Ă  Pointe-Saint-Charles

  1. 112 pages
  2. English
  3. ePUB (mobile friendly)
  4. Available on iOS & Android
eBook - ePub

BĂątiment 7

Victoire populaire Ă  Pointe-Saint-Charles

About this book

AprĂšs avoir barrĂ© la route au projet de dĂ©mĂ©nagement du Casino de MontrĂ©al Ă  Pointe-Saint-Charles, en 2006, le mouvement populaire du quartier le plus militant de MontrĂ©al poursuit son combat et obtient la cession gratuite, en 2012, d'un des anciens entrepĂŽts du chemin de fer Canadien National, un immeuble de plus de 8 000 m2 vouĂ© Ă  la dĂ©molition par les «promoteurs»: le BĂątiment 7. L'Ă©difice rescapĂ© abritera un pĂŽle d'activitĂ©s sociales, artistiques et politiques compatibles avec une Ă©conomie solidaire et Ă©cologique.Ce livre fait le rĂ©cit de cette appropriation populaire, une victoire obtenue de haute lutte contre un puissant groupe immobilier, les Ă©diles municipaux, et l'urbanisme du tout-condo. Contre la rĂ©signation aussi.Les auteur-e-s, membres du Centre social autogĂ©rĂ© qui a jouĂ© un rĂŽle dĂ©terminant dans la lutte, analysent pour nous leurs stratĂ©gies, leurs succĂšs et leurs doutes, tandis qu'ils se prĂȘtent au jeu de la nĂ©gociation, nouent des alliances avec des partenaires aux horizons trĂšs divers et combattent la redoutable inertie que leur oppose l'administration municipale.

HISTORIQUE DE LA LUTTE

LORSQUE LA TABLE DE CONCERTATION communautaire Action-Gardien a demandĂ© Ă  la Ville de MontrĂ©al de se porter acquĂ©reuse des terrains du CN, en 2004, Ă  la suite de la fermeture des ateliers d’Alstom, rien ne laissait prĂ©sager qu’une lutte pour l’obtention du BĂątiment 7 deviendrait le point de mire et le symbole de la rĂ©sistance populaire dans la partie sud-est de Pointe-Saint-Charles.

L’EFFET CATALYSEUR DE LA BATAILLE CONTRE LE CASINO

La Ville, bien entendu, a immĂ©diatement rejetĂ© l’idĂ©e d’exproprier l’une des compagnies canadiennes les plus importantes, une ancienne sociĂ©tĂ© de la Couronne (ce qui signifie pourtant que les terres en question Ă©taient publiques avant la privatisation du CN en 1995).
L’annĂ©e suivante, au printemps 2005, Action-Gardien, pressĂ©e par des libertaires, a organisĂ© la lutte populaire contre le dĂ©mĂ©nagement du Casino de MontrĂ©al sur les terrains du CN, lutte qu’elle a coordonnĂ©e jusqu’à la victoire de mars 20065. Il n’est pas inutile de rappeler les moments forts de cette bataille entre David et Goliath. Tous les acteurs politiques appuyaient ce vaste projet rĂ©crĂ©otouristique, pilotĂ© par Loto-QuĂ©bec, mais les militant.e.s ont su exploiter Ă  leur profit les quelques voix discordantes provenant du ministĂšre de la SantĂ© Ă  propos des effets nĂ©fastes du casino sur la population locale. Par ailleurs, la Direction de la santĂ© publique de MontrĂ©al, avec un rapport dĂ©vastateur sur le projet, a Ă©tĂ© l’alliĂ© institutionnel le plus important de la communautĂ© de Pointe-Saint-Charles. La pĂ©tition recueillant les signatures d’une majoritĂ© absolue de rĂ©sident.e.s du quartier montre l’appui massif Ă  la lutte contre le casino. RĂ©sultat : le partenaire de Loto-QuĂ©bec, le Cirque du Soleil, qui se targue dans sa « publicitĂ© sociale » de crĂ©er le consensus dans les communautĂ©s oĂč il souhaite s’installer, a retirĂ© son soutien. En somme, une combinaison de stratĂ©gie politique et de mobilisation, couplĂ©e aux erreurs de marketing politique de Loto-QuĂ©bec, a fini par avoir raison du projet de cette institution gouvernementale vouĂ©e au profit et Ă  l’aliĂ©nation sociale par le jeu.
La bataille contre le dĂ©mĂ©nagement du casino a touchĂ© directement le nouveau propriĂ©taire des terrains du CN, Vincent Chiara. Dans une entente, la sociĂ©tĂ© d’État Loto-QuĂ©bec avait offert Ă  ce dernier 25 millions de dollars pour une partie des terrains afin d’y implanter un centre de foires internationales. En plus des millions de dollars de fonds publics qui s’envolaient, l’abandon subsĂ©quent du projet constitua une dĂ©faite de premiĂšre classe pour Vincent Chiara face aux forces populaires du quartier.

LE BÂTIMENT 7 APPARAÎT DANS LE PAYSAGE

AprĂšs la victoire contre le dĂ©mĂ©nagement du casino, Action-Gardien continua de rĂ©clamer que la Ville achĂšte le terrain. Mais un obstacle supplĂ©mentaire s’était ajoutĂ© : Vincent Chiara Ă©tait devenu entre-temps un important contributeur Ă  la caisse Ă©lectorale du maire de MontrĂ©al, GĂ©rald Tremblay6. Celui-ci pouvait-il exproprier un partisan de cette envergure ? Le maire refila la patate chaude Ă  l’arrondissement du Sud-Ouest, Ă©vitant ainsi de prendre clairement position.
À partir du moment oĂč Vincent Chiara est devenu officiellement propriĂ©taire des anciens terrains du CN, en 2006, les infractions aux rĂšglements municipaux se sont multipliĂ©es. Devant l’indiffĂ©rence de la mairesse de l’arrondissement du Sud-Ouest de l’époque, Jacqueline Montpetit, et des fonctionnaires responsables de l’amĂ©nagement, l’inquiĂ©tude des rĂ©sident.e.s et de la table Action-Gardien n’a fait que s’accentuer. Elle s’exprimait notamment lors des pĂ©riodes de questions des citoyens aux assemblĂ©es mensuelles du conseil d’arrondissement.
En novembre 2008, un immense brasier consume durant trois jours l’une des deux locoshops des anciens terrains du CN7. La compagnie J.C. Fibers y entreposait des tonnes de papier, sans permis et, il va sans dire, sans assurances, une situation que les rĂ©sident.e.s avaient dĂ©noncĂ©e Ă  quelques reprises. Certain.e.s militant.e.s du quartier soupçonnent que cette perte patrimoniale majeure rĂ©sulterait d’un incendie criminel. Avant l’incendie, la compagnie s’était vue sommĂ©e de vider le bĂątiment de son contenu. Mais le marchĂ© du papier de recyclage s’étant effondrĂ©, ces militant.e.s se disent qu’il Ă©tait peut-ĂȘtre plus facile pour elle de s’en dĂ©barrasser autrement. Il n’y aura aucune suite Ă  ces allĂ©gations8. Mais chose certaine, l’incendie a accentuĂ© les craintes et les rĂ©criminations de la population face au propriĂ©taire des bĂątiments. Celui-ci a d’ailleurs intentĂ© des poursuites en diffamation contre le quotidien La Presse Ă  la suite de la parution d’articles sur cet incendie.
En plus de ses questions habituelles au conseil d’arrondissement, Action-Gardien choisit de diversifier ses pressions pour s’assurer que le dĂ©veloppement futur des anciens terrains du CN se fasse selon les besoins exprimĂ©s par la communautĂ©. Ainsi, elle lance en 2006 un processus populaire d’amĂ©nagement pour Ă©laborer un plan d’ensemble qui rĂ©pondrait aux dĂ©sirs des habitant.e.s du quartier plutĂŽt qu’à ceux des promoteurs immobiliers. Ce processus de planification citoyenne est prĂ©sentĂ© aux autoritĂ©s de l’arrondissement du Sud-Ouest ainsi qu’au propriĂ©taire en dĂ©cembre 2007. Si on attend toujours la rĂ©ponse de ce dernier, on peut apprĂ©cier celle des autoritĂ©s municipales : plutĂŽt que de recevoir ce plan auquel plus de 130 personnes ont participĂ© (alimentĂ©es bĂ©nĂ©volement par une dizaine d’expert.e.s), la Ville mandate l’Office de consultation publique de MontrĂ©al (OCPM) pour mener une
 consultation, quant aux Ă©lĂ©ments Ă©ventuels d’un
 plan d’ensemble ! Autrement dit, la dĂ©marche participative d’Action-Gardien, provenant des habitant.e.s et de leurs organisations civiles, n’était pas assez impartiale ni transparente. Il est vrai que le propriĂ©taire des terrains, les promoteurs immobiliers et l’arrondissement n’y ont pas participĂ©. Ils n’ont toutefois qu’eux-mĂȘmes Ă  blĂąmer, car ils furent invitĂ©s.
En l’occurrence, le mandat donnĂ© Ă  l’OCPM est inhabituel. Les consultations publiques se font normalement autour du projet dĂ©jĂ  trĂšs Ă©laborĂ© d’un promoteur. Autrement dit, avant que les rĂ©sident.e.s du coin puissent s’exprimer, les projets sont gĂ©nĂ©ralement trĂšs avancĂ©s, et leurs fondements ne peuvent ĂȘtre modifiĂ©s. Un projet de condos soumis Ă  la consultation publique restera un projet de condos, point final. On pourra toujours changer le nombre d’unitĂ©s ou l’essence des arbres qui seront plantĂ©s, mais sans plus. Dans le cas des terrains du CN, cependant, l’OCPM reçoit le mandat de « solliciter des idĂ©es » pour l’amĂ©nagement du site et de viser l’établissement d’un plan d’ensemble par le biais d’un « comitĂ© de suivi » rĂ©unissant Ă  la fois le propriĂ©taire, les promoteurs immobiliers, la table de concertation du quartier et d’autres acteurs locaux. Le plan d’ensemble sera ensuite soumis Ă  la consultation publique suivant le processus. Le quartier a donc rĂ©ussi Ă  faire bouger la Ville de MontrĂ©al afin d’avoir la possibilitĂ© rĂ©elle d’influencer le rĂ©amĂ©nagement des terrains.
BÂTIMENT 7 - ÉLÉVATION SUD
Note : Sur tablette, cliquez pour agrandir l'image. Sur liseuse, pincez pour zoomer.
La premiĂšre sĂ©ance de prĂ©sentation des idĂ©es se tient le 22 octobre 2008, dans une salle bondĂ©e. Elle doit ĂȘtre suivie de deux autres sĂ©ances, en dĂ©cembre. Mais, entre-temps, deux coups de théùtre : d’abord, un dĂ©cret d’expropriation provenant du gouvernement du QuĂ©bec et touchant environ 40 % des terrains du CN (incluant une locoshop) au profit de l’Agence mĂ©tropolitaine de transport (AMT) ; ensuite, quelques semaines plus tard, l’incendie de ladite locoshop. L’OCPM annonce donc le report de ses sĂ©ances de dĂ©cembre ; elles se tiendront finalement dans une atmosphĂšre crispĂ©e les 15 et 17 janvier 2009.
Dans ce contexte, le Centre social autogĂ©rĂ© (CSA), qui se mobilisait depuis dĂ©jĂ  plusieurs mois en vue de l’occupation d’un immeuble dĂ©saffectĂ© dans le quartier, est venu rĂ©clamer l’un des Ă©difices des terrains du CN : le BĂątiment 7, aussi appelĂ© « anciens magasins des installations ferroviaires ». PrĂ©sentĂ©es lors des sĂ©ances de l’OCPM de janvier 2009, les premiĂšres esquisses d’amĂ©nagement rĂ©sidentiel du promoteur immobilier Samcon prĂ©voient la dĂ©molition du BĂątiment 7. Cela va nettement dans le sens des intentions de Vincent Chiara, qui n’a jamais cachĂ© sa volontĂ© de se dĂ©barrasser de l’immeuble, honteusement soutenu sur ce point par l’organisme BĂątir son quartier9. Mais la proposition fait sursauter des militant.e.s : au conseil d’arrondissement du 4 fĂ©vrier suivant, ils et elles demandent formellement Ă  la mairesse Jacqueline Montpetit que le bĂątiment soit expropriĂ© au profit de la communautĂ©. La mairesse refuse sur-le-champ et sans aucune explication. Visiblement, les Ă©lu.e.s et les fonctionnaires continuent de soutenir les intĂ©rĂȘts du propriĂ©taire, et les rĂ©sident.e.s s’en rendent bien compte, mĂȘme si la plupart ne sait pas que la mairie locale loge dans un immeuble appartenant en partie au Groupe Mach, qui en assume la gestion complĂšte10. Tout baigne donc dans l’huile pour le proprio Vincent Chiara, qui a besoin d’obtenir de l’arrondissement un changement de zonage pour poursuivre son projet de dĂ©veloppement.
Durant l’hiver 2008-2009, des chutes de neige record font augmenter la pression qui s’exerce sur l’arrondissement. En effet, les collecteurs de la Ville ne suffisant plus, les terrains de Vincent Chiara sont rĂ©quisitionnĂ©s pour accueillir la neige ramassĂ©e dans les rues de MontrĂ©al. Des centaines de camions circulent nuit et jour dans le quartier, ce qui fait encore grimper d’un cran la frustration des rĂ©sident.e.s. Action-Gardien lance une campagne contre le camionnage dans les secteurs rĂ©sidentiels. Telle est la conjoncture, assez explosive, lorsque Vincent Chiara en rajoute une couche et fait dĂ©molir par bulldozer une partie du BĂątiment 7, Ă©pisode relatĂ© au chapitre prĂ©cĂ©dent.
InquiĂ©tĂ©.e.s par ce nouvel acte de vandalisme « lĂ©gal », quelques rĂ©sident.e.s du quartier11 lancent l’idĂ©e d’organiser un rĂ©el processus d’appropriation du bĂątiment, oĂč se dĂ©rouleraient des activitĂ©s sociales, artistiques, communautaires, politiques et Ă©cologiques. D’autres rĂ©sident.e.s dĂ©noncent le saccage du bĂątiment. Une rencontre a lieu, un nouveau groupe apparaĂźt. Le ComitĂ© (bientĂŽt Collectif) 7 Ă  nous, dont le nom affirme que le bĂątiment doit appartenir Ă  la communautĂ©, est formĂ© principalement du Centre social autogĂ©rĂ©, de la table Action-Gardien et de Quartier ÉphĂ©mĂšre/Fonderie Darling. Assez rapidement s’ajouteront le Club populaire des consommateurs, un architecte engagĂ©, Mark Poddubiuk, Natacha Alexandroff, de la SociĂ©tĂ© d’histoire de Pointe-Saint-Charles, et la corporation de dĂ©veloppement Ă©conomique communautaire locale, le RESO. La revendication du collectif est simple : le BĂątiment 7 doit ĂȘtre remis aux normes du Code national du bĂątiment par le propriĂ©taire puis cĂ©dĂ© gratuitement Ă  la communautĂ©.
Cet objectif, ce mot d’ordre, donne un tour plus radical Ă  la lutte, mais celui-ci prendra un certain temps Ă  s’imposer dans les esprits. Imaginez ! Obliger un propriĂ©taire privĂ©, un capitaliste arrogant proche du pouvoir municipal, Ă  cĂ©der gratuitement une de ses propriĂ©tĂ©s, Ă  ses frais ! Sans que le milieu en ait encore pleinement conscience Ă  ce moment-lĂ , les choses viennent de prendre une nouvelle teinte. On pourrait dire que la dynamique militante s’engage plus franchement sur une voie offensive. Cela se fera sentir lors des nouvelles consultations publiques, en septembre 2009.
Au dĂ©but, le Centre social autogĂ©rĂ© s’implique modĂ©rĂ©ment dans les dĂ©bats du Collectif 7 Ă  nous. En effet, Ă  cette Ă©poque, des dizaines de militant.e.s du CSA prĂ©parent l’occupation de l’édifice Seracon dans Pointe-Saint-Charles, au bord du canal de Lachine. Plus de 500 personnes participent Ă  l’ouverture du squat, le 29 mai 2009. Le lendemain, l’expulsion violente des occupant.e.s12 provoque une manifestation spontanĂ©e d’environ 300 personnes (qui s’emparent briĂšvement d’un autre Ă©difice), et une autre de 150 personnes lors de la rĂ©union du conseil d’arrondissement du 2 juin. Visiblement aux abois ce soir-lĂ , la mairesse Jacqueline Montpetit impose l’« Ă©tat de siĂšge » policier Ă  la sĂ©ance du conseil en faisant appel au Groupe tactique d’intervention (antiĂ©meute) de la police de MontrĂ©al13. Les portes ne sont ouvertes qu’à la derniĂšre minute et les citoyen.ne.s qui entrent sont systĂ©matiquement fouillĂ©.e.s. La salle est tout de mĂȘme bondĂ©e, les Ă©changes sont acrimonieux, et la mairesse exaspĂ©rĂ©e lĂšve la sĂ©ance unilatĂ©ralement pour un moment.
C’est Ă  la suite de cet Ă©pisode que le CSA se rĂ©aligne et qu’il s’engage, en septembre 2009, lors des nouvelles consultations publiques sur le dossier des anciens terrains du CN, Ă  soutenir activement la demande populaire pour l’obtention du BĂątiment 7. Ces nouvelles consultations consacrent le fossĂ© qui existe entre le propriĂ©taire des terrains et le quartier. L’Office de consultation publique de MontrĂ©al (OCPM) indiquera dans son rapport que le « lien de confiance » entre le propriĂ©taire et les citoyen.ne.s s’est rompu. Dans l’atmosphĂšre de pourrissement des rapports entre le pouvoir politique local et les rĂ©sident.e.s, l’arrondissement se garde d’octroyer un permis de dĂ©molition pour le BĂątiment 7, celui-ci faisant dĂ©sormais l’objet d’une vive controverse et d’une surveillance de la part du milieu local. À deux mois des Ă©lections municipales, la mairesse de l’arrondissement veut Ă©viter les querelles avec la population, et ce, mĂȘme si elle-mĂȘme ne sollicite pas un nouve...

Table of contents

  1. BĂątiment 7
  2. Crédits
  3. Exergue
  4. Introduction
  5. Historique de la lutte
  6. PremiĂšre conclusion : La force de l’ancrage local et de la diversitĂ© des tactiques
  7. Seconde conclusion : Une victoire qui permet d’intensifier la lutte
  8. Épilogue : de l’expropriation à l’appropriation
  9. Notes

Trusted by 375,005 students

Access to over 1.5 million titles for a fair monthly price.

Study more efficiently using our study tools.

Frequently asked questions

Yes, you can cancel anytime from the Subscription tab in your account settings on the Perlego website. Your subscription will stay active until the end of your current billing period. Learn how to cancel your subscription
No, books cannot be downloaded as external files, such as PDFs, for use outside of Perlego. However, you can download books within the Perlego app for offline reading on mobile or tablet. Learn how to download books offline
Perlego offers two plans: Essential and Complete
  • Essential is ideal for learners and professionals who enjoy exploring a wide range of subjects. Access the Essential Library with 800,000+ trusted titles and best-sellers across business, personal growth, and the humanities. Includes unlimited reading time and Standard Read Aloud voice.
  • Complete: Perfect for advanced learners and researchers needing full, unrestricted access. Unlock 1.5M+ books across hundreds of subjects, including academic and specialized titles. The Complete Plan also includes advanced features like Premium Read Aloud and Research Assistant.
Both plans are available with monthly, semester, or annual billing cycles.
We are an online textbook subscription service, where you can get access to an entire online library for less than the price of a single book per month. With over 1.5 million books across 990+ topics, we’ve got you covered! Learn about our mission
Look out for the read-aloud symbol on your next book to see if you can listen to it. The read-aloud tool reads text aloud for you, highlighting the text as it is being read. You can pause it, speed it up and slow it down. Learn more about Read Aloud
Yes! You can use the Perlego app on both iOS and Android devices to read anytime, anywhere — even offline. Perfect for commutes or when you’re on the go.
Please note we cannot support devices running on iOS 13 and Android 7 or earlier. Learn more about using the app
Yes, you can access BĂątiment 7 by La Pointe libertaire in PDF and/or ePUB format, as well as other popular books in Politics & International Relations & City Planning & Urban Development. We have over 1.5 million books available in our catalogue for you to explore.