Personnage ecclésiastique public et influent, puisqu'il fut aumÎnier de Cromwell, écrivain prolifique dont les oeuvres remplissent douze volumes, Thomas Goodwin (1600-1680) a pourtant été peu publié de son vivant: quelques sermons, et deux livrets: Le Triomphe de la Foi et Le Coeur de Christ Intercédant dans le Ciel pour les Pécheurs sur Terre. Le premier a été librement traduit en français, au dix-neuviÚme siÚcle, par la mouvance plymouthiste suisse, accolé à un traité de John Darby, puis diffusé sans nom d'auteur sur la page de titre. Malgré les changements infligés au texte original de Goodwin, le lecteur peut encore goûter dans cette traduction la beauté et la pertinence des rapprochements bibliques destinés à illustrer l'oeuvre triple de Jésus-Christ pour nous, à savoir dans sa mort, dans sa résurrection, et dans son siÚge actuel à la droite du PÚre. Notre réédition ThéoTeX reproduit la seconde édition de 1856, imprimée à Vevey.

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Le Triomphe de la Foi Justifiante
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Qui est-ce qui condamnera? Christ
est celui qui mourut, bien plus, qui
ressuscita, qui mĂȘme est Ă la droite de
Dieu, et qui mĂȘme intercĂšde pour nous.
est celui qui mourut, bien plus, qui
ressuscita, qui mĂȘme est Ă la droite de
Dieu, et qui mĂȘme intercĂšde pour nous.
Romains 8.34

1
Introduction.
Christ exemple et objet de la foi
justifiante.
Le chant de triomphe et lâespĂšce de dĂ©fi, que Paul met ici dans la bouche de lâĂglise, est empruntĂ© Ă une prophĂ©tie dâEsaĂŻe, dans laquelle câest Ă©videmment Christ qui parle. Pour entrer dans lâesprit de cette prophĂ©tie, il faut se reprĂ©senter le fils de lâhomme devant le tribunal des hommes, en butte Ă dâinsultantes humiliations, mais soumis Ă la volontĂ© de son PĂšre, et fortifiĂ© par lâassurance, que lui donnaient les promesses divines, de sortir vainqueur du conflit dans lequel son amour lâavait engagĂ©. Il dit, EsaĂŻe.50.5-8 :
« Le Seigneur, lâĂternel, mâa ouvert lâoreille, et moi, je nâai point rĂ©sistĂ©, je ne me suis pas retirĂ© en arriĂšre ; jâai livrĂ© mon dos Ă ceux qui me frappaient et mes joues Ă ceux qui mâarrachaient la barbe; je nâai point dĂ©robĂ© mon visage aux outrages et aux crachats. Le Seigneur, lâĂternel, mâaidera ; câest pourquoi lâoutrage ne mâa point abattu; câest pourquoi jâai rendu ma face semblable Ă un caillou, et je sais que je ne serai pas confondu. Il est proche, celui qui me justifie; qui veut plaider contre moi?. . . »
Dans ce passage, JĂ©sus exprime une double confiance : celle dâĂȘtre aidĂ© du PĂšre dans la terrible lutte quâil devait soutenir avec les puissances tĂ©nĂ©breuses; et celle dâĂȘtre justifiĂ© (comme il le fut par sa rĂ©surrection, Rom.1.4) des condamnations qui seraient prononcĂ©es contre Lui.
La communion qui existe entre JĂ©sus et ses membres; sa qualitĂ© de Chef ou de TĂȘte relativement Ă son Ăglise ; le nom de second Adam quâil porte comme reprĂ©sentant de lâhumanitĂ©; lâimputation qui est faite aux croyants de ses souffrances et de sa gloire; tout cela explique suffisamment pourquoi lâApĂŽtre se sert, et les Ă©lus avec lui, dâun langage analogue Ă celui de leur Chef, pour exprimer la sainte confiance, quâils sont justifiĂ©s et que rien ne peut les sĂ©parer de lâamour de Dieu en JĂ©sus-Christ. Comme lâhonneur rĂ©pandu sur le Chef rejaillit sur les membres, ceux-ci possĂšdent le mĂȘme privilĂšge que celui-lĂ . Leur justification ne pouvant ĂȘtre sĂ©parĂ©e de celle du Christ, ils peuvent triompher dans la certitude de la leur, comme le Christ a triomphĂ© dans la certitude de la sienne.
I.âMais de cette circonstance dĂ©coule le fait trĂšs consolant que Christ a vĂ©cu par la foi comme vivent les Ă©lus; et quâĂ cet Ă©gard, il nous est un grand et parfait modĂšle. Il est Ă©crit que nous avons tous reçu de sa plĂ©nitude, et grĂące pour grĂące (Jean.1.16), câest-Ă -dire, des grĂąces correspondantes aux siennes. Or, la foi Ă©tant la principale, devait exister et agir en JĂ©sus : comment? câest ce quâil sera facile de dĂ©couvrir dans les paroles mĂȘmes de la prophĂ©tie.
Dâabord Il vivait de foi pour lui-mĂȘme, en tant quâhomme et envoyĂ© du PĂšre. Sa justification en Ă©tait lâobjet, quoiquâil ne dĂ»t pas ĂȘtre justifiĂ© de la mĂȘme maniĂšre que nous, câest-Ă -dire, par lâimputation dâune justice Ă©trangĂšre : et les fondements de sa foi Ă©taient les promesses ou la fidĂ©litĂ© de Celui qui lâavait envoyĂ©. Son langage enEsaĂŻe.50.8-9, indique suffisamment quâil attendait de Dieu sa justification future, aussi bien que la force nĂ©cessaire pour sâacquitter de la charitable mais effrayante mission quâil avait entreprise. ObĂ©ir Ă Dieu dans une chair en ressemblance de chair de pĂ©chĂ©, souffrir dans cette chair toutes les affreuses consĂ©quences de la chute, se charger de la culpabilitĂ© et de la peine de toute iniquitĂ©, comparaĂźtre Ă la barre de ces tribunaux humains, reprĂ©sentants, pour lui, de la justice divine; telle est la tĂąche quâil sâĂ©tait imposĂ©e, la coupe que le PĂšre lui avait assignĂ©e, le baptĂȘme duquel il devait ĂȘtre baptisĂ©; et quelle tĂąche! quelle coupe! quel baptĂȘme! Or, ne lâoublions pas, sâil eĂ»t failli en un iota, en un seul trait de lettre, Ă lâaccomplissement de son Ćuvre, lâeffet des sentences qui furent prononcĂ©es Ă deux reprises contre lui, et exĂ©cutĂ©es sur la croix, subsisterait encore : la tombe renfermerait la dĂ©pouille mortelle de JĂ©sus, et il ne siĂ©gerait pas maintenant Ă la droite de Dieu. Mais le Christ descendit des cieux avec une promesse dans sa main (EsaĂŻe.53.10-12), et il en vĂ©cut pendant ses souffrances, comme nous lâapprenons du chap. 50. Aussi lâentendons-nous, mĂ©prisant la honte en vue de la joie qui lui Ă©tait proposĂ©e (HĂ©br.12.2) sâassurer que le PĂšre lĂšvera le scandale de la croix par un acte de son Ă©clatante puissance, et dĂ©clarera bientĂŽt la justice de son envoyĂ©, justice cachĂ©e au monde dans le moment de la crucifixion. Au Psaume 22, dans lequel le Saint-Esprit rend tĂ©moignage Ă ses souffrances et aux gloires qui devaient les suivre, le Messie se prĂ©sente Ă nous sous le mĂȘme aspect, câest-Ă -dire dans lâexercice de la foi aux promesses de Dieu : et dans le Psaume 16, oĂč il est parlĂ© de sa descente au sĂ©pulcre, le mĂȘme Esprit nous fait entendre par avance les accents de la foi du Christ, dans le bienheureux espoir de cette rĂ©surrection qui devait attester tout ensemble son innocence et notre justification.
Mais JĂ©sus vivait aussi de foi pour nous; et cela dâune façon particuliĂšre et merveilleuse. Substitut de lâhomme aussi bien quâEnvoyĂ© du PĂšre, il ne pouvait sĂ©parer ces deux charges importantes dans la perspectivedâĂȘtre justifiĂ©, ni par consĂ©quent se considĂ©rer Ă part de ceux quâil reprĂ©sentait. Ainsi dans ses souffrances et son anĂ©antissement jusquâĂ la mort, la foi lui montrait non seulement son propre ministĂšre justifiĂ©, mais aussi la mĂȘme grĂące accordĂ©e en lui, et jusquâĂ la fin, Ă des milliers et des millions de pĂ©cheurs qui devaient vivre de son sang et de sa justice. Et en expirant, il remit au PĂšre ce trĂ©sor dâindulgences, de grĂąces et de gloire pour le distribuer Ă qui de droit, savoir Ă tous ceux qui lui avaient Ă©tĂ© ou qui lui seraient donnĂ©s du PĂšre. Quelle foi ! surtout quand on rĂ©flĂ©chit quâelle embrasse toutes les Ăąmes qui peupleront un jour la nouvelle JĂ©rusalem, lorsque Dieu sera tout en tous.
Quel miracle de foi, dirons-nous aussi, quâun homme seul, triomphant au nom et Ă la place de tous ! Car Il Ă©tait semblable Ă nous en toutes choses sans pĂ©chĂ© (HĂ©br.4.14) ; et lâon ne peut pas douter que lâĆuvre de notre salut nâait Ă©tĂ© celle de sa foi, tout comme celle de son amour et de sa puissance, ainsi quâil le paraĂźt dâaprĂšs HĂ©br.2.12-17. Car quel est le sens de cette parole : Je me confierai en lui? Sans doute elle prouve que JĂ©sus Ă©tait un homme participant Ă la chair et au sang : mais nây voit-on pas aussi, en la considĂ©rant avec le contexte, une ferme assurance exprimĂ©e par le Christ, quâil serait le salut dâune race de frĂšres et dâenfants, au milieu de laquelle il louerait un jour le PĂšre, ainsi quâil lâexprime au Psaume 22, versets 22 et suivants ?
ChrĂ©tiens, ne sont-ce pas lĂ de puissants motifs Ă vivre vous-mĂȘmes de foi? Ah! prenez courage si la vĂŽtre chancelle, et Ă©levez vos cĆurs au-dessus de ces doutes frĂ©quents, de ces craintes, de ces dĂ©fiances, de ces pensĂ©es flottantes, tristes suggestions qui ne viennent pas de Celui qui vous appelle. Quel exemple que celui de Christ ! Confiance pour lui-mĂȘme, confiance pour ses Ă©lus; assurance parfaite que sa condamnation aux yeux du monde serait levĂ©e par un triomphe sur le sĂ©pulcre, quâil terrasserait la puissance des tĂ©nĂšbres, quâĂ sa suite il emmĂšnerait captifs ceux que lâhomme fort avait pillĂ©s, quâeux-mĂȘmes seraient rendus justes comme lui, et quâun jour, par leur rĂ©surrection, ils seraient dĂ©clarĂ©s fils de Dieu (Luc.20.36) ; tout cela sur une simple promesse, sur un mot sorti de la bouche de Dieu dont il sâĂ©tait fait serviteur pour notre bien; en faut-il davantage pour nous exciter Ă marcher sur ses traces, nous qui avons aussi, avec la promesse dâĂȘtre justifiĂ©s en croyant, toute lâĆuvre de Christ pour garant de cette justification ? Si Dieu a donnĂ© des Ăąmes Ă son Fils, dans la confiance que le Fils les sauverait; si le Fils sâest abaissĂ© dans la confiance que le PĂšre ratifierait ses paroles; ne pouvons-nous pas nous reposer sur lâun et lâautre pour le salut de notre Ăąme seule, sachant dâailleurs que câest faire Dieu menteur et se perdre soi-mĂȘme que de refuser Ă Dieu cette confiance?
PĂ©cheurs qui lisez ces lignes, et qui tremblez en voyant la multitude dâaccusations qui partent, comme autant de foudres, tant du sein de votre conscience que de la loi parfaite du Seigneur, soyez aussi poussĂ©s Ă la foi par lâexemple de Christ ; et ne tombez pas dans un dĂ©couragement, naturel sans doute pour qui ne voit que le pĂ©chĂ©, mais qui ne glorifie nullement le Seigneur. ConsidĂ©rez de quel Ă©pouvantable fardeau lâĂąme de JĂ©sus a Ă©tĂ© surchargĂ©e : on peut dire que dans un sens et par imputation, il Ă©tait, selon lâexpression hardie de Luther, le plus grand pĂ©cheur qui se soit jamais vu sur la terre; car il portait lâiniquitĂ© de nous tous : et cependant, voyez : JĂ©sus ne doute pas que ce fardeau ne lui soit ĂŽtĂ©; il ne doute pas quâil ne soit enseveli avec lui dans les entrailles de la terre; et que lui-mĂȘme ne ressorte du sĂ©pulcre, lavĂ© et blanchi de toute lâordure dont nous lâavons couvert, avec une chair glorifiĂ©e, apte Ă jouir de la gloire cĂ©leste. Et toi, chĂšre Ăąme, qui nâas pas Ă porter lâiniquitĂ© de tous, toi qui nâes pas responsable dâune infinitĂ© de transgressions (quoique chaque transgression ait un dĂ©mĂ©rite infini), refuseras-tu dâavoir bon courage, et de croire que lâĆuvre de Christ, Ćuvre de lâamour divin, Ćuvre agréée du PĂšre, ne soit plus que suffisante pour te constituer parfaitement juste ?
Tu me rĂ©pondras peut-ĂȘtre que Christ, Ă©tant Dieu manifestĂ© en chair, pouvait savoir de science certaine quel serait le fruit de son ministĂšre de rĂ©conciliation; mais que, quant Ă toi, tu nâes quâun pauvre pĂ©cheur. â Mais considĂšre, en premier lieu, que, dans le Christ, la foi Ă©tait lâĆuvre de son humanitĂ© et non celle de la divinitĂ© proprement dite. Pour la divinitĂ©, il nây a pas lieu Ă la foi; car on croit ce quâon ne voit pas, sur le tĂ©moignage de quelquâun fidĂšle; tandis que Dieu voit toutes choses de loin et dĂšs lâĂ©ternitĂ©; il nâa rien Ă apprendre de personne. ConsidĂšre ensuite que, si tu crois rĂ©ellement que JĂ©sus qui a Ă©tĂ© crucifiĂ© est le Christ, le Messie promis, et quâil est ressuscitĂ© des morts par la gloire du PĂšre qui lui a ainsi tĂ©moignĂ© son bon plaisir, tu as Ă©tĂ© uni Ă lui, en sorte que câest pour toi, et en ton nom, quâil a dit : Qui me condamnera? Tu peux le rĂ©pĂ©ter avec confiance aprĂšs lui, et tu y es encouragĂ© par tout ce qui lây encourageait lui-mĂȘme. Ce qui pouvait le mettre en danger de condamnation, câĂ©taient tes pĂ©chĂ©s, tous les pĂ©chĂ©s de son peuple; et pourtant, regarde quelle certitude il a par avance dâĂȘtre justifiĂ© de tous ces pĂ©chĂ©s-lĂ . En eĂ»t-il laissĂ© un seul, mĂȘme le moindre, sans satisfaction plĂ©niĂšre, son Ćuvre Ă©tait perdue; mais tu sais quâil est maintenant vivant aux siĂšcles des siĂšcles, et que, comme le bouc Hazazel ou le passereau vivant (LĂ©vit. ch. 14 et 16), il a emportĂ© toute iniquitĂ© dans une terre inhabitable : pourquoi donc douter que les tiennes soient de ce nombre, et ne pas te voir justifiĂ© en Lui ? Observe encore quâil tirait son assurance de sa divinitĂ© ou de son union avec le PĂšre, tandis que tu dois placer la tienne sur lui; raison de plus pour imiter la sienne, car ici tu nâas pas seulement les mĂȘmes promesses que lui pour te fortifier, mais encore tu as et lui et les promesses. MĂȘme, dans un sens, tu as plus de sujets dâĂȘtre assurĂ©, que JĂ©sus nâen avait dans son humiliation. Car câest au fort de la souffrance, sous le poids de lâindignation et de lâabandon du Ciel et de la terre, que nous lâentendions sâĂ©crier : Celui qui me justifie est prĂšs ; qui est-ce qui plaidera contre moi ? Câest quand on le condamne avec charge de blasphĂšme, quâon le traite comme un criminel prĂȘt Ă monter sur lâĂ©chafaud, quâil se fortifie par la pensĂ©e que nul ne le condamnera. Tandis que toi, pauvre Ăąme, tu le vois non pas mourant, mais vivant aprĂšs avoir Ă©tĂ© mort, justifiĂ© et non pas condamnĂ©, assis sur le trĂŽne et non pas clouĂ© Ă la croix; puis donc que tu sais quâil a Ă©tĂ© condamnĂ© et justifiĂ©, quâest-ce qui tâempĂȘche de te joindre aux accents de sa foi ?
Mais il Ă©tait Fils de Dieu, ajouteras-tu; il le savait et moi jâignore encore si je le suis.âEh bien! va te remettre, corps et Ăąme, entre les mains de ce puissant RĂ©dempteur, afin quâil te dĂ©livre quand et comment il voudra, et lors mĂȘme que tu ne te sentiras pas adoptĂ© du Seigneur, cependant tu nâen seras pas moins son enfant. Et quant aux choses que tu allĂšgues pour justifier tes craintes ou ton dĂ©couragement, savoir la quantitĂ©, la nature et la grandeur de tes pĂ©chĂ©s, souviens-toi du nombre, de lâĂ©normitĂ© de ceux que JĂ©sus a portĂ©s, et de la parole qui est sortie de sa bouche en justice : Tout pĂ©chĂ© et tout blasphĂšme seront pardonnĂ©s aux hommes (Matth.12.31), parole qui dĂ©clarait par avance le fruit de ses saintes souffrances. Or, si ton Sauveur a Ă©tĂ© dĂ©chargĂ© de la culpabilitĂ© de tous ces pĂ©chĂ©s et de tous ces blasphĂšmes, sâil a Ă©tĂ© justifiĂ© de toute sorte dâiniquitĂ©s, qui empĂȘche que tu ne le sois aussi en croyant en lui ?
II.âJe ferai remarquer ensuite que, dans les expressions triomphantes de lâApĂŽtre, celui-ci nous prĂ©sente Christ mort,ressuscitĂ© et glorifiĂ©, comme le seul fondement de la foi justifiante. Ce sont les Ćuvres de Christ, et rien quâelles, qui tirent de la bouche de Paul, et de celle des Ă©lus, le cantique de victoire quâils entonnent en prĂ©sence de toute condamnation, de toute accusation qui pourraient sortir du Ciel ou de la terre contre eux. Ainsi nous apprenons ici comment la foi doit sâexercer Ă lâĂ©gard de Christ, aprĂšs avoir vu comment celle de Christ sâest exercĂ©e pour nous ou en faveur de nous.
Or je dis que JĂ©sus est lâobjet de la foi qui justifie, Ă trois Ă©gards particuliers.
1o â Il en est le seul objet en tant que cause fondamentale de notre justification. Dieu est celui qui justifie le mĂ©chant (Rom.4.5) ; en cette qualitĂ©, il est bien aussi lâobjet de la foi ; mais qui sont les mĂ©chants que Dieu justifie? Ă©videmment ceux qui sâapprochent de lui par Christ (HĂ©br.7.25) ou qui ont reçu prĂ©alablement JĂ©sus comme le Bien-AimĂ© de Dieu. CondamnĂ© par sa conscience, le pĂ©cheur est renvoyĂ© Ă Christ, comme Pharaon renvoyait les Ăgyptiens Ă Joseph, et câest quand il a vu et compris le but de lâobĂ©issance et de la mort de Christ, quâil espĂšre ĂȘtre reçu de Dieu, et se prĂ©sente avec assurance au trĂŽne de la grĂące afin dâobtenir misĂ©ricorde (HĂ©br.4.16) ; car hors de Christ, que peut-il voir en Dieu de propre Ă le rassurer dans sa misĂšre? Aussi est-il dit que câest par Lui (Christ) que nous croyons en Dieu qui lâa ressuscitĂ© dâentre les morts. . . afin que notre foi et notre espĂ©rance fussent en Dieu (1Pierre.1.21). Avant lâapparition de JĂ©sus en chair, ce nâĂ©tait non plus quâen vertu de la promesse du Messie que les fidĂšles sâapprochaient de JĂ©hovah comme du Dieu de lâalliance. Mais leur foi Ă©tant obscure, ils demeuraient encore sous un Esprit de servitude, (Rom.8.15), et la crainte remplissait souvent leur cĆur. Câest pourquoi JĂ©sus exhorte ses disciples qui croyaient en Dieu Ă croire aussi en lui (Jean.14.1) afin dâobtenir un vif sentiment de leur justification et de leur qualitĂ© dâenfants de Dieu. â Dieu est proprement sans doute le premier objet vers lequel se tournent les regards de lâhomme qui se convertit; mais Christ est le premier objet de sa foi proprement dite; puis il vient Ă Dieu comme Ă son PĂšre. Câest ce qui explique ces expressions de lâApĂŽtre : Conjurant les Juifs et les Grecs de se convertir Ă Dieu et de croire en JĂ©sus-Christ notre Seigneur (Actes.20.24).
2o â Christ est aussi le seul objet de la foi justifiante, par opposition Ă nos sentiments ou Ă nos affections.âPlu-sieurs se reposent, pour se croire justifiĂ©s, sur ce que leur conscience a Ă©tĂ© rĂ©veillĂ©e et troublĂ©e; câest une double erreur. Si vous ĂȘtes troublĂ©s, vous nâĂȘtes pas en repos, et si vous ĂȘtes en repos vous nâĂȘtes pas troublĂ©s. On a bien mal entendu les paroles du Seigneur (Matth.11.28) quand on a supposĂ© que ce caractĂšre de travaillĂ©s et de chargĂ©s Ă©tait un indice de justification, et quâon a exhortĂ© certaines Ăąmes Ă se confier lĂ -dessus ; excellent moyen pour leur faire perdre le sentiment de leur misĂšre, et les plonger dans une fausse sĂ©curitĂ©! Voir dans cette invitation autre chose quâun encouragement Ă croire au Fils de Dieu, donnĂ© aux Ăąmes que leurs pĂ©chĂ©s tiennent loin de lui, câest leur attribuer un sens faux,...
Table of contents
- Sommaire
- Notice ThéoTEX
- 1. Christ exemple et objet de la foi justifiante
- 2. Triomphe de la foi dans la mort de Christ
- 3. Triomphe de la foi dans la résurrection de Christ
- 4. Triomphe de la foi dans le siÚge de Jésus à la droite de Dieu.
- 5. Triomphe de la foi dans lâintercession de Christ
- Conclusion
- Page de copyright
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