Le Triomphe de la Foi Justifiante
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Le Triomphe de la Foi Justifiante

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Le Triomphe de la Foi Justifiante

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Personnage ecclésiastique public et influent, puisqu'il fut aumÎnier de Cromwell, écrivain prolifique dont les oeuvres remplissent douze volumes, Thomas Goodwin (1600-1680) a pourtant été peu publié de son vivant: quelques sermons, et deux livrets: Le Triomphe de la Foi et Le Coeur de Christ Intercédant dans le Ciel pour les Pécheurs sur Terre. Le premier a été librement traduit en français, au dix-neuviÚme siÚcle, par la mouvance plymouthiste suisse, accolé à un traité de John Darby, puis diffusé sans nom d'auteur sur la page de titre. Malgré les changements infligés au texte original de Goodwin, le lecteur peut encore goûter dans cette traduction la beauté et la pertinence des rapprochements bibliques destinés à illustrer l'oeuvre triple de Jésus-Christ pour nous, à savoir dans sa mort, dans sa résurrection, et dans son siÚge actuel à la droite du PÚre. Notre réédition ThéoTeX reproduit la seconde édition de 1856, imprimée à Vevey.

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Information

Year
2021
Print ISBN
9782322396252
eBook ISBN
9782322405671
Edition
1
Subtopic
Religion
Qui est-ce qui condamnera? Christ
est celui qui mourut, bien plus, qui
ressuscita, qui mĂȘme est Ă  la droite de
Dieu, et qui mĂȘme intercĂšde pour nous.
Romains 8.34

1
Introduction.
Christ exemple et objet de la foi
justifiante.

Le chant de triomphe et l’espĂšce de dĂ©fi, que Paul met ici dans la bouche de l’Église, est empruntĂ© Ă  une prophĂ©tie d’EsaĂŻe, dans laquelle c’est Ă©videmment Christ qui parle. Pour entrer dans l’esprit de cette prophĂ©tie, il faut se reprĂ©senter le fils de l’homme devant le tribunal des hommes, en butte Ă  d’insultantes humiliations, mais soumis Ă  la volontĂ© de son PĂšre, et fortifiĂ© par l’assurance, que lui donnaient les promesses divines, de sortir vainqueur du conflit dans lequel son amour l’avait engagĂ©. Il dit, EsaĂŻe.50.5-8 :
« Le Seigneur, l’Éternel, m’a ouvert l’oreille, et moi, je n’ai point rĂ©sistĂ©, je ne me suis pas retirĂ© en arriĂšre ; j’ai livrĂ© mon dos Ă  ceux qui me frappaient et mes joues Ă  ceux qui m’arrachaient la barbe; je n’ai point dĂ©robĂ© mon visage aux outrages et aux crachats. Le Seigneur, l’Éternel, m’aidera ; c’est pourquoi l’outrage ne m’a point abattu; c’est pourquoi j’ai rendu ma face semblable Ă  un caillou, et je sais que je ne serai pas confondu. Il est proche, celui qui me justifie; qui veut plaider contre moi?. . . »
Dans ce passage, JĂ©sus exprime une double confiance : celle d’ĂȘtre aidĂ© du PĂšre dans la terrible lutte qu’il devait soutenir avec les puissances tĂ©nĂ©breuses; et celle d’ĂȘtre justifiĂ© (comme il le fut par sa rĂ©surrection, Rom.1.4) des condamnations qui seraient prononcĂ©es contre Lui.
La communion qui existe entre JĂ©sus et ses membres; sa qualitĂ© de Chef ou de TĂȘte relativement Ă  son Église ; le nom de second Adam qu’il porte comme reprĂ©sentant de l’humanitĂ©; l’imputation qui est faite aux croyants de ses souffrances et de sa gloire; tout cela explique suffisamment pourquoi l’ApĂŽtre se sert, et les Ă©lus avec lui, d’un langage analogue Ă  celui de leur Chef, pour exprimer la sainte confiance, qu’ils sont justifiĂ©s et que rien ne peut les sĂ©parer de l’amour de Dieu en JĂ©sus-Christ. Comme l’honneur rĂ©pandu sur le Chef rejaillit sur les membres, ceux-ci possĂšdent le mĂȘme privilĂšge que celui-lĂ . Leur justification ne pouvant ĂȘtre sĂ©parĂ©e de celle du Christ, ils peuvent triompher dans la certitude de la leur, comme le Christ a triomphĂ© dans la certitude de la sienne.
I.—Mais de cette circonstance dĂ©coule le fait trĂšs consolant que Christ a vĂ©cu par la foi comme vivent les Ă©lus; et qu’à cet Ă©gard, il nous est un grand et parfait modĂšle. Il est Ă©crit que nous avons tous reçu de sa plĂ©nitude, et grĂące pour grĂące (Jean.1.16), c’est-Ă -dire, des grĂąces correspondantes aux siennes. Or, la foi Ă©tant la principale, devait exister et agir en JĂ©sus : comment? c’est ce qu’il sera facile de dĂ©couvrir dans les paroles mĂȘmes de la prophĂ©tie.
D’abord Il vivait de foi pour lui-mĂȘme, en tant qu’homme et envoyĂ© du PĂšre. Sa justification en Ă©tait l’objet, quoiqu’il ne dĂ»t pas ĂȘtre justifiĂ© de la mĂȘme maniĂšre que nous, c’est-Ă -dire, par l’imputation d’une justice Ă©trangĂšre : et les fondements de sa foi Ă©taient les promesses ou la fidĂ©litĂ© de Celui qui l’avait envoyĂ©. Son langage enEsaĂŻe.50.8-9, indique suffisamment qu’il attendait de Dieu sa justification future, aussi bien que la force nĂ©cessaire pour s’acquitter de la charitable mais effrayante mission qu’il avait entreprise. ObĂ©ir Ă  Dieu dans une chair en ressemblance de chair de pĂ©chĂ©, souffrir dans cette chair toutes les affreuses consĂ©quences de la chute, se charger de la culpabilitĂ© et de la peine de toute iniquitĂ©, comparaĂźtre Ă  la barre de ces tribunaux humains, reprĂ©sentants, pour lui, de la justice divine; telle est la tĂąche qu’il s’était imposĂ©e, la coupe que le PĂšre lui avait assignĂ©e, le baptĂȘme duquel il devait ĂȘtre baptisĂ©; et quelle tĂąche! quelle coupe! quel baptĂȘme! Or, ne l’oublions pas, s’il eĂ»t failli en un iota, en un seul trait de lettre, Ă  l’accomplissement de son Ɠuvre, l’effet des sentences qui furent prononcĂ©es Ă  deux reprises contre lui, et exĂ©cutĂ©es sur la croix, subsisterait encore : la tombe renfermerait la dĂ©pouille mortelle de JĂ©sus, et il ne siĂ©gerait pas maintenant Ă  la droite de Dieu. Mais le Christ descendit des cieux avec une promesse dans sa main (EsaĂŻe.53.10-12), et il en vĂ©cut pendant ses souffrances, comme nous l’apprenons du chap. 50. Aussi l’entendons-nous, mĂ©prisant la honte en vue de la joie qui lui Ă©tait proposĂ©e (HĂ©br.12.2) s’assurer que le PĂšre lĂšvera le scandale de la croix par un acte de son Ă©clatante puissance, et dĂ©clarera bientĂŽt la justice de son envoyĂ©, justice cachĂ©e au monde dans le moment de la crucifixion. Au Psaume 22, dans lequel le Saint-Esprit rend tĂ©moignage Ă  ses souffrances et aux gloires qui devaient les suivre, le Messie se prĂ©sente Ă  nous sous le mĂȘme aspect, c’est-Ă -dire dans l’exercice de la foi aux promesses de Dieu : et dans le Psaume 16, oĂč il est parlĂ© de sa descente au sĂ©pulcre, le mĂȘme Esprit nous fait entendre par avance les accents de la foi du Christ, dans le bienheureux espoir de cette rĂ©surrection qui devait attester tout ensemble son innocence et notre justification.
Mais JĂ©sus vivait aussi de foi pour nous; et cela d’une façon particuliĂšre et merveilleuse. Substitut de l’homme aussi bien qu’EnvoyĂ© du PĂšre, il ne pouvait sĂ©parer ces deux charges importantes dans la perspectived’ĂȘtre justifiĂ©, ni par consĂ©quent se considĂ©rer Ă  part de ceux qu’il reprĂ©sentait. Ainsi dans ses souffrances et son anĂ©antissement jusqu’à la mort, la foi lui montrait non seulement son propre ministĂšre justifiĂ©, mais aussi la mĂȘme grĂące accordĂ©e en lui, et jusqu’à la fin, Ă  des milliers et des millions de pĂ©cheurs qui devaient vivre de son sang et de sa justice. Et en expirant, il remit au PĂšre ce trĂ©sor d’indulgences, de grĂąces et de gloire pour le distribuer Ă  qui de droit, savoir Ă  tous ceux qui lui avaient Ă©tĂ© ou qui lui seraient donnĂ©s du PĂšre. Quelle foi ! surtout quand on rĂ©flĂ©chit qu’elle embrasse toutes les Ăąmes qui peupleront un jour la nouvelle JĂ©rusalem, lorsque Dieu sera tout en tous.
Quel miracle de foi, dirons-nous aussi, qu’un homme seul, triomphant au nom et Ă  la place de tous ! Car Il Ă©tait semblable Ă  nous en toutes choses sans pĂ©chĂ© (HĂ©br.4.14) ; et l’on ne peut pas douter que l’Ɠuvre de notre salut n’ait Ă©tĂ© celle de sa foi, tout comme celle de son amour et de sa puissance, ainsi qu’il le paraĂźt d’aprĂšs HĂ©br.2.12-17. Car quel est le sens de cette parole : Je me confierai en lui? Sans doute elle prouve que JĂ©sus Ă©tait un homme participant Ă  la chair et au sang : mais n’y voit-on pas aussi, en la considĂ©rant avec le contexte, une ferme assurance exprimĂ©e par le Christ, qu’il serait le salut d’une race de frĂšres et d’enfants, au milieu de laquelle il louerait un jour le PĂšre, ainsi qu’il l’exprime au Psaume 22, versets 22 et suivants ?
ChrĂ©tiens, ne sont-ce pas lĂ  de puissants motifs Ă  vivre vous-mĂȘmes de foi? Ah! prenez courage si la vĂŽtre chancelle, et Ă©levez vos cƓurs au-dessus de ces doutes frĂ©quents, de ces craintes, de ces dĂ©fiances, de ces pensĂ©es flottantes, tristes suggestions qui ne viennent pas de Celui qui vous appelle. Quel exemple que celui de Christ ! Confiance pour lui-mĂȘme, confiance pour ses Ă©lus; assurance parfaite que sa condamnation aux yeux du monde serait levĂ©e par un triomphe sur le sĂ©pulcre, qu’il terrasserait la puissance des tĂ©nĂšbres, qu’à sa suite il emmĂšnerait captifs ceux que l’homme fort avait pillĂ©s, qu’eux-mĂȘmes seraient rendus justes comme lui, et qu’un jour, par leur rĂ©surrection, ils seraient dĂ©clarĂ©s fils de Dieu (Luc.20.36) ; tout cela sur une simple promesse, sur un mot sorti de la bouche de Dieu dont il s’était fait serviteur pour notre bien; en faut-il davantage pour nous exciter Ă  marcher sur ses traces, nous qui avons aussi, avec la promesse d’ĂȘtre justifiĂ©s en croyant, toute l’Ɠuvre de Christ pour garant de cette justification ? Si Dieu a donnĂ© des Ăąmes Ă  son Fils, dans la confiance que le Fils les sauverait; si le Fils s’est abaissĂ© dans la confiance que le PĂšre ratifierait ses paroles; ne pouvons-nous pas nous reposer sur l’un et l’autre pour le salut de notre Ăąme seule, sachant d’ailleurs que c’est faire Dieu menteur et se perdre soi-mĂȘme que de refuser Ă  Dieu cette confiance?
PĂ©cheurs qui lisez ces lignes, et qui tremblez en voyant la multitude d’accusations qui partent, comme autant de foudres, tant du sein de votre conscience que de la loi parfaite du Seigneur, soyez aussi poussĂ©s Ă  la foi par l’exemple de Christ ; et ne tombez pas dans un dĂ©couragement, naturel sans doute pour qui ne voit que le pĂ©chĂ©, mais qui ne glorifie nullement le Seigneur. ConsidĂ©rez de quel Ă©pouvantable fardeau l’ñme de JĂ©sus a Ă©tĂ© surchargĂ©e : on peut dire que dans un sens et par imputation, il Ă©tait, selon l’expression hardie de Luther, le plus grand pĂ©cheur qui se soit jamais vu sur la terre; car il portait l’iniquitĂ© de nous tous : et cependant, voyez : JĂ©sus ne doute pas que ce fardeau ne lui soit ĂŽtĂ©; il ne doute pas qu’il ne soit enseveli avec lui dans les entrailles de la terre; et que lui-mĂȘme ne ressorte du sĂ©pulcre, lavĂ© et blanchi de toute l’ordure dont nous l’avons couvert, avec une chair glorifiĂ©e, apte Ă  jouir de la gloire cĂ©leste. Et toi, chĂšre Ăąme, qui n’as pas Ă  porter l’iniquitĂ© de tous, toi qui n’es pas responsable d’une infinitĂ© de transgressions (quoique chaque transgression ait un dĂ©mĂ©rite infini), refuseras-tu d’avoir bon courage, et de croire que l’Ɠuvre de Christ, Ɠuvre de l’amour divin, Ɠuvre agréée du PĂšre, ne soit plus que suffisante pour te constituer parfaitement juste ?
Tu me rĂ©pondras peut-ĂȘtre que Christ, Ă©tant Dieu manifestĂ© en chair, pouvait savoir de science certaine quel serait le fruit de son ministĂšre de rĂ©conciliation; mais que, quant Ă  toi, tu n’es qu’un pauvre pĂ©cheur. — Mais considĂšre, en premier lieu, que, dans le Christ, la foi Ă©tait l’Ɠuvre de son humanitĂ© et non celle de la divinitĂ© proprement dite. Pour la divinitĂ©, il n’y a pas lieu Ă  la foi; car on croit ce qu’on ne voit pas, sur le tĂ©moignage de quelqu’un fidĂšle; tandis que Dieu voit toutes choses de loin et dĂšs l’éternitĂ©; il n’a rien Ă  apprendre de personne. ConsidĂšre ensuite que, si tu crois rĂ©ellement que JĂ©sus qui a Ă©tĂ© crucifiĂ© est le Christ, le Messie promis, et qu’il est ressuscitĂ© des morts par la gloire du PĂšre qui lui a ainsi tĂ©moignĂ© son bon plaisir, tu as Ă©tĂ© uni Ă  lui, en sorte que c’est pour toi, et en ton nom, qu’il a dit : Qui me condamnera? Tu peux le rĂ©pĂ©ter avec confiance aprĂšs lui, et tu y es encouragĂ© par tout ce qui l’y encourageait lui-mĂȘme. Ce qui pouvait le mettre en danger de condamnation, c’étaient tes pĂ©chĂ©s, tous les pĂ©chĂ©s de son peuple; et pourtant, regarde quelle certitude il a par avance d’ĂȘtre justifiĂ© de tous ces pĂ©chĂ©s-lĂ . En eĂ»t-il laissĂ© un seul, mĂȘme le moindre, sans satisfaction plĂ©niĂšre, son Ɠuvre Ă©tait perdue; mais tu sais qu’il est maintenant vivant aux siĂšcles des siĂšcles, et que, comme le bouc Hazazel ou le passereau vivant (LĂ©vit. ch. 14 et 16), il a emportĂ© toute iniquitĂ© dans une terre inhabitable : pourquoi donc douter que les tiennes soient de ce nombre, et ne pas te voir justifiĂ© en Lui ? Observe encore qu’il tirait son assurance de sa divinitĂ© ou de son union avec le PĂšre, tandis que tu dois placer la tienne sur lui; raison de plus pour imiter la sienne, car ici tu n’as pas seulement les mĂȘmes promesses que lui pour te fortifier, mais encore tu as et lui et les promesses. MĂȘme, dans un sens, tu as plus de sujets d’ĂȘtre assurĂ©, que JĂ©sus n’en avait dans son humiliation. Car c’est au fort de la souffrance, sous le poids de l’indignation et de l’abandon du Ciel et de la terre, que nous l’entendions s’écrier : Celui qui me justifie est prĂšs ; qui est-ce qui plaidera contre moi ? C’est quand on le condamne avec charge de blasphĂšme, qu’on le traite comme un criminel prĂȘt Ă  monter sur l’échafaud, qu’il se fortifie par la pensĂ©e que nul ne le condamnera. Tandis que toi, pauvre Ăąme, tu le vois non pas mourant, mais vivant aprĂšs avoir Ă©tĂ© mort, justifiĂ© et non pas condamnĂ©, assis sur le trĂŽne et non pas clouĂ© Ă  la croix; puis donc que tu sais qu’il a Ă©tĂ© condamnĂ© et justifiĂ©, qu’est-ce qui t’empĂȘche de te joindre aux accents de sa foi ?
Mais il Ă©tait Fils de Dieu, ajouteras-tu; il le savait et moi j’ignore encore si je le suis.—Eh bien! va te remettre, corps et Ăąme, entre les mains de ce puissant RĂ©dempteur, afin qu’il te dĂ©livre quand et comment il voudra, et lors mĂȘme que tu ne te sentiras pas adoptĂ© du Seigneur, cependant tu n’en seras pas moins son enfant. Et quant aux choses que tu allĂšgues pour justifier tes craintes ou ton dĂ©couragement, savoir la quantitĂ©, la nature et la grandeur de tes pĂ©chĂ©s, souviens-toi du nombre, de l’énormitĂ© de ceux que JĂ©sus a portĂ©s, et de la parole qui est sortie de sa bouche en justice : Tout pĂ©chĂ© et tout blasphĂšme seront pardonnĂ©s aux hommes (Matth.12.31), parole qui dĂ©clarait par avance le fruit de ses saintes souffrances. Or, si ton Sauveur a Ă©tĂ© dĂ©chargĂ© de la culpabilitĂ© de tous ces pĂ©chĂ©s et de tous ces blasphĂšmes, s’il a Ă©tĂ© justifiĂ© de toute sorte d’iniquitĂ©s, qui empĂȘche que tu ne le sois aussi en croyant en lui ?
II.—Je ferai remarquer ensuite que, dans les expressions triomphantes de l’ApĂŽtre, celui-ci nous prĂ©sente Christ mort,ressuscitĂ© et glorifiĂ©, comme le seul fondement de la foi justifiante. Ce sont les Ɠuvres de Christ, et rien qu’elles, qui tirent de la bouche de Paul, et de celle des Ă©lus, le cantique de victoire qu’ils entonnent en prĂ©sence de toute condamnation, de toute accusation qui pourraient sortir du Ciel ou de la terre contre eux. Ainsi nous apprenons ici comment la foi doit s’exercer Ă  l’égard de Christ, aprĂšs avoir vu comment celle de Christ s’est exercĂ©e pour nous ou en faveur de nous.
Or je dis que JĂ©sus est l’objet de la foi qui justifie, Ă  trois Ă©gards particuliers.
1o — Il en est le seul objet en tant que cause fondamentale de notre justification. Dieu est celui qui justifie le mĂ©chant (Rom.4.5) ; en cette qualitĂ©, il est bien aussi l’objet de la foi ; mais qui sont les mĂ©chants que Dieu justifie? Ă©videmment ceux qui s’approchent de lui par Christ (HĂ©br.7.25) ou qui ont reçu prĂ©alablement JĂ©sus comme le Bien-AimĂ© de Dieu. CondamnĂ© par sa conscience, le pĂ©cheur est renvoyĂ© Ă  Christ, comme Pharaon renvoyait les Égyptiens Ă  Joseph, et c’est quand il a vu et compris le but de l’obĂ©issance et de la mort de Christ, qu’il espĂšre ĂȘtre reçu de Dieu, et se prĂ©sente avec assurance au trĂŽne de la grĂące afin d’obtenir misĂ©ricorde (HĂ©br.4.16) ; car hors de Christ, que peut-il voir en Dieu de propre Ă  le rassurer dans sa misĂšre? Aussi est-il dit que c’est par Lui (Christ) que nous croyons en Dieu qui l’a ressuscitĂ© d’entre les morts. . . afin que notre foi et notre espĂ©rance fussent en Dieu (1Pierre.1.21). Avant l’apparition de JĂ©sus en chair, ce n’était non plus qu’en vertu de la promesse du Messie que les fidĂšles s’approchaient de JĂ©hovah comme du Dieu de l’alliance. Mais leur foi Ă©tant obscure, ils demeuraient encore sous un Esprit de servitude, (Rom.8.15), et la crainte remplissait souvent leur cƓur. C’est pourquoi JĂ©sus exhorte ses disciples qui croyaient en Dieu Ă  croire aussi en lui (Jean.14.1) afin d’obtenir un vif sentiment de leur justification et de leur qualitĂ© d’enfants de Dieu. — Dieu est proprement sans doute le premier objet vers lequel se tournent les regards de l’homme qui se convertit; mais Christ est le premier objet de sa foi proprement dite; puis il vient Ă  Dieu comme Ă  son PĂšre. C’est ce qui explique ces expressions de l’ApĂŽtre : Conjurant les Juifs et les Grecs de se convertir Ă  Dieu et de croire en JĂ©sus-Christ notre Seigneur (Actes.20.24).
2o — Christ est aussi le seul objet de la foi justifiante, par opposition Ă  nos sentiments ou Ă  nos affections.—Plu-sieurs se reposent, pour se croire justifiĂ©s, sur ce que leur conscience a Ă©tĂ© rĂ©veillĂ©e et troublĂ©e; c’est une double erreur. Si vous ĂȘtes troublĂ©s, vous n’ĂȘtes pas en repos, et si vous ĂȘtes en repos vous n’ĂȘtes pas troublĂ©s. On a bien mal entendu les paroles du Seigneur (Matth.11.28) quand on a supposĂ© que ce caractĂšre de travaillĂ©s et de chargĂ©s Ă©tait un indice de justification, et qu’on a exhortĂ© certaines Ăąmes Ă  se confier lĂ -dessus ; excellent moyen pour leur faire perdre le sentiment de leur misĂšre, et les plonger dans une fausse sĂ©curitĂ©! Voir dans cette invitation autre chose qu’un encouragement Ă  croire au Fils de Dieu, donnĂ© aux Ăąmes que leurs pĂ©chĂ©s tiennent loin de lui, c’est leur attribuer un sens faux,...

Table of contents

  1. Sommaire
  2. Notice ThéoTEX
  3. 1. Christ exemple et objet de la foi justifiante
  4. 2. Triomphe de la foi dans la mort de Christ
  5. 3. Triomphe de la foi dans la résurrection de Christ
  6. 4. Triomphe de la foi dans le siÚge de Jésus à la droite de Dieu.
  7. 5. Triomphe de la foi dans l’intercession de Christ
  8. Conclusion
  9. Page de copyright

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