« L'Ăąge de Pierre ne s'est pas arrĂȘtĂ© par manque de pierres; pas plus que l'on a renoncĂ© Ă la marine Ă voile parce que le vent Ă©tait tombĂ©. En rĂ©ponse Ă tous ceux qui, pris de vertige devant les mutations en cours, pensent que la fin est proche, ce livre est un cri d'optimisme offensif: la fin d'UN monde n'est pas la fin DU monde.»Embarquez avec Mathieu Baudin, historien et prospectiviste, dans le rĂ©cit d'une aventure philosophique qui, Ă partir d'un cheminement dans le passĂ© et le futur, invite chacun Ă s'inscrire dans cette force germinatoire qui Ă©merge Ă travers la planĂšte. Soyons conscients que le futur ne se prĂ©voit pas mais qu'il se prĂ©pare.Historien et prospectiviste, Mathieu Baudin est directeur de l'Institut des Futurs souhaitables (IFs), association Ă but non lucratif dont la raison d'ĂȘtre est « d'ouvrir les futurs pour libĂ©rer le prĂ©sent ». EntourĂ© d'une Ă©quipe de plus de 150 experts et artistes, il organise et anime des explorations intellectuelles ou LabSessions pour mieux se repĂ©rer et se projeter dans le monde de demain. Auteur, confĂ©rencier, TEDx speaker, organisateur, chroniqueur TV, il voyage dans le temps depuis plus de 20 ans entre passĂ©, prĂ©sent et futur, pour permettre Ă chacun de comprendre notre Ă©poque et d'imaginer demain Ă l'aune de ce qu'il pourrait ĂȘtre de mieux. JoĂ«l de Rosnay est docteur Ăšs sciences, a enseignĂ© au MIT et a Ă©tĂ© directeur de recherche Ă l'Institut Pasteur. Il est l'auteur de nombreux best-sellers parmi lesquels La symphonie du vivant (Les Liens qui libĂšrent, 2012, 17 000 ex vendus) ou Une vie en plus (Le Seuil, 2005, 45 000 ex vendus). Patrick Viveret est philosophe, essayiste altermondialiste et ancien conseiller rĂ©fĂ©rendaire Ă la Cour des Comptes. Il est notamment l'auteur de La cause humaine: Du bon usage de la fin d'un monde (Les Liens qui libĂšrent, 2012, prĂšs de 5000 ex vendus).

- English
- ePUB (mobile friendly)
- Available on iOS & Android
eBook - ePub
About this book
Trusted by 375,005 students
Access to over 1.5 million titles for a fair monthly price.
Study more efficiently using our study tools.
CHAPITRE 1
RETOUR EN AVANT
LâART DâIMAGINER LE FUTUR
Depuis toujours, lâhumanitĂ© a essayĂ© dâanticiper le futur, ne serait-ce que pour Ă©viter de le subir.
La Pythie de Delphes qui, dans lâAntiquitĂ©, rendait ses oracles au pied du mont Parnasse, nous rappelle combien jadis le futur Ă©tait important. ProphĂ©tesse, elle donnait des Ă©lĂ©ments de rĂ©ponse Ă celles et ceux qui la consultaient. Notre langue porte dâailleurs encore la trace de la difficultĂ© de lâexercice⊠Ne dit-on pas dâun propos quâon ne comprend pas, dans une discussion, une table ronde ou un dĂ©bat tĂ©lĂ©visĂ©, quâil est « sibyllin » ? Or, les sibylles, comme la Pythie de Delphes, Ă©taient des prophĂ©tesses inspirĂ©es par les dieux, sâexprimant dans un langage souvent des plus Ă©nigmatiques. Lâart dâimaginer le futur, dĂšs lâorigine, nâest en effet pas chose facile. Il ne sâagit pas de donner des rĂ©ponses simples Ă des problĂšmes simples, mais plutĂŽt de livrer des interprĂ©tations rĂ©pondant Ă des problĂšmes plus ou moins bien formulĂ©s. MalgrĂ© cela, Ă cette Ă©poque, aucun stratĂšge dâaucune armĂ©e nâaurait eu lâidĂ©e saugrenue dâintervenir sans, au prĂ©alable, consulter des augures. Jâai en tĂȘte cette phrase de CicĂ©ron, au Ier siĂšcle av. J.-C., dans son dialogue philosophique De Divinatione24 : « Indiquez-moi, sâil se peut, une nation, une citĂ© qui ne se gouverne point par des pronostics tirĂ©s des intestins des animaux, ou par les interprĂštes des prodiges ou des Ă©clairs, ou par les prĂ©dictions des augures, des astrologues, des sorts ; ou bien montrez-mâen une qui nâait pas recours aux songes et aux vaticinations, qui nous viennent, dit-on, de la nature. »
En ces temps anciens, on recourait Ă la pĂ©gomancie â lâart de lire le futur dans les sources et dans lâeau des fontaines â, Ă lâophiomancie â dans les mouvements des serpents â, Ă lâacutomancie â dans les Ă©pingles â, ou encore Ă la molybdomancie â dans le plomb. Aujourdâhui, on peut regarder cela avec un peu de tendresse, ou avoir lâimpression que les dĂ©cisions se prenaient parfois au doigt mouillĂ©. CâĂ©tait le temps du fatalisme, du fatum, oĂč lâon Ă©tait Ă la merci du jeu de puissances supĂ©rieures et oĂč notre unique interface avec le destin consistait Ă soudoyer des augures pour tĂącher dâinfluer sur ce qui Ă©tait dĂ©jĂ Ă©crit, sur ce qui nous attendait. De cette longue pĂ©riode subsistent aujourdâhui quelques traces. Ne cherche-t- on pas encore Ă sonder la psychĂ© humaine grĂące Ă lâencromancie ? â mĂȘme si, pour faire plus sĂ©rieux, ce procĂ©dĂ© est appelĂ© test de Rorschach. Bien actuels aussi, la sĂ©rendipitĂ© et les synchronicitĂ©s*1, ces petits riens qui apparaissent et semblent rĂ©pondre Ă nos problĂ©matiques en cours, par exemple lorsque lâon redĂ©couvre dans notre bibliothĂšque un livre dont le titre rĂ©pond en partie Ă notre questionnement.
Câest Ă la fin du Moyen Ăge, et plus encore Ă la Renaissance, que la science et la notion de progrĂšs qui lui est associĂ©e firent entrer lâHumanitĂ© dans un autre temps. On se mit Ă dĂ©velopper les liens entre les causes et les consĂ©quences : si lâon connaissait les unes, peut-ĂȘtre pouvait-on connaĂźtre les autres⊠Et Ă comprendre les deux, peut-ĂȘtre tout maĂźtriser. Un temps dâorgueil. Câest la naissance de la thĂ©orie du dĂ©terminisme â selon laquelle le principe de causalitĂ© relie une succession dâĂ©vĂ©nements â, qui a largement structurĂ© la pensĂ©e des XIXe et XXe siĂšcles et la philosophie de lâhistoire de Karl Marx. On en conserve la trace aujourdâhui, lorsque, dans un dĂ©bat politique, un commentateur avance par exemple que les jeunes de banlieue ont trĂšs peu de chances dâĂȘtre ministre, ou les filles ou fils dâouvriers de devenir professeur dâuniversité⊠Orgueil, donc, que dâessayer de se dĂ©partir du fatalisme en le remplaçant par du dĂ©terminisme.
LE TEMPS DES INCERTITUDES
Le troisiĂšme temps dans le traitement du futur est celui oĂč nous sommes encore actuellement â le temps de lâaprĂšs-Seconde Guerre mondiale. Hiroshima, Nagasaki et la guerre froide qui sâensuivit ont avĂ©rĂ©, dĂšs cet instant, la capacitĂ© quâavait lâhomme Ă annihiler sa propre humanitĂ©. Ă la faveur de cette folie, il suffisait quâun homme, dâun cĂŽtĂ© ou de lâautre du rideau de fer, appuie sur un bouton rouge pour nous faire disparaĂźtre⊠La bombe atomique et la puissance dont elle est porteuse nous ont alors plongĂ©s dans une Ăšre dâincertitudes qui se sont renforcĂ©es avec la crise Ă©cologique, par la prise de conscience quâau-delĂ des stratĂ©gies et offensives militaires, notre simple mode de vie pouvait nous conduire aussi, en partie, Ă notre fin. Câest le sens de lâanthropocĂšne*2, cette nouvelle Ăšre gĂ©ologique dans laquelle nous sommes entrĂ©s, oĂč nous dĂ©couvrons et mesurons les consĂ©quences possibles et mortifĂšres de nos propres actions sur la biosphĂšre. Cependant, « incertitude », comme nous le rappellent les scientifiques, ne veut pas dire que nous ne savons rien. Cela signifie simplement que nous ne savons pas tout, et quâil faut faire avec.
Dans ces annĂ©es dâaprĂšs-guerre, des philosophes nous ont proposĂ© diffĂ©rentes pensĂ©es pour rĂ©pondre Ă cette problĂ©matique : Gaston Berger*3, avec la prospective, mais aussi Hans Jonas*4, qui dĂ©veloppa le principe « responsabilitĂ© », vĂ©ritable prĂ©lude au discours du dĂ©veloppement durable. La prospective naĂźt donc dans lâaprĂšs-guerre, un temps oĂč il fallait reconstruire un monde que nous nous Ă©tions savamment appliquĂ©s Ă dĂ©truire. Ce temps a Ă©tĂ© traversĂ© par ce quâon appellerait aujourdâhui des « disruptions » mĂ©caniques et technologiques, comme lâont Ă©tĂ© lâessor de lâaviation longs courriers, lâĂ©nergie nuclĂ©aire civile, ou encore les prĂ©mices de la conquĂȘte spatiale.
Câest dans ce contexte que Gaston Berger utilise pour la premiĂšre fois le terme de « prospective ». Lâadjectif « prospectif » existait alors, mais pas la prospective en tant que telle. LâidĂ©e de Gaston Berger Ă©tait dâĂ©clairer les dĂ©cideurs afin quâils agissent Ă lâaune des possibles consĂ©quences de leurs choix. DâentrĂ©e de jeu, la prospective est Ă©noncĂ©e comme « une philosophie de lâaction ». Il ne sâagit pas dâune mĂ©thode statistique de probabilitĂ©s sur ce qui pourrait advenir, mais dâun prĂ©texte Ă questionner celle ou celui qui va agir Ă la lumiĂšre des Ă©ventuelles consĂ©quences de ses actions. Dans la rubrique « carnet mondain », il est intĂ©ressant de noter que Gaston Berger est le pĂšre du chorĂ©graphe Maurice BĂ©jart, de mĂȘme que lâun des grands penseurs de la prospective dite « Ă la française », Bertrand de Jouvenel25, a eu une longue aventure amoureuse avec lâĂ©crivaine Colette dans les annĂ©es 1920. Deux anecdotes qui nous rappellent que, dĂšs lâorigine, prospective et art sont intimement liĂ©s.
DE LA DIFFICULTĂ DâANTICIPER
Chaque fois que lâhomme a essayĂ© dâanticiper le futur, il semble avoir rencontrĂ© sensiblement les mĂȘmes difficultĂ©s. Cela mâĂ©voque les cĂ©lĂšbres illustrations du dessinateur Villemard, qui, en 1900, donnait une vision de lâan 2000 oĂč la machine, gĂ©nĂ©ralement au centre, diminuait le labeur ou augmentait le plaisir de lâĂȘtre humain, rendant sa vie en tout cas plus confortable. Vision machiniste du progrĂšs, comme peut-ĂȘtre la nĂŽtre lâest actuellement avec la technologie. En regardant ces illustrations, une chose saute aux yeux : les vĂȘtements restent ceux de lâĂ©poque de lâartiste, tout comme lâatmosphĂšre paisible qui semble rĂ©gner dans les rues et les maisons. Face Ă cela, deux thĂ©ories dâhistoriens sâaffrontent. La premiĂšre imagine que les protagonistes se jugeaient si Ă©lĂ©gants quâils croyaient leur style indĂ©modable. La seconde avance quâil est difficile de sâextraire des contingences oĂč nous nous sommes construits pour essayer de voir neuf dans un monde oĂč tout est Ă rĂ©inventer. Ce que confirme aussi dâailleurs la prĂ©sence rĂ©currente, sur ces dessins, de domestiques servant des bourgeois prĂ©sumĂ©s, tĂ©moignant du fait quâil est difficile dâimaginer un futur structurĂ© par un ordre social diffĂ©rent. Câest bien lĂ , je pense, la grande difficultĂ© de lâexercice, quelle que soit lâĂ©poque. Ainsi, quand, Ă la fin du XXe siĂšcle, pour son film Le CinquiĂšme ĂlĂ©ment, Luc Besson demande au couturier Jean-Paul Gaultier dâimaginer les vĂȘtements du futur, celui-ci, avec tout son gĂ©nie crĂ©atif, conçoit des uniformes asymĂ©triques, phosphorescents, fluorescents⊠mais qui restent des uniformes, faits de matiĂšres et de formes. Il nâa pas imaginĂ© quâĂ lâavenir, nous puissions ĂȘtre vĂȘtus, par exemple, de champs magnĂ©tiques rĂ©agissant Ă lâĂ©motion de celle ou de celui qui nous regarde. Comme souvent dans ce type dâexercice, les projections nous renseignent plus sur lâorigine de la pensĂ©e que sur la destination. Il sâagit souvent dâune rĂ©alitĂ© « augmentĂ©e » de ce que lâon connaĂźt dĂ©jĂ . Or, tout lâart et la beautĂ© de lâexercice sont prĂ©cisĂ©ment de sâextraire de ce qui nous a construits pour essayer de « voir neuf ».
PrĂ©voir lâavenir est un art aussi difficile que pĂ©rilleux. On se trompe souvent, parfois Ă dessein. Mais le futur a ceci de surprenant que le simple fait dâen discuter influe sur la destinĂ©e du sujet traitĂ©. Lorsque Bison futĂ©, lâoracle autoroutier, nous augure un samedi noir, et que nous reportons de ce fait notre dĂ©part Ă dimanche, influant ainsi sur la couleur de ladite journĂ©e, peut-on dire alors que Bison futĂ© sâest trompĂ© ? Câest bien lĂ que rĂ©side toute la marge de manĆuvre de lâart de la prospective.
LâHOMME AU CENTRE DE TOUTE CHOSE
VoilĂ plus de 20 ans que je fais des allers-retours dans les futurs. Impatient, jâai parfois le dĂ©sir de mây rendre plus vite. Dâautres fois, jâai envie dâaller dans le passĂ© pour retrouver certaines choses que lâon gagnerait Ă redĂ©couvrir, ici et maintenant. Mais la plupart du temps, je me dis que nous vivons une pĂ©riode incroyable, puisque nous avons la chance de participer, en conscience, Ă une renaissance. Bien sĂ»r, la Renaissance a dĂ©jĂ existĂ© dans lâhistoire de lâhumanitĂ©, une pĂ©riode historique qui fut une construction a posteriori. Ce sont en effet les Modernes qui, une fois installĂ©s dans leur Ă©poque, ont dĂ©cidĂ© quâentre eux et le sombre Moyen Ăge avait existĂ© une « zone tampon », pĂ©riode de mĂ©tamorphoses : la Renaissance. MĂȘme si, au Quattrocento, quelques humanistes italiens emploient dĂ©jĂ le terme de RinascitĂ , peu de « renaissants » se sentent en renaissance le temps de la Renaissance. Ils vivent au contraire plutĂŽt une pĂ©riode de grande crise, troublĂ©e par les guerres de Religion, et notamment par la rĂ©forme protestante, vĂ©ritable rĂ©volution bouleversant tous les cadres qui les avaient structurĂ©s. Des pans entiers des architectures installĂ©es depuis longtemps sont ainsi questionnĂ©s, de maniĂšre cultuelle autant que culturelle, par la science, la notion de progrĂšs, les nouvelles dĂ©couvertesâŠ
Plusieurs Ă©vĂ©nements transforment alors notre perception du monde. De Sumer Ă Carthage, de Louxor Ă Sparte, le bassin mĂ©diterranĂ©en Ă©tait alors la matrice de notre histoire. VoilĂ quâavec les grandes dĂ©couvertes, nous rĂ©alisons que le monde est bien plus vaste que celui qui nous a structurĂ©s jusque-lĂ . Nous dĂ©couvrons de nouveaux territoires, des terrae incognitae qui sont en rĂ©alitĂ© des continents entiers. Nous avons mĂȘme de la chance, nous y dĂ©couvrons de lâor, ce qui nâest pas la mĂȘme chose que si nous avions dĂ©couvert du plĂątre⊠Le monde aurait Ă©tĂ© diffĂ©rent. Sâinstalle ainsi lâidĂ©e que le monde est non seulement plus grand, mais aussi bien plus fastueux que ce que nous aurions pu imaginer. Câest ici que se structure lâidĂ©e dâune croissance infinie dans un monde infini.
La place de lâhomme est alors, elle aussi, rĂ©interrogĂ©e pendant cette pĂ©riode. Tandis quâauparavant, nous Ă©tions lâobjet du jeu de la fatalitĂ© de puissances supĂ©rieures, voilĂ quâĂ la Renaissance, nous nous Ă©mancipons. DĂ©miurges, maĂźtres et possesseurs de la nature, nous nous plaçons au centre de toutes choses. Ainsi, et pour une longue pĂ©riode, lâhomme se positionne au centre de la Terre, laquelle se trouve au centre de lâunivers. Il fallut batailler pour parvenir Ă imposer une nouvelle conception de la place de la Terre. Giordano Bruno*5 mourut pour en avoir exprimĂ© lâidĂ©e, et GalilĂ©e*6 fut contraint de se dĂ©dire. Si lâidĂ©e dâune Terre qui nâĂ©tait pas le centre de lâunivers parvint cependant Ă se propager, lâĂȘtre humain resta, quant Ă lui, toujours Ă la place centrale quâil avait choisi dâoccuper.
UN PARMI LES ĂGAUX
Beaucoup de choses se sont jouĂ©es pour nous durant la Renaissance, que ce soit dans le domaine des arts, de lâarchitecture ou des sciences⊠Nous gardons encore la mĂ©moire de cette pĂ©riode faste oĂč lâon redĂ©couvrit lâantique qui se trouvait pourtant sous nos yeux. Les penseurs grec...
Table of contents
- Couverture
- Auteur
- Préface de Joël de Rosnay
- Introduction
- 1. Retour en avant
- 2. Quelques enseignements
- 3. L'IFs, Un Institut des Futurs souhaitables
- 4. Voyage vers le monde d'aprĂšs
- 5. Les bonnes nouvelles du futur
- 6. Conspirateurs positifs
- 7. Quelles histoires pour quelles trajectoires ?
- Conclusion
- Postface de Patrick Viveret
- Remerciements
- Notes
- Les éditions Alisio