Nous sommes Ă Paris en 1609. Henri IV rĂšgne, sous la menace permanente des attentats. Le chevalier de Pardaillan, qui n'a pas retrouvĂ© son fils, rencontre un jeune truand, Jehan-le-Brave, en qui il ne tarde pas Ă reconnaĂźtre l'enfant de Fausta. Or, Jehan-le-Brave, qui ignore tout de ses origines, est amoureux de Bertille de Saugis, fille naturelle d'Henri IV. Pour protĂ©ger sa bien-aimĂ©e et le pĂšre de celle-ci, c'est-Ă -dire le roi, il entre en conflit avec tous ceux qui complotent sa mort: Concini et son Ă©pouse, LĂ©onora GaligaĂŻ, Aquaviva, le supĂ©rieur des jĂ©suites qui a recrutĂ© un agent pour ses intentions criminelles, le pauvre Ravaillac. Le chevalier de Pardaillan s'engage dans la lutte aux cĂŽtĂ©s de son fils, aussi bien pour l'observer que pour protĂ©ger le roi. Or, Fausta jadis avait cachĂ© Ă Montmartre un fabuleux trĂ©sor que tout le monde convoite, les jĂ©suites, les Concini, et mĂȘme le ministre du roi Sully. Seule Bertille connaĂźt par hasard le secret de cette cachette, ainsi que le chevalier de Pardaillan...

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Le Fils de Pardaillan
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Historical FictionIndex
LiteraturePartie 1
Chapitre 1
Nous sommes à Paris, Henri IV régnant sur la France pacifiée, par un matin de mai, clair, ensoleillé.
La fenĂȘtre dâune petite maison bourgeoise de la rue de lâArbre-Sec sâouvre. Une jeune fille paraĂźt au balcon. Les chauds rayons du soleil viennent poser comme une impalpable poussiĂšre dâor sur le nuage dâor de son opulente chevelure. Ses yeux plus bleus et plus purs que lâazur Ă©clatant du ciel, sa taille Ă©lancĂ©e, ses formes dâune harmonie incomparable, une dignitĂ© ingĂ©nue dans ses attitudes, une franchise de regard admirable, un voile de mĂ©lancolie rĂ©pandu sur ce front de neige, tout en elle force lâattention et la garde, tout en elle charme et captive.
Comme attirĂ©e par quelque force invincible, sa tĂȘte charmante se lĂšve timidement, furtivement, vers la maison dâen face.
LĂ -haut, Ă la lucarne du grenier, apparaĂźt un jeune cavalier. Et ce cavalier, les mains jointes, lâair extasiĂ©, fixe sur elle un regard profond, chargĂ© dâune muette adoration.
La jeune fille rougit, pĂąlit⊠son chaste sein se soulĂšve dâĂ©moi⊠Elle demeure un instant les yeux posĂ©s sur ceux de lâinconnu, puis lentement, comme Ă regret, elle rentre chez elle et pousse le battant de la fenĂȘtre.
*
* *
En bas, dans la rue, un pauvre hĂšre, dans lâombre protectrice dâun renfoncement, dresse vers la radieuse apparition une face dâascĂšte morne, ravagĂ©e, oĂč luisent, au-dessous de sourcils broussailleux, deux yeux vitreux de visionnaire. Et Ă la vue de la gracieuse jeune fille, voici que ces yeux de fou sâaniment, sâhumanisent, prennent une expression de douceur et de tendresse mystique. Voici que cette sombre physionomie sâillumine dâune joie cĂ©leste. Et le pauvre hĂšre, lui aussi, joint les deux mains dans un geste dâimploration et murmure :
â Quâelle est belle !âŠ
Comme il prononce ces mots, quelque chose dâinforme, un tas, une Ă©norme boule de graisse, dĂ©boule on ne sait dâoĂč, roule avec une agilitĂ© surprenante et vient sâarrĂȘter devant lâhomme en adoration. Cela est couvert dâun froc cavaliĂšrement relevĂ© sur la hanche, surmontĂ© dâune autre petite boule joviale outrageusement enluminĂ©e. Deux pattes de basset, courtes et cagneuses, servent de colonnes et deux pieds plats, immenses, sont les assises solides de ce monument de graisse. Et cela parle dâune voix de basse taille qui semble sourdre de profondeurs inconnues ; cela se prononce sans raillerie :
â Je vous y prends encore, frĂšre Ravaillac !⊠Toujours plongĂ© dans vos sombres visions, donc !
Brutalement arrachĂ© Ă son rĂȘve, Ravaillac, Jean-François Ravaillac tressaille violemment. Ses traits reprennent leur expression absente, lâĂ©tincelle de vie allumĂ©e dans son Ćil sâĂ©teint brusquement, et ramenant son regard Ă terre, sans contrariĂ©tĂ© apparente, sans surprise, sans plaisir, avec une morne indiffĂ©rence, il dit doucement, poliment :
â Bonjour, frĂšre Parfait Goulard.
Ă ce moment, la jeune fille ferme sa fenĂȘtre sans avoir eu la curiositĂ© de jeter un coup dâĆil en bas. Ravaillac pousse un soupir et, sans affectation, sâĂ©loigne dans la direction de la rue Saint-HonorĂ©, proche, entraĂźnant avec lui le frĂšre Parfait Goulard, enchantĂ© de la rencontre, et qui se prĂȘte complaisamment Ă la manĆuvre.
Le moine cependant a guignĂ© du coin de lâĆil la jeune fille. Il a notĂ© le soupir de celui quâil a appelĂ© frĂšre Ravaillac. Mais il ne laisse rien paraĂźtre et sa bonne grosse face demeure parfaitement hilare.
En sâĂ©loignant, ils croisent un personnage qui doit ĂȘtre quelque puissant seigneur, Ă en juger par sa mine hautaine et par la richesse du costume. Ce seigneur discute Ăąprement avec une digne matrone qui a toute lâapparence dâune petite bourgeoise.
En passant prĂšs du moine, le brillant seigneur Ă©bauche un geste furtif auquel le moine rĂ©pond par un clignement dâyeux.
Ni la vénérable matrone ni Ravaillac ne remarquent cet échange de signaux mystérieux.
Le grand seigneur et la bourgeoise continuent leur chemin et viennent sâarrĂȘter devant le perron de la petite maison de la jeune fille. Ils continuent Ă discuter avec animation et ni lâun ni lâautre ne font attention Ă une ombre blottie dans une encoignure, laquelle, bien quâils parlent Ă voix basse, ne perd pas un mot de leur entretien.
Le jeune cavalier était resté accoudé à sa lucarne.
Peut-ĂȘtre ressassait-il son bonheur. Peut-ĂȘtre attendait-il patiemment quâune heureuse fortune lui permĂźt dâapercevoir encore une fois un bout de ruban ou lâombre de la bien-aimĂ©e se profiler sur les vitraux⊠Les amoureux, on le sait, sont insatiables. Celui-ci, tout Ă ses rĂȘves, ne voyait rien en dehors du balcon oĂč elle lui Ă©tait apparue.
Sous ce balcon, cependant, leur discussion sans doute terminée, la matrone avait franchi les trois marches et mettait la clé dans la serrure.
Par hasard, les yeux de lâamoureux quittĂšrent un instant le bienheureux balcon et se portĂšrent dans la rue. Alors, un cri de colĂšre lui Ă©chappa, Ă la vue du seigneur qui nâavait pas bougĂ© :
â Encore ce ruffian maudit de Fouquet !âŠ
Il se pencha Ă faire croire quâil allait se prĂ©cipiter tĂȘte premiĂšre. Et il grinçait :
â Que fait-il lĂ , devant sa porte ?⊠Qui appelle-t-il ainsi ?âŠ
En effet, Ă ce moment, celui que notre amoureux venait de nommer Fouquet appelait la matrone qui se disposait Ă entrer dans la maison. Elle redescendit une marche et tendit la main. Geste dâadieu ?⊠MarchĂ© conclu ?⊠Arrhes donnĂ©es ?⊠Câest ce que lâamoureux nâaurait pu dire. Il lui sembla bien entrevoir une bourse⊠Mais le geste avait Ă©tĂ© si rapide, si subtil lâescamotage !⊠En tout cas, il connaissait la matrone, car en se retirant prĂ©cipitamment de la fenĂȘtre, il Ă©tait blĂȘme et il bredouillait :
â Dame Colline Colle !⊠Ah ! par tous les dĂ©mons de lâenfer, je veux savoir !⊠Malheur au damnĂ© Fouquet !âŠ
Et il se rua en trombe dans lâescalier.
Ă cet instant prĂ©cis, trois braves sâarrĂȘtaient devant sa porte. Ils avaient des allures de tranche-montagne, avec des rapiĂšres formidables qui leur battaient les talons. Ă les voir, on devinait des diables Ă quatre, ne redoutant rien ni personne. Et cependant ils restaient indĂ©cis devant la porte, nâosant soulever le marteau.
â Eh vĂ© ! dit lâun avec un accent provençal, vas-y toi, Gringaille⊠Tu es Parisien, tu parles bienâŠ
â Voire ! rĂ©pondit lâinterpellĂ©. Tu nâas pas non plus ta langue dans ta poche, toi, Escargasse⊠Mâest avis cependant que Carcagne me paraĂźt ĂȘtre celui de nous trois qui a le plus de chance de sâen tirer avec honneur⊠Il a des maniĂšres si avenantes, si polies !âŠ
Lâhomme aux maniĂšres polies dit Ă son tour :
â Vous ĂȘtes encore de singuliers bĂ©lĂźtres de me vouloir exposer seul Ă la colĂšre du chef⊠Savez-vous pas, mauvais garçons que vous ĂȘtes, quâil nous a formellement interdit de nous prĂ©senter chez lui sans son assentiment ?⊠Pensez-vous que je me soucie de me faire jeter par la fenĂȘtre uniquement pour prĂ©server vos chiennes de carcasses ?âŠ
â Il faut cependant lui faire savoir que le signor Concini dĂ©sire le voir aujourdâhui mĂȘme.
â Que la peste lâĂ©trangle, celui-lĂ ! Il avait bien besoin de nous charger dâune commission pareille !
â VĂ© ! allons-y ensemble.
â Au moins nous serons trois Ă recevoir lâaverse.
â Ce sera moins dur.
Ayant ainsi tourné la difficulté, ils se prirent par le bras et allongÚrent la main vers le marteau.
La porte sâouvrit brusquement, quelque chose comme un ouragan fondit sur eux, les sĂ©para brutalement, les envoya rouler Ă droite et Ă gauche. CâĂ©tait lâamoureux, qui se mit Ă remonter la rue en courant.
â Câest le chef ! sâĂ©cria Escargasse. Jâai reconnu sa maniĂšre de nous dire bonjour.
Et il se tenait la mùchoire ébranlée par un maßtre coup de poing.
â Malheur ! gĂ©mit Gringaille en se relevant pĂ©niblement, je crois quâil mâa dĂ©foncĂ© une cĂŽte.
â OĂč court-il ainsi ? dit Carcagne qui nâavait reçu quâune bourrade sans consĂ©quence.
Chose curieuse, ils ne paraissaient ni Ă©tonnĂ©s ni mortifiĂ©s. Ils Ă©taient dressĂ©s sans doute. Sans sâattarder plus longtemps, tous trois, ensemble :
â Suivons-le !âŠ
Et ils se lancĂšrent Ă la poursuite de celui quâils appelaient « le chef » et quâils paraissaient tant redouter.
Celui-ci, trompĂ© par une vague similitude de costume et de dĂ©marche, sâĂ©tait lancĂ© dans la direction de la Croix-du-Trahoir situĂ©e au bout de la rue. Il allait droit devant lui, comme un furieux, bousculant et renversant tout ce qui lui faisait obstacle, sans se soucier des protestations et des malĂ©dictions soulevĂ©es sur son passage.
Il avait ainsi parcouru une cinquantaine de toises lorsquâil heurta violemment un gentilhomme qui cheminait devant lui. Il continua dâavancer sans se retourner, sans un mot dâexcuse. Mais, cette fois-ci, il Ă©tait tombĂ© sur quelquâun qui nâĂ©tait pas dâhumeur Ă se laisser malmener :
â HolĂ !⊠HĂ© !⊠monsieur lâhomme pressĂ© ! sâĂ©cria le gentilhomme.
Lâamoureux ne tourna pas la tĂȘte. Peut-ĂȘtre nâavait-il pas entendu.
Tout Ă coup, une poigne sâabattit sur son Ă©paule. Sans se retourner, confiant en sa force, il se secoua comme un jeune sanglier, pensant faire lĂącher prise au gĂȘneur. Mais le gĂȘneur ne cĂ©da pas. Au contraire, son Ă©treinte se resserra, se fit plus puissante. Sous la poigne de fer qui le maĂźtrisait, lâamoureux fut contraint de sâarrĂȘter. Il se retourna en grinçant.
Il se vit en prĂ©sence dâun gentilhomme de haute mine qui pouvait avoir une soixantaine dâannĂ©es, mais nâen paraissait pas cinquante. En tout cas, ce gentilhomme Ă©tait douĂ© dâune force prodigieuse, puisquâil avait pu, dâune seule main, paralyser, sans effort apparent, la rĂ©sistance de notre amoureux.
Face à face, les deux hommes se regardÚrent dans les yeux un inappréciable instant.
La stupeur, la honte, lâadmiration, la fureur, le dĂ©sespoir, tous ces sentiments passĂšrent sur le visage expressif du jeune homme.
Le gentilhomme, trĂšs calme, sans colĂšre, le regardait dâun air froid. Il faut croire que ce gentilhomme nâĂ©tait pas le premier venu. Comme si cette jeune physionomie quâil considĂ©rait avait Ă©tĂ© un livre ouvert dans lequel il lisait couramment, une expression de pitiĂ© adoucit son Ćil fixe jusque-lĂ et, lĂąchant le bouillant amoureux, il lui dit avec une douceur qui nâexcluait pas une certaine hauteur :
â Je vois, monsieur, que si je vous laisse aller, ma susceptibilitĂ© va ĂȘtre cause de quelque irrĂ©parable malheur.
« Il me convient dâoublier la brusquerie de vos maniĂšres. Allez, jeune homme, pour cette fois-ci le chevalier de Pardaillan oubliera votre incivilitĂ©. »
Lâamoureux eut un sursaut violent, ses yeux sâinjectĂšrent, sa main se crispa sur la poignĂ©e de sa rapiĂšre comme sâil eĂ»t voulu dĂ©gainer Ă lâinstant mĂȘme. Mais il nâacheva pas le geste et, secouant la tĂȘte, pour lui-mĂȘme, il expliqua :
â Non !⊠Je nâai pas un instant Ă perdre !âŠ
Et se rapprochant du chevalier de Pardaillan jusquâĂ le toucher, les yeux dans les yeux, il gronda :
â Vous voulez bien me pardonner !⊠Et moi qui ne suis pas chevalier, moi Jehan quâon appelle le Brave, je ne vous pardonnerai jamais lâhumiliation que vous venez de mâinfliger⊠Je vous tuerai, monsieur !⊠Allez, profitez des quelques heures qui vous restent Ă vivre. Demain matin, Ă neuf heures, je vous attendrai derriĂšre le mur des Chartreux⊠Et sâil vous convenait dâoublier le rendez-vous quâil vous donne, sachez que Jehan le Brave saura vous retrouver, fussiez-vous au plus profond des enfers !
Et il repartit comme un fauve déchaßné.
Le chevalier de Pardaillan fit un mouvement en avant comme pour le saisir Ă nouveau. Puis il sâarrĂȘta, haussa les Ă©paules avec insouciance et sâĂ©loigna paisiblement en sifflotant un air du temps de Charles IX.
Chapitre 2
Pendant que Jehan le Brave â Ă dĂ©faut de nom, laissons-lui ce fier prĂ©nom â pendant que lâimpĂ©tueux amoureux, disons-nous, le cherchait du cĂŽtĂ© de la Croix-du-Trahoir, Fouquet Ă©tait redescendu vers la rue Saint-HonorĂ©.
Il passa sans sâarrĂȘter auprĂšs du moine Parfait Goulard, Ă qui il fit un signe imperceptible, et continua son chemin dans la direction du Louvre.
à peine était-il passé que le moine, poussant du coude son compagnon, lui glissa :
â Voyez-vous ce seigneur⊠lĂ , devant nous⊠Câest Fouquet, marquis de La Varenne, entremetteur, Premier ministre des plaisirs de Sa MajestĂ© !
Et le moine Ă©clata dâun gros rire Ă©grillard, tandis quâune lueur fugitive sâallumait dans lâĆil de Ravaillac. Tout Ă coup, le moine se frappa le front :
â Mais nous lâavons dĂ©jĂ croisĂ© tout Ă lâheure !⊠Il Ă©tait avec⊠attendez donc !⊠jây suis !⊠avec dame Colline Colle, la propriĂ©taire de cette petite maison devant laquelle je vous ai rencontrĂ©, prĂ©cisĂ©ment⊠Par saint Parfait, mon vĂ©nĂ©rĂ© patron, je devine la manigance !⊠Dame Colline Colle a pour unique locataire une jeune fille⊠un ange de beautĂ©, de candeur et de pureté⊠Je gage que le marquis a soudoyĂ© lâhonnĂȘte matrone⊠Eh ! eh !⊠ce soir peut-ĂȘtre, notre bon sire le roi passera par lĂ âŠ, et demain peut-ĂȘtre aurons-nous une nouvelle favorite !âŠ
Lâombre qui avait Ă©coutĂ© la conversation de Fouquet de La Varenne avec dame Colline Colle sortit de son trou lorsque le marquis se fut Ă©loignĂ©.
CâĂ©tait un homme dans la force de lâĂąge. Les tempes grisonnantes, plutĂŽt grand, sec, merveilleusement musclĂ©, avec ces mouvements souples, aisĂ©s, que donne la pratique rĂ©guliĂšre de tous les exercices violents. Physionomie rude que nâadoucissait pas lâĂ©clat de deux yeux de braise.
Lâhomme resta un moment mĂ©ditatif, les yeux fixĂ©s sur la lucarne de Jehan le Brave, et lorsque le jeune homme passa comme une rafale, il le suivit longtemps dâun regard Ă©trange, terrible, un sourire Ă©nigmatique aux lĂšvres, puis il se dirigea dâun pas assurĂ© vers la rue Saint-HonorĂ© et pĂ©nĂ©tra dans une maison de fort belle apparenceâŠ
Cette maison câĂ©tait le logis de ConciniâŠ
Lâhomme resta lĂ une demi-heure environ puis ressortit et se dirigea Ă nouveau, en flĂąneur, vers la rue de lâArbre-Sec. Il allait le nez au vent, sans but prĂ©cis, en apparence du moins. Tout Ă coup, son Ćil se posa, avec cette mĂȘme expression Ă©trange que nous avons signalĂ©e, sur Jehan le Brave qui paraissait chercher quelquâun, Ă en juger par lâattention avec laquelle il dĂ©visageait les passants. Lâhomme sâapprocha doucement et posa la main sur lâĂ©paule du jeune homme qui se retourna tout dâune piĂšce. En reconnaissant Ă qui il avait affaire, il eut un geste de dĂ©ception. NĂ©anmoins sa physionomie sâadoucit dâun vague sourire, et il dit :
â Ah ! ...
Table of contents
- Titre
- Partie 1
- Partie 2
- Notes de bas de page
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