Le plus célebre de ses romans. Sur fond d'abandon de la terre par ses propriétaires aristocratiques, les enfants d'un métayer sont attirés par la ville et meme l'émigration. Ou il se joue deux passions: celle, malheureuse, de l'infirme Mathurin Lumineau, et l'amour combattu et vainqueur de Rousille et Jean Nesmy, qui verra alors le renouveau de la Terre. Puissante évocation de ce qui était alors Terre incognita: le Marais Vendéen.
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La Terre qui meurt
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LiteratureChapitre 1 LA FROMENTIĂRE
â Vas-tu te taire, Bas-Rouge ! tu reconnais donc pas les gens dâici ?
Le chien, un bĂątard de vingt races mĂȘlĂ©es, au poil gris floconneux qui sâachevait en mĂšches fauves sur le devant des pattes, cessa aussitĂŽt dâaboyer Ă la barriĂšre, suivit en trottant la bordure dâherbe qui cernait le champ, et, satisfait du devoir accompli, sâassit Ă lâextrĂ©mitĂ© de la rangĂ©e de choux quâeffeuillait le mĂ©tayer. Par le mĂȘme chemin, un homme sâapprochait, la tĂȘte au vent, guĂȘtrĂ©, vĂȘtu de vieux velours Ă cĂŽtes de teinte foncĂ©e. Il avait lâallure Ă©gale et directe des marcheurs de profession. Ses traits tirĂ©s et pĂąles dans le collier de barbe noire, ses yeux qui faisaient par habitude le tour des haies et ne se posaient guĂšre, disaient la fatigue, la dĂ©fiance, lâautoritĂ© contestĂ©e dâun dĂ©lĂ©guĂ© du maĂźtre. CâĂ©tait le garde rĂ©gisseur du marquis de la FromentiĂšre. Il sâarrĂȘta derriĂšre Bas-Rouge, dont les paupiĂšres eurent un clignement furtif, dont lâoreille ne remua mĂȘme pas.
â Eh ! bonjour, Lumineau !
â Bonjour !
â Jâai Ă vous parler : M. le marquis a Ă©crit.
Sans doute il espĂ©rait que le mĂ©tayer viendrait Ă lui. Il nâen fut rien. Le paysan maraĂźchin, ployĂ© en deux, tenant une brassĂ©e de feuilles vertes, considĂ©rait de cĂŽtĂ© le garde immobile Ă trente pas de lĂ , dans lâherbe de la cheintre[1]. Que lui voulait-on ? Sur ses joues pleines un sourire sâĂ©baucha. Ses yeux clairs, dans lâenfoncement de lâorbite, sâallongĂšrent. Pour affirmer son indĂ©pendance, il se remit Ă travailler un moment, sans rĂ©pondre. Il se sentait sur le sol quâil considĂ©rait comme son bien, que sa race cultivait en vertu dâun contrat indĂ©finiment renouvelĂ©. Autour de lui, ses choux formaient un carrĂ© immense, houles pesantes et superbes, dont la couleur Ă©tait faite de tous les verts, de tous les bleus, de tous les violets ensemble et des reflets que multipliait le soleil dĂ©clinant. Bien quâil fĂ»t de trĂšs haute taille, le mĂ©tayer plongeait comme un navire, jusquâĂ mi-corps, dans cette mer compacte et vivante. On ne voyait au-dessus que sa veste courte et son chapeau de feutre rond, posĂ© en arriĂšre, dâoĂč pendaient deux rubans de velours, Ă la mode du pays. Et quand il eut marquĂ© par un temps de silence et de labeur, la supĂ©rioritĂ© dâun chef de ferme sur un employĂ© Ă gages, il se redressa, et dit :
â Vous pouvez causer : nây a ici que mon chien et moi.
Lâhomme rĂ©pondit avec humeur :
â M. le marquis nâest pas content que vous nâayez pas payĂ© Ă la Saint-Jean. Ăa fait bientĂŽt trois mois de retard !
â Il sait pourtant que jâai perdu deux bĆufs cette annĂ©e ; que le froment ne vaut sou, et quâil faut bien quâon vive, moi, mes fils et les crĂ©atures ?
Par « les crĂ©atures », il dĂ©signait, comme font souvent les MaraĂźchins, ses deux filles, ĂlĂ©onore et Marie-Rose.
â Ta, ta, ta, reprit le garde ; ce nâest pas des explications que vous demande M. le marquis, mon bonhomme : câest de lâargent.
Le métayer leva les épaules :
â Il nâen demanderait pas, sâil Ă©tait lĂ , dans sa FromentiĂšre. Je lui ferais entendre raison. Lui et moi nous Ă©tions amis, je peux dire, et son pĂšre avec le mien. Je lui montrerais le changement qui sâest produit chez moi, depuis les temps. Il comprendrait. Mais voilĂ : on nâa plus affaire quâĂ des gens qui ne sont pas les maĂźtres. On ne le voit plus, lui, et dâaucuns disent quâon ne le reverra jamais. Le dommage est grand pour nous.
â Possible, fit lâautre, mais je nâai pas Ă discuter les ordres. Quand payerez-vous ?
â Câest vite demandĂ© : quand payerez-vous ? mais trouver lâargent, câest autre chose.
â Alors, je rĂ©pondrai non ?
â Vous rĂ©pondrez oui, puisquâil le faut. Je payerai Ă la Saint-Michel, qui nâest pas loin.
Le métayer allait se baisser pour reprendre son travail, quand le garde ajouta :
â Vous ferez bien aussi, Lumineau, de surveiller votre valet. Jâai relevĂ© lâautre jour, dans la piĂšce de la Cailleterie, des collets qui ne pouvaient ĂȘtre que de lui.
â Est-ce quâil avait Ă©crit son nom dessus ?
â Non ; mais il est connu pour le plus enragĂ© chasseur du pays. Gare Ă vous ! M. le marquis mâa Ă©crit que toute la maison partirait, si je vous reprenais, les uns ou les autres, Ă braconner.
Le paysan laissa tomber sa brassée de choux, et, tendant les deux poings :
â Menteur, il nâa pas pu dire ça ! Je le connais mieux que vous, et il me connaĂźt. Et ce nâest pas Ă des gars de votre espĂšce quâil donnerait des commissions pareilles ! M. le marquis me renverrait de chez lui, moi, son vieux Lumineau ! Allons donc !
â Parfaitement, il lâa Ă©crit.
â Menteur ! rĂ©pĂ©ta le paysan.
â Que voulez-vous, on verra bien, dit le rĂ©gisseur en se dĂ©tournant pour continuer son chemin. Vous ĂȘtes averti. Ce Jean Nesmy vous jouera un vilain tour. Sans compter quâil courtise un peu trop votre fille, lui, un failli gars du Bocage. On en cause, vous savez !
Rouge, la poitrine tendue en avant, enfonçant dâun coup de poing son chapeau sur sa tĂȘte, le mĂ©tayer fit trois pas, comme pour courir sus Ă lâhomme qui lâinsultait. Mais dĂ©jĂ celui-ci, appuyĂ© sur son bĂąton dâĂ©pine, avait repris sa marche, et son profil ennuyĂ© sâĂ©loignait le long de la haie. Il avait une certaine crainte de ce grand vieux dont la force Ă©tait encore redoutable ; il avait surtout le sentiment de lâinsuccĂšs de ses menaces, le souvenir dâavoir Ă©tĂ© dĂ©savouĂ©, plusieurs fois dĂ©jĂ , par le marquis de la FromentiĂšre, le maĂźtre commun, dont il ne sâexpliquait pas lâindulgence envers la famille des Lumineau.
Le paysan sâarrĂȘta donc, et suivit du regard la silhouette diminuante du garde. Il le vit passer lâĂ©chalier, du cĂŽtĂ© opposĂ© Ă la barriĂšre, sauter dans le chemin et disparaĂźtre Ă gauche de la ferme, dans les sentes vertes qui menaient au chĂąteau.
Quand il lâeut perdu de vue :
â Non, reprit-il tout haut, non, le marquis nâa pas dit ça ! nous chasser !
En ce moment, il oubliait les mauvais propos que lâhomme avait tenus contre Marie-Rose, la fille cadette, pour ne songer quâĂ cette menace de renvoi, qui le troublait tout entier. Lentement, il promena autour de lui ses yeux devenus plus rudes que de coutume, comme pour prendre Ă tĂ©moin les choses familiĂšres que le garde avait menti. Puis il se baissa pour travailler.
Le soleil Ă©tait dĂ©jĂ trĂšs penchĂ©. Il allait atteindre la ligne dâormeaux qui bordait le champ vers lâouest, tiges Ă©mondĂ©es, courbĂ©es par le vent de mer, terminĂ©es par une touffe de feuilles en couronne, qui les faisait ressembler Ă de grandes reines-marguerites. On Ă©tait au commencement de septembre, Ă cette heure du soir oĂč des bouffĂ©es de chaleur traversent le frais nocturne qui descend. Le mĂ©tayer travaillait vite et sans arrĂȘt, comme un homme jeune. Il Ă©tendait la main, et les feuilles, avec un bruit de verre brisĂ©, cassaient au ras des troncs de choux, et sâamoncelaient sous la voĂ»te obscure qui couvrait les sillons. Il Ă©tait plongĂ© dans cette ombre, dâoĂč montait lâhaleine moite de la terre, perdu au milieu de ces larges palmes veloutĂ©es, toutes molles de chaleur, que soutenaient des nervures striĂ©es de pourpre. En vĂ©ritĂ©, il faisait partie de cette vĂ©gĂ©tation, et il eĂ»t fallu chercher, pour discerner le dos de sa veste dans le moutonnement vert et bleu de son champ. Il disparaissait presque. Cependant, si prĂšs quâil fĂ»t du sol par son corps tout ployĂ©, il avait une Ăąme agissante et songeuse, et, en travaillant, il continuait de raisonner sur les choses de la vie. Lâirritation quâil avait ressentie des menaces du garde sâattĂ©nuait. Il nâavait quâĂ se souvenir, pour ne rien craindre du marquis de la FromentiĂšre. NâĂ©taient-ils pas tous deux de noblesse, et ne le savaient-ils pas lâun et lâautre ? Car le mĂ©tayer descendait dâun Lumineau de la grande guerre. Et, bien quâil ne parlĂąt jamais de ces aventures anciennes, Ă cause des temps qui avaient changĂ©, ni les nobles ni les paysans nâignoraient que lâaĂŻeul, un gĂ©ant surnommĂ© Brin-dâAmour, avait conduit jadis dans sa yole[2], Ă travers les marais de VendĂ©e, les gĂ©nĂ©raux de lâinsurrection, et fait des coups dâĂ©clat, et reçu un sabre dâhonneur, quâĂ prĂ©sent la rouille rongeait, derriĂšre une armoire de la ferme. Sa famille Ă©tait une des plus profondĂ©ment enracinĂ©es dans le pays. Il cousinait avec trente fermes, rĂ©pandues dans le territoire qui sâĂ©tend de Saint-Gilles Ă lâĂźle de Bouin et qui forme le Marais. Ni lui, ni personne nâaurait pu dire Ă quelle Ă©poque ses pĂšres avaient commencĂ© Ă cultiver les champs de la FromentiĂšre. On Ă©tait lĂ sur parole, depuis des siĂšcles, marquis dâun cĂŽtĂ©, Lumineau de lâautre, liĂ©s par lâhabitude, comprenant la campagne et lâaimant de la mĂȘme façon, buvant ensemble le vin du terroir quand on se rencontrait, nâayant ni les uns ni les autres, la pensĂ©e quâon pĂ»t quitter les deux maisons voisines, le chĂąteau et la ferme, qui portaient le mĂȘme nom. Et certes, lâĂ©tonnement avait Ă©tĂ© grand, lorsque le dernier marquis, M. Henri, un homme de quarante ans, plus chasseur, plus buveur, plus rustre quâaucun de ses ancĂȘtres, avait dit Ă Toussaint Lumineau, voilĂ huit ans, un matin de NoĂ«l quâil tombait du grĂ©sil : « Mon Toussaint, je mâen vas habiter Paris, ma femme ne peut pas sâhabituer ici. Câest trop triste pour elle, et trop froid. Mais ne te mets en peine ; sois tranquille : je reviendrai. » Il nâĂ©tait plus revenu quâĂ de rares occasions, pour une journĂ©e ou deux. Mais il nâavait pas oubliĂ© le passĂ©, nâest-ce pas ? Il Ă©tait demeurĂ© le maĂźtre bourru et serviable quâon avait connu, et le garde mentait, en parlant de renvoi.
Non, plus Toussaint Lumineau rĂ©flĂ©chissait, moins il croyait quâun maĂźtre si riche, si volontiers prodigue, si bon homme au fond, eĂ»t pu Ă©crire des mots pareils. Seulement, il faudrait payer. Eh bien, on payerait ! Le mĂ©tayer nâavait pas deux cents francs dâargent comptant dans le coffre de noyer, prĂšs de son lit ; mais les enfants Ă©taient riches de plus de deux mille francs chacun, quâils avaient hĂ©ritĂ©s de leur mĂšre, la Luminette, morte voilĂ trois ans. Il demanderait donc Ă François, le fils cadet, de lui prĂȘter ce quâil fallait pour le maĂźtre. François nâĂ©tait point un enfant sans cĆur, assurĂ©ment, et il ne laisserait pas le pĂšre dans lâembarras. Une fois de plus, lâincertitude du lendemain sâĂ©vanouirait, et les rĂ©coltes viendraient, une belle annĂ©e, qui rĂ©tabliraient la joie dans le cĆur de tous.
Las de demeurer courbĂ©, le mĂ©tayer se redressa, passa sur son visage en sueur le bord de sa manche de laine, puis regarda le toit de sa FromentiĂšre, avec lâattention de ceux qui ont tout leur amour devant eux. Pour sâessuyer le front, il avait ĂŽtĂ© son chapeau. Dans le rayon oblique qui dĂ©jĂ ne touchait plus les herbes ni les choux, dans la lumiĂšre affaiblie et apaisĂ©e comme une vieillesse heureuse, il levait son visage ferme de lignes et solidement taillĂ©. Son teint nâĂ©tait point terreux comme celui des paysans parcimonieux de certaines provinces, mais Ă©clatant et nourri. Les joues pleines que bordait une Ă©troite ligne de favoris, le nez droit et large du bas, la mĂąchoire carrĂ©e, tout le masque enfin, et aussi les yeux gris clair, les yeux vifs qui nâhĂ©sitaient jamais Ă regarder en face, disaient la santĂ©, la force, et lâhabitude du commandement, tandis que les lĂšvres tombantes, longues, fines malgrĂ© le hĂąle, laissaient deviner la parole facile et lâhumeur un peu haute dâun homme du Marais, qui nâestime guĂšre tout ce qui nâest point de chez lui. Les cheveux tout blancs, incultes, lĂ©gers, formaient bourrelet, et luisaient au-dessus de lâoreille.
Ainsi dĂ©couvert et immobile dans le jour finissant, il avait grand air, le mĂ©tayer de la FromentiĂšre, et lâon comprenait le surnom, la « seigneurie » comme ils disent, dont on usait pour lui. On lâappelait Lumineau lâĂvĂȘque, pour le distinguer des autres du mĂȘme nom : Lumineau le Pauvre, Lumineau Barbe-Fine, Lumineau Tournevire.
Il considĂ©rait de loin sa FromentiĂšre. Entre les troncs des ormes, Ă plusieurs centaines de mĂštres au sud, le rose lavĂ© et pĂąle des tuiles sâencadrait en Ă©maux irrĂ©guliers. Le vent apportait le mugissement du bĂ©tail qui rentrait, lâodeur des Ă©tables, celle de la camomille et des fenouils qui foisonnaient dans lâaire. Toute lâimage de sa ferme se levait pour moins que cela dans lâĂąme du mĂ©tayer. En voyant la lueur derniĂšre de son toit dans le couchant du jour, il nomma les deux fils et les deux filles quâabritait la maison. Mathurin, François, ĂlĂ©onore, Marie-Rose, lourde charge, Ă©preuve et douceur mĂȘlĂ©es de sa vie : lâaĂźnĂ©, son superbe aĂźnĂ©, atteint par le malheur, infirme, condamnĂ© Ă nâĂȘtre que le tĂ©moin douloureux du travail des autres. ĂlĂ©onore, qui remplaçait la mĂšre morte ; François, nature molle, en qui nâapparaissait quâincertain et incomplet le futur maĂźtre de la ferme ; Rousille, la plus jeune, la petite de vingt ans⊠Est-ce que le garde avait encore fait une menterie en parlant des assiduitĂ©s du valet ? CâĂ©tait probable. Comment un valet, le fils dâune pauvre veuve du Bocage, de la terre lourde de lĂ -bas, aurait-il osĂ© courtiser la fille dâun mĂ©tayer maraĂźchin ? De lâamitiĂ©, il pouvait en avoir, et du respect pour cette jolie fille dont on remarquait le visage rose, oui, lorsquâelle revenait, le dimanche, de la messe de Sallertaine ; mais autre chose ?⊠Enfin, on veillerait⊠Toussaint Lumineau ne pensa quâun instant Ă cette mauvaise parole que lâhomme avait dite, et, tout de suite aprĂšs, il songea, avec une douceur et un apaisement de cĆur, Ă lâunique absent, au fils qui par la naissance prĂ©cĂ©dait Rousille, A...
Table of contents
- Titre
- Chapitre 1 - LA FROMENTIĂRE
- Chapitre 2 - LE VERGER CLOS
- Chapitre 3 - CHEZ LES MICHELONNE
- Chapitre 4 - LE PREMIER LABOUR DE SEPTEMBRE
- Chapitre 5 - LâAPPEL AU MAĂTRE
- Chapitre 6 - LE RETOUR DE DRIOT
- Chapitre 7 - SUR LA PLACE DE LâĂGLISE
- Chapitre 8 - LES CONSCRITS DE SALLERTAINE
- Chapitre 9 - LA VIGNE ARRACHĂE
- Chapitre 10 - LA VEILLĂE DE LA SEULIĂRE
- Chapitre 11 - LE SONGE DâAMOUR DE ROUSILLE
- Chapitre 12 - LâENCAN
- Chapitre 13 - CEUX DE LA VILLE
- Chapitre 14 - LâĂMIGRANT
- Chapitre 15 - LE COMMANDEMENT DU PĂRE
- Chapitre 16 - LA NUIT DE FĂVRIER
- Chapitre 17 - LE RENOUVEAU
- Notes de bas de page
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