La Terre qui meurt
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La Terre qui meurt

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Le plus célebre de ses romans. Sur fond d'abandon de la terre par ses propriétaires aristocratiques, les enfants d'un métayer sont attirés par la ville et meme l'émigration. Ou il se joue deux passions: celle, malheureuse, de l'infirme Mathurin Lumineau, et l'amour combattu et vainqueur de Rousille et Jean Nesmy, qui verra alors le renouveau de la Terre. Puissante évocation de ce qui était alors Terre incognita: le Marais Vendéen.

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Information

Publisher
Booklassic
eBook ISBN
9789635259113

Chapitre 1 LA FROMENTIÈRE

– Vas-tu te taire, Bas-Rouge ! tu reconnais donc pas les gens d’ici ?
Le chien, un bĂątard de vingt races mĂȘlĂ©es, au poil gris floconneux qui s’achevait en mĂšches fauves sur le devant des pattes, cessa aussitĂŽt d’aboyer Ă  la barriĂšre, suivit en trottant la bordure d’herbe qui cernait le champ, et, satisfait du devoir accompli, s’assit Ă  l’extrĂ©mitĂ© de la rangĂ©e de choux qu’effeuillait le mĂ©tayer. Par le mĂȘme chemin, un homme s’approchait, la tĂȘte au vent, guĂȘtrĂ©, vĂȘtu de vieux velours Ă  cĂŽtes de teinte foncĂ©e. Il avait l’allure Ă©gale et directe des marcheurs de profession. Ses traits tirĂ©s et pĂąles dans le collier de barbe noire, ses yeux qui faisaient par habitude le tour des haies et ne se posaient guĂšre, disaient la fatigue, la dĂ©fiance, l’autoritĂ© contestĂ©e d’un dĂ©lĂ©guĂ© du maĂźtre. C’était le garde rĂ©gisseur du marquis de la FromentiĂšre. Il s’arrĂȘta derriĂšre Bas-Rouge, dont les paupiĂšres eurent un clignement furtif, dont l’oreille ne remua mĂȘme pas.
– Eh ! bonjour, Lumineau !
– Bonjour !
– J’ai Ă  vous parler : M. le marquis a Ă©crit.
Sans doute il espĂ©rait que le mĂ©tayer viendrait Ă  lui. Il n’en fut rien. Le paysan maraĂźchin, ployĂ© en deux, tenant une brassĂ©e de feuilles vertes, considĂ©rait de cĂŽtĂ© le garde immobile Ă  trente pas de lĂ , dans l’herbe de la cheintre[1]. Que lui voulait-on ? Sur ses joues pleines un sourire s’ébaucha. Ses yeux clairs, dans l’enfoncement de l’orbite, s’allongĂšrent. Pour affirmer son indĂ©pendance, il se remit Ă  travailler un moment, sans rĂ©pondre. Il se sentait sur le sol qu’il considĂ©rait comme son bien, que sa race cultivait en vertu d’un contrat indĂ©finiment renouvelĂ©. Autour de lui, ses choux formaient un carrĂ© immense, houles pesantes et superbes, dont la couleur Ă©tait faite de tous les verts, de tous les bleus, de tous les violets ensemble et des reflets que multipliait le soleil dĂ©clinant. Bien qu’il fĂ»t de trĂšs haute taille, le mĂ©tayer plongeait comme un navire, jusqu’à mi-corps, dans cette mer compacte et vivante. On ne voyait au-dessus que sa veste courte et son chapeau de feutre rond, posĂ© en arriĂšre, d’oĂč pendaient deux rubans de velours, Ă  la mode du pays. Et quand il eut marquĂ© par un temps de silence et de labeur, la supĂ©rioritĂ© d’un chef de ferme sur un employĂ© Ă  gages, il se redressa, et dit :
– Vous pouvez causer : n’y a ici que mon chien et moi.
L’homme rĂ©pondit avec humeur :
– M. le marquis n’est pas content que vous n’ayez pas payĂ© Ă  la Saint-Jean. Ça fait bientĂŽt trois mois de retard !
– Il sait pourtant que j’ai perdu deux bƓufs cette annĂ©e ; que le froment ne vaut sou, et qu’il faut bien qu’on vive, moi, mes fils et les crĂ©atures ?
Par « les crĂ©atures », il dĂ©signait, comme font souvent les MaraĂźchins, ses deux filles, ÉlĂ©onore et Marie-Rose.
– Ta, ta, ta, reprit le garde ; ce n’est pas des explications que vous demande M. le marquis, mon bonhomme : c’est de l’argent.
Le métayer leva les épaules :
– Il n’en demanderait pas, s’il Ă©tait lĂ , dans sa FromentiĂšre. Je lui ferais entendre raison. Lui et moi nous Ă©tions amis, je peux dire, et son pĂšre avec le mien. Je lui montrerais le changement qui s’est produit chez moi, depuis les temps. Il comprendrait. Mais voilĂ  : on n’a plus affaire qu’à des gens qui ne sont pas les maĂźtres. On ne le voit plus, lui, et d’aucuns disent qu’on ne le reverra jamais. Le dommage est grand pour nous.
– Possible, fit l’autre, mais je n’ai pas à discuter les ordres. Quand payerez-vous ?
– C’est vite demandĂ© : quand payerez-vous ? mais trouver l’argent, c’est autre chose.
– Alors, je rĂ©pondrai non ?
– Vous rĂ©pondrez oui, puisqu’il le faut. Je payerai Ă  la Saint-Michel, qui n’est pas loin.
Le métayer allait se baisser pour reprendre son travail, quand le garde ajouta :
– Vous ferez bien aussi, Lumineau, de surveiller votre valet. J’ai relevĂ© l’autre jour, dans la piĂšce de la Cailleterie, des collets qui ne pouvaient ĂȘtre que de lui.
– Est-ce qu’il avait Ă©crit son nom dessus ?
– Non ; mais il est connu pour le plus enragĂ© chasseur du pays. Gare Ă  vous ! M. le marquis m’a Ă©crit que toute la maison partirait, si je vous reprenais, les uns ou les autres, Ă  braconner.
Le paysan laissa tomber sa brassée de choux, et, tendant les deux poings :
– Menteur, il n’a pas pu dire ça ! Je le connais mieux que vous, et il me connaüt. Et ce n’est pas à des gars de votre espùce qu’il donnerait des commissions pareilles ! M. le marquis me renverrait de chez lui, moi, son vieux Lumineau ! Allons donc !
– Parfaitement, il l’a Ă©crit.
– Menteur ! rĂ©pĂ©ta le paysan.
– Que voulez-vous, on verra bien, dit le rĂ©gisseur en se dĂ©tournant pour continuer son chemin. Vous ĂȘtes averti. Ce Jean Nesmy vous jouera un vilain tour. Sans compter qu’il courtise un peu trop votre fille, lui, un failli gars du Bocage. On en cause, vous savez !
Rouge, la poitrine tendue en avant, enfonçant d’un coup de poing son chapeau sur sa tĂȘte, le mĂ©tayer fit trois pas, comme pour courir sus Ă  l’homme qui l’insultait. Mais dĂ©jĂ  celui-ci, appuyĂ© sur son bĂąton d’épine, avait repris sa marche, et son profil ennuyĂ© s’éloignait le long de la haie. Il avait une certaine crainte de ce grand vieux dont la force Ă©tait encore redoutable ; il avait surtout le sentiment de l’insuccĂšs de ses menaces, le souvenir d’avoir Ă©tĂ© dĂ©savouĂ©, plusieurs fois dĂ©jĂ , par le marquis de la FromentiĂšre, le maĂźtre commun, dont il ne s’expliquait pas l’indulgence envers la famille des Lumineau.
Le paysan s’arrĂȘta donc, et suivit du regard la silhouette diminuante du garde. Il le vit passer l’échalier, du cĂŽtĂ© opposĂ© Ă  la barriĂšre, sauter dans le chemin et disparaĂźtre Ă  gauche de la ferme, dans les sentes vertes qui menaient au chĂąteau.
Quand il l’eut perdu de vue :
– Non, reprit-il tout haut, non, le marquis n’a pas dit ça ! nous chasser !
En ce moment, il oubliait les mauvais propos que l’homme avait tenus contre Marie-Rose, la fille cadette, pour ne songer qu’à cette menace de renvoi, qui le troublait tout entier. Lentement, il promena autour de lui ses yeux devenus plus rudes que de coutume, comme pour prendre Ă  tĂ©moin les choses familiĂšres que le garde avait menti. Puis il se baissa pour travailler.
Le soleil Ă©tait dĂ©jĂ  trĂšs penchĂ©. Il allait atteindre la ligne d’ormeaux qui bordait le champ vers l’ouest, tiges Ă©mondĂ©es, courbĂ©es par le vent de mer, terminĂ©es par une touffe de feuilles en couronne, qui les faisait ressembler Ă  de grandes reines-marguerites. On Ă©tait au commencement de septembre, Ă  cette heure du soir oĂč des bouffĂ©es de chaleur traversent le frais nocturne qui descend. Le mĂ©tayer travaillait vite et sans arrĂȘt, comme un homme jeune. Il Ă©tendait la main, et les feuilles, avec un bruit de verre brisĂ©, cassaient au ras des troncs de choux, et s’amoncelaient sous la voĂ»te obscure qui couvrait les sillons. Il Ă©tait plongĂ© dans cette ombre, d’oĂč montait l’haleine moite de la terre, perdu au milieu de ces larges palmes veloutĂ©es, toutes molles de chaleur, que soutenaient des nervures striĂ©es de pourpre. En vĂ©ritĂ©, il faisait partie de cette vĂ©gĂ©tation, et il eĂ»t fallu chercher, pour discerner le dos de sa veste dans le moutonnement vert et bleu de son champ. Il disparaissait presque. Cependant, si prĂšs qu’il fĂ»t du sol par son corps tout ployĂ©, il avait une Ăąme agissante et songeuse, et, en travaillant, il continuait de raisonner sur les choses de la vie. L’irritation qu’il avait ressentie des menaces du garde s’attĂ©nuait. Il n’avait qu’à se souvenir, pour ne rien craindre du marquis de la FromentiĂšre. N’étaient-ils pas tous deux de noblesse, et ne le savaient-ils pas l’un et l’autre ? Car le mĂ©tayer descendait d’un Lumineau de la grande guerre. Et, bien qu’il ne parlĂąt jamais de ces aventures anciennes, Ă  cause des temps qui avaient changĂ©, ni les nobles ni les paysans n’ignoraient que l’aĂŻeul, un gĂ©ant surnommĂ© Brin-d’Amour, avait conduit jadis dans sa yole[2], Ă  travers les marais de VendĂ©e, les gĂ©nĂ©raux de l’insurrection, et fait des coups d’éclat, et reçu un sabre d’honneur, qu’à prĂ©sent la rouille rongeait, derriĂšre une armoire de la ferme. Sa famille Ă©tait une des plus profondĂ©ment enracinĂ©es dans le pays. Il cousinait avec trente fermes, rĂ©pandues dans le territoire qui s’étend de Saint-Gilles Ă  l’üle de Bouin et qui forme le Marais. Ni lui, ni personne n’aurait pu dire Ă  quelle Ă©poque ses pĂšres avaient commencĂ© Ă  cultiver les champs de la FromentiĂšre. On Ă©tait lĂ  sur parole, depuis des siĂšcles, marquis d’un cĂŽtĂ©, Lumineau de l’autre, liĂ©s par l’habitude, comprenant la campagne et l’aimant de la mĂȘme façon, buvant ensemble le vin du terroir quand on se rencontrait, n’ayant ni les uns ni les autres, la pensĂ©e qu’on pĂ»t quitter les deux maisons voisines, le chĂąteau et la ferme, qui portaient le mĂȘme nom. Et certes, l’étonnement avait Ă©tĂ© grand, lorsque le dernier marquis, M. Henri, un homme de quarante ans, plus chasseur, plus buveur, plus rustre qu’aucun de ses ancĂȘtres, avait dit Ă  Toussaint Lumineau, voilĂ  huit ans, un matin de NoĂ«l qu’il tombait du grĂ©sil : « Mon Toussaint, je m’en vas habiter Paris, ma femme ne peut pas s’habituer ici. C’est trop triste pour elle, et trop froid. Mais ne te mets en peine ; sois tranquille : je reviendrai. » Il n’était plus revenu qu’à de rares occasions, pour une journĂ©e ou deux. Mais il n’avait pas oubliĂ© le passĂ©, n’est-ce pas ? Il Ă©tait demeurĂ© le maĂźtre bourru et serviable qu’on avait connu, et le garde mentait, en parlant de renvoi.
Non, plus Toussaint Lumineau rĂ©flĂ©chissait, moins il croyait qu’un maĂźtre si riche, si volontiers prodigue, si bon homme au fond, eĂ»t pu Ă©crire des mots pareils. Seulement, il faudrait payer. Eh bien, on payerait ! Le mĂ©tayer n’avait pas deux cents francs d’argent comptant dans le coffre de noyer, prĂšs de son lit ; mais les enfants Ă©taient riches de plus de deux mille francs chacun, qu’ils avaient hĂ©ritĂ©s de leur mĂšre, la Luminette, morte voilĂ  trois ans. Il demanderait donc Ă  François, le fils cadet, de lui prĂȘter ce qu’il fallait pour le maĂźtre. François n’était point un enfant sans cƓur, assurĂ©ment, et il ne laisserait pas le pĂšre dans l’embarras. Une fois de plus, l’incertitude du lendemain s’évanouirait, et les rĂ©coltes viendraient, une belle annĂ©e, qui rĂ©tabliraient la joie dans le cƓur de tous.
Las de demeurer courbĂ©, le mĂ©tayer se redressa, passa sur son visage en sueur le bord de sa manche de laine, puis regarda le toit de sa FromentiĂšre, avec l’attention de ceux qui ont tout leur amour devant eux. Pour s’essuyer le front, il avait ĂŽtĂ© son chapeau. Dans le rayon oblique qui dĂ©jĂ  ne touchait plus les herbes ni les choux, dans la lumiĂšre affaiblie et apaisĂ©e comme une vieillesse heureuse, il levait son visage ferme de lignes et solidement taillĂ©. Son teint n’était point terreux comme celui des paysans parcimonieux de certaines provinces, mais Ă©clatant et nourri. Les joues pleines que bordait une Ă©troite ligne de favoris, le nez droit et large du bas, la mĂąchoire carrĂ©e, tout le masque enfin, et aussi les yeux gris clair, les yeux vifs qui n’hĂ©sitaient jamais Ă  regarder en face, disaient la santĂ©, la force, et l’habitude du commandement, tandis que les lĂšvres tombantes, longues, fines malgrĂ© le hĂąle, laissaient deviner la parole facile et l’humeur un peu haute d’un homme du Marais, qui n’estime guĂšre tout ce qui n’est point de chez lui. Les cheveux tout blancs, incultes, lĂ©gers, formaient bourrelet, et luisaient au-dessus de l’oreille.
Ainsi dĂ©couvert et immobile dans le jour finissant, il avait grand air, le mĂ©tayer de la FromentiĂšre, et l’on comprenait le surnom, la « seigneurie » comme ils disent, dont on usait pour lui. On l’appelait Lumineau l’ÉvĂȘque, pour le distinguer des autres du mĂȘme nom : Lumineau le Pauvre, Lumineau Barbe-Fine, Lumineau Tournevire.
Il considĂ©rait de loin sa FromentiĂšre. Entre les troncs des ormes, Ă  plusieurs centaines de mĂštres au sud, le rose lavĂ© et pĂąle des tuiles s’encadrait en Ă©maux irrĂ©guliers. Le vent apportait le mugissement du bĂ©tail qui rentrait, l’odeur des Ă©tables, celle de la camomille et des fenouils qui foisonnaient dans l’aire. Toute l’image de sa ferme se levait pour moins que cela dans l’ñme du mĂ©tayer. En voyant la lueur derniĂšre de son toit dans le couchant du jour, il nomma les deux fils et les deux filles qu’abritait la maison. Mathurin, François, ÉlĂ©onore, Marie-Rose, lourde charge, Ă©preuve et douceur mĂȘlĂ©es de sa vie : l’aĂźnĂ©, son superbe aĂźnĂ©, atteint par le malheur, infirme, condamnĂ© Ă  n’ĂȘtre que le tĂ©moin douloureux du travail des autres. ÉlĂ©onore, qui remplaçait la mĂšre morte ; François, nature molle, en qui n’apparaissait qu’incertain et incomplet le futur maĂźtre de la ferme ; Rousille, la plus jeune, la petite de vingt ans
 Est-ce que le garde avait encore fait une menterie en parlant des assiduitĂ©s du valet ? C’était probable. Comment un valet, le fils d’une pauvre veuve du Bocage, de la terre lourde de lĂ -bas, aurait-il osĂ© courtiser la fille d’un mĂ©tayer maraĂźchin ? De l’amitiĂ©, il pouvait en avoir, et du respect pour cette jolie fille dont on remarquait le visage rose, oui, lorsqu’elle revenait, le dimanche, de la messe de Sallertaine ; mais autre chose ?
 Enfin, on veillerait
 Toussaint Lumineau ne pensa qu’un instant Ă  cette mauvaise parole que l’homme avait dite, et, tout de suite aprĂšs, il songea, avec une douceur et un apaisement de cƓur, Ă  l’unique absent, au fils qui par la naissance prĂ©cĂ©dait Rousille, A...

Table of contents

  1. Titre
  2. Chapitre 1 - LA FROMENTIÈRE
  3. Chapitre 2 - LE VERGER CLOS
  4. Chapitre 3 - CHEZ LES MICHELONNE
  5. Chapitre 4 - LE PREMIER LABOUR DE SEPTEMBRE
  6. Chapitre 5 - L’APPEL AU MAÎTRE
  7. Chapitre 6 - LE RETOUR DE DRIOT
  8. Chapitre 7 - SUR LA PLACE DE L’ÉGLISE
  9. Chapitre 8 - LES CONSCRITS DE SALLERTAINE
  10. Chapitre 9 - LA VIGNE ARRACHÉE
  11. Chapitre 10 - LA VEILLÉE DE LA SEULIÈRE
  12. Chapitre 11 - LE SONGE D’AMOUR DE ROUSILLE
  13. Chapitre 12 - L’ENCAN
  14. Chapitre 13 - CEUX DE LA VILLE
  15. Chapitre 14 - L’ÉMIGRANT
  16. Chapitre 15 - LE COMMANDEMENT DU PÈRE
  17. Chapitre 16 - LA NUIT DE FÉVRIER
  18. Chapitre 17 - LE RENOUVEAU
  19. Notes de bas de page

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