La Barriere
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Le roman présente a la fois le cheminement d'un jeune aristocrate anglais qui se convertit au catholicisme et le rÎle de la foi dans la formation d'un couple. Il s'agit donc des barrieres dressées par la foi, entre le croyant et son milieu ou son (futur) conjoint.

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Information

Publisher
Booklassic
eBook ISBN
9789635253722

DEUXIÈME PARTIE

– Vous prĂ©viendrez madame, dĂšs qu’elle sera rentrĂ©e, que je l’attends ici, dans mon cabinet de travail.
– Bien, monsieur.
– Je n’y suis pour personne.
M. Victor Limerel avait, en ce moment, sa physionomie normale d’homme d’affaires, laquelle diffĂ©rait sensiblement du masque de l’homme du monde. Sa formidable mĂąchoire de bouledogue portait en avant la lĂšvre infĂ©rieure et les incisives d’en bas, qu’on voyait, quand il parlait, solides, et blanches ; elle creusait, en se dĂ©plaçant, deux dĂ©pressions Ă  la naissance des tempes qui Ă©taient dĂ©garnies ; elle constituait le trait maĂźtre de ce visage, auquel elle donnait une expression de force, d’insolence et d’opiniĂątretĂ©. Dans le monde, elle rentrait un peu ; M. Victor Limerel surveillait cette terrible charpente mobile. Les yeux s’harmonisaient avec elle ; ils Ă©taient lĂ©gĂšrement sortis de l’orbite, vifs, sombres, dominĂ©s par l’arc trĂšs Ă©pais des sourcils, qui se rencontraient Ă  la naissance du nez, s’y heurtaient, et se redressaient en Ă©pi. Cet homme de cinquante ans passĂ©s, s’il avait des cheveux de moins, n’avait pas un poil blanc. Sa moustache, tombant au coin des lĂšvres, courte et fournie, Ă©tait d’un noir nuancĂ© de jaune par le cigare. Il avait peu de cou, les Ă©paules larges, puis le buste s’amincissait, et les jambes, nerveuses, portaient allĂšgrement ce corps mal fait. Le Tout Paris de l’industrie et de la finance connaissait la « SociĂ©tĂ© française des filatures de laine », qui avait deux usines principales, Ă  Lille et Ă  Mazamet ; on la savait prospĂšre ; on rendait justice aux rares qualitĂ©s de son fondateur et prĂ©sident. Grand travailleur, M. Victor Limerel l’était Ă  sa maniĂšre, qui est celle des crĂ©ateurs de tout ordre : il voyait une affaire en un instant, comme s’il avait pu en faire le tour ; il jugeait de mĂȘme les hommes, donnait des ordres prĂ©cis, ne se reprenait jamais ; il possĂ©dait un pouvoir de combiner, de prĂ©voir, de se souvenir, qui eĂ»t fatiguĂ© une demi-douzaine de tĂȘtes ordinaires. La sienne rĂ©sistait. Elle demeurait parfaitement libre et aisĂ©e. Sorti de ses bureaux et de ses salles de conseil, dans les salons, dans la rue, au théùtre, il semblait avoir oubliĂ©, il oubliait les affaires, et dĂ©fendait qu’il en fĂ»t question devant lui, mais, du mĂȘme coup, il devenait banal. Il parlait bien, jamais de source. Sa conversation Ă©tait faite de coupures de journaux et de rĂ©miniscences de dialogues entendus. Si on le contredisait, il affirmait plus nettement, pourvu qu’il vĂźt quelque intĂ©rĂȘt Ă  soutenir son opinion. Et alors, il avait beau sourire, simuler l’empressement, l’ardente curiositĂ© des arguments de l’adversaire, plusieurs signes, sa mĂąchoire avancĂ©e, ses doigts qui remuaient nerveusement, ses sourcils rapprochĂ©s, le son de sa voix, le battement et le relief des veines de ses tempes, disaient l’ñpre volontĂ© de l’homme, l’orgueil d’un succĂšs constant, l’expĂ©rience de l’immense faiblesse des caractĂšres. Mais, s’il avait des avis cassants, ce n’était que sur un petit nombre de sujets, et lorsque sa personne, ses goĂ»ts, sa famille, paraissaient ĂȘtre en jeu. Sur beaucoup d’autres questions, et des plus graves, ou des plus hautes, on Ă©tait surpris de le voir, au contraire, abandonner son avis Ă  la premiĂšre objection, adopter le sentiment opposĂ©, et s’en faire un mĂ©rite, car il appelait cela sa large tolĂ©rance. Quelques-unes de ses relations, dans le monde politique, s’expliquaient et duraient grĂące Ă  cette facilitĂ© de compromission. On le sentait indiffĂ©rent Ă  l’essentiel, ombrageux et jaloux seulement dans les questions personnelles. Beaucoup d’esprits dominateurs sont ainsi, tyrans partiels, et, pour le reste, d’une faiblesse qui est due Ă  l’absence de passion. M. Victor Limerel avait toujours refusĂ© de se prĂ©senter Ă  la dĂ©putation. Il passait pour conservateur, on ne sait pourquoi, mais ceux qu’il nommait ses adversaires ne s’y trompaient pas, reconnaissant, dans les critiques qu’il leur adressait, l’humeur alarmĂ©e d’un homme riche plutĂŽt que l’opposition d’une conscience. Sa femme avait, d’ailleurs, l’ordre formel de ne nĂ©gliger aucune relation, et elle observait la consigne, voyant et recevant tous ceux ou toutes celles qui pouvaient servir, de prĂšs ou de loin, – de trĂšs loin souvent, – l’une des deux ambitions de son mari : ĂȘtre promu officier de la LĂ©gion d’honneur, entrer dans le Conseil d’administration du Canal de Suez.
Mademoiselle Elsa Pommeau, fille de banquier, qu’il avait Ă©pousĂ©e toute jeune, lui avait apportĂ© 45.000 livres de rente, de superbes cheveux, des Ă©paules Ă  l’abri du temps, et un sourire qui venait au commandement, toujours le mĂȘme. Elle n’était pas nulle, surtout elle n’était pas mauvaise ; elle manquait presque entiĂšrement de personnalitĂ©. Vingt annĂ©es de visites, de dĂźners et soirĂ©es, l’avaient complĂštement farcie d’idĂ©es, d’admirations, de prĂ©jugĂ©s, de pudeurs, de formules, de goĂ»ts qui Ă©taient ceux de son monde. Elle rĂ©pĂ©tait des mĂ©disances, et elle Ă©tait sans mĂ©chancetĂ© ; elle dĂ©pensait beaucoup d’argent et de ruses mondaines pour garder un peu de fraĂźcheur, de brillant, d’entrain, pour compter dans l’arriĂšre-garde des jolies femmes, et elle n’était pas coquette. Ses amies disaient : « La correcte Limerel », et elles l’aimaient toutes. Qu’elle parlĂąt avec l’une ou avec l’autre, elle n’était pas diffĂ©rente, et la longueur des bavardages en faisait toute l’intimitĂ©. Madame Victor Limerel avait entendu parler trop de femmes et trop d’hommes pour qu’une sottise, un peu plus grosse que de coutume, la scandalisĂąt. Les formes seules, quand elles Ă©taient brutales, la choquaient. Cependant, tout opprimĂ©e qu’elle fĂ»t par son mari et par le monde, quelque chose d’elle-mĂȘme, de la femme qu’elle aurait pu ĂȘtre, bonne, tendre et enthousiaste, subsistait, et vivait en dessous, pauvrement. Lorsqu’elle Ă©tait seule, avec son mari ou son fils, il lui arrivait d’ĂȘtre elle-mĂȘme, de penser ou de parler selon des prĂ©fĂ©rences qui Ă©taient des dĂ©bris de principes et des Ă©paves de conscience. Elle usait de phrases vagues, toujours les mĂȘmes. Elle disait : « Je crois que vous vous trompez
 Vous allez trop loin. Je n’ai pas Ă©tĂ© Ă©levĂ©e dans ces idĂ©es-là
 Non, je n’admets pas cela
 Faites ce que vous voudrez, moi, je ne partage pas votre sentiment, je m’abstiens. » L’abstention Ă©tait le plus grand effort de son courage. Dans les Ă©glises oĂč elle entrait quelquefois pour attendre que l’heure sonnĂąt d’un rendez-vous de couturiĂšre ou d’amie, elle s’inclinait profondĂ©ment, et immobile, cachĂ©e sous son chapeau, elle soupirait, elle formait quelques rĂ©solutions, recommandait Ă  Dieu les ĂȘtres qu’elle aimait, son fils surtout, un examen, un projet de mariage, une amie malade ou ruinĂ©e. Ceux qui la voyaient ainsi la jugeaient pieuse, et elle n’eĂ»t pas protestĂ©, si on eĂ»t dit devant elle : « Vous qui ĂȘtes si pieuse, ma chĂšre
 » Elle avait la bonne foi de l’énorme ignorance.
Telle Ă©tait la compagne dont M. Limerel administrait souverainement la fortune, les dĂ©marches, les conversations et la plupart des pensĂ©es. Elle redoutait la forte voix de son mari, son assurance, ses arguments, ses citations, ses objurgations, ses plaisanteries, son mĂ©pris, et, quand elle ne cĂ©dait pas, ses colĂšres. Elle le trouvait tyrannique, et elle l’aimait. Sa timiditĂ©, l’habitude et un peu d’admiration, la faisaient cĂ©der trĂšs vite, et aisĂ©ment, et sans regret. Elle n’était pas toujours convaincue, mais puisque M. Victor Limerel commandait, ne fallait-il pas obĂ©ir, maintenir la paix, au prix d’un sacrifice ? D’autres sacrifient leur plaisir ; elle sacrifiait quelques opinions, mais avec l’espĂ©rance de les voir triompher une autre fois, Ă  la conservation du mĂ©nage.
Rien ne lui avait plus coĂ»tĂ© que de voir avec quelle mĂ©connaissance de l’autoritĂ© maternelle, sans l’avoir d’abord consultĂ©e, son mari avait pris des renseignements, fait des avances, engagĂ© des pourparlers pour le mariage de FĂ©licien. M. Limerel considĂ©rait cette nĂ©gociation comme une affaire de premier ordre, et par consĂ©quent, dans son esprit, rĂ©servĂ©e Ă  lui seul. Le mariage de FĂ©licien pouvait et devait favoriser cette ascension que M. Limerel appelait familiale parce qu’elle servait le chef de la famille. Celui-ci avait discernĂ©, parmi les jeunes filles dont le pĂšre Ă©tait influent, mademoiselle Tourette, et il avait dit Ă  FĂ©licien : « Je la trouve charmante. » Il aurait pu lui dire : « Je trouve que le pĂšre est trĂšs en vue. Le baron Tourette, dans les affaires, est une force. Épouse la fille. Tu me rendras service. Elle est, d’ailleurs, fort bien. » Il ne se trompait sur aucun des deux points. Mais sur un autre, qu’il n’avait prĂ©vu, il s’était trompĂ©. Dans son calcul, il oubliait de faire entrer un Ă©lĂ©ment important. Mademoiselle Tourette Ă©tait une jolie fille, riche et bien apparentĂ©e, mais FĂ©licien refusait de se laisser dicter un choix ; il priait qu’on attendit, avant de faire la moindre dĂ©marche, qu’il fĂ»t dĂ©cidĂ© Ă  se marier. « TimiditĂ©, avait rĂ©pondu M. Limerel ; crainte de ne pas plaire, je te connais, mon ami ; laisse-moi seulement te prĂ©senter : je crois ĂȘtre sĂ»r de sa rĂ©ponse Ă  elle ; je suis sĂ»r de ta rĂ©ponse Ă  toi. La petite est exquise. » De guerre lasse, FĂ©licien avait dit : « J’irai. C’est bien. »
Et en effet, les nĂ©gociations, menĂ©es discrĂštement, entre M. Limerel et la baronne Tourette, avaient abouti Ă  cet accord : « Marguerite ne saura rien ; nous irons faire un tour au Salon ; Ă  trois heures, exactement, nous serons devant la grande machine de Wambez, vous vous rappelez, oĂč les professeurs de la Sorbonne sont reprĂ©sentĂ©s, faisant des effets de robe sur un escalier
 Vous nous rencontrerez. Je ne sais pas si je m’abuse ; mais le voisinage de ces portraits de vieux messieurs ne doit pas nuire Ă  Marguerite. La chĂšre petite aura tout le loisir de causer avec votre fils, et c’est ce qu’il faut, n’est-ce pas, puisque nous pouvons faire l’occasion, mais non la sympathie. – Évidemment. – Vous y serez ? – Trois heures prĂ©cises, madame. Et la suite est aisĂ©e Ă  prĂ©voir. »
M. Victor Limerel venait prĂ©cisĂ©ment d’assister Ă  cette entrevue. Il avait tenu Ă  aller seul avec FĂ©licien. « Vous compromettriez tout, ma chĂšre ; vous auriez de l’émotion sur les joues, dans la voix. Je vous reviendrai avec le vainqueur, et vous n’aurez pas de regret, quand l’affaire aura rĂ©ussi, de m’avoir Ă©coutĂ©. » Elle devait ne jamais avoir de place dans les succĂšs diplomatiques de M. Limerel. L’habitude Ă©tait prise. Il revenait donc, et, ne trouvant pas sa femme, il s’impatientait. Deux fois, il avait cru entendre le bruit de l’ascenseur s’arrĂȘtant au premier ; deux fois, dans le cabinet de travail, tendu d’étoffe claire et qui n’avait qu’une tache sombre, la rĂ©duction en bronze du Penseroso avec plaque de cuivre et inscription : « DonnĂ© par les ouvriers des usines, » – il s’était levĂ©, appuyĂ© sur le coin de cuivre de la table, prĂȘt Ă  dire : « Ah ! vous voilĂ  enfin ! Ce n’est pas trop tĂŽt ! »
Le choc de l’ascenseur Ă©branla rĂ©ellement le parquet. La belle madame Limerel, quelques secondes aprĂšs, – elle avait couru, – entr’ouvrit la porte, et, avant mĂȘme d’entrer :
– Eh bien ? Et mon fils ?
Elle avait jetĂ© si vite, d’un ton si angoissĂ©, ce cri maternel, que M. Limerel en fut Ă©mu, au point d’oublier le reproche tout prĂ©parĂ©, et qu’il dit, levant les bras :
– ManquĂ©e, l’entrevue ! EntiĂšrement manquĂ©e ! Et par votre faute !
– Je le pense bien. Tant que je vivrai, toutes les fautes sont Ă  moi. Cependant, je n’y Ă©tais pas et vous y Ă©tiez. Mais peu importe
 Racontez-moi d’abord
 OĂč les avez-vous vus ?
 Mon pauvre FĂ©licien !
 Comme il doit souffrir !
 C’est cette pĂ©ronnelle qui n’a pas voulu de lui ?
– Mais non, ma chĂšre, c’est lui, c’est lui ! Comment pouvez-vous supposer ? Ah ! je vous reconnais bien lĂ  : un Ă©chec vous enlĂšve tout jugement !
– Mais racontez donc ! Racontez ! Vous voyez que je ne puis pas supporter le retard. OĂč Ă©tiez-vous ?
– Tournant le dos au tableau de ce peintre, vous savez bien, la Sorbonne, dans la grande galerie. J’avais l’air de m’intĂ©resser Ă  une mer dĂ©montĂ©e, qui se trouvait lĂ  ; mais, du coin de l’Ɠil, en expliquant Ă  FĂ©licien mon admiration qu’il ne partageait pas, je guettais. À trois heures quatre, les Tourette surgissent du grand escalier, au complet. Ils viennent. Ils vont passer tout prĂšs de nous. Je me rapproche encore de l’entrĂ©e, les mains au-dessus des yeux, de l’air d’un homme qui veut Ă©viter un faux jour. Ils nous aperçoivent : « C’est vous, mon cher Limerel ? Quelle bonne surprise !
 »
– Comment disait-il cela ?
– EssoufflĂ©, mais trĂšs courtois, cordial mĂȘme. Je suis sĂ»r qu’il dĂ©sirait ce mariage-lĂ . Un air qui ne trompe pas. J’ai l’habitude des hommes.
– La mùre ?
– TrĂšs digne toujours. Mais elle Ă©tait venue, malgrĂ© la migraine.
– Et mademoiselle Marguerite ?
– La plus jolie Parisienne de toutes celles qui Ă©taient lĂ , vivantes ou dans les cadres d’or, un Greuze coiffĂ© Ă  la mousquetaire, un petit nez relevĂ©, sablĂ© d’un peu de rousseur, des lĂšvres spirituelles et Ă©clatantes, des yeux vifs sous des paupiĂšres langoureuses : vous la connaissez. Elle savait tout. Pas une Ă©motion. Elle est trĂšs forte. Tout de suite une libertĂ©, un entrain, des mots drĂŽles. Elle emmĂšne FĂ©licien : « Je suis chez moi, au Salon, monsieur, venez par ici. » Nous suivons. D’un commun accord, tacite, nous nous laissons distancer. Elle causait beaucoup ; son joli bras, armĂ© de l’ombrelle, se levait quelquefois ; FĂ©licien parlait peu ; nous pensions : « Cela va normalement, » mais nous ne pouvions pas nous le dire encore

M. Limerel continuait le rĂ©cit de l’entrevue. Et, sans doute, il exagĂ©rait le rĂŽle de la personne qu’il aimait le mieux, et de beaucoup ; cependant, il ne parlait pas que de lui-mĂȘme, de ses habiletĂ©s, de ses rĂ©flexions, de ses reparties. Par exception, il s’efforçait de raconter ce qu’avaient dit ou fait les autres. L’attention passionnĂ©e de madame Limerel, l’interrogation pressante, continue, de ce regard fixe, de cette bouche entr’ouverte, de tout ce visage tendu en avant, agissaient sur l’homme le moins indulgent qui fĂ»t Ă  ce qu’il appelait le romanesque des mĂšres. Cette mĂšre-lĂ , les yeux creusĂ©s, assise dans la bergĂšre prĂšs de la cheminĂ©e, ployĂ©e en deux, sans Ă©gard pour le corset neuf, ni pour la robe qu’elle froissait, la voilette relevĂ©e d’un geste brusque et roulĂ©e en bourrelet, le chapeau de fleurs dĂ©placĂ©, n’était plus la belle madame Limerel, la blonde rĂ©guliĂšre et fade qu’il Ă©tait accoutumĂ© de dominer, mais un ĂȘtre en qui vivait et s’exprimait une force primitive : la pitiĂ© pour l’enfant.
– Oui, dit-elle, je vois bien la promenade, et vos haltes, et leurs gestes à eux ; mais la fin ? la fin ?
– Quand j’ai eu pris congĂ© du baron et de la baronne Tourette, en bas, dans le hall, aprĂšs trois quarts d’heure, – j’avais peur d’abuser, n’est-ce pas ? – ils ont fait, pour la forme, le tour de deux ou trois statues, puis ils ont quittĂ© le Grand Palais. J’ai demandĂ© Ă  FĂ©licien : « Qu’en penses-tu ? » Il m’a rĂ©pondu, j’ai toutes les syllabes gravĂ©es dans le cerveau : « DĂ©licieuse pour un autre, mon pĂšre : moi, je n’épouse pas. Je vous avais prĂ©venu. – Et la raison, s’il te plaĂźt ? – Je pourrais en dire plusieurs. Je prĂ©fĂšre ne vous en donner qu...

Table of contents

  1. Titre
  2. PREMIÈRE PARTIE
  3. DEUXIÈME PARTIE
  4. TROISIÈME PARTIE
  5. À propos de cette Ă©dition Ă©lectronique

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