La Reconnaissance professionnelle en éducation
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La recherche et la construction thĂ©orique de la reconnaissance professionnelle en Ă©ducation trouve dans ce volume sa premiĂšre Ă©laboration qui porte sur la distinction entre l'Ă©valuation et la reconnaissance professionnelle. L'aversion pour l'Ă©valuation dans l'Ă©ducation tient dans le fait que l'Ă©valuation comme pratique vĂ©cue laissait Ă  l'acteur le poids d'un regard critique, un poids trop lourd Ă  supporter et dont les consĂ©quences sont bien connues: pratiques de contournement et dĂ©ni de l'Ă©valuation par les Ă©valuĂ©s et les Ă©valuateurs. La reconnaissance professionnelle devient plus attirante quand elle est le signe d'une Ă©valuation positive, rĂ©alisant alors une reconfiguration identitaire des enseignants en formation et dĂ©veloppement professionnel. De ce point de vue, la reconnaissance professionnelle pourrait ĂȘtre une nouvelle forme de l'Ă©valuation professionnelle qui tienne compte des systĂšmes d'attentes interpersonnels, et qui suppose des processus de valorisation et de lĂ©gitimation des qualitĂ©s professionnelles en Ă©ducation.

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Information

PARTIE 1
FORMES DE RECONNAISSANCE PROFESSIONNELLE

Formes plurielles
de la reconnaissance professionnelle

Louise M. Bélair
Université du Québec à Trois-RiviÚres, Canada
Ce texte examine les caractĂ©ristiques et les formes de la reconnaissance professionnelle du point de vue de la formalisation de la dĂ©marche et tente d’établir des parallĂšles entre les dispositifs d’évaluation formelle ou informelle et ceux propres Ă  la reconnaissance professionnelle.

De l’acte d’évaluer Ă  celui de reconnaĂźtre

La reconnaissance professionnelle emprunte plusieurs Ă©lĂ©ments du processus d’évaluation. Comme dans le cas de l’évaluateur, la personne appelĂ©e Ă  reconnaĂźtre un parcours professionnel doit dĂ©terminer l’objet Ă  reconnaĂźtre, Ă©tablir les moyens nĂ©cessaires Ă  cette reconnaissance et instituer le reconnu (voir le texte introductif de Jorro sur les phases du processus de reconnaissance).
L’aspect le plus Ă©lĂ©mentaire de la reconnaissance se traduit par le simple fait de voir ses propres gestes, ses attitudes ou ses maniĂšres de faire dans ceux de la personne que l’on reconnaĂźt comme semblable ou comme crĂ©dible. À l’inverse, les faits, actions ou gestes qui s’éloignent de nos attentes ou de nos convictions peuvent conduire Ă  Ă©carter la personne, alors perçue comme dissidente du groupe et, par consĂ©quent, non apte Ă  ĂȘtre reconnue.
L’enjeu de la reconnaissance professionnelle se situe dĂšs lors dans les critĂšres de cette reconnaissance qui peuvent diffĂ©rent substantiellement d’une personne Ă  l’autre, puisque implicites, voire parfois inconscients, car ils sont dans une forte proportion issus des reprĂ©sentations construites autour de la profession (Blin, 1997; Lebel, 2002; Vanhulle, 2005). On peut supposer que l’acte de reconnaissance comporte une part de flou non nĂ©gligeable et se demander si la dĂ©cision de le faire ou non peut s’avĂ©rer valide en dĂ©pit du fait que les critĂšres ne sont pas explicites.
L’analyse du phĂ©nomĂšne de la reconnaissance professionnelle, tant dans un contexte informel que dans une situation formelle institutionnelle, revĂȘt consĂ©quemment un intĂ©rĂȘt considĂ©rable. Par un examen de la dĂ©marche d’évaluation, notre rĂ©flexion propose de cerner plus attentivement les contours du processus de reconnaissance professionnelle afin d’en dĂ©gager les prĂ©misses d’un modĂšle qui pourrait Ă©ventuellement rĂ©pondre aux critĂšres de validitĂ© et de fidĂ©litĂ©.

Vers une analyse de la reconnaissance professionnelle

La rĂ©alitĂ© de l’enseignant en insertion professionnelle au primaire nous paraĂźt intĂ©ressante pour alimenter la rĂ©flexion sur la reconnaissance professionnelle. Ce choix s’explique par le fait qu’il doit faire la preuve de sa compĂ©tence pour obtenir un statut officiel d’enseignant et que la direction est la personne officiellement ciblĂ©e pour reprĂ©senter l’autoritĂ© en la matiĂšre. Ainsi, tout au long de ce parcours rĂ©flexif, des exemples seront puisĂ©s Ă  mĂȘme le travail de l’enseignant novice en insertion en milieu scolaire.
Le processus de reconnaissance se dĂ©termine au regard de trois dimensions qui permettent de mieux comprendre ce qui est en jeu lorsque l’on reconnaĂźt l’autre (Jorro, 2006).
Tout d’abord, le plan cognitif relatif au processus d’identification de la personne par rapport Ă  un groupe renvoie « au repĂ©rage des signes spĂ©cifiques qui autorise un rapprochement » (p. 4). À cet effet, le rĂ©fĂ©rentiel de la profession enseignante prĂ©parĂ© et implantĂ© par le ministĂšre de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS, 2003), constitue un ensemble de signes pour reconnaĂźtre la professionnalitĂ© chez un enseignant. À ce document s’ajoutent les diverses visions et reprĂ©sentations du bon enseignant ou de l’enseignant compĂ©tent, des signes plus ou moins dĂ©terminĂ©s par l’ensemble des partenaires Ă©ducatifs. On assiste donc Ă  un chevauchement entre les caractĂ©ristiques officielles dĂ©terminĂ©es au prĂ©alable (le rĂ©fĂ©rentiel) et les non-dits issus des valeurs et des attentes de l’observateur (les reprĂ©sentations) qui doit reconnaĂźtre officiellement le potentiel de dĂ©veloppement des compĂ©tences professionnelles d’un enseignant en cours d’accrĂ©ditation. Sur le plan cognitif, tout comme en Ă©valuation, la question se pose. Comment s’assurer que ce processus soit valide si les reprĂ©sentations de chacun peuvent colorer l’interprĂ©tation des critĂšres de la profession prĂ©alablement dĂ©terminĂ©s?
Sur le plan le plan psychosocial, la reconnaissance est toutefois prĂ©sentĂ©e comme un processus encourageant l’estime de soi et le sentiment d’efficacitĂ© personnelle. Jorro (2006) prĂ©cise que pour dĂ©velopper cette dimension, le processus de reconnaissance doit impliquer d’emblĂ©e celui qui doit ĂȘtre reconnu entre autres par des dĂ©marches d’autoĂ©valuation ou encore d’élaboration d’un portfolio professionnel. Dans ce contexte, la reconnaissance par les autres viendrait en quelque sorte appuyer la reconnaissance par soi. Le fait de vouloir ĂȘtre reconnu impliquerait alors a priori que l’on connaĂźt les rĂšgles implicites ou explicites (donc les Ă©lĂ©ments de l’objet et les critĂšres) rĂ©gissant cette reconnaissance et qu’on s’y conforme Ă  degrĂ©s divers. Cette dimension pose la question de l’estime de soi au sens oĂč il s’agit de se questionner sur la valeur que chacun accorde Ă  ses propres gestes. Le sentiment d’efficacitĂ© personnelle, dĂ©fini comme la perception de sa propre capacitĂ© Ă  exĂ©cuter les actions ou Ă  suivre une ligne de conduite dĂ©terminĂ©e (Bandura, 2001), peut, par consĂ©quent, jouer un rĂŽle primordial dans sa propre reconnaissance de gestes appropriĂ©s en fonction de critĂšres ou d’attentes Ă©noncĂ©s prĂ©alablement.
C’est sur le plan Ă©thique (Jorro, 2006) que le processus de la reconnaissance professionnelle se rapproche le plus de la dĂ©marche d’évaluation, puisqu’il met en Ă©vidence l’importance de l’élaboration et de l’appropriation des critĂšres par les acteurs en jeu. De fait, la multitude des acteurs de la reconnaissance peut inexorablement entacher la fidĂ©litĂ© du processus. Ainsi, dans le cadre d’un regroupement de personnes partageant un mĂȘme intĂ©rĂȘt, tel par exemple en enseignement, il faudrait idĂ©alement qu’elles dĂ©terminent ensemble les critĂšres de l’objet ou de l’action et qu’elles les partagent avec les personnes Ă  reconnaĂźtre. De maniĂšre plus rĂ©aliste, il serait important que les acteurs de cette reconnaissance puissent se crĂ©er un espace d’échange et de rĂ©flexion autour du rĂ©fĂ©rentiel prescrit, et ce, afin de dĂ©gager la comprĂ©hension la plus commune possible des indicateurs de la compĂ©tence recherchĂ©e (Brun et Dugas, 2002). Cela pose toutefois la question de la fiabilitĂ© du processus de la reconnaissance professionnelle, car elle suppose que cet espace d’appropriation prĂ©cĂšde la dĂ©cision de reconnaissance, espace que l’on sait difficile Ă  crĂ©er compte tenu des contraintes liĂ©es aux personnes, au temps, aux lieux et aux enjeux que renferment ces recherches de consensus (Gather, 2000).
Une autre dimension s’ajoute Ă  celles rĂ©pertoriĂ©es par Jorro (2006) dans la mesure oĂč elle sert de critĂšre pour analyser le processus de reconnaissance professionnelle. Il s’agit du caractĂšre formel ou informel de la reconnaissance. En effet, au quotidien, il existe une forme de reconnaissance informelle des situations, des actes, des objets, sans pour autant que soient dĂ©finis explicitement des critĂšres. Il en va par contre autrement lorsque c’est un regroupement de personnes professionnelles qui procĂšde Ă  la reconnaissance d’un individu puisqu’un tel contexte prĂ©suppose la formalisation de la dĂ©marche de reconnaissance. Les prochaines sections traiteront de ces spĂ©cificitĂ©s en distinguant les aspects informels et formels de la reconnaissance.

Quelles sont les caractéristiques de la reconnaissance
professionnelle informelle dans l’enseignement?

Perrenoud dĂ©gageait dĂ©jĂ , en 1984, les Ă©lĂ©ments constitutifs de l’évaluation informelle des Ă©lĂšves en situation de classe, en mentionnant que les enseignants Ă©valuent de maniĂšre informelle pour « prendre la dĂ©cision d’intervenir ou de laisser faire » (p. 263) et pour se faire une idĂ©e assez prĂ©cise du cheminement des Ă©lĂšves. Un parallĂšle se profile ici avec la reconnaissance.
La reconnaissance informelle qui se vit rĂ©guliĂšrement en situation de travail se traduit dans le regard que pose l’autre sur soi. Dans le contexte de l’enseignement, cet autre, que ce soit un pair, un supĂ©rieur, un Ă©lĂšve ou un parent, peut donner ou non son appui par rapport Ă  un geste ou Ă  une dĂ©cision, ce qui laisse Ă  penser qu’il reconnaĂźt ou non de maniĂšre fort implicite, le geste posĂ© par la personne Ă  reconnaĂźtre. Pour mieux comprendre ce processus, des caractĂ©ristiques d’une reconnaissance informelle sont analysĂ©es une Ă  une.
Tableau 1
Les caractéristiques de la reconnaissance informelle en enseignement
‱ Ce processus Ă©merge d’un besoin d’ĂȘtre reconnu.
‱ Ce processus est volontaire.
‱ Il est de l’ordre de la perception intuitive.
‱ Il s’effectue Ă  partir de critĂšres alĂ©atoires ou peu dĂ©finis de maniĂšre explicite.
‱ Il se rĂ©alise dans le but de partager.
‱ Il est accompli par toute personne sentant le besoin d’initier ce partage.
‱ Il est plutĂŽt spontanĂ©.
‱ Il peut amener Ă  faire des changements quoique ce ne soit pas la consĂ©quence ultime de la reconnaissance.
‱ Aucune sanction n’y est rattachĂ©e.
Pour amorcer ce travail d’analyse et Ă©tayer la rĂ©flexion, des points de convergence seront Ă©tablis entre la rĂ©alitĂ© du nouvel enseignant au primaire et les rĂ©sultats d’une recherche menĂ©e auprĂšs de 60 enseignants du QuĂ©bec et de l’Ontario francophone sur les facteurs de la persĂ©vĂ©rance dans le mĂ©tier (BĂ©lair et Lebel, 2007, 2008) dans laquelle on dĂ©note certains facteurs qui correspondent Ă  la reconnaissance informelle.
‱ Ce processus Ă©merge d’un besoin d’ĂȘtre reconnu
La reconnaissance informelle naĂźt d’un besoin de reconnaissance et d’appartenance sociale (Maslow, 1998; Morin, 2001). De fait, chacun sent le besoin de confronter ses gestes pour obtenir une approbation pour des actions posĂ©es, et ce, soit pour les lĂ©gitimer aux yeux des autres ou encore pour se dĂ©marquer par rapport au groupe professionnel (Dessus, 2000).
Cette reconnaissance professionnelle informelle se rĂ©vĂšle par consĂ©quent ĂȘtre un facteur important, voire mĂȘme primordial au sens oĂč si cette reconnaissance n’avait pas Ă©tĂ© pressentie, certains enseignants interrogĂ©s ont affirmĂ© qu’ils n’auraient pas poursuivi leur carriĂšre. Ces enseignants confirment ainsi que la reconnaissance au plan psychosocial prime, surtout en dĂ©but de carriĂšre.
‱ Ce processus est volontaire
Par dĂ©finition, la reconnaissance informelle ne peut qu’ĂȘtre volontaire puisqu’elle est initiĂ©e Ă  la suite des circonstances alĂ©atoires qui la justifient.
‱ Il est de l’ordre de la perception intuitive
Compte tenu de la dimension informelle de la reconnaissance professionnelle, l’intuition a un grand rĂŽle Ă  jouer dans ce processus. De fait, le professionnel possĂšde l’intuition de son mĂ©tier, de ce qui fonctionne et de ce qui est acceptable. Plus globalement, cette intuition qui « nous envahit telle une Ă©vidence » (Changeux, 2002, citĂ© par Bourassa, 2006, p. 222) est de l’ordre de la perception rapide d’une rĂ©alitĂ©, basĂ©e sur les connaissances intĂ©rieures traduites par les sens, et ce, sans qu’il y ait raisonnement logique au dĂ©part. Elle relĂšve surtout de prĂ©reprĂ©sentations qualifiĂ©es, par Bourassa (2006), d’attentions prĂ©rĂ©flexives ou intuitives en ce sens oĂč « elles mobilisent un espace de travail global, triaxial, formĂ© de potentiels Ă©voquĂ©s par la situation et aussi de potentiels spontanĂ©s » (p. 227). Ainsi, l’intuition de l’enseignant expert se compose Ă  la fois de ses expĂ©riences et de ses connaissances, et fait appel Ă  une forme de globalitĂ© de la situation lorsqu’il a l’intuition que tel nouvel enseignant mĂ©rite une reconnaissance professionnelle.
‱ Il s’effectue Ă  partir de critĂšres alĂ©atoires ou peu dĂ©finis de maniĂšre explicite
Puisque l’intuition compte pour une large part dans la reconnaissance professionnelle informelle, les critĂšres sont plutĂŽt implicites et peuvent mĂȘme relever de l’alĂ©atoire. Ces critĂšres, mĂȘme inconscients, pourraient ĂȘtre le reflet de prĂ©rĂ©flexions au sens de Bourassa (2006), puisque les professionnels ont une image fortement ancrĂ©e de leur mĂ©tier. Cela soulĂšve une interrogation sur le plan Ă©thique. Quelle est la part de justesse de cette forme de reconnaissance professionnelle informelle? Doit-on, comme le suggĂšre Perrenoud (2004), faire confiance Ă  l’expert qui, par son expertise mĂȘme, est de toute Ă©vidence instrumentĂ© pour juger des situations? Pourrait-on alors parler d’intuition instrumentĂ©e?
‱ Il se rĂ©alise dans le but de partager
La reconnaissance informelle naĂźt aussi de l’importance du partage et de l’appui des collĂšgues au quotidien. Les enseignants interrogĂ©s affirment d’ailleurs que la reconnaissance par les pairs, qui relĂšve aussi d’un besoin de reconnaissance sociale (Maslow, 1998), est un des Ă©lĂ©ments clĂ©s favorisant la persĂ©vĂ©rance dans la profession. La dimension psychosociale de la reconnaissance professionnelle s’ajoute Ă  celle de l’éthique.
‱ Il est accompli par toute personne sentant le besoin d’initier ce partage
Lorsque quelqu’un initie un partage donnĂ© ou une collaboration avec un collĂšgue, il fait montre d’une forme de reconnaissance qui confirme l’autre dans sa dĂ©marche.
‱ Il est plutĂŽt spontanĂ©
La reconnaissance professionnelle informelle qui transparaĂźt dans le partage a d’autant plus d’importance qu’elle se rĂ©alise de maniĂšre spontanĂ©e. À titre d’exemple, certains enseignants participant Ă  la recherche ont relatĂ© des tĂ©moignages positifs de leurs anciens Ă©lĂšves Ă  l’égard de leur travail accompli. Ils ont mentionnĂ© que « cela fai[sai]t du bien, [leur] met[tait] du baume au cƓur et [les] rassur[ait] dans [leurs] dĂ©cisions et dans [leurs] actes » (BĂ©lair et Lebel, 2007). Dans le cas du nouvel enseignant, toute rĂ©action de reconnaissance spontanĂ©e l’encourage Ă  s’amĂ©liorer et Ă  poursuivre l’expĂ©rience, surtout si ces rĂ©actions proviennent de personnes qu’il reconnaĂźt comme Ă©tant des professionnels aguerris, tels ses collĂšgues ou un mentor.
‱ Il peut amener Ă  faire des changements quoique ce ne soit pas la consĂ©quence ultime de la reconnaissance
Tout processus de reconnaissance ou de non-reconnaissance peut amener une personne Ă  amorcer des changements, puisque n’importe quel avis concernant un geste ou un acte professionnel peut aider la personne Ă  s’amĂ©liorer, lui permettre de peaufiner ce qu’elle entreprend ou encore, dans le cas d’une non-reconnaissance, la freiner dans sa dĂ©marche. Le but ultime du caractĂšre informel de la reconnaissance n’est donc pas de conduire Ă  des changements. Ces derniers en sont plutĂŽt une consĂ©quence indirecte.
‱ Aucune sanction n’y est rattachĂ©e
Finalement, comme la procĂ©dure n’est pas formalisĂ©e et que la reconnaissance informelle relĂšve de l’intuition, aucune sanction officielle ne peut y ĂȘtre rattachĂ©e.

De l’informel vers le formel

Les acteurs visĂ©s dans le processus informel de reconnaissance professionnelle en enseignement sont les Ă©lĂšves, les parents, les collĂšgues, la direction. Les participants Ă  la recherche ont par contre fort bien montrĂ© Ă  quel point le rĂŽle des collĂšgues Ă©tait dĂ©terminant pour la persĂ©vĂ©rance dans le mĂ©tier, et ce, dans l’optique d’une reconnaissance basĂ©e sur l’échange et le partage. Ils ont aussi soulignĂ© le plaisir qu’ils Ă©prouvaient Ă  recevoir une reconnaissance spontanĂ©e de la part des Ă©lĂšves (ou de leurs parents) Ă  l’égard d’une situation donnĂ©e, sans toutefois que cela n’influe sur le fait qu’ils persĂ©vĂšrent ou non dans le mĂ©tier. En aucun temps les participants n’ont mentionnĂ© que la direction avait un rĂŽle majeur Ă  jouer dans cette persĂ©vĂ©rance.
Pourtant, il semble bien que la direction d’école et les Ă©lĂšves (surtout au secondaire et au collĂ©gial) sont des personnes clĂ©s dans beaucoup de dispositifs formels de reconnaissance professionnelle ou d’évaluation de la qualitĂ© de l’enseignement. Comment alors expliquer que les participants Ă  la recherche perçoivent le processus de reconnaissance de la part des directions comme Ă©tant peu influent? N’aurait-il pas lieu de croire que les personnes les plus influentes, soit les pairs, devraient ĂȘtre celles qui ont un rĂŽle formel Ă  jouer dans la reconnaissance professionnelle? Les pairs sont-ils plus importants justement parce que leur rĂŽle de reconnaissance demeure informel? Sont-ils aptes Ă  reconnaĂźtre professionnellement leurs collĂšgues? Les directions sont-elles moins importantes parce que leur rĂŽle en est, somme toute, un de contrĂŽle de la qualitĂ©? VoilĂ  autant d’élĂ©ments qui nĂ©cessiteraient d’ĂȘtre discutĂ©s, voire questionnĂ©s.

Pourquoi formaliser la reconnaissance?

L’analyse des Ă©lĂ©ments constitutifs de la reconnaissance professionnelle ...

Table of contents

  1. Page couverture
  2. Page titre
  3. Copyright
  4. Table des matiĂšres
  5. Présentation des auteurs
  6. PrĂ©sentation de l’ouvrage
  7. Introduction générale la reconnaissance professionnelle : enjeux conceptuels et praxéologiques
  8. Partie 1 Formes de reconnaissance professionnelle
  9. Partie 2 Processus de reconnaissance professionnelle
  10. Index

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