Donc je suis
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Donc je suis

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Donc je suis

About this book

Writing, for Henrie, rhymes with musing, and with existing. Short, succinct and intense, these twenty-five philosophical essays intertwine contemplation, opinion, and memory, splendidly crowned with epigraphs foraged from world literature. They reflect an existential urgency to immortalize thought in black and white, a restlessness barely concealed by the hand that holds the pen, defying the passage of time. From one essay to the next, Henrie explores the subjects dearest to him: the ageing of the mind, acceptance of those laws of nature that determine our destinies, theories of opacity, hardness and acoustics, and the struggle against the scattering of the being. The author also voices his opinion on more contemporary topics, such as the hall-of-fame phenomenon, robotics and society, and the mystery that is art appreciation. He is particularly clear-sighted in his observations regarding meritocracy and plight of artists in society, particularly that of writers. Donc je suis is a remarkable work, where imagination and philosophical contemplation meet in a dream-like state. Best enjoyed by the light of a flickering candle
Discover this unabridged audio book in French, read by Étienne Panet-Raymond. (Available summer 2019)

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Les cormorans de la riviĂšre Li

Tout va trĂšs bien, Madame la Marquise,
Tout va trĂšs bien, tout va trĂšs bien.
Pourtant, il faut, il faut que l’on vous dise,
On déplore un tout petit rien

Paul Misraki, Tout va trĂšs bien
En Chine, dans la province de Guangxi, les pĂȘcheurs tiennent en laisse des cormorans qu’ils ont dressĂ©s pour la pĂȘche nocturne. Les oiseaux plongent hardiment dans la riviĂšre Li et ramĂšnent dans leur bec des poissons que leurs propriĂ©taires s’empressent de leur enlever avant qu’ils les avalent. De toute maniĂšre, ils ne pourraient les avaler, puisque les pĂȘcheurs astucieux leur ont installĂ© autour du cou un anneau Ă©troit qui les empĂȘche d’ingurgiter quoi que ce soit aussi longtemps que durera la pĂȘche. AprĂšs, les oiseaux ont droit Ă  un kilo de poissons par jour, ce qui suffit Ă  leur subsistance.
Les pĂȘcheurs sont fiers de leurs cormorans, qu’ils achĂštent et qu’ils vendent Ă  prix fort. Ils en prennent soin comme s’ils Ă©taient des membres de leur famille, puisque leur survivance Ă  tous dĂ©pend de ces palmipĂšdes, qui peuvent chacun ramener de la riviĂšre jusqu’à cinq cents kilos de poissons par annĂ©e. Sans compter que les pĂȘcheurs gagnent un surplus d’argent en exigeant une jolie somme des touristes qui veulent les photographier, eux et leurs oiseaux.
Quelques Ăąmes sensibles et Ă©prises de socialisme s’insurgent contre cette pĂȘche oĂč, trĂšs Ă©videmment et trĂšs ouvertement, un ĂȘtre humain exploite un autre ĂȘtre vivant et ne lui rend en retour qu’une mince portion du fruit de son travail. Elles constatent en plus, non sans horreur, qu’il s’agit lĂ  d’une pratique assez courante chez les animaux. Un seul exemple : les fourmis conservent, entretiennent et protĂšgent un troupeau de pucerons et en tirent le prĂ©cieux miellat dont elles raffolent.
Sans entrer dans un dĂ©bat fastidieux et sans issue sur les avantages et les inconvĂ©nients du capitalisme et du socialisme, il faut constater objectivement que la sociĂ©tĂ© actuelle ne comporte que trois classes : les riches, les cormorans et les indigents. Les statistiques qu’on nous prĂ©sente rĂ©guliĂšrement nous informent que les riches s’enrichissent un peu plus chaque jour, de sorte que le fossĂ© continue Ă  s’élargir entre ces derniers et les indigents, c’est-Ă -dire ceux qui, pour mille raisons, possĂšdent peu ou rien du tout. Heureusement, les cormorans sont lĂ  pour combler ce large fossĂ© et venir Ă  la rescousse de ce systĂšme qui, sans eux, s’effondrerait.
Les cormorans sont Ă  la sociĂ©tĂ© ce que les pucerons sont aux fourmis : ils garantissent l’enrichissement continuel des riches et empĂȘchent les dĂ©munis de mourir de faim ou d’autre chose. Le Forum Ă©conomique mondial de Davos, en Suisse, nous apprend que, depuis 2015, les 1 % les plus prospĂšres de ce monde dĂ©tiennent plus de richesses que le reste des humains sur la planĂšte.
Durant la campagne Ă©lectorale amĂ©ricaine de 2015, le candidat dĂ©mocrate Bernie Sanders renchĂ©rissait en prĂ©cisant que le dixiĂšme de 1 % des milliardaires amĂ©ricains dĂ©tenaient autant de richesses que 90 % de toute la population des États-Unis. Ce sont d’ailleurs ces mĂȘmes milliardaires qui ont créé la thĂ©orie et qui entretiennent la lĂ©gende que plus eux-mĂȘmes deviennent riches, plus leur richesse percole ou filtre vers le bas et finit par atteindre les niveaux infĂ©rieurs de la sociĂ©tĂ©. Ce qui crĂ©erait Ă©ventuellement des emplois et permettrait Ă  la population d’atteindre une certaine prospĂ©ritĂ©.
Sanders rĂ©futait cette thĂ©orie et prĂ©tendait que, au contraire, les pauvres devenaient chaque jour plus pauvres, pendant que les riches devenaient chaque jour plus riches. Le rĂ©sultat net Ă©tait que le fardeau fiscal de la classe moyenne augmentait Ă  tel point qu’elle menaçait de disparaĂźtre complĂštement. Un phĂ©nomĂšne qui n’est pas unique aux États-Unis, mais qui reflĂšte une situation de fait dans la majoritĂ© des pays les plus prospĂšres, dont le Canada.
Au QuĂ©bec, 42 % de la population ne paie aucun impĂŽt, alors qu’en Ontario, on n’en paie aucun si l’on gagne moins de 41 000 $ par annĂ©e. Si vous faites partie des 58 % qui paient de l’impĂŽt au QuĂ©bec ou si vous gagnez plus de 41 000 $ en Ontario, vous ĂȘtes un cormoran et vous avez un anneau autour du cou.
Bien sĂ»r, on dira que, mĂȘme ceux qui, officiellement, ne paient pas d’impĂŽt paient, dans les faits et Ă  leur insu, diverses taxes. Car en utilisant des vocables ambigus ou mĂȘme mensongers, les gouvernements fĂ©dĂ©ral et provinciaux ont saupoudrĂ© sur les biens de consommation une quantitĂ© invĂ©rifiable de taxes dissimulĂ©es. Elles s’appliquent Ă  l’alcool, l’essence, le tabac, les pneus, la vente immobiliĂšre, l’immatriculation des vĂ©hicules, les prĂ©lĂšvements sur l’hĂ©ritage, etc. La liste s’allonge et on n’est jamais sĂ»r qu’elle soit complĂšte.
MĂȘme les chĂŽmeurs qui fument une cigarette et qui prennent un verre de biĂšre paient des taxes prĂ©levĂ©es sur les cormorans. Mieux encore, les gouvernements vont jusqu’à taxer les taxes exigĂ©es par un autre niveau de gouvernement ! Mais si l’on s’en tient aux taxes retenues directement sur le revenu, les cormorans font vivre plus d’un tiers, en fait presque la moitiĂ© de la population de votre province, quelle qu’elle soit. Cela comprend, entre bien d’autres, les chĂŽmeurs, les invalides, les Autochtones, les personnes ĂągĂ©es, les rĂ©fugiĂ©s, les persĂ©cutĂ©s, les sportifs, les prisonniers et mĂȘme les politiciens.
Bien entendu, les gouvernements ont une conscience aiguĂ« d’abuser honteusement des cormorans que nous sommes. Ils se font d’ailleurs Ă©lire en reconnaissant publiquement l’injustice faite Ă  la classe moyenne et en promettant d’y remĂ©dier s’ils sont portĂ©s au pouvoir. Ce qui, bien sĂ»r, n’arrivera pas. Sauf peut-ĂȘtre pour un allĂšgement fiscal insignifiant et hautement symbolique (moyenne de 330 $ en 2016 !) qui servira surtout Ă  dĂ©montrer qu’ils ont tenu parole. Ils continuent cependant de considĂ©rer la classe moyenne comme une sorte de croisement entre une vache Ă  lait et une poule aux Ɠufs d’or. Ce qui fait que les cormorans sont Ă  bout de souffle et de ressources. Ils mĂšnent une existence souvent prĂ©caire, parfois juste au-dessus de la faillite personnelle.
Le collier que vous portez au cou Ă  titre de cormoran n’est pas fait de fibres vĂ©gĂ©tales, comme chez les oiseaux de la riviĂšre Li. Il se prĂ©sente plutĂŽt sous forme d’une dĂ©claration de revenus que vous devez faire chaque annĂ©e. Si vous ne la faites pas, l’Agence du revenu du Canada vous imposera une peine financiĂšre sĂ©vĂšre qui grĂšvera encore davantage votre revenu.
Cette dĂ©claration annuelle de revenus vous permet d’apprendre que vous payez en argent comptant (plutĂŽt qu’en poisson ou en miellat) des taxes fĂ©dĂ©rales ou provinciales pendant les six premiers mois de chaque annĂ©e, soit de janvier jusqu’en juin. Pendant les six derniers mois, vous pouvez travailler pour vous-mĂȘme et conserver ce que vous gagnez. À condition que vous n’alliez pas au restaurant, que vous ne passiez pas la nuit dans un motel ou que vous n’achetiez pas de voiture. Dans de tels cas, vous paieriez des taxes supplĂ©mentaires !
Si vous connaissez un chĂŽmeur canadien qui, chaque matin durant l’hiver, dĂ©ambule le boardwalk d’Atlantic City, si vous voyez quelqu’un pousser un fauteuil roulant prĂšs d’un hĂŽpital, si vous regardez passer une ambulance avec gyrophares et sirĂšne en marche, dites-vous bien que les fonds nĂ©cessaires Ă  de telles activitĂ©s proviennent en bonne partie de vos contributions fiscales. Comble de l’ironie, si un policier vous arrĂȘte pour une infraction au Code de la route, il sera insensible Ă  votre statut de cormoran. N’allez donc pas lui offrir un poisson, ce qu’il pourrait interprĂ©ter comme un pot-de-vin. N’allez pas non plus lui rappeler que vous avez participĂ© Ă  l’achat de sa belle casquette et au carnet dont il se sert pour vous infliger la contravention.
Vous avez peut-ĂȘtre remarquĂ© que, dans notre sociĂ©tĂ© contemporaine, les voleurs de poule ont pratiquement disparu de nos villes et mĂȘme de nos campagnes. Est-ce faute de poules ou faute de voleurs de petite envergure ? Vous avez peut-ĂȘtre remarquĂ© aussi que les voleurs de banque Ă  la « Bonnie and Clyde » deviennent rares et sont mĂȘme menacĂ©s d’extinction. Seul le vol Ă  l’étalage est encore Ă  la mode chez les petites gens. Tous ces criminels d’autrefois ont ratĂ© le virage technologique et n’ont pas su s’adapter aux circonstances changeantes de notre sociĂ©tĂ©.
De nos jours, les rĂŽles sont inversĂ©s. Ce ne sont plus les petites gens qui volent les riches et les nantis, mais plutĂŽt les grandes compagnies qui exploitent honteusement la population. Voici la cigarette qu’on nous disait inoffensive ! Voici l’amiante qui nous dĂ©truit les poumons ! Voici les raisins imprĂ©gnĂ©s de pesticides ! Voici les produits alimentaires contaminĂ©s Ă  l’E. coli, Ă  la salmonelle ou Ă  la listeria ! Voici les nĂ©onicotinoĂŻdes qui tuent les abeilles ! Voici les moteurs diesel qui ne respectent pas les normes Ă©tablies ! Voici la pollution atmosphĂ©rique qui rĂ©duit notre espĂ©rance de vie ! Voici les mille entourloupettes Ă©lectroniques qui vous volent sans douleur et sans mĂȘme que vous le sachiez !
Bien plus, nos milliardaires et nos compagnies richissimes pratiquent l’évasion fiscale sur une grande Ă©chelle. MĂȘme les grandes entreprises respectables, mĂȘme les saintes coopĂ©ratives, mĂȘme les sociĂ©tĂ©s d’État s’y adonnent avec frĂ©nĂ©sie. Sans le dire expressĂ©ment, tout le monde tente de faire en sorte que les cormorans paient le plus de taxes possibles Ă  l’État, prisonniers qu’ils sont de leur dĂ©claration fiscale, de leur Ă©tat social et de leur peu d’influence.
Ces milliardaires et compagnies richissimes ont mĂȘme Ă©tabli des concepts glissants et trompeurs afin de lĂ©gitimer leurs investissements dans des paradis fiscaux. Pour brouiller les pistes, elles mĂȘlent donc dans la mĂȘme marmite des phĂ©nomĂšnes comme la planification fiscale lĂ©gitime, l’évitement fiscal et l’évasion fiscale. Mais le but ultime est toujours le mĂȘme : ne pas payer d’impĂŽt ou en payer le moins possible. Ou si l’on veut, transfĂ©rer sur le dos des cormorans le fardeau financier le plus lourd possible.
Les gouvernements interviennent pour enrayer ces fraudes monumentales (estimĂ©es Ă  300 milliards de dollars canadiens en 2017) et mettre fin Ă  cette hĂ©morragie fiscale. Mais beaucoup sont d’avis que, contrairement Ă  d’autres pays, le Canada le fait avec timiditĂ© et plutĂŽt mollement. Veut-il mĂ©nager des intĂ©rĂȘts obscurs ? Accommoder des personnages considĂ©rables ? Quoi qu’il en soit, il est tellement plus facile de taxer davantage des cormorans sans dĂ©fense et sans voix, plutĂŽt que de pourchasser les contrevenants jusqu’aux Îles Cayman, aux Maldives ou aux Seychelles !
La France combat l’évasion fiscale en imposant des amendes pouvant atteindre 3 000 000 d’euros et sept ans de prison. Les mesures prises par le Canada existent aussi, mais, selon plusieurs, sont empreintes de lenteur et d’inaction. Un seul exemple, l’Agence du revenu du Canada annonce qu’elle utilisera les plus rĂ©cents outils d’enquĂȘte et la technologie de pointe, en plus de ses Ă©quipes d’enquĂȘte plus grandes, pour
‱dĂ©tecter un plus grand nombre de cas d’évasion fiscale et imposer les frais, amendes et pĂ©nalitĂ©s appropriĂ©s ;
‱renforcer la collaboration internationale pour combattre l’évasion fiscale ;
‱mettre sur pied un comitĂ© consultatif indĂ©pendant sur l’évasion fiscale Ă  l’étranger et la planification fiscale abusive ;
‱commencer le travail d’estimation de l’écart fiscal, pour que les Canadiens et les parlementaires aient confiance dans le rĂ©gime fiscal.
Vous reconnaissez lĂ  le langage alambiquĂ© qu’utilise l’État quand il est dans l’embarras et qu’il veut calmer la population inquiĂšte et irritĂ©e. Ce langage ne suffit cependant pas Ă  stopper l’évasion fiscale, qui se continue de plus belle et, mĂȘme, qui s’aggrave d’annĂ©e en annĂ©e. Une analyse de la Canadian Broadcasting Corporation rĂ©vĂšle qu’en l’espace de quatre ans (2011 Ă  2014), le nombre de Canadiens qui gagnent plus de 100 000 $ par annĂ©e et qui ne paient pas d’impĂŽt a augmentĂ© de 50 % ! Croyez-vous vraiment que, depuis 2014, la situation s’est amĂ©liorĂ©e ? Croyez-vous vraiment que la firme gĂ©ante KPMG a cessĂ© d’aider les riches Ă  Ă©viter le fisc ? Croyez-vous vraiment qu’Amazon et Netflix paient maintenant leur juste part d’impĂŽt ?
Nous, les cormorans, aimerions ĂȘtre informĂ©s davantage, rĂ©guliĂšrement et ouvertement sur les noms de ceux qui, tout comme Messi, les Rolling Stones et les Hells Angels, s’adonnent Ă  l’évasion fiscale ; sur les sommes rĂ©cupĂ©rĂ©es par l’État ; sur les peines infligĂ©es aux individus et aux sociĂ©tĂ©s pris en dĂ©faut ; sur les moyens concrets mis en place pour mettre fin Ă  cette fraude. Et ce, sans devoir passer des heures Ă  fouiller Internet dans l’espoir de trouver des rĂ©ponses souvent inexistantes.
Par ailleurs, si vous ĂȘtes un cormoran mĂ©chant et vengeur ou que vous ĂȘtes un adepte de l’humour noir, tĂ©lĂ©phonez au Centre fiscal du Canada ou Ă  toute autre institution fĂ©dĂ©rale de votre choix pour exprimer votre dĂ©saccord au sujet :
‱de la dette canadienne (comprenant celles du gouvernement et des sociĂ©tĂ©s de la Couronne) qui, selon le ministre des Finances Bill Morneau, devrait atteindre 1,066 $ billion en 2018-2019;
‱du dĂ©ficit qui devrait atteindre ou mĂȘme dĂ©passer les 20 000 000 000 $ en 2017-2018 ;
‱de l’intĂ©rĂȘt annuel sur la dette de tous les gouvernements du Canada, qui Ă©tait, selon l’Institut Fraser, de 60 800 000 000 $ en 2014-2015, ce qui absorbe environ 9 % de tous leurs revenus ;
‱de l’accumulation de taxes non payĂ©es par les Canadiens, qui atteint 43 800 000 000 $ en 2017, selon Radio-Canada ;
‱du fiasco de l’implantation (1995) et de l’abolition (2012) d’un registre national d’armes Ă  feu Ă  un coĂ»t qui, selon l’émission Zone libre, dĂ©passait les 2 000 000 000 $ dĂšs 2004 ;
‱de la subvention estimĂ©e Ă  205 000 000 $ accordĂ©e Ă  la Fondation Aga Khan Canada entre 2012 et 2017 ;
‱de la somme de 215 000 $ qu’ont coĂ»tĂ© les vacances du premier ministre Trudeau en 2016-2017, Ă  l’üle personnelle de son ami Aga Khan ;
‱des 10 000 000 $ accordĂ©s furtivement en 2017 Ă  Omar Khadr, que les tribunaux ont condamnĂ© pour terrorisme ;
‱du systĂšme de paye PhĂ©nix dont le coĂ»t en 2018 est d’au moins 1 000 000 000 $ et va en augmentant ;
‱des 750 000 000 $ versĂ©s en 1998 Ă  la Grande-Bretagne pour quatre sous-marins d’occasion qui, depuis, sont en cale sĂšche 91 % du temps et dont les rĂ©parations ont coĂ»tĂ© plus de 2 600 000 000 $, soit trois fois plus que l’achat initial !
Il est inutile de poursuivre cette nomenclature, qui se prolongerait indĂ»ment. De toute maniĂšre, votre vive opposition ne vous mĂšnerait nulle part et ne serait qu’une nouvelle charge de cavalerie dans un marĂ©cage. Pourtant, une toute derniĂšre remarque : si la performance des gouvernements est si dĂ©ficiente dans les grandes choses, comment sera-t-elle dans les innombrables petites choses qui constituent leur pain quotidien ?
La plupart d’entre nous ne sont que de tout petits cormorans. Nous portons au cou u...

Table of contents

  1. Couverture
  2. Page de titre
  3. Droits d’auteur
  4. A propos de l’auteur
  5. Table des matiĂšres
  6. Le tapis vert
  7. Post mortem
  8. Une pluie tiĂšde
  9. Dark Horse
  10. Les noces d’or
  11. Les quatre vents
  12. Un enfant de cinquante ans
  13. La bonne étoile
  14. La vie spartiate
  15. Un trou béant
  16. L’Ɠil bleu, l’autre brun
  17. Le poivre dans l’omelette
  18. La rhubarbe des cimetiĂšres
  19. Les sculptures sur glace
  20. Le malheur des autres
  21. Les bulles de savon
  22. La brume des années
  23. Les roues des charrettes
  24. Les bras robotisés
  25. La vie des bibelots
  26. Les cormorans de la riviĂšre Li
  27. La Belle au bois dormant
  28. Le sabot de Denver
  29. Les fins de voyage
  30. L’ombre de Mozart
  31. Collection Philosophica