Les Industries lithiques taillées de Franchthi (Argolide, Grèce), Volume 1
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Les Industries lithiques taillées de Franchthi (Argolide, Grèce), Volume 1

Présentation générale et industries Paléolithiques, Fascicle 3

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Les Industries lithiques taillées de Franchthi (Argolide, Grèce), Volume 1

Présentation générale et industries Paléolithiques, Fascicle 3

About this book

"With the long-awaited publication of these three volumes we have the first thorough documentation of one of the most important prehistoric sites in the Mediterranean, that of Franchthi Cave in the Argolid Peninsula of Greece." —American Anthropologist

" . . . an exceptional contribution to the hitherto very inadequate knowledge of this period in Greece." —Antiquity

" . . . the archaeological and paleoenvironmental data from Franchthi Cave are unique in providing a site-specific record of the cultural responses to great environmental changes." —Quarterly Research

"Perlès's study is impressive in the systematic application of a well-thought-out methodology." —American Antiquity

This study of chipped/flaked stone tools found in the excavations at Franchthi Cave is the first of its kind in Greek archaeology, if not in the whole of southeastern European prehistory.

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Information

Year
2018
eBook ISBN
9780253044587
DEUXIEME PARTIE
Les industries paléolithiques
CHAPITRE V
Introduction
Quel Paléolithique?
1. Paléolithique, Epipaléolithique ou Mésolithique?”
La validité de l’emploi des termes Paléolithique et Mésolithique, pour décrire la séquence ancienne de Franchthi, a fait l’objet de quelques discussions lors des deux symposiums qui se sont tenus à Bloomington. Les inconvénients qu’ils pouvaient présenter ont été soulevés, sans qu’une décision n’ait été prise de leur substituer d’autres termes. Ils ont donc été jusqu’à présent les seuls utilisés dans les publications sur Franchthi, et je n’ai pas jugé souhaitable d’en employer d’autres.
Le terme de Paléolithique est donc utilisé ici pour désigner les niveaux compris entre la base de la séquence fouillée et la fin du Xlème millénaire B.P. en termes de chronologie absolue. Cette limite supérieure, qui correspond à celle utilisée en Europe occidentale, est effectivement marquée dans les industries lithiques de Franchthi par une rupture majeure. Cette dernière se présente, il est vrai, à l’inverse de ce que l’on attendrait, puisque l’outillage microlithique (lamelles à bord abattu et géométriques) disparaît à la fin du Xlème millénaire en même temps que cesse d’être utilisée, et de façon définitive, la technique du microburin. Les industries qui lui font suite, désignées sous le terme de Mésolithiques, relèvent donc d’une conception technologique différente, même lorsqu’elles s’enrichissent à nouveau de microlithes, au IXème millénaire. Cette rupture typologique et technologique est l’une des plus marquées, sinon la plus marquée, de la séquence de Franchthi. A cet égard, l’emploi de termes différents se justifie amplement. De surcroît, cette limite correspond également à la limite reconnue entre le Pléistocène et l’Holocène. Or là encore, nous disposons à Franchthi d’éléments en faveur de son maintien: les industries paléolithiques sont en effet associées à une faune qui comprend des genres aujourd’hui disparus de Grèce (Bos et Equus, pour ne citer que la macrofaune). Or on ne retrouve plus ces espèces dans notre séquence après le Xlème millénaire B.P. (S. Payne 1975).
La validité de la distinction, entre les vestiges qui précèdent et qui suivent le Xlème millénaire à Franchthi, ne peut donc guère être remise en cause. Toutefois, il convient de garder aux termes utilisés pour les désigner un sens essentiellement chronologique.
En effet, et pour en revenir plus précisément aux industries lithiques, le terme de Paléolithique n’a guère ici de valeur descriptive. Il ne renvoie pas à un contenu typologique. Riches en microburins dès le XIIIème millénaire B.P. et en microlithes géométriques aux Xllème et Xlème millénaires, ces industries de Franchthi peuvent aisément être comparées typologiquement à des industries “mésolithiques” si l’on se réfère à l’Europe occidentale, ou à des industries “épipaléolithiques” si l’on se réfère au Proche-Orient. Mais ni dans un cas ni dans l’autre n’y a-t-il concordance exacte, soit typologique, soit chronologique, avec les ensembles ainsi dénommés. L’emploi de ces termes à Franchthi n’aiderait donc pas à clarifier ce problème, au demeurant fort général en préhistoire où cadre chronologique et contenu technologique sont souvent confondus. A défaut de solution plus adaptée, l’usage des termes Paléolithique et Mésolithique, définis chronologiquement, n’entraînera pas, je l’espère, de confusion trop grave.
2. Le Paléolithique moyen
Les fouilles n’ayant jamais atteint le plancher de la grotte, la présence éventuelle de Paléolithique moyen n’a jamais pu être vérifiée stratigraphiquement. Or, le Paléolithique moyen est connu en Grèce par de nombreuses découvertes (Perlès, à paraître a), dont certaines dans la région même de l’Hermionide (Pope, Runnels et Ku 1984; Jameson, Runnels et van Andel, à paraître).
En fait, la question peut être soulevée à propos du niveau le plus profond de F/A-S (F/A-S 227) qui a livré, dans un ensemble extrêmement pauvre, deux éclats à talon facetté (fig. 16 n° 3 et 6). Or cette technique, courante au Paléolithique moyen, est virtuellement absente dans les niveaux sus-jacents de Franchthi.
Certes, ces éclats ne suffisent pas à affirmer que cette unit remonte bien au Paléolithique moyen, mais d’autres indices laissent soupçonner sa présence dans la grotte ou dans les environs immédiats. D’une part, la faune de ces niveaux les plus profonds de F/A comprend des espèces que l’on ne retrouvera pas par la suite 1 D’autre part, quelques pièces provenant des phases I à IV présentent des caractères qui tranchent avec ceux des ensembles dont elles proviennent: éclats à talons facettés “en chapeau de gendarme”, éclats à profonde patine blanche, éclats à double patine (cf. document V.l). P. Mellars avait fait une constatation analogue en étudiant le matériel de la tranchée G1, à la base de laquelle il avait trouvé un éclat à talon facetté et un nucléus discoïde qui lui paraissaient d’allure très moustérienne (Mellars 1969:356-358). A ces indices provenant du matériel en stratigraphie s’ajoutent, dans le matériel de surface ou remanié, quelques pièces de technique levallois (deux éclats et un nucléus) ainsi qu’une pointe de type moustérien (fig. 16 n° 1 et 2, pl. I).
Image
Figure 16: Quelques indices de la présence de Paléolithique moyen dans la grotte. 1-2: éclats Levallois (H1-Terrasse, niveaux supérieurs remaniés). 3,6: éclats à talon facetté de F/A-S 227. 4: éclat à talon facetté “en chapeau de gendarme” (H1-B 210). 5: éclat à talon facetté et patine blanche (H1-A 195).
En fait, je n’ai pas étudié ce matériel remanié, et ces quelques pièces ont été découvertes par hasard, en cherchant des échantillons pour des analyses de matières premières. C’est dire qu’il pourrait y en avoir bien d’autres dans ces niveaux superficiels. La présence de vestiges d’un éventuel Paléolithique moyen dans les niveaux remaniés, au-dessus du Néolithique, a de quoi paraître étrange. En réalité, ce problème ne se pose pas spécifiquement pour le Paléolithique moyen mais pour tout le Paléolithique: sur toute l’étendue de la partie fouillée de la grotte, les niveaux les plus superficiels sont extrêmement riches en outillage et en faune du Paléolithique supérieur, avec de nombreux éléments parfaitement caractéristiques, et qui ne laissent aucun doute sur leur âge réel. Il y a eu manifestement des remaniements très importants, aboutissant à une sorte d’inversion stratigraphique. Curieusement, la présence de Mésolithique, qu’on attendrait logiquement dans ce cas, n’apparaît clairement ni dans la faune ni dans l’industrie lithique. L’emplacement des zones remaniées est inconnu, comme le sont la nature et l’âge de ces remaniements (ils sont en tout cas postérieurs au Néolithique). Mais la présence de pièces de technique Levallois dans ces niveaux superficiels pourrait s’expliquer en supposant que ces remaniements ont atteint des niveaux plus anciens que la fouille elle-même.
Aussi, s’il est impossible d’affirmer la présence de Paléolithique moyen en stratigraphie, à la base des tranchées fouillées, nous disposons quand même d’un faisceau d’indices en ce sens, intéressants pour l’histoire de l’occupation du site et du peuplement de l’Argolide.
3. Les niveaux du Paléolithique supérieur
Le Paléolithique supérieur a été mis au jour en stratigraphie dans quatre secteurs de la grotte, et de la grotte uniquement: aucun indice n’en a été décelé à l’extérieur, sous le porche, ou plus avant, sur la Paralia. Sous le porche ancien, la tranchée B/E a rapidement atteint un sol rocheux, tandis que sur la Paralia les niveaux néolithiques reposent directement sur des sédiments rubéfiés dits “Basal Red”, sans doute plus anciens que le Paléolithique supérieur, et apparemment stériles.
Dans la grotte elle-même, le Paléolithique a été atteint dans toutes les tranchées les plus profondes, mais à des profondeurs absolues variables en raison d’un pendage général des couches depuis le porche vers le fond de la grotte. Ainsi, le niveau repère de cendres volcaniques (cf. chapitres VII et VIII) est à 3m environ au-dessus du niveau actuel de la mer en Hl, mais à 0.50m seulement en F/A. C’est ce qui explique que la nappe phréatique n’ait été atteinte que dans cette dernière tranchée, la plus reculée, où elle a interdit la poursuite des fouilles. En H1-B, ce sont de gros blocs d’effondrement qui ont constitué un obstacle dirimant, mais la puissance totale des niveaux paléolithiques mis au jour dans ces deux tranchées atteint quand même trois mètres d’épaisseur.
Toutefois, c’est dans les tranchées G1 (units 66 et 67) et H (units 57-67’A et 70-71B) que le Paléolithique avait été reconnu le plus anciennement, dès 1968 et 1969. Mais ces tranchées se sont avérées très pauvres: P. Mellars, qui étudiait alors le matériel lithique, n’a décompté que 74 pièces pour ces deux tranchées (Mellars 1969). Or il ne s’agit pas d’un simple effet de surface fouillée: celleci est en fait comparable à celle des tranchées F/A et Hl. Dans ces conditions, il faut ou bien admettre une baisse considérable de la densité d’occupation dans ces secteurs, ou bien, ce qui est plus probable, une déficience du système de tri des résidus de tamisage (cf. chapitre IV). Dans ces conditions, je n’ai pas pu utiliser ces deux tranchées dans l’analyse du Paléolithique, et il n’y sera plus fait référence dans la suite de cette étude. C’est d’autant plus regrettable que la plus ancienne des deux dates 14C obtenues sur ces niveaux (H 59A1: 11.093 ± 260 B.P., P-1520; et H 71B2-3: 11.930 ± 168 B.P., P-1668) suggère que l’on trouvait là une partie de la séquence sans doute absente en Hl, et certainement absente en F/A2.
Nous devrons pourtant nous contenter de l’étude de ces deux dernières tranchées, fouillées plus récemment et tamisées à l’eau, et dont la richesse est sans commune mesure avec celle des deux premières: plusieurs dizaines de milliers de pièces y ont été recouvrées. Une analyse critique de la valeur des échantillons pour chaque phase sera présentée dans l’étude qui suit. Mais, de manière globale, leur richesse, la qualité de la fouille et surtout du tamisage, permettent d’envisager avec confiance la représentativité des industries qu’elles ont livrées.
NOTES
1 S. Payne, comm. orale. L’étude de ce matériel n’est pas achevée au moment de la rédaction de ce texte.
2 Toutes les dates14 C sont établies selon une demi-vie de 5568 ans. [For a list of all radiocarbon dates from Franchthi, see Jacobsen and Farrand 1987:Plate 71—EDITOR.]
CHAPITRE VI
Typologie et chronologie des industries paléolithiques de Franchthi
1. Rappels de procédure
La nécessité de définir des phases lithiques avant d’entreprendre l’étude proprement dite du matériel a déjà été exposée, de même que la démarche d’ensemble que nous comptions mettre en oeuvre à cette fin. Le présent chapitre ne constitue donc pas l’étude proprement dite du matériel, mais une mise en évidence de la variabilité diachronique du matériel retouché afin de définir les types chronologiques et les phases lithiques.
Au départ de cette analyse figurent quelques choix arbitraires. En premier lieu, celui de traiter de façon indépendante le matériel paléolithique, plutôt que l’ensemble de la séquence de Franchthi. Les raisons à cela sont de simple commodité et bon sens: l’examen préalable du matériel, lors des descriptions individuelles, avait fait apparaître deux césures évidentes, l’une à la fin des niveaux attribués au Paléolithique, l’autre à la fin des niveaux attribués au Mésolithique et au Néolithique acéramique. Ne disposant pas de possibilités de traitement informatisé pour la totalité du matériel de Franchthi, il était plus simple de le diviser en ensembles plus homogènes et de dimensions plus restreintes.
Pour des raisons similaires, j’ai choisi d’aborder le m...

Table of contents

  1. Cover
  2. Title Page
  3. Copyright
  4. Table Des Matières
  5. Foreword
  6. Avant-Propos
  7. Introduction
  8. Première Partie: Présentation et modalités d’étude des industries lithiques
  9. Deuxième Partie: Les industries paléolithiques
  10. Troisième Partie: Documents
  11. Bibliographie
  12. Code Pour L’Analyse Des Caractères Des Lamelles À Un Et Deux Bords Abattus
  13. Liste Des Illustrations Hors-Texte
  14. Provenance Stratigraphique Des Pièces Illustrées
  15. Table Des Matières
  16. Planches

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