Le maire, l'architecte, le centre-ville... et les centres commerciaux
eBook - ePub

Le maire, l'architecte, le centre-ville... et les centres commerciaux

  1. 60 pages
  2. French
  3. ePUB (adaptée aux mobiles)
  4. Disponible sur iOS et Android
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Le maire, l'architecte, le centre-ville... et les centres commerciaux

À propos de ce livre

Montigny-lès-Cormeilles, commune du Val d'Oise de 20000 habitants est coupée en deux par un immense barreau commercial dit de la "patte d'oie d'Herblay" qui empêche l'émergence d'un véritable centre ville. Cette histoire est symptomatique d'un mal français où les lobbys des centres commerciaux et le règne du tout voiture ont phagocyté nombre de nos villes. Peuvent-elles se libérer? Un maire et un architecte se sont alliés pour livrer ce combat.

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Informations

Interview croisée

Jean-Noël Carpentier, vous dîtes avoir découvert David Mangin à la télévision en 2010. Qu’est-ce qui vous a tant frappé dans ses propos pour que vous décidiez de le consulter ?
JNC : Il était précis, ferme dans ses positions, et, comme lui, je ne parvenais pas à me faire à l’idée qu’un centre commercial, ayant amorti son investissement depuis des années, refuse de réinvestir une partie de ses bénéfices dans un projet d’aménagement urbain, qui à la fois sert ses intérêts et profite à la population de Montigny. Surtout quand cette population compte pour une part très importante dans son chiffre d’affaires. Je suis d’un naturel enthousiaste, et je pensais qu’en développant un projet séduisant avec un architecte de renom, nous n’aurions aucun mal à susciter l’adhésion.
Et que lui avez-vous demandé à votre architecte ?
JNC : Un plan global pour réintégrer le boulevard Bordier à la ville. Faire muter graduellement ce linéaire de « boîtes à chaussures » qui abîme le paysage et le lien social. Y construire des logements à taille humaine, des équipements culturels, des écoles, des crèches, des centres médicaux, des services de proximité pour les habitants. Dans ce projet global devait s’intégrer une proposition de rénovation du centre Carrefour, installé à Montigny depuis plus de quarante ans.
Et vous David Mangin, vous connaissiez Montigny ?
DM : Non, je savais seulement que c’était la ville de Robert Hue, l’ancien secrétaire national du PCF et le prédécesseur de Jean-Noël. Pierre Mansat, l’adjoint parisien en charge des relations avec les villes de la métropole, nous a mis en contact. Et j’ai découvert un maire déterminé, soucieux de changer l’image de sa commune. Et conscient, contrairement à nombre de ses collègues, que le modèle de la ville franchisée n’était plus soutenable.
Lors de votre première rencontre, vous lui faîtes pourtant part de votre perplexité. La situation de Montigny est vraiment plus complexe que celle d’autres villes traversées par d’anciennes nationales…
DM : Oui, parce que ce n’est pas une entrée de ville à proprement parler. En amont comme en aval, la RD14 redevient une grande rue de banlieue, avec un minimum de qualité urbaine. A Montigny en revanche, on sent vraiment que l’espace urbain a été sacrifié. Pas ou peu de trottoir, pas de contre-allée, une inflation de panneaux signalétique qui masque les quelques pavillons encore présents, et enfin cet alignement sans fin de hangars commerciaux… La RD14 est moins une rue qu’une sorte d’aire autoroutière, raccordée à L’A15 et pensée en priorité pour les automobilistes de passage. Ceci est d’autant plus problématique que la RD traverse le cœur de la commune. Il suffit de faire 50 mètres, et vous vous re-trouvez en quartier pavillonnaire ou dans la ZUP. Le niveau de nuisance est bien plus élevé qu’à Herblay, où le centre est nettement en retrait par rapport à la départementale, ou qu’à Franconville, où l’urbanisme commercial a été cantonné en entrée de ville. Enfin, circonstance aggravante, la population se répartit assez équitablement des deux côtés de l’axe routier, ce qui en fait un élément de coupure très net. Bien plus, paradoxalement, que l’autoroute A15, qui a été aménagée en tranchée dans la pente menant de la plaine au vieux Montigny, et se laisse traverser comme une simple coupure verte.
Jean-Noël Carpentier, votre municipalité en appelle aujourd’hui à différents acteurs pour remédier à ses difficultés avec la RD14. Elle a pourtant aussi sa responsabilité. Ces zones commerciales ont été voulues par les exécutifs qui vous ont précédés…
JNC : Il faut rappeler l’histoire. Quand il a été élu en 1977, mon prédécesseur, Robert Hue, s’est retrouvé avec une immense ZUP en préparation, installée par l’État et l’ancienne municipalité. Ilfallait construire des écoles, crèches, centres sociaux, voiries… Il fallait même reconstruire une nouvelle mairie ! Cela coûtait extrêmement cher, et Montigny n’avait pas un sou. Nous étions une sorte de ville nouvelle, mais sans les financements qui vont avec. Robert Hue le raconte très bien dans son livre4.
Quand L’A15 est arrivée au milieu des années 1970, la municipalité, c’est vrai, a fait le choix d’attirer la grande distribution pour accroître ses recettes fiscales. On peut lui reprocher de ne pas avoir cadré suffisamment les choses, mais elle n’était pas en position de force.
Et puis, c’était une toute autre époque. La consommation des ménages explosait, les hypermarchés véhiculaient une image de progrès et de modernité. Personne ne se souciait de développement durable et encore moins de « couture urbaine ». L’automobile était reine et le concept du « no parking (visible), no business » régnait en maître. Il n’y avait pas d’alternative à cette conception d’urbanisme commercial qu’aujourd’hui nous déplorons.
Enfin, il faut rappeler ce qu’était la crise du logement dans les années 1970. La France comptait des millions de mal logés. L’Etat a dû travailler dans l’urgence en inventant le principe des zones d’urbanisation prioritaire (ZUP). Et c’est ainsi que des quartiers de grands ensembles ont été posés un peu partout, sans prise en compte du contexte urbain, en se contentant de les raccorder aux grands axes routiers. Dans ce contexte, Robert Hue, à mes yeux, s’est montré plutôt visionnaire. Je rappelle tout de même qu’il a été élu en 1977 et que les choses étaient déjà engagées par l’ancienne municipalité. Il portait à l’époque un programme de dé-densification de la ZUP – une première en France. S’il ne s’était pas battu contre l’État, nous aurions eu 17 tours de 14 étages supplémentaires et nous serions aujourd’hui sans doute à plus de 35000 habitants au lieu des 20000 actuellement.
Il y a le poids de l’histoire, mais il y a aussi le contexte spatial particulier dans lequel se trouve la ville. Montigny souffre de son insertion dans cette grande nappe commerciale qui s’étend le long de la RD14 de Franconville à Pierrelaye. Sur 5 km on a là l’un des plus gros pôles commerciaux de la région Île-de-France. Près de 250000 m² de surfaces de vente qui drainent des publics venant de tout l’ouest parisien…
JNC : Oui, et ce qui est paradoxal c’est que d’un point de vue strictement économique, Montigny pèse assez peu dans cet ensemble. Les grandes surfaces qui font le plus de chiffre d’affaire se trouvent à Herblay, juste après la frontière communale. Le Décathlon de la ZAC des Copistes est par exemple le plus grand d’Île-de-France. Au final ce sont plus de 300 enseignes qui sont présentes sur la zone. Parmi les principales : IKEA, Leroy Merlin, Carrefour, Leclerc, Kiloutou, Lapeyre, Zodio, Alinéa, FNAC, Darty, Boulanger, Kiabi, Mac-Donald, Truffaut, Maison du monde…
Je vous laisse imaginer le trafic routier que cela engendre. Malheureusement ces enseignes ne sont pas raccordées par un réseau de transports en commun et les accès routiers ne sont pas suffisamment calibrés. Il n’existe pas de contre-allées pour passer d’un magasin à l’autre, pire, les parkings ne sont même pas mutualisés. Le carrefour principal de la zone dit de « la patte d’oie d’Herblay » est complètement saturé. Et puis, c’est incroyable, il n’existe pas de bretelle de sortie d’autoroute au niveau de la ZAC des copistes. Conclusion les automobilistes qui viennent de l’ouest parisien et qui prennent l’autoroute ne vont pas jusqu’à la patte d’oie, ils préfèrent sortir avant et traverser Montigny, qu’il utilisent comme un itinéraire bis. Le samedi, ce sont plus 30000 véhicules qui traversent la commune. Cette congestion routière à des implications négatives sur le quotidien des habitants. Dans cert...

Table des matières

  1. Sommaire
  2. Le Maire, l’Architecte et la RD14
  3. La ville franchisée par Jean-Noël Carpentier
  4. Montigny-Iès-Cormeilles par David Margin
  5. Interview croisée
  6. ...et dix idées reçues sur l’urbanisme commercial
  7. Qui sont-ils?
  8. Page de copyright