Partie 1
Le Népal
Apprends comme si tu devais vivre pour toujours et vis comme si tu devais mourir ce soir!
Proverbe tibétain
Chapitre 1 : Toujours plus près de l’Everest
Mardi 18 octobre 2011 10h Thado Koshigaon (entre Lukla et Phakding), région du Khumbu, Népal – 2552m
Il est 10h, il nous reste une heure de marche. Pour la journée. Alors que nous sommes partis de Katmandou, avons pris l’avion, avons pris un café dans un lodge à Lukla et avons marché deux heures…
Levés à 4h30… La nuit a été courte! Mais nous avons dormi un peu hier aprèsmidi, dans notre hôtel 5 étoiles à Bodnath, juste à côté de Katmandou, hôtel qui nous a reçus, nous les trekkeurs de Terres d’Aventure, à notre arrivée dans le pays et en attendant notre départ pour le Khumbu, région dans laquelle nous faisons le trek (région de l’Everest).
Hier a donc été une journée d'accueil au pays et de repos. Piquage de tête dans la piscine de l’hôtel (pas de sauna car payant), repas au Garden Kitchen, restaurant très joli et proposant des plats très bons, à trois minutes du stūpa (monument bouddhiste autour duquel les pratiquants tournent dans le sens solaire, souvent en récitant des mantras et parfois en faisant tourner des moulins à prière). Et visite donc, déjà. Du plus grand stūpa du Népal à Bodnath et de l’immense monastère de Shechen.
Avant de débarquer à Kat’, le voyage depuis Paris, et même depuis Bourg St Maurice, s’était très bien passé. Nous (mon père, ma mère, les autres membres du groupe et moi) avons eu droit à de magnifiques vues depuis l’avion sur les Alpes puis sur l’Himalaya. Transiter par Doha, au Qatar, m’a fait bizarre. Cela m’a rappelé Abu Dhabi : au bord de la mer, des lumières de partout, des routes au milieu d’étendues de sable (quoiqu’on n’y voyait pas grand-chose étant donné qu’il faisait nuit).
Je suis tombée amoureuse de Lukla! Ce village situé à 2833m d’altitude jouit d’une vue merveilleuse sur les montagnes, la végétation y est magnifique et le village est charmant. Les enfants y jouent au badminton pendant que les adultes font diverses tâches ou jouent au carom (billard indien, se jouant avec des pions que l'on fait glisser sur un plateau).
C’est fou d’être ici, si loin de chez nous, dans un tel paysage, marchant, nous rapprochant de plus en plus de l’Everest…
13h10 Phakding – 2552m
Maman nous raconte qu’elle est étonnée : ici, les enfants ne tendent pas la main pour avoir de l’argent, comme dans les petits villages du Maroc où elle était passée lors d’un trekking qu’elle avait fait là-bas.
Une heure plus tard, nous arrivons à Phakding, où des enfants tendent la main… et demandent des bonbons! Trop mignon. Sauf qu’un peu plus tard, ce n’est pas des bonbons que deux enfants réclament, mais bien des « roupies »!
Trek 1e jour :
18/10/2011
Lukla → Phakding
4h44 (8h03 → 12h47) avec pause déjeuner à Thado Koshigaon.
Dénivelée positive : 215m
Dénivelée négative : 414m (2833m → 2633m)
Il est 13h14, cela fait déjà une bonne vingtaine de minutes que nous sommes arrivés au lodge. Nous venons de récupérer nos sacs. Ce n’est plus l’hôtel cinq étoiles mais c’est encore du luxe : chambre double avec salle de bains intégrée et serviettes.
Le temps est légèrement couvert et il y a du vent. Mais il a fait beau toute la journée, et chaud. C’était juste parfait!
C’est fou tous les marcheurs que nous avons croisés. Nous étions déjà très nombreux à prendre l’avion de Katmandou à Lukla, et nous avons croisé du monde sur le chemin (qui descendait). J’imagine le monde devant et derrière nous… et n’ose pas imaginer ce que cela doit être sur le tour des Annapurna! (Je n’y mettrai jamais les pieds!).
Les porteurs sherpas sont chargés. Trop chargés. Certains écoutent de la musique tout en marchant (comme je les comprends!). La plupart de la musique indienne ou népalaise. Mais l’un écoutait « Boom boom boom boom » (des Vengaboys)! J’écoutais cette chanson quand j’étais au collège! Voire en primaire 1 … Ça m’a bien fait rire (ça et le jeune népalais qui avait un tee-shirt Britney Spears!).
Un peu partout, sur les pierres, les Népalais ont dessiné mon tatouage! Je m’explique : en février dernier, je me suis fait tatouer « Om Mani Padmé Hum », un mantra bouddhiste, en lettres tibétaines. Un mantra est une espèce de prière, une suite de mots que les Bouddhistes récitent plusieurs fois de suite tout en méditant sur leur signification. Le plus connu est le mantra de la compassion, Om Mani Padmé Hum, qui signifie « sagesse et compassion », ou « le joyau dans le lotus », la compassion jaillissant de la sagesse. Ce mantra est dessiné partout ici.
Ici, nous sommes dans la montagne. Nous nous sentons au Népal, le Népal qu’on imagine quand on en est loin (bien que, comme toujours, ce n’est jamais exactement comme on l’imagine). Mais quand nous sommes arrivés, c’était bien différent. Durant le trajet en minibus entre l’aéroport et l’hôtel (notre hôtel cinq étoiles 2), j’ai eu l’impression de revenir… en Inde! Mêmes gens, mêmes rues, même trafic, même klaxon incessant, même doublage des voitures n’importe où (il n’y a même pas de traçage des voies!), même odeur, mêmes lignes de téléphone emmêlées (comme vues à Jaipur), mêmes vaches qui circulent librement (elles sont plus en sûreté qu’un piéton tentant de traverser la route). Quel bonheur!
Ici par contre, c’est très différent. Tout est calme. Katmandou, c’est fou! A Bodnath, déjà, c’est plus tranquille. Il y a de jolies petites rues, où seuls les scooters peuvent passer (on se demande déjà comment ils font… et heureusement qu’il y a des ralentisseurs sinon ils seraient capables d’y passer à 90km/h!). J’essaierai de rester à Bodnath après le départ de mes parents (à moins que je ne reste à Lukla! J’aimerais trop ça, mais prendre l’avion seule pour Katmandou serait ensuite trop compliqué).
Jeudi 20 octobre 2011 15h18 Namche Bazar – 3427m
Aujourd’hui, j’aurais pu voir l’Everest. Mais il était couvert. En revanche, nous avons pu admirer le magnifique Ama Dablam (6814m), le Cervin de l’Himalaya…
Nous sommes arrivés hier à Namche Bazar. De Phakding à Namche, nous avons longé la rivière Dudh Koshi Nadi. Le chemin m’a plus rappelé les chemins du littoral méditerranéen que ceux de mes montagnes alpines. Mais moi qui suis amoureuse des deux, j’ai juste adoré! Nous avons souvent traversé la rivière sur les fameux ponts népalais. Superbe!
Encore beaucoup de monde sur ce chemin! C’est juste hallucinant. Le pire, c’est de croiser des yacks. Il ne faut jamais se mettre côté ravin pour les laisser passer, car ils peuvent facilement vous donner un coup de tête et ainsi vous envoyer dans le vide. A un moment cependant, mon père s’est mis côté ravin, mais en descendant sous le chemin, où l’espace était vaste. C’était juste après un pont, dans une montée (descente pour les yacks 3 qu’on croisait), dans un escalier très raide que les bêtes n’avaient pas l’air d’apprécier. Résultat : elles sont descendues du chemin, direct vers nous. J’ai mis du temps à percuter, trop occupée à vouloir les prendre en photo. Cette frayeur! Un de nos sherpas 4 était aussi descendu sous le chemin (pour nous accompagner? Ils prennent tellement soin de nous!) et m’a poussée vers le chemin. Mon sauveur! C’était le plus mignon des sherpas (et le sirdar, le chef des porteurs et des deux autres accompagnateurs).
Nous avons aussi vu beaucoup de porteurs : ceux qui portent les sacs des toutristes et ceux qui portent du matériel ou des articles à Namche. Quand on voit toutes les boutiques de vêtements, d’articles de rando, de souvenirs, de bouf (et boissons en tout genre, de la bière au coca), alors que l’accès au village ne se fait qu’à pied 5 ou hélico! C’est incroyable. Ces porteurs, ils sont fous! Entre ceux qui portent trois sacs ou plus, ceux qui portent des planches ou un tuyau énorme, ou une montagne de cartons,… Ils ont vraiment du courage. Ils vont tous à fond, mais s’arrêtent souvent. A un moment, on en a doublé un et j’ai reconnu mon sac. J’ai voulu l’enlacer et lui offrir un cadeau pour le remercier des efforts qu’il doit faire à cause de moi.
C’est après un dernier virage que nous nous sommes soudainement retrouvés devant le magnifique village de Namche Bazar. Puis nous avons pénétré dans ses ruelles étroites en pleine pente. Et là, c’est l’hallu. Des boutiques dans tous les sens. Quelques unes vendent de vraies marques (des marques d’ici). Mais beaucoup vendent des contrefaçons, leurs marques préférées étant North Face et Mammut.
Trek 2e jour :
19/10/2011
Phakding → Namche Bazar
6h32 (8h02 → 14h34) avec pause déjeuner à Monjo (2852m), 5h sans la pause déjeuner (mais avec d’autres pauses).
Dénivelée positive : 1050m
Dénivelée négative : 258m
(2610m → 3427m)
C’est inévitable à Namche : on va faire du shopping. L’objectif premier : trouver ce qu’il nous manque pour affronter, dans un futur proche, cols et sommets à plus de 5000m (toutes les affaires pour lesquelles on s’est dit, en faisant le sac, « on trouvera ça à Namche », car c’est très connu, on trouve tout à Namche!). Ma mère a ainsi cherché une veste en Goretex Paclite. Moi, j’ai cherché un pantalon de montagne pour marcher ces prochains jours (j’ai renoncé à prendre celui que j’avais chez moi car il était trop étroit. Il m’allait l’été dernier, mais j’ai pris du muscle 6). J’en ai trouvé un à 18€, d’une marque d’ici (Cohike). Aujourd’hui mes parents et moi sommes retournés faire du shopping et maman a enfin acheté une veste (hier on a sans doute fait 90% des magasins de Namche sans qu’elle ne se décide… Car il faut savoir que nous sommes une famille d’indécis). Elle l’a prise dans une boutique classe qui vend la marque Moutain Hardwear. Cent vingt euros une « vraie » veste : une affaire! (La mienne, de même gamme, m’a coûté 300€ en France!)
Puis, aussi bien hier qu’aujourd’hui, j’ai obéi à mes instincts de geek : j’ai été sur Internet. Direction Facebook! Moi, addicte? Oui, je le reconnais. Mais bon, il faut bien que je donne de mes nouvelles, que j’en prenne et surtout… que je dégoûte bien tout le monde!
Trek 3e jour : 20/10/2011
Journée d’acclimatation
Balade dans les environs de Namche Bazar
5h50 (8h40 → 14h30)
Dénivelée po...