
- 183 pages
- French
- ePUB (adaptée aux mobiles)
- Disponible sur iOS et Android
eBook - ePub
Sherlock Holmes - La Vallée de la peur
À propos de ce livre
"La Vallée de la peur" ("The Valley of Fear" dans les éditions originales en anglais) est un roman policier de Conan Doyle, publié en 1915, qui met en scène le célèbre Sherlock Holmes.
Foire aux questions
Oui, vous pouvez résilier à tout moment à partir de l'onglet Abonnement dans les paramètres de votre compte sur le site Web de Perlego. Votre abonnement restera actif jusqu'à la fin de votre période de facturation actuelle. Découvrez comment résilier votre abonnement.
Non, les livres ne peuvent pas être téléchargés sous forme de fichiers externes, tels que des PDF, pour être utilisés en dehors de Perlego. Cependant, vous pouvez télécharger des livres dans l'application Perlego pour les lire hors ligne sur votre téléphone portable ou votre tablette. Découvrez-en plus ici.
Perlego propose deux abonnements : Essentiel et Complet
- Essentiel est idéal pour les étudiants et les professionnels qui aiment explorer un large éventail de sujets. Accédez à la bibliothèque Essentiel comprenant plus de 800 000 titres de référence et best-sellers dans les domaines du commerce, du développement personnel et des sciences humaines. Il comprend un temps de lecture illimité et la voix standard de la fonction Écouter.
- Complet est parfait pour les étudiants avancés et les chercheurs qui ont besoin d'un accès complet et illimité. Accédez à plus de 1,4 million de livres sur des centaines de sujets, y compris des titres académiques et spécialisés. L'abonnement Complet comprend également des fonctionnalités avancées telles que la fonction Écouter Premium et l'Assistant de recherche.
Nous sommes un service d'abonnement à des ouvrages universitaires en ligne, où vous pouvez accéder à toute une bibliothèque pour un prix inférieur à celui d'un seul livre par mois. Avec plus d'un million de livres sur plus de 1 000 sujets, nous avons ce qu'il vous faut ! Découvrez-en plus ici.
Recherchez le symbole Écouter sur votre prochain livre pour voir si vous pouvez l'écouter. L'outil Écouter lit le texte à haute voix pour vous, en surlignant le passage qui est en cours de lecture. Vous pouvez le mettre sur pause, l'accélérer ou le ralentir. Découvrez-en plus ici.
Oui ! Vous pouvez utiliser l'application Perlego sur les appareils iOS ou Android pour lire à tout moment, n'importe où, même hors ligne. Parfait pour les trajets quotidiens ou lorsque vous êtes en déplacement.
Veuillez noter que nous ne pouvons pas prendre en charge les appareils fonctionnant sur iOS 13 et Android 7 ou versions antérieures. En savoir plus sur l'utilisation de l'application.
Veuillez noter que nous ne pouvons pas prendre en charge les appareils fonctionnant sur iOS 13 et Android 7 ou versions antérieures. En savoir plus sur l'utilisation de l'application.
Oui, vous pouvez accéder à Sherlock Holmes - La Vallée de la peur par Arthur Conan Doyle en format PDF et/ou ePUB ainsi qu'à d'autres livres populaires dans Literature et Historical Fiction. Nous disposons de plus d'un million d'ouvrages à découvrir dans notre catalogue.
Informations
Chapitre IX – Le Maître
Mac Murdo était un de ces hommes qui s’imposent. Où qu’il fût, on le connaissait vite. Il lui suffit d’une semaine pour prendre chez Schafter une importance incontestée. Shafter hébergeait à ce moment dix ou douze pensionnaires, braves contremaîtres d’usines ou vagues commis ; et notre jeune Irlandais avait une autre envergure. Quand ils se réunissaient le soir, c’était lui qui plaisantait avec le plus de verve, causait avec le plus d’agrément, chantait avec le plus de goût. Il respirait la camaraderie, il dégageait un magnétisme de bonne humeur. Néanmoins, de temps en temps, il se montrait, comme il l’avait fait dans le wagon, sujet à des colères brusques et violentes, qui commandaient non seulement le respect, mais la crainte. Bien plus, il affectait, vis-à-vis de la loi et de tout ce qui touchait à la loi, un mépris qui ravissait d’aise certains de ses co-pensionnaires, mais ne laissait pas d’inquiéter les autres.
On sentait, de prime abord, à son admiration déclarée, que la fille de la maison avait gagné son cœur à l’instant où elle s’était révélée à lui dans sa beauté et dans sa grâce. Il n’était pas un soupirant timide. Il lui dit, dès le second jour, qu’il l’aimait, et il ne cessa plus de le lui redire, sans tenir compte de ce qu’elle pouvait répondre pour le décourager.
« Alors, c’est vrai, j’arrive deuxième ? s’écriait-il. Ma foi, je me moque bien du premier ! Qu’il prenne garde ! Moi, sacrifier à un rival le bonheur de ma vie, le désir de mon cœur ? Vous avez beau repousser mes offres, Ettie, le jour viendra ou vous changerez de langage. Je suis assez jeune pour attendre. »
Et c’était un soupirant dangereux, avec ses façons gentilles, enveloppantes, avec cette facilité d’élocution qui lui venait de son origine irlandaise. Il avait, en outre, ce charme que l’aventure et le mystère donnent à un homme, et qui éveillent d’emblée la curiosité d’une femme. Il pouvait évoquer les douces vallées du comté de Monagham où il était né, l’île charmante qu’il avait laissée si loin, ses collines basses, ses vertes prairies, plus belles quand il les revoyait en imagination dans ce séjour de neige et de boue. Puis il connaissait à fond les cités du Nord, Détroit et les campements forestiers du Michigan, Buffalo, enfin Chicago, où il avait travaillé dans une scierie. Et cela devenait romanesque. On devinait qu’il lui était arrivé, dans cette grande ville, des choses étranges, si secrètes qu’on n’avait pas le droit d’y toucher. Il parlait, rêveusement, d’un départ subit, de vieux liens tout à coup rompus, d’une fuite vers l’inconnu qui l’avait mené jusque dans cette vallée maussade. Cependant Ettie l’écoutait, et ses yeux noirs brillaient de pitié et de sympathie : deux sentiments qui, chez une femme, prennent si vite un tour plus tendre !
Ayant de l’instruction, il s’était procuré un emploi provisoire de comptable. Son travail l’occupait une grande partie de la journée, et il n’avait pas encore trouvé l’occasion de se présenter au chef de la loge de l’Ancien Ordre des Hommes Libres. Mike Scanlan, le « frère » dont il avait fait la connaissance dans le train, vint un soir lui remontrer sa négligence. Petit, nerveux, figure en lame de couteau, des yeux sombres, Scanlan parut heureux de le revoir. Après un ou deux verres de whisky :
« Je me suis rappelé votre adresse, dit-il, et j’ai pris la liberté de venir. Je suis surpris que vous n’ayez pas encore rendu vos devoirs au Maître. Comment ne passez-vous point chez Mac Ginty ?
— J’ai dû chercher du travail, j’ai eu fort à faire.
— Il faut que vous ayez un moment pour lui, si vous en avez pour personne. Pardieu ! vous êtes fou de n’être pas allé, dès votre arrivée, vous inscrire au siège de l’Union. Si vous aviez le malheur de vous mettre le patron à dos… Mais cela ne doit pas être. »
Mac Murdo se montra surpris.
« J’ai appartenu deux ans à une loge, Scanlan ; jamais je ne me suis cru astreint à des obligations si urgentes.
— À Chicago, possible !
— C’est pourtant ici la même société.
— Oh ! la même… »
Scanlan attacha sur lui un long regard, d’une expression sinistre.
« Que voulez-vous dire ?
— Nous en recauserons dans un mois. Il paraît que vous avez échangé des mots avec les deux cognes après ma descente du train ?
— Comment le savez-vous ?
— Par la rumeur publique. Qu’il s’agisse de bien ou de mal, la rumeur publique, dans ce pays, ne laisse rien perdre.
— On ne vous a pas trompé. J’ai dit à ces chiens-là ce que j’en pense.
— Eh bien ! vous vous entendrez avec Mac Ginty. Vous êtes son homme.
— Lui aussi déteste la police ? »
Scanlan éclata de rire.
« Allez le voir, dit-il en se retirant. Si vous tardez davantage, ce n’est pas la police qu’il détestera, c’est vous. Écoutez le conseil d’un ami, et dépêchez-vous de le suivre. »
Le hasard fit que, le même soir, le même conseil fut donné d’autre part à Mac Murdo, et de façon encore plus pressante. Peut-être avait-il eu pour Ettie des soins spécialement marqués ; peut-être ses attentions avaient-elles fini par impressionner l’esprit de son hôte ; quoi qu’il en soit, le Suédois le manda dans sa chambre ; et sans aucun préambule :
« Il me semble, jeune homme, fit-il, que vous tournez autour de mon Ettie. Est-ce que je me trompe ?
— Pas du tout, répondit Mac Murdo.
— Alors, je vous avertis que vous perdez vos peines. Un autre est venu avant vous.
— Elle me l’a dit.
— Elle ne vous mentait pas. Vous a-t-elle nommé cet autre ?
— Je le lui ai demandé, mais en vain.
— Parbleu ! Elle ne voulait pas vous faire peur, la brave petite !
— Peur ?
Déjà Mac Murdo jetait feu et flamme.
— Oui, mon ami. Et il n’y a pas de honte à ça quand il s’agit de Teddy Baldwin.
— Qu’est-ce que c’est que ce Teddy ?
— Un des principaux Écumeurs.
— Les Écumeurs ! Vous n’êtes pas le premier qui m’en parliez. Les Écumeurs par-ci, les Écumeurs par-là… On ne s’entretient ici que des Écumeurs, et toujours du bout des lèvres. Ah çà ! de quoi tremblez-vous tous ? Et qui sont-ils, donc, vos Écumeurs ? »
Instinctivement, le Suédois baissa la voix, comme tout le monde quand il était question de la terrible bande.
« Les Écumeurs, dit-il, c’est l’Ancien Ordre des Hommes Libres.
Le jeune homme fit un sursaut.
— Mais cet Ordre-là, j’en suis membre !
— Vous ? Je me serais douté de ça que jamais je ne vous aurais reçu dans ma maison, fût-ce au prix de cent dollars par semaine.
— Que reprochez-vous à l’ordre ? ce n’est, d’après sa règle, qu’une association de bonne camaraderie et de bienfaisance.
— En certains endroits, peut-être. Ici, non.
— Qu’est-il donc ici ?
— Une société de meurtre, voilà tout.
Mac Murdo eut un rire incrédule.
— La preuve ? demanda-t-il.
— La preuve ? Mais cinquante meurtres ne sont-ils pas une preuve suffisante ? Cela ne vous dit rien, les assassinats de Milman et Van Short, de la famille Nicholson, du vieux Mr. Hyam, du petit Billy James, de tant d’autres ? La preuve ? Mais dans toute cette vallée il n’y a pas un homme ni une femme qui ne sache à quoi s’en tenir là-dessus !
— Voyons, dit Mac Murdo d’un ton animé, j’entends que vous retiriez ou que vous justifiiez vos allégations. Ce sera l’un ou l’autre avant que je sorte. Mettez-vous à ma place. J’arrive à peine dans cette ville. J’appartiens à une société que je sais irréprochable. Parcourez les États, vous la verrez partout poursuivant un but avoué. Et quand je m’apprête à la rejoindre ici, vous prétendez la confondre avec cette société criminelle des Écumeurs ! Je présume, monsieur Shafter, que vous me devez des éclaircissements ou des excuses.
— Je ne puis que vous dire ce que personne n’ignore, jeune homme. Les chefs de l’une sont les chefs de l’autre, et qui offense celle-ci est frappé par celle-là. On n’en a eu que trop d’exemples.
— Bavardages ! Il me faut une preuve.
— Vous n’aurez pas longtemps à l’attendre si vous continuez à vivre ici. Mais j’oublie que vous êtes l’un d’entre eux. Bientôt vous ne vaudrez pas mieux que le reste. Cherchez ailleurs un logement. Je ne peux vous garder. Qu’un de ces individus courtise mon Ettie sans que j’ose l’inviter à tourner les talons, c’est déjà une malchance suffisante pour que je refuse d’en subir un deuxième comme pensionnaire. Je vous le déclare tout net : vous ne dormirez pas chez moi demain ! »
Ainsi, Mac Murdo se voyait ensemble exilé d’un bon logis et d’une chère présence. Un peu plus tard dans la soirée, se trouvant seul au salon avec Ettie, il lui confia ses peines. « Votre père me renvoie, dit-il. Peu m’importerait s’il ne s’agissait que de ma chambre ; mais il y a vous, Ettie. Je ne vous connais que depuis une semaine, et je ne respire plus que par vous, je ne saurais vivre sans vous.
— Ah ! de grâce, ne parlez pas ainsi, monsieur Mac Murdo ! répondit la jeune fille. Ne vous ai-je pas dit que vous veniez trop tard ? Un autre vous a devancé. Sans doute je ne lui ai pas promis de l’épouser tout de suite, mais enfin je ne puis plus le promettre à personne....
Table des matières
- Chapitre I – L’Avertissement
- Chapitre II – Propos de Sherlock Holmes
- Chapitre III – Le Drame de Birlstone
- Chapitre IV – Ténèbres
- Chapitre V – Les Personnages du drame
- Chapitre VI – Premier Rayon de Lumière
- Chapitre VII – La Solution
- Chapitre VIII – L’Homme
- Chapitre IX – Le Maître
- Chapitre X – Loge 341, Vermissa
- Chapitre XI – La Vallée de la peur
- Chapitre XII – L’Heure sombre
- Chapitre XIII – Danger
- Chapitre XIV – Le Piège
- Chapitre XV – Épilogue
- Page de copyright