Unity Walkyrie Mitford
eBook - ePub

Unity Walkyrie Mitford

la groupie d'Hitler

  1. 448 pages
  2. French
  3. ePUB (adaptée aux mobiles)
  4. Disponible sur iOS et Android
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Unity Walkyrie Mitford

la groupie d'Hitler

À propos de ce livre

Unity Walkyrie Mitford fut l'intime d'Adolf Hitler entre 1935 et 1939. Conçue en 1914 à Swastika (Ontario), petite fille d'un lord anglais ami de Wagner, nièce de Winston Churchill, belle sœur d'Oswald Mosley, leader du Parti fasciste britannique, Unity se rêva garante de l'amitié entre les peuples anglais et allemands mais ne fut qu'un instrument de la propagande d'Hitler vers le futur Edouard VII. Sont historiques ses débauches avec des officiers SS, son vrai-faux suicide en 1939, sa bizarre fin de vie en Angleterre. La rivalité mortelle entre l'amiral Canaris et Reinhard Heydrich forme le nœud de l'intrigue romanesque. Chronique de la vie privée des hiérarques nazis, ce roman historique montre l'homme Hitler, dans sa complexité, dans sa duplicité et dans ses frustrations sexuelles dont la violence et la volonté inextinguible de pouvoir furent l'exutoire. Etrange destinée que celle de Unity Walkyrie Mitford qui, sincère dans son adulation nazie, ne connut que la fin pitoyable d'une groupie qui a raté sa sortie.

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Informations

Année
2015
Imprimer l'ISBN
9782322043323
ISBN de l'eBook
9782322021079

Journal de Unity Walkyrie Mitford

30 janvier 1933

4 septembre 1939

1933
30 janvier
Pourquoi ce journal ?
Adolf Hitler vient d’être nommé Chancelier par le vieux Hindenburg.
J’ai décidé de commencer ce journal pour marquer cette date heureuse et retracer mon engagement au service de la cause fasciste depuis mon adolescence.
Je m’appelle Unity Valkyrie Mitford, Unity du nom de Unity Moore, une actrice admirée par TPOF (ma mère, pour ceux qui ne connaissent pas les acronymes Mitford), Valkyrie sur la suggestion de Barty, mon grand père paternel, qui convainquit TPOF (mon père), revenu anti-Teuton de la guerre, que les Walkyries étaient des vierges scandinaves et non allemandes.
Je suis née en 1914. La rumeur familiale raconte que j’ai été conçue pendant une décevante campagne d’exploration de mes parents dans la concession minière qu’ils possédaient alors dans la petite ville de Swastika dans l’Ontario canadien. J’étais donc prédestinée à aduler le Führer !
31 janvier
Barty
Je dois ma conviction nazie à Barty, mon cher grand père paternel, même si je ne l’ai pas beaucoup connu puisqu’il est mort en 1916… mais il m’a laissé une bibliothèque que j’ai lu avec passion dès mon adolescence. C’est donc à lui et non à mes parents que je dois ma formation intellectuelle et politique, ceux-ci ayant abandonné leurs six filles à Blor, notre nurse, qui nous laissait vivre à notre guise.
Algernon Bertram Freeman-Mitford, donc, 1er Baron Redesdale, mon honorable grand père, 'Barty' pour la famille, avait été diplomate de carrière. En poste, à Saint-Pétersbourg puis, à deux reprises, pendant plusieurs années, au Japon, la saga familiale lui prêtait des bâtards nés d’une maîtresse geisha. Vraie ou fausse rumeur, il est certain que Barty était coureur de jupons pas uniquement de kimonos. Chez nous, on blague sur la ressemblance entre Tom, mon frère et Randolph Churchill, notre petit cousin. Barty, vrai Casanova, aurait, dit-on, eu comme maîtresse deux des trois sœurs Hozier : Clémentine et Blanche. Blanche Hozier est la grand-mère de Clémentine Hozier, l’épouse de Winston Churchill, le père de Randolph donc nous sommes petits neveux ou un peu plus… allez savoir. Cela n’empêche pas Randolph de courtiser Diana, ma sœur, la reine de beauté...
Je dois aussi à Barty ma passion pour Wagner. Barty, découvrant la musique géniale de Wagner lors de sa rencontre avec Houston Stewart Chamberlain écrivit : « Wagner tient l’esprit de ses auditeurs dans le ravissement de son génie… les premiers chrétiens dans les catacombes n’ont pas été plus sous une emprise plus grande». On ne saurait pas mieux dire !
Barty m’a laissé ses souvenirs de diplomates à lire mais surtout il m’a permis de découvrir très jeune Les Fondements du XXe siècle du susdit Chamberlain qu'il admirait et avait préfacé dans une traduction anglaise. Je garde précieusement l'exemplaire de cet ouvrage que lui avait dédicacé de l’auteur lors de leur rencontre à Bayreuth. J’ai souligné les passages clés notamment celui-ci : « Les Teutons son l’un des plus grands, peut être le plus grand pouvoir de l’histoire de l’humanité, on ne peut le nier... mais les Teutons ont été contaminés par le mélange avec des métis non Aryens et des Juifs… aucun argument au nom d’une prétendue ‘humanité’ ne peut détourner du combat contre ce métissage… ».
Adolf Hitler, dans son Mein Kampf, dont j’ai souligné aussi les passages les plus importants, reconnaît l’influence de cet ouvrage sur sa pensée. Chamberlain, fils d’un amiral anglais, avait choisi la nationalité allemande et épousé Eva, fille de Richard Wagner. Adolf Hitler lui a rendu visite, je dirai même a fait pèlerinage en 1923. Chamberlain après cette rencontre a envoyé à Hitler une lettre, dont je ne résiste pas à citer quelques passages dans ce journal : « … Votre regard est comme une main qui agrippe et tient une personne…. Vos mains sont si expressives dans leurs mouvements… L’Allemagne, à cette heure où elle en a le plus grand besoin, a donné naissance à Hitler, preuve de sa vitalité… ».
2 février
William Blake
Plus encore que la lecture, j’aime avant tout la peinture et le dessin. J'ai feuilleté, avec un sentiment coupable mais passionné, dès mes dix ans, les ouvrages reproduisant les tableaux de William Blake et de Hieronymus Bosch de la bibliothèque grand-paternelle. J’avais dans la bibliothèque une paix royale car mes parents ne lisant pas, n’y pénétraient jamais. Nancy écrit des romans mondains, mais c’est une autre histoire, j’en reparlerai à l’occasion. J’'ai dessiné très tôt, grâce à un don naturel, au grand scandale des mes sœurs, des hommes et des femmes nus qui s'accouplaient, prétendant hypocritement que c'étaient des anges. J'ai été une seule fois félicitée, allez savoir pourquoi, par les parents pour avoir dessiné Abraham semant à tout va ! Curieux succès pour une future antisémite !
J’ai appris par cœur les poèmes de Blake que je m’amuse à citer à mes sœurs et à mes parents qui ne comprennent rien à cette poésie mystique. Un de mes passages favoris est le suivant : « Ton amitié m'a souvent fait souffrir; sois mon ennemi, au nom de l'amitié...».
3 février
Le Juif Süss
Grâce à Barty, j’ai compris le danger juif en lisant son exemplaire du livre Le Juif Süss de Léon Feuchtwangler. Mes parents ne recevaient que des aristocrates comme nous. C’est un peu comme dans Mein Kampf où Hitler écrit avoir aperçu son premier juif «un être hideux en caftan» lors de son arrivée étudiant à Vienne. Moi c’est dans Le Juif Süss que j’ai fait leur connaissance.
Il faut dire que des Juifs, on en voyait jamais à la maison.
Pour être honnête, il faut ici avouer qu’on est passé très près d’une mésalliance et d’un métissage dans la famille ! On raconte encore, à voix basse, l’histoire du mariage, célébré en 1914, mais heureusement non consommé car rompu au retour d’un voyage de noce calamiteux à Venise, de mon grand oncle Jack, l’oncle de Muv, avec une Marie-Anne Friedlander-Fuld, héritière de l’homme le plus riche de Berlin à l’époque. Heureusement, cette tante juive ne compte donc pas car elle est entrée et ressortie de la famille de manière morganatique. Ce mariage demeure pourtant dans la mémoire Mitford, comme une maladie honteuse dont nous avons guéri.
Farve (mon père) veut ignorer même qu’il y ait des Juifs; il estime que rien n’existe hors la bonne société anglaise.
Muv (ma mère), elle, est antisémite par éducation plus que par raisonnement. Son père, Thomas Gibson Bowles, député et patron de presse, fondateur notamment du magazine mondain Vanity Fair et du magazine pour dames The Lady était un antisémite militant. Notons, incidemment, que grand-père Bowles procura une sinécure à Farve, jeune marié dans la rédaction de The Lady mais désespéra rapidement des capacités de son gendre.
Moi, je suis une antisémite de par raison. Sur ce chapitre, Muv est quand même assez inconséquente : elle prétend que le régime alimentaire des Juifs, la ‘Kasherout’, comme ils l'appellent d’un nom barbare, est excellente pour la santé, la preuve en étant, selon elle, que les Juifs ont moins de cancer que les ‘gentils’ c’est à dire les non juifs !? Elle a de toute façon des idées bizarres sur la médecine. Muv refuse toute médecine ainsi que toute vaccination. Nancy ayant contracté la poliomyélite enfant, elle l’a soigné elle même refusant de consulter un médecin. Nancy s’en est sortie, ce qui permet à TPOF d’affirmer le sérieux ‘scientifique’ de son rejet de toute thérapie.
Farv aime à dire à qui veut l’entendre : « Ma femme et moi sommes complètement normaux, mes filles sont folles ! » mais je ne suis pas certain qu’ils soient si ‘normaux’ que cela. Ne serait-ce que le passe-temps favori de Farv quand on était gamines : Decca (Jessica, ma sœur cadette) et moi devions courir nous cacher dans le parc pour entraîner se chiens à débusquer le gibier ! Farv lançait à nos trousses, la corne de chasse sonnante à la bouche, sa meute de chiens courants ! Farv est en fait un grand gamin mais je l’aime bien car il adore faire du patin à glace avec moi l’hiver.
De ma conviction fasciste, pour revenir à l'objet de ce journal, date donc aussi mon opposition politique avec Decca. Decca, ma jeune sœur s'était entichée, par esprit de contradiction, de Lénine et de sa clique, j'avais choisi d’adorer Mussolini et Hitler. Nous partagions la même chambre. Chacune d'entre nous avait affiché, sur le mur au dessus de son lit, les portraits de ses idoles. La swastika défiait ainsi à travers la chambre la faucille et le marteau. Nous avions tracé, à la craie, une ligne blanche, partageant la chambre par son milieu, délimitant la moitié communiste de la moitié fasciste. C'était notre ligne de démarcation à nous. Nous nous livrions, des heures durant, à des joutes idéologiques mais, Jessica et moi, nous nous adorons et, comme je lui dis parfois : « Ce serait dommage si nous nous retrouvions, en vrai, chacune d’un côté d’une barricade réelle car je devrais te tuer et cela m'embêterait ! ».
Jessica a voulu, tantôt, de toutes forces, me faire lire le ‘Livre brun sur l’incendie du Parlement et sur la terreur hitlérienne’ paru en 1933 qui dénonce Hitler comme auteur de l’incendie du Reichstag. J’ai refusé de lire cette propagande communiste !
On nous laissait jouer des journées entières, abandonnées à la garde défaillante de nurses qui ne nous cherchaient en vain cachées dans les vastes armoires. Nous avions adopté, pour parler entre nous, un dialecte compris de nous seules, que nous avions inventé, que nous appelions le ‘Boutledged’. Nancy, notre sœur aînée nous ignorait ou nous moquait, jouant à la femme de lettres. Diana, sa cadette, nous snobait comme des gamines, préoccupée de sa seule beauté et trop occupé à chercher un riche mariage.
Muv avait décidé que nous n'irions pas à l'école, nous confiant, comme des filles de roi, à des institutrices. Seul notre frère Tom, parce que c'était un garçon, suivit une scolarité 'classique'.
Farve était un père absent, comme je l’ai déjà dit, un grand enfant. Gentil, mais un peu timbré. Barty, son père, ne le respectait pas beaucoup, regrettant son fils aîné, Clément, mort à la bataille de Loos en 1915.
Quand j’y réfléchis, je pense que TPOM et TPOF ne nous ont légué qu’une bonne éducation, ne nous obligeant à rien, sauf d’être ‘chic et snobs’, comme eux. Nous, les Mitford, nous classons ainsi les gens en deux catégories, ceux qui sont ‘Up’ et ceux qu’il vaut mieux ignorer.
Je reparlerai à l'occasion dans ce journal du reste de la famille. Ce journal n’est pas un de ces romans à l’eau de rose pour Bovary anglaises comme les écrit Nancy…
Je tiens simplement à dire ici que la rumeur, répandue malicieusement, je dirai même vicieusement, par Nancy, pour énerver les parents et se moquer de mes convictions raciales, selon laquelle nous aurions une arrière-grand-mère juive n'est qu'une des ses mauvaises blagues. Nancy raconte, à qui veut l’accroire, que cette aïeule se serait appelée Miriam Schiff !? Cette aïeule aurait donné naissance à quatorze fils, tous rabbins, excu...

Table des matières

  1. Dédicace
  2. Sommaire
  3. Nécrologie de Unity Walkyrie Mitford
  4. Journal de Unity Walkyrie Mitford
  5. Rapports de Moshe Levy alias Erich Müller
  6. Postface - Avertissement tardif au lecteur
  7. Glossaire
  8. Bibliographie
  9. Photos de couverture
  10. Page de copyright