Recueil d'homélies
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Recueil d'homélies

Année A 2016 - 2017

  1. 360 pages
  2. French
  3. ePUB (adaptée aux mobiles)
  4. Disponible sur iOS et Android
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Recueil d'homélies

Année A 2016 - 2017

À propos de ce livre

Au travers des homélies de Père Arnaud, et au-delà de ses explications, il nous interpelle souvent dans notre quotidien et notre relation avec le Seigneur.Le Seigneur non seulement viendra à notre rencontre, mais Il vient chaque jour. La question essentielle est donc: sommes-nous prêts à Le rencontrer?

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Informations

Année
2019
Imprimer l'ISBN
9782322144754
ISBN de l'eBook
9782322153732
Temps ordinaire

4ème dimanche : Qui nous fera voir le bonheur ?

« Qui nous fera voir le bonheur » (Ps 4) ? Cette question, frères et sœurs, nous nous la posons tous. Chacun d’entre nous recherche le bonheur, comme tous les êtres humains. Mais nous savons par expérience que ce but n’est pas facile à atteindre. Parfois, nous avons peut-être même éprouvé un sentiment de malheur tel que nous nous sommes demandés si le bonheur était possible. Saint Thomas d’Aquin estime que le désespoir est le plus grave de tous les péchés, parce qu’il fait de nous des morts-vivants, il nous empêche d’avancer. Avançons donc, d’accord, mais dans quelle direction ? Notre société nous répond : le bonheur consiste à posséder beaucoup d’argent pour pouvoir consommer et du pouvoir pour ne dépendre de personne, et à prendre autant de plaisir que possible afin de ne pas éprouver la souffrance et la solitude. Ces réponses-là sont attrayantes, comme les voix des sirènes qu’entendit Ulysse pendant son voyage vers Ithaque, mais elles sont illusoires, elles ne conduisent pas au véritable bonheur. La preuve, c’est qu’il y a plus de personnes déprimées dans nos sociétés occidentales que dans les pays les plus pauvres, où les gens se contentent de peu. Écoutons donc une autre réponse, celle du Christ qui nous dit aujourd’hui : « heureux » plutôt les pauvres de cœur, les doux, les affligés, les affamés et assoiffés de justice, les miséricordieux, les cœurs purs, les artisans de paix, et même les persécutés pour la justice ou pour lui. Cet appel du Christ peut d’une part nous surprendre voire nous rebuter, tant les comportements qu’il dépeint nous semblent loin du bonheur tel que nous le concevons spontanément. D’autre part, il peut nous sembler quasi inaccessible, si nous prenons conscience de l’héroïsme qu’il demande. Ces deux types de réactions sont normaux, c’est pourquoi nous allons essayer de comprendre les 9 béatitudes, en illustrant chacune d’entre elles par un exemple tiré de la vie d’un saint.
Les pauvres de cœur résistent à la tentation de s’enrichir pour se protéger des aléas de la vie. Ils ont des richesses, à la fois matérielles et spirituelles, comme nous tous, mais ils ne s’y fient pas. Ils reconnaissent leur pauvreté de créatures et attendent tout de Dieu. Comme Job, ils disent : « nu je suis sorti du ventre de ma mère, nu j’y retournerai. » (Jb 1,21) Et ils se rappellent la parole de Jésus : « en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire. » (Jn 15,5) Dans son acte de consécration à l’amour miséricordieux, la petite Thérèse écrivait : « Au soir de cette vie, je paraîtrai devant vous les mains vides, car je ne vous demande pas, Seigneur, de compter mes œuvres. Toutes nos justices ont des taches à vos yeux. Je veux donc me revêtir de votre propre Justice ».
Les doux, ce sont ceux qui sont assez forts pour ne pas répondre à la violence par la violence. Sainte Jeanne d’Arc, lors de son procès, n’a jamais été agressive envers ses juges qui cherchaient à la piéger. Lorsque l’un d’entre eux lui demanda : « vous sentez-vous en grâce de Dieu ? », elle répondit tout simplement : « Si je n'y suis, Dieu m'y mette... Si j'y suis, Dieu m'y garde. »
Ceux qui pleurent, ce sont ceux qui résistent à la tentation de l’indifférence, comme d’une cuirasse pour se protéger du mal. Ils se laissent toucher par le mal et la souffrance qui accablent leurs frères. Jésus a pleuré devant son ami Lazare qui était mort. Saint Dominique passait une partie de ses nuits en pleurant et priant : « Seigneur que vont devenir les pêcheurs ? Seigneur aie pitié des pêcheurs ! » Ils pleurent aussi sur leurs propres péchés, comme le publicain de l’évangile : « Mon Dieu, montre-toi favorable au pécheur que je suis ! » (Lc 18,13) On appelle cela le don des larmes.
Ceux qui ont faim et soif de la justice résistent à la tentation de la passivité, qui fait qu’on finit par tout accepter. Ils veulent de tout cœur que chacun reçoive ce à quoi il a droit. Mère Teresa disait : « Le plus grand destructeur de la paix aujourd'hui est le crime commis contre les enfants à naître. »
Les miséricordieux résistent à la tentation de juger et de mépriser l’autre. Ils savent non seulement se laisser émouvoir, mais aussi tendre une main secourable à ceux qui sont dans la misère, qu’elle soit matérielle, en leur offrant du pain, ou spirituelle, en leur offrant le pardon. Au moment de mourir, saint Etienne s’est écrié d’une voix forte : « Seigneur, ne leur compte pas ce péché. » (Ac 7,60), reprenant les mêmes paroles que Jésus sur la croix.
Les cœurs purs résistent à la tentation de l’égoïsme. Ils cherchent toujours à faire la volonté de Dieu et voient dans le prochain un frère ou une sœur, sans que le péché obscurcisse leur conscience. La reine Blanche, mère de saint Louis, avait coutume de lui dire : « Mon fils, je vous aime tendrement, et plus qu'aucune créature au monde ; et cependant j'aimerais mieux mille fois vous voir mort que de vous voir commettre un seul péché mortel ». Et c’est ce qu’il chercha à éviter toute sa vie.
Les artisans de paix, ce sont ceux qui aident les personnes en conflit à se réconcilier. En plein milieu d’une croisade, François d’Assise alla rencontrer le sultan. Même si la guerre continua, sa démarche a tellement marqué les musulmans de son époque que certains s’en souviennent encore aujourd’hui.
Ceux qui sont persécutés pour la justice vont encore plus loin que ceux qui en ont faim et soif, puisqu’ils acceptent de souffrir pour elle. Gandhi n’était pas chrétien, mais il a lutté pour ceux dont les droits les plus élémentaires n’étaient pas respectés, d’abord en Afrique du sud, puis en Inde.
Ceux qui sont persécutés pour le Christ prouvent qu’ils l’aiment vraiment, « en actes et en vérité » (1Jn 3,18). Il leur promet la plus grande récompense : n’oublions pas qu’ « il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime » (Jn 15,13) ! Blanche de la Force, dans le dialogue des Carmélites de Bernanos, était épouvantée par la perspective de la mort, mais elle a finalement accepté de mourir sur l’échafaud avec ses compagnes pour témoigner de sa foi dans le Christ.
Ainsi, frères et sœurs, ce sont le Christ et les saints qui nous montrent le chemin du bonheur. Certes, ce chemin est parfois ardu, mais il nous rend heureux comme on est heureux de gravir un chemin de montagne qui nous mène vers les plus belles cimes, ou de suivre les sentiers de Saint Jacques de Compostelle parce qu’on sera fier de soi une fois arrivé au but. Sur ce chemin, nous rencontrons le mal sous beaucoup de formes, mais ce mal ne peut nous détruire si nous tenons la main du Christ, qui l’a déjà vaincu. Pour nous aider à goûter dès ici-bas le bonheur du ciel, laissons ceux qui sont déjà parvenus au bout de leur chemin nous aider à la fois par leurs intercessions, et par leurs exemples. Ne les prenons pour des modèles statiques qu’il nous faudrait imiter bêtement, car chacun a mené une vie originale, et chacun d’entre nous doit également trouver son chemin vers le ciel, qui ne peut être qu’unique. Mais imitons leur désir du Ciel. Et lorsque nous n’y parvenons pas, ne nous décourageons pas ! Sainte Thérèse d’Avila disait : « la sainteté, ce n’est pas de ne jamais chuter, c’est de toujours savoir se relever ». Durant les mois qui viennent, ne nous contentons pas de lire la Bible, même si cela est bon et nécessaire, mais méditons aussi sur des vies de saints, nos frères et sœurs qui veulent nous accueillir un jour auprès du Seigneur pour partager avec eux son bonheur. AMEN.

5ème dimanche : Vous êtes le sel de la terre et la
lumière du monde

« Quel est le sens de ma vie ? » Tous, frères et sœurs, il nous est arrivé de nous poser cette question. Le Christ nous invite aujourd’hui à répondre : nous sommes « le sel de la terre et la lumière du monde ». Notons d’emblée que nous sommes passés du « je » au « nous », car notre vie ne peut trouver son sens si nous sommes centrés sur nous-mêmes. C’est tous ensemble, les chrétiens, que nous sommes appelés à remplir une mission, et cette mission est pour le monde. Ce n’est pas un hasard si ce texte suit immédiatement les béatitudes que nous avons entendues dimanche dernier : si nous acceptons cette mission, nous en sommes heureux ; sinon, nous risquons fort d’être malheureux, comme beaucoup dans notre société. Tant de personnes sont déprimées, dépressives38. De fait, la vie est parfois insipide, ou lourde à porter. Une partie du monde est corrompue, gangrenée par le mal. Et il est parfois difficile de comprendre le sens des évènements, et de savoir se diriger. Pourtant, il y a une bonne nouvelle : le Fils de Dieu s’est fait homme pour nous apporter le salut. Grâce à lui, le monde peut être beau. Grâce à lui, la vie peut être merveilleuse. Grâce à lui, nous pouvons nous diriger vers le bonheur. Et c’est à nous, ses disciples, d’en témoigner auprès de nos frères les hommes. Nous sommes « le sel de la terre et la lumière du monde ». L’emploi des articles définis signifie que nous avons une responsabilité et une mission que personne d’autre ne peut remplir à notre place… Remarquons que ni le sel ni la lumière n’ont d’utilité s’ils restent seuls. Manger du sel seul, ou regarder la lumière en face, est très désagréable. Aussi bien le sel que la lumière sont des révélateurs : le 1er révèle la saveur des aliments, et le 2nd la beauté du monde. C’est pourquoi nous devons rester discrets : trop de sel étouffe le goût, trop de lumière éblouit et aveugle. Les deux images se complètent cependant : alors que le sel disparaît totalement, la lumière reste visible. Cela signifie que parfois, il faut rester caché - « quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite » (Mt 6,3) – et que parfois, il faut accepter de se montrer pour témoigner – « voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux » (év.). A quoi sert le sel ? Premièrement, il sert à anéantir les microbes qui peuvent corrompre la nourriture ou infecter les plaies. Lorsque le réfrigérateur n’existait pas, c’est le sel qui permettait de conserver les aliments39. Chez les Juifs, lorsqu’on présentait des offrandes à Dieu, on les salait pour les purifier de toutes souillures40 et pour signifier l’alliance inaltérable entre Dieu et son peuple41. Deuxièmement, le sel donne de la saveur aux aliments. Quant à la lumière, c’est elle qui nous permet de nous diriger dans l’obscurité. Méditons sur ces trois fonctions du sel et de la lumière, en voyant comment les ont remplies Jésus d’abord, et ses disciples ensuite.
D’abord, le sel empêche la corruption. Jésus a combattu contre le mal. D’abord, il a repoussé Satan au désert, et il a chassé beaucoup de démons. Ensuite, il a aussi lutté contre le péché. En particulier, il a dénoncé le plus caché et le plus grave de tous, l’orgueil. C’est pourquoi il a eu des paroles très dures contre les chefs du peuple juif42.
Jean Baptiste, lui aussi, a dénoncé le mal. C’est parce qu’il reprochait ouvertement à Hérode d’avoir épousé la femme de son frère qu’il a été arrêté puis exécuté. D’autres saints ont joué ce rôle de pourfendeurs du mal, aussi bien dans le monde que dans l’Église elle-même. Sainte Catherine de Sienne envoya des lettres « incendiaires » au pape pour lui reprocher ses mauvais agissements. Jean-Paul II dénonça les « structures de péché ». Et le Pape François ne cesse de dénoncer le mal, aussi bien parmi les chrétiens que dans le monde43.
Deuxièmement, le sel donne de la saveur. Jésus en a donné à certains dont la vie était insipide. Ce fut sans doute le cas avec Zachée, le chef des collecteurs d’impôts, qui descendit de son arbre et reçut Jésus « avec joie » (Lc 19,6) après avoir entendu son appel. Inversement, le jeune homme riche n’eut pas la force de le suivre, et il s’en alla « tout triste » (Mc 10,22). On dit parfois des paroles de quelqu’un qu’elles sont « pleines de sel ». Ce fut éminemment le cas de Jésus, à tel point que « le peuple tout entier était suspendu à ses lèvres. » (Lc 19,48)
Les paroles du Christ et des saints sont savoureuses, car pleines de sagesse. N’oublions pas que le mot « sagesse » vient du latin « sapientia », du verbe « sapere » qui signifie « goûter ». Il n’empêche que, paradoxalement, le cœur du message chrétien est bien différent de la sagesse des philosophes, comme Paul le rappelle aux Corinthiens : « quand je suis venu chez vous, je ne suis pas venu vous annoncer le mystère de Dieu avec le prestige du langage humain ou de la sagesse. Parmi vous, je n'ai rien voulu connaître d'autre que Jésus Christ, ce Messie crucifié » (2ème lect.). Le sel peut brûler (comme sur une plaie) et donner de la saveur en même temps !
La lumière, quant à elle, nous éclaire dans l’obscurité. Jésus a non seulement guéri des personnes aveugles physiquement, mais il a voulu aussi nous guérir de la cécité spirituelle. Il dit aux Pharisiens, qui lui reprochaient d’avoir guéri l’aveugle-né : « Si vous étiez des aveugles, vous n'auriez pas de péché ; mais du moment que vous dites : ‘Nous voyons !’ votre péché demeure. » (Jn 9,41) 44
Saint François d’Assise, à la fin de sa vie, était devenu quasiment aveugle. Pourtant, il continua jusqu’au bout d’apporter à ses disciples la lumière de sa Foi. C’est peu de temps avant sa mort qu’il composa le Cantique des créatures, dans lequel il bénit Dieu pour frère feu, sœur eau et même pour sa sœur la mort. A travers l’épreuve de sa cécité physique, il apprit à voir mieux encore la présence du Seigneur dans toutes ses créatures. « Heureux le...

Table des matières

  1. Dédicace
  2. Sommaire
  3. AVENT
  4. NOËL
  5. CAREME
  6. TEMPS PASCAL
  7. FETES ET SOLENNITES
  8. TEMPS ORDINAIRE
  9. À propos de l’auteur
  10. Page de copyright

Foire aux questions

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