Luther sa vie et son oeuvre - tome 3 (1530 - 1546)
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Luther sa vie et son oeuvre - tome 3 (1530 - 1546)

Tome 3 (1530 - 1546)

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Luther sa vie et son oeuvre - tome 3 (1530 - 1546)

Tome 3 (1530 - 1546)

À propos de ce livre

J'offre aujourd'hui au public le tome troisième de l'Histoire de Luther. C'est le récit de ses derniers travaux, de ses derniers combats, et aussi de ses longues souffrances et de sa mort. Toute fin est triste; celle de Luther a quelque chose de particulièrement mélancolique. La grande oeuvre est accomplie. L'ouvrier fatigué, malade, soupire après le repos, jette sa plainte à ses amis, pleure ses illusions perdues. Il n'attend plus que le jour de Dieu et la venue de son Christ; il désespère du monde mauvais. La plainte est amère, et pourtant jamais, dans les heures même les plus sombres, aucun doute ne lui vient au coeur touchant touchant la sainteté de sa mission. Tout brisé qu'il soit par l'effort et la maladie, il reste debout jusqu'au seuil de la mort, fort et vaillant, aussi sûr de son Evangile que de son Dieu. Cette certitude intime et cette constante préoccupation du Ciel sont les deux notes caractéristiques de sa vie.Je me suis efforcé de bien faire apparaître sous son vrai jour, serein et triste à la fois, cette dernière période si peu connue encore parmi nous. Les années que j'ai passées dans le commerce familier de cette grande âme, ont été pour moi infiniment bienfaisantes; aussi est-ce avec regret que je me sépare aujourd'hui de cette étude à laquelle j'ai consacré tant d'heures bénies et tant de veilles. Quelles qu'en soient les imperfections, le lecteur y trouvera, je pense, les deux vertus qu'on est en droit d'attendre de l'historien: une recherche exacte des choses et le respect de la vérité.Félix KUHN.Paris, août 1884.

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Informations

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2017
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9782322080854
ISBN de l'eBook
9782322167005

LIVRE XI

DU CONGRÈS DE SMALKALDE A LA DIÈTE DE RATISBONNE.

1536-1541

__________________________

CHAPITRE PREMIER

SMALKALDE79.

Le 17 juin 1536 parut la bulle qui fixait au 22 mai de l'année suivante l'ouverture d'un concile œcuménique dans la ville de Mantoue. Ni le Pape ni l'Empereur n'avaient cédé aux sollicitations des protestants. La bulle indiquait comme but à atteindre l'extirpation, du champ de l'Eglise, de l'hérésie et des erreurs, le rétablissement de la paix parmi les chrétiens, la conquête des royaumes infidèles et leur conversion. Une autre bulle du 23 septembre, concernant une réforme "de la ville et de la cour de Rome", déclarait nettement que l'erreur qu'il s'agissait d'abolir était l'hérésie empestée de Luther. Un nouveau nonce, le Flamand Pierre Vorst, fut envoyé en Allemagne.
Les Etats protestants arrêtèrent alors de tenir un congrès à Smalkalde pour le 7 février, et enjoignirent aux juristes, aux théologiens, de délibérer sur la conduite à tenir à l'égard du nonce et à l'égard du concile. L'électeur de Saxe, au-dessus de la crainte et de l'espérance, ne voulait pas d'un concile offert dans de telles conditions ; il se demandait même s'il ne devait pas se refuser catégoriquement à recevoir le nonce.
Les théologiens de Wittenberg (première délibération du mois de juillet 1536) opinèrent, au contraire, qu'on pourrait lui donner audience, et que ceux du parti évangélique pourraient assister au concile, alors même qu'ils y seraient convoqués à titre d'hérétiques, puisqu'ils avaient le droit de s'y défendre et de protester au besoin. –Le prince, mal satisfait de cet excès de condescendance, qu'il attribuait à l'influence déprimante de Mélanchthon, insista, par l'intermédiaire du chancelier Brück et personnellement, pour une seconde et plus mûre délibération. Les théologiens, Luther avec eux, persistèrent dans leur manière de voir. Luther n'était certes pas dupe, mais il brûlait du désir de se trouver une dernière fois face à face avec Rome.
"Nous sommes déjà condamnés, disait-il ; mais le juste jugement de Dieu va aussi s'accomplir sur le monde." –Les avis, du reste, étaient partagés. Les théologiens de la Hesse estimaient qu'il appartenait à l'Empereur seul de convoquer un concile, que le Pape n'y avait nul droit ; ceux de Nuremberg, que le Pape étant l'Antéchrist, on ne devait s'engager dans aucune négociation avec lui ; ceux de Hambourg, qu'on ne devait se soumettre aux décisions du concile que si celui-ci bornait ses prétentions à des choses insignifiantes.
Le prince, dans son irritation, ne parlait de rien moins que de convoquer un contre-concile libre et universel, et demandait qu'on décidât si, dans le cas où l'Empereur essayerait de le contraindre, lui et ses alliés, à se soumettre aux décrets du concile du Pape, il serait permis aux protestants de lui résister par les armes. –Les théologiens repoussaient l'idée d'un anticoncile. "Il nous donnerait, disaient-ils, l'apparence de vouloir établir un horrible schisme dans l'Eglise." Mais aussi, hardiment, ils conclurent à la légitimité de la résistance.
"L'Evangile n'est point contraire à une défense légitime, fondée sur le droit naturel et les droits humains. Il est du devoir des rois et des princes de la terre de défendre, de protéger la doctrine chrétienne et le culte public avec autant et même avec plus de zèle que les autres établissements utiles. La sainte Ecriture loue la conduite des rois qui ont agi ainsi. On peut se défendre contre l'Empereur lui-même, dès qu'il sera manifeste qu'il veut exercer une tyrannie et être juge dans une cause qui ne relève pas de lui." Luther signa la délibération et y ajouta ces mots : "Moi, Martin Luther, je combattrai aussi par mes prières, et, s'il le faut, avec le poing."
L'Electeur alors enjoignit à Luther de rédiger en tout état de cause les articles de foi qu'on devait présenter au concile futur, de marquer les concessions possibles, de faire signer le tout aux principaux théologiens, "cela, sur le salut de leurs âmes, sans nulle considération politique. Bien que nos adversaires aveuglés condamneront comme une hérésie tout ce que nous pourrons dire, il faut que Luther reprenne tout ce qu'il a enseigné jusqu'ici, et que, sans nul souci de la paix ou de la guerre, ni des dangers qui nous menacent, il dise ce qu'à son dernier jour et au tribunal de Dieu, il pourra affirmer. Il faut ensuite qu'il indique les articles sur lesquels nous pouvons faire quelque concession, par charité chrétienne et sans blesser la Parole de Dieu. J'estime que ces derniers articles sont peu nombreux. Son travail achevé, il le soumettra aux autres théologiens de Wittenberg. Ceux-ci diront leurs avis, sur le salut de leurs âmes, sans souci de ce qui pourrait en advenir, sans crainte de s'élever contre Luther. Il ne faut pas, ainsi que cela est déjà arrivé en mainte occasion, qu'ils cèlent leur opinion et qu'ensuite ils enseignent autrement."
Luther entra entièrement dans la pensée du prince, et d'une plume jeune, alerte, il écrivit les articles demandés pour l'assemblée de Smalkalde.
"C'est à toi, Seigneur Jésus-Christ, qu'il appartient de convoquer un concile ; c'est toi seul qui, par ton glorieux avènement, peux délivrer les tiens. Il n'y a plus rien à espérer du Pape et des papistes ; ils ne veulent plus de toi. Assiste-nous donc, nous pauvres et misérables qui soupirons après toi !" (Préface.)
L'écrit n'est pas long : vingt pages tout au plus, mais vingt pages d'une vigueur et d'une décision singulières. Pour dresser cette vive et éloquente défense de la foi évangélique, il a retrouvé toute sa jeunesse, sa première ardeur et ses premières indignations. Ses concessions sont de nulle importance, et sur le fond même, sur le salut, sur la justification par la foi, la messe, etc., il statue une invincible contradiction entre les croyances de son parti et celles de la papauté.
Il divise ses articles en trois parties : la première comprend "la Majesté divine et les trois personnes de la Divinité ; la seconde, l'œuvre de Jésus-Christ, la Rédemption ; la troisième, le péché, la loi, l'Evangile, etc.".
La première n'est que sommairement indiquée. Sur l'essence même de Dieu il n'y avait point de contestation.
La seconde ouvre la lutte par ces mots :
"Voici l'article suprême : Jésus-Christ, notre Dieu et notre Seigneur, est mort pour nos péchés et ressuscité pour notre justification ; il est l'agneau de Dieu qui porte les péchés du monde. Nous sommes tous pécheurs, et nous sommes justifiés sans nul mérite de notre part, par grâce, par la Rédemption en son sang, par la foi, sans aucune œuvre de la loi.
"Nous ne pouvons rien céder, rien abandonner de cet article, quand même le ciel et la terre s'écrouleraient ; car aucun autre nom n'a été donné aux hommes pour être sauvés ; et c'est par ses meurtrissures que nous avons la guérison. C'est sur cet article que repose tout ce qui fait notre vie, tout ce que nous enseignons contre le Pape, le diable et le monde. Aussi devons-nous en avoir une certitude entière et n'en point douter ; autrement tout est perdu, et le Pape et le diable retrouvent contre nous la victoire et le droit."
Puis il attaque la messe, "l'horrible abomination, la plus grande, la plus belle des idolâtries papistes, un sacrifice, une œuvre qui, même faite par des impies, doit sauver l'homme pécheur de ses péchés et délivrer des peines du purgatoire".
"Voilà l'article qu'ils voudront surtout maintenir tout entier. Alors même qu'ils céderaient sur tous les autres, ici ils ne peuvent faire de concession. Le cardinal Campegius disait à Augsbourg qu'il aimerait mieux se laisser mettre en pièces que d'abandonner la messe. Et moi, j'aimerais mieux me laisser brûler, plutôt que de consentir à ce que l'œuvre d'un diseur de messes soit égalée à celle de mon Seigneur et Sauveur Jésus-Christ. Nous restons donc éternellement divisés. Ils sentent bien que si la messe tombe, la papauté est renversée. Ils nous feront tous périr avant que d'accepter cela."
"La messe est la queue du dragon qui tue, la mère féconde d'innombrables abus, de commerces impies, une insulte à Jésus-Christ, à l'agneau de Dieu qui seul porte les péchés du monde. C'est elle qui a enfanté le purgatoire, les pèlerinages, les confréries, le culte des saints, tout un monde de choses malsaines, d'apparitions et de spectres. Le sacrement que Jésus a institué pour les vivants n'est plus guère en usage que pour les morts. Il nous faut condamner tout cela, si nous voulons le maintenir dans sa pureté."
"Enfin, qu'est-ce que la Papauté ? –Le Pape n'est pas jure divino le chef de la chrétienté ; il est évêque de Rome et rien de plus. Toute la puissance qu'il a usurpée ne tend qu'à la ruine de la sainte Eglise chrétienne et au renversement de l'article fondamental de la foi. L'Eglise peut et doit subsister sans pape. Alors même qu'il consentirait, chose impossible, à la gouverner jure humano, c'est-à-dire en vertu de l'élection et de l'assentiment universel, il n'y faudrait pas prêter la main. L'Eglise n'a besoin, pour maintenir son unité, que d'un seul chef : Jésus-Christ. Les évêques étaient tous égaux jusqu'au jour où le Pape s'est placé au-dessus d'eux. Le Pape est l'Antéchrist, puisqu'il s'élève contre l'Eglise de Dieu et qu'il la désole. Nous ne lui baiserons pas les pieds en lui disant : "Vous êtes mon gracieux seigneur" ; mais nous lui répondrons comme dans Zacharie l'ange répondit au diable : "Que Dieu te frappe, Satan !"
La troisième partie comprend quinze articles sur le péché, la loi, la repentance, l'Evangile, le Sacrement, la puissance des clefs, la confession, l'excommunication, l'ordination des prêtres, le mariage, l'Eglise, les bonnes œuvres, les vœux monastiques et les traditions humaines. –" Nous pourrions, dit-il, traiter de toutes ces choses entre nous, ou bien avec des personnes éclairées. Le Pape et les siens les méprisent ; car les choses de conscience ne sont rien pour eux : ils ne tiennent qu'à l'argent, à l'honneur, à la puissance." –Ici apparaissent toutes les doctrines caractéristiques de la Réforme, longtemps prêchées, pour lesquelles il a souffert : la corruption totale de l'homme, le rôle éducateur de la loi qui découvre en nous le péché, éveille et blesse, désespère la conscience ; celui de l'Evangile qui apporte la grâce aux cœurs brisés ; l'usage des sacrements, la nature du ministère évangélique, l'Eglise, cette communauté des saints qui entendent la voix du pasteur ; le renouvellement du cœur par la foi justifiante, source de toutes les bonnes œuvres ; la sainteté de la vie chrétienne ordinaire supérieure à toutes les saintetés imaginaires.
Tout cela est dit avec passion, parfois avec violence. Nous ne sommes plus ici en présence d'une exposition calme, irénique, de la foi chrétienne, cherchant, comme la confession d'Augsbourg, à maintenir l'unité de l'Eglise. Non, chacun de ces articles est une accusation contre Rome. On sent à chaque ligne percer la haine contre la "tyrannie romaine", le mépris du papisme, la ferme résolution de ne céder absolument rien, et le parti pris de tout braver. "Voici, dit-il en terminant, les articles que je maintiens et que je maintiendrai, si Dieu veut, jusqu'à ma mort. Je ne puis rien changer, rien céder. Si quelqu'un croit pouvoir le faire, qu'il agisse selon sa conscience."
Les théologiens saxons : Juste Jonas, Caspar Cruciger, Jean Bugenhagen, Nicolas Amsdorf, Philippe Mélanchthon, Jean Agricola, Spalatin, convoqués à Wittenberg vers Noël, discutèrent pendant quelques jours sur ces articles, les signèrent et les firent parvenir à l'Electeur80. Mélanchthon seul ajouta à sa signature cette réserve caractéristique : "J'estime que ces articles sont orthodoxes et chrétiens ; mais quant au Pape, je crois que s'il voulait laisser un libre cours à l'Evangile, on pourrait, dans l'intérêt de la paix, maintenir sa primauté de jure humano sur les évêques."
L'ardeur du prince était, pour le moins, égale à celle de Luther. Il lui répondit aussitôt (7 janv.):
"La seule grâce que nous demandons à Dieu, c'est de pouvoir persister fermement dans cette doctrine salutaire et de ne nous en laisser détourner ni par nos propres idées, ni par la crainte des hommes. –Quant aux dangers que nous pouvons courir, nous nous en remettons à Dieu, qui nous dit : "Tous les cheveux de votre tête sont comptés." Il en sera de nous, de notre frère, de nos enfants et de notre pays ce qu'il lui plaira. C'est de lui que nous tenons notre dignité de prince ; il nous la conservera si telle est sa volonté. Sinon, ce ne sera point par nos soucis que nous pouvons écarter le danger. Nous nous abandonnons donc à lui, nous recommandant à vos prières et à celles des chrétiens. –Si, comme l'estime maître Philippe, nous accordions au Pape, par amour pour la paix, qu'il a une autorité réelle sur nous et sur nos évêques, sur nos pasteurs, ce serait nous engager nous-mêmes dans le danger et dans les douleurs, car jamais ni lui ni ses successeurs ne se lasseront de nous persécuter. Pourquoi nous exposer à un mal dont Dieu nous a délivrés par sa grâce ? Après avoir secoué le joug de Babylone, n'est-ce pas vouloir tenter Dieu que de nous y engager de nouveau ?"
Tous les Etats protestants étaient convoqués pour le 7 février (1537) à Smalkalde. Chaque prince devait y amener ses juristes et ses théologiens ; on y attendait un envoyé de l'Empereur, le vice-chancelier Held et le nonce du Pape.
Le 1er février, Luther partit de Wittenberg avec Pomeranus et Mélanchthon ; il prit en route, à Altenbourg, son ami Spalatin, rejoignit le prince à Weimar, où il prêcha devant le nonce un sermon fort vif. Le 7, il arriva à Smalkalde, l'âme pleine d'énergie et de résolution. Cette réunion d'hommes éminents, ce concours de toutes les forces du protestantisme étaient à ses yeux le prélude du concile où la dernière bataille pour la foi allait se livrer. L'étreinte cruelle de la maladie fit bientôt, hélas ! évanouir ses vastes projets.
"Il y a ici tout un monde de choses et d'hommes savants. Il ne s'y en trouvera certes point autant à Mantoue. Hier, le Landgrave et le duc de Wurtemberg ont fait magnifiquement leur entrée. Les princes tiennent aujourd'hui un conseil secret. Nous chômons, et je puis vous écrire. Que fera-t-on? Qu'adviendra-t-il de tout ceci ? Je ne sais, je ne le devine pas. Spalatin a prêché hier, et moi aujourd'hui, en présence des princes, dans l'église paroissiale si haute et si vaste, que notre voix se perdait comme celle d'une souris. Le lieu et l'air sont salubres, nous nous portons bien. Vous seul nous manquez. Hier, j'ai rendu un calcul. Il est sorti sans douleur, dans une urine noire." (Luther à Jonas, 9 fév.)
"C'est aujourd'hui la Saint-Valentin. Saint Valentin m'a guéri cette nuit. Voilà huit jours que nous sommes ici, fatigués, saturés du lieu et du séjour, désireux de retourner à la maison. Nous ne sommes ici qu'une troupe oisive. Les princes et les villes font, sans nous, tout autre chose que nous n'avions pensé. Que Dieu pourtant bénisse leurs projets ! L'envoyé de César est arrivé hier. C'est le docteur Held ; on l'entendra sans doute aujourd'hui. Nous sommes de vrais mendiants ; nous mangeons le pain du Landgrave et du duc de Wurtemberg, nous buvons le vin des Nurembergeois ; la cour nous fournit la viande et le poisson." (A Jonas, 14 fév.)
Dans ces premiers jours, l'Electeur lui demanda encore une fois son avis touchant le concile. Il persista dans l'opinion qu'il fallait s'y rendre :
"Il ne faut pas nous laisser épouvanter. Dieu est tout-puissant, et jusqu'ici il a dirigé nombre de choses tout autrement qu'on ne pensait. Je suis persuadé que ni le Pape ni les siens ne désirent un concile ; mais ils veulent pouvoir se vanter d'avoir tout fait pour le réunir. Ils cherchent à nous effrayer et à nous en détourner, et c'est pour cela qu'ils annoncent qu'on n'y traitera ni des affaires de l'Eglise, ni de nos griefs, mais uniquement de l'extirpation de l'hérésie empestée de Luther. Sans doute, nous sommes déjà condamnés d'avance, nous serons privés du droit d'appel, nous n'y serons point écoutés, notre cause ne sera point examinée. Ils n'ont d'autre désir que celui de nous détruire. –Laissons-les donc faire ; leurs excommunications n'ont plus de puissance, le concile tel qu'ils le veulent est déjà frappé de mort. Ne leur fournissons pas des armes, et sans nous engager à rien, ne refusons rien. Dieu use de patience jusqu'à ce qu'il vienne enfin fermer la bouche à ceux qui se moquent de lui."
Jusque-là il s'était tenu debout, tant bien que mal, mais il n'avait pu, à cause de sa grande faiblesse, prendre part aux délibé...

Table des matières

  1. Sommaire
  2. Tome Troisième
  3. Préface
  4. Livre X De la Diète D'Augsbourg au Congrès de Smalkade
  5. Livre XI Du Congrès de Smalkalde a la Diète de Ratisbonne
  6. Livre XII De La Diète de Ratisbonne À La Mort de Luther
  7. Liste Chronologique
  8. Table Analytique
  9. Page de copyright

Foire aux questions

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