Porteuse d'eau 6
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Porteuse d'eau 6

Écrits 2016-2017

  1. 208 pages
  2. French
  3. ePUB (adaptée aux mobiles)
  4. Disponible sur iOS et Android
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Porteuse d'eau 6

Écrits 2016-2017

À propos de ce livre

Billets du Blog "Porteuse d'eau" année 2016. Réflexions sur la honte et la culpabilité.Textes bibliques et Vie des personnages bibliques.

Informations

Éditeur
Books on Demand
Année
2017
Imprimer l'ISBN
9782322100125
ISBN de l'eBook
9782322124152

CHAPITRE 1

AUTOUR DE LA HONTE ET DE LA CULPABILITE.

INTRODUCTION
Cette introduction assez spĂ©cifique reprend un peu l’introduction gĂ©nĂ©rale, mais elle me semble nĂ©cessaire pour comprendre l’origine de ces billets.
Bien que retraitĂ©e, je travaille par internet avec un certain nombre de personnes que je connais maintenant depuis des annĂ©es, et qui pour la plupart ont vĂ©cu des maltraitances tant physiques que psychiques et psychologiques durant leur enfance et leur adolescence. Je dĂ©couvre petit Ă  petit les ravages des ces maltraitances. Je ne sais pas si l’on peut guĂ©rir de cela, car je dirais que ce qui leur est tombĂ© dessus, car elles n’y sont pour rien, c’est un peu comme si elles avaient Ă©tĂ© infectĂ©es par le virus de la poliomyĂ©lite, cette maladie qui a tuĂ© tant d’enfants et qui en a laissĂ© tant d’autres infirmes. Bien souvent ces personnes se demandent pourquoi elles ont survĂ©cu, pourquoi elles sont lĂ , avec ces sĂ©quelles avec lesquelles il faut vivre un jour aprĂšs l’autre, sĂ©quelles qui peuvent se majorer en fonction des alĂ©as de la vie.
Les sĂ©quelles pour ces personnes, outre un corps qui est souvent en grande souffrance, ce sont donc des sĂ©quelles permanentes qui pourrissent la vie: des flashs, des angoisses insoutenables qui prennent tout le corps et qui donnent envie de mourir, des dissociations qui mettent Ă  distance mais qui coupent de tout, des replis sur soi bien proches de l’autisme, un contrĂŽle incessant et usant de l’environnement, souvent accompagnĂ© d’une hyper-activitĂ© qui Ă©vite de penser; mais aussi une honte permanente avec le dĂ©sir de disparaĂźtre et une trĂšs grande culpabilitĂ©.
Je dirais aussi que l’image que ces personnes ont d’elles est une image dĂ©vastĂ©e, abĂźmĂ©e et ce d’autant plus qu’elles n’ont pas Ă©tĂ© reconnues comme des personnes, mais traitĂ©es comme des objets.
Tout enfant ayant besoin de donner un sens Ă  ce qu’il vit, il est Ă©vident que pour eux, c’est de leur faute, d’oĂč la culpabilitĂ© qui est une montagne avec laquelle ils vivent. Je me rends compte aussi que leur demander de couper les relations familiales qu’elles sont parfois obligĂ©es de maintenir avec les parents est trĂšs difficile. On ne rompt pas comme cela avec ceux qui malgrĂ© tout restent vos parents.
Au fur et Ă  mesure que j’apprends avec ces personnes, qui sont toutes diffĂ©rentes, Ă  essayer de comprendre un tout petit peu, Ă  m’adapter, Ă  ne pas vouloir imposer un savoir, Ă  renoncer mĂȘme Ă  mon savoir, je me rends compte que culpabilitĂ© et honte sont souvent confondues, alors qu’il ne s’agit pas de la mĂȘme chose. Pour beaucoup d’entre elles, faire des dĂ©marches basiques (entrer dans une banque, aller Ă  la mairie) sont trĂšs difficiles parce que d’emblĂ©e elles se sentent coupables de quelque chose, qu’elles ont honte de demander, honte d’exister.
Il me semble aujourd’hui que le terme de culpabilitĂ© est une espĂšce de mot valise dans lequel s’engouffrent beaucoup de choses; et de mon point de vue la honte, qui est diffĂ©rente de la culpabilitĂ©, en fait partie. De nos jours, on est coupable de tout ou presque. Et que ce soit le regard social ou le regard ecclĂ©sial, y Ă©chapper est trĂšs difficile.
Je pense que les cures psychanalytiques, ces cures « rigoureuses » avec une régularité dans le temps, avec un transfert qui se déployait, permettaient de se sortir au moins partiellement de cette culpabilité qui est un véritable fardeau.
Lorsque je rencontre des personnes qui disent aller mal, mon dĂ©sir - qui est le mien (puisque je reconnais en avoir un) - est dans un premier temps de les aider Ă  sortir de la culpabilitĂ© et Ă  restaurer l’image qu’elles ont d’elles (ce qu’on appelle le narcissisme primaire).
J’avais remarquĂ© dans ma pratique hospitaliĂšre que quand un enfant vient au monde avec un handicap, ce que ressent la mĂšre ou la famille, ce n’est pas tant de la culpabilitĂ© que de la honte. Et cette honte qui fait qu’on n’ose pas montrer cet enfant, pĂšse lourdement sur l’enfant qui ne peut en comprendre le pourquoi, car la honte finalement touche Ă  la diffĂ©rence. Être la mĂšre d’un enfant qui risque d’ĂȘtre montrĂ© du doigt par la sociĂ©tĂ© engendre une honte considĂ©rable et dire que c’est la « gĂ©nĂ©tique » qui en est responsable ne change pas considĂ©rablement les choses, car on s’en veut toujours d’avoir mis au monde un enfant pas comme les autres. La sociĂ©tĂ© permet de se sentir moins coupable, "parce que ce n’est pas de votre faute", mais la honte Ă  mon avis demeure quand mĂȘme.
Par ailleurs, quand je vois le poids de la honte qui pĂšse sur les personnes qui ont vĂ©cu ces maltraitances dans leur enfance, mais qui continuent Ă  « leur pourrir la vie en permanence » dans leur prĂ©sent, sur leur maniĂšre de vivre, dans leurs relations avec les autres, (je pense aux dissociations qui sont des mĂ©canismes de dĂ©fense, mais qui plombent complĂštement la vie de tous les jours, aux flashs qui remettent dans le passĂ©, aux troubles de l’alimentation), je me dis qu’une rĂ©flexion s’impose, en tous les cas pour moi, surtout pour permettre Ă  ces personnes de ne pas confondre honte et culpabilitĂ©.
J’ai donc au cours de cette annĂ©e Ă©crit pas mal de textes qui traitent de la culpabilitĂ©, de la honte. Je les ai regroupĂ©s dans ce chapitre, qui ne suit pas un ordre chronologique. Il y aura d'abord des gĂ©nĂ©ralitĂ©s sur ces concepts, puis une recherche plus biblique, et enfin un questionnement sur comment sortir de la honte. Avec certainement beaucoup de rĂ©pĂ©titions, je m’en excuse auprĂšs de mes lecteurs.
I GÉNÉRALITÉS.
Différents types de honte
De maniùre simple on pourrait dire qu’il y a plusieurs types de honte.
Il y a la honte personnelle : je veux faire quelque chose de bien et je n’y arrive pas (et le regard des autres est lĂ  pour se moquer de moi); c’est le cas du petit qui ne veut plus porter de couches et qui se mouille quand mĂȘme. C’est la honte-Ă©chec, et le regard de l’autre est trĂšs important. Si le regard de l’autre n’est pas consolateur (tu n’y es pas arrivĂ©, mais tu y arriveras la prochaine fois) un vĂ©cu d’échec s’installe et la confiance en soi se perd.
Il y a un autre ennui, c’est que dans une famille, l’échec d’un enfant est parfois l’échec de la famille.
C’est le cas quand un enfant vient au monde avec un handicap, ou quand l’enfant par la suite, ne fait pas honneur Ă  la famille. Cette honte lĂ  (pour les psychanalystes, on pourrait parler de narcissisme primaire), façonne un certain type de personnalitĂ©, mais quand on quitte le registre de la honte pour aborder celui de la culpabilitĂ©, l’enfant se croit responsable d’avoir fait quelque chose de mal, sans savoir ce qu’il a fait et cela peut ĂȘtre trĂšs nocif sur son dĂ©veloppement.
Il y a la honte liĂ©e Ă  l’autre : la comparaison entre soi et l’autre, entre un plus faible et un plus fort. Quand le plus fort est vaincu par le plus faible, l’humiliation est insupportable et ne peut se laver que par violence. C’est ce qui se passe entre CaĂŻn et Abel. CaĂŻn pour une fois n’est pas le meilleur et cela lui est tellement insupportable que le seul moyen de laver ce qu’il vit comme un affront est de tuer Abel. Bien sĂ»r, on peut parler de rivalitĂ©, d’envie, mais Ă  aucun moment CaĂŻn ne se reconnait coupable et il conteste mĂȘme la sanction divine qui est l’exclusion du clan et le refus de la terre de lui donner son fruit alors qu’il Ă©tait agriculteur.
C’est le cas de toutes les guerres. Le vaincu est dans la honte, il est humiliĂ©, il a perdu. Le vainqueur en profite, le vaincu devient victime d’humiliations sans nombre, pour qu’il comprenne bien qui est le plus fort. Cette honte lĂ , se lave souvent dans le sang car elle renvoie au dĂ©shonneur, mais souvent elle se traduit aussi par une haine ou des haines qui perdurent au-delĂ  des siĂšcles..
Il y a enfin la honte subie consĂ©cutive Ă  ce que vous a fait subir un autre. C’est la honte dont parlent tous ceux qui ont Ă©tĂ© en position de victime. Cela renvoie Ă  l’esclavage de toute nature, en particulier sexuel. Normalement c’est celui qui se sert de l’autre qui devrait ĂȘtre porteur de la honte, mais il n’en n’est rien. C’est la victime qui est honteuse, car elle n’a pas pu se dĂ©fendre, dire non, riposter; elle se vit Ă  juste titre comme salie, bafouĂ©e.
Premiers regards sur ces deux mots : honte et culpabilité.
Il me semble que, de nos jours, si Ă  un niveau collectif on peut parler de la honte par exemple en disant que, parce qu'Untel a dit ou fait quelque chose, alors c’est « la honte » pour un certain nombre de personnes, on prĂ©fĂšre et de loin remplacer ce mot par culpabilitĂ© . Or la culpabilitĂ© renvoie Ă  une faute commise contre quelqu’un, elle est donc dans la relation (les psychanalystes parlent de Surmoi); alors que la honte renvoie Ă  une image de soi abimĂ©e, et renvoie au Moi IdĂ©al et donc au Narcissisme.
Il me semble que cette confusion est grave. La culpabilitĂ© peut ĂȘtre rĂ©parĂ©e on peut demander pardon, la honte elle se lave, dans le sang bien souvent car elle va avec le dĂ©shonneur, l’humiliation. Je pense que bien souvent c’est la honte sous-jacente Ă  la culpabilitĂ© (mĂȘme si la faute est grave) qui pousse au suicide. La honte est Ă  l’origine de ces secrets de famille, de ces vendettas qui se perdent dans la nuit des temps, mais qui restent terriblement actives ; la honte, il faut la masquer, mais il faut aussi la venger . Le dĂ©shonneur est insupportable.
La honte
La honte par dĂ©finition se cache. C’est un peu un tabou. Ces secrets de famille qui empoisonnent tant les relations et mĂȘme les vies sont bien liĂ©es Ă  ce tabou : on ne dit pas ce qui a provoquĂ© la honte, le dĂ©shonneur, donc l’exclusion de son groupe social, ou sa place dans sa famille. La honte, il faut la masquer voire l’enterrer. Et pourtant, elle est lĂ , elle stigmatise un individu, une famille, un village, une nation.
La question de la « honte » est une question qui me semble importante, car les personnes que je connais, et qui ont vĂ©cu des abus dans leur enfance, parlent certes de culpabilitĂ© (c’est de leur faute si telle ou telle chose leur est arrivĂ©e parce qu’elles n’ont pas su crier ou se dĂ©fendre ou dire non, elles l’ont bien cherchĂ©); mais surtout, ce sont ces actes mauvais, interdits par la sociĂ©tĂ©, qui les ont couvertes de honte, alors que ce devrait ĂȘtre l’auteur de ces actes qui devrait en ĂȘtre couvert.
Or souvent ceux qui font de tels actes hors norme s’en glorifient; ils ne se rendent pas compte du mal qui peut ĂȘtre fait quand on « joue » avec son fils ou avec sa fille et quand on lui demande de se taire. Bien sĂ»r on parle de pardon, de demande de pardon. Mais si demander pardon c’est reconnaĂźtre qu’on a fait le mal, est-ce suffisant pour qu’une guĂ©rison soit possible? Je n’en suis pas si sĂ»re. Peut-ĂȘtre cependant cela permet-il de quitter la position de victime et de vivre au lieu de survivre; mais je n’en suis pas certaine. Peut-on pardonner Ă  quelqu’un qui vous a dĂ©truit en sachant ce qu’il faisait? MĂȘme si je transforme un peu la phrase, car je ne sais pas de quel petit il s’agit, mais JĂ©sus a bien dit « malheur Ă  celui qui scandalise un seul de ces petits. Il vaudrait mieux lui attacher une meule au cou et le jeter dans la mer » Luc 17, 2 ; il ne parle pas de pardon mais de chĂątiment.
Mais ce mot de honte ("j’ai honte d’ĂȘtre ce que je suis devenu ou ce qu’on m’a fait devenir") n’est que rarement prononcĂ©, car en lui-mĂȘme il fait honte. La honte doit ĂȘtre cachĂ©e. Pourtant ces personnes portent, sur elles et en elles, cette espĂšce de peau (un peu comme Peau d’Ane) qu’elles sont seules Ă  voir et Ă  porter, mais qu’elles imaginent ĂȘtre vue par tous ceux qui les croisent. Alors, souvent elles sont voĂ»tĂ©es, parfois Ă  la limite de l’obĂ©sitĂ©, elles n’osent pas poser de questions aux autres, elles n’osent pas demander de renseignements, et elles se cachent. Elles vivent dans la peur (comme Adam dans le livre de la GenĂšse) que quelque chose ne se voie.
On peut dire que souvent la honte est inculquĂ©e Ă  l’enfant avant mĂȘme qu’il ne sache vraiment parler. il ne doit pas faire honte Ă  sa famille . C’est une phrase qu’il entend quand il est invitĂ© avec sa famille Ă  l’extĂ©rieur, il doit dire « s’il te plait », il ne doit pas faire dans sa culotte (enfin avec les couches culottes cela change la donne, mais peut-ĂȘtre pas l’odeur). Ne pas faire honte, c’est montrer que sa famille est une bonne famille, qui l’éduque selon les rĂšgles. Il fait donc honneur Ă  sa famille. La honte est aussi un lien social: la honte de l’un atteint en gĂ©nĂ©ral tous les autres, et elle pousse Ă  se terrer, Ă  se cacher ou Ă  faire semblant.
Il arrive aussi que la honte soit prĂ©sente chez l’enfant avant mĂȘme qu’il ne puisse parler: il ne correspond pas Ă  ce qu’on attendait de lui, il n’est pas l’enfant dĂ©sirĂ© (la fille au lieu de garçon attendu; celui qui ramĂšne le mari infidĂšle...). Il n’a rien rĂ©parĂ© (parfois il doit rĂ©parer la mĂšre ou la famille). D’emblĂ©e il a failli Ă  ce que l’on attendait de lui, alors il est mal aimĂ©, rejetĂ©. Cela fabriquera ce qu’on appelle un narcissisme primaire de mauvaise qualitĂ© qui fera le lit de la culpabilitĂ© inconsciente : l’enfant ne comprend pourquoi il n’est pas aimĂ© et s’en attribuera la faute. On parlera de culpabilitĂ© alors qu’il s’agit de honte . Les psys savent que dans ce contexte, l’enfant pourra commettre des fautes pour se faire punir puisqu’il se sait ĂȘtre mauvais, pas bon, donc coupable, et que faire des actes qui conduisent Ă  la punition lui permet donner un sens que l’enfant ne peut trouver par lui-mĂȘme Ă  ce moment de sa vie.
La culpabilité
La culpabilitĂ©, du moins telle qu’elle est dĂ©crite en gĂ©nĂ©ral, consiste Ă  faire quelque chose qui va blesser l’autre, qui donc atteint la relation. Le petit enfant, le nourrisson lors de son dĂ©veloppement (normal), se rend compte que par son comportement il fait du mal Ă  sa mĂšre (refus de manger par exemple), et comme il aime sa mĂšre, il ne demandera pas pardon, parce qu’il est trop petit pour cela, mais il va soit essayer de rĂ©parer, soit de plaire et par exemple de faire des efforts d’autonomie, car il sent que cela fait du « bon » pour sa maman. La culpabilitĂ© a donc un versant positif, surtout quand la maman valorise son enfant qui sourit, qui gazouille, qui accepte mieux qu’elle ne soit pas Ă  sa disposition.
Les psychanalystes parlent en fait de deux culpabilitĂ©s et de deux hontes. Car chacune d’entre elles, suivant ce qu’elle atteint dans l’enfant, donne naissance Ă  des comportements diffĂ©rents . Il y a une culpabilitĂ© primaire (l’enfant ne sait pas ce qu’il a fait, mais il l’a fait, et cela touche Ă  l’identitĂ© et Ă  la rĂ©paration impossible) et une culpabilitĂ© secondaire, celle que nous connaissons tous plus ou moins et qui, si elle coupe la relation, peut quand mĂȘme (le pardon) permettre de rĂ©tablir ce qui a Ă©tĂ© coupĂ©. De mĂȘme il y a une honte primaire, qui peut ĂȘtre liĂ©e Ă  l’histoire de la famille, Ă  la maladie, qui d’emblĂ©e ne permet pas Ă  l’enfant d’avoir sa place de sujet, et la honte plus banale liĂ©e Ă  ces Ă©checs que nous connaissons tous et qui renvoie...

Table des matiĂšres

  1. Du mĂȘme auteur
  2. Sommaire
  3. Introduction
  4. CHAPITRE 1 : AUTOUR DE LA HONTE ET DE LA CULPABILITÉ.
  5. CHAPITRE 2 : AUTOUR DES MOTS
  6. CHAPITRE 3 : AUTOUR DES PERSONNAGES
  7. Page de copyright

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