PERSUASION
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PERSUASION

  1. 204 pages
  2. French
  3. ePUB (adaptée aux mobiles)
  4. Disponible sur iOS et Android
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PERSUASION

À propos de ce livre

Veuf et pÚre de trois filles, le baronnet Walter Eliot est ruiné. Il doit laisser sa propriété en location pour se retirer à Bath. Sa fille Elisabeth le suit tandis que ses deux autres filles restent dans la région, Anne toujours célibataire à 28 ans trouvant refuge chez sa soeur Mary. Les nouveaux locataires de la propriété arrivent, il s'agit de l'amiral Croft et de sa femme. Celle-ci a un frÚre, le Capitaine Wentworth, qui a été fiancé il y a quelques années avec Anne. Celle-ci n'avait pas donné suite à cette liaison, suivant l'avis de son amie, Lady Russell, qui trouvait le capitaine d'un rang inférieur indigne d'Anne. Mais les années ont passé, le capitaine rend visite à sa soeur, il a réussi et s'est enrichi, il cherche à se marier. Anne n'a pas oublié Wentworth...

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Informations

Éditeur
Books on Demand
Année
2020
ISBN de l'eBook
9782322013593
Édition
1

CHAPITRE XXI.

Le lendemain Anna se rappela avec plaisir sa promesse Ă  Mme Shmith. Elle serait absente quand M. Elliot viendrait, car l’éviter Ă©tait maintenant son seul dĂ©sir. Elle Ă©prouvait cependant pour lui une grande bienveillance ; elle lui devait de la reconnaissance et de l’estime. Mais Wenvorth existait seul pour elle, soit qu’elle dĂ»t ĂȘtre unie Ă  lui, soit qu’elle en fĂ»t sĂ©parĂ©e pour toujours. Jamais peut-ĂȘtre les rues de Bath n’avaient Ă©tĂ© traversĂ©es par de pareils rĂȘves d’amour.
Ce matin-lĂ  son amie sembla particuliĂšrement reconnaissante, car elle comptait Ă  peine sur sa visite. Elle demanda des dĂ©tails, et Anna se fit un plaisir de lui raconter la soirĂ©e. Ses traits Ă©taient animĂ©s par le souvenir. Mais ce n’était pas assez pour la curieuse Mme Shmith, qui demanda des dĂ©tails particuliers sur les personnes.
« Les petites Durand étaient-elles là, la bouche ouverte pour gober la musique, comme des moineaux qui demandent la becquée. Elles ne manquent jamais un concert.
– Je ne les ai pas vues. Mais j’ai entendu dire qu’elles Ă©taient dans la salle.
– Et la vieille lady Maclean ? Elle devait ĂȘtre dans votre voisinage, car vous Ă©tiez certainement aux places d’honneur, prĂšs de l’orchestre, avec lady Dalrymph ?
– Non, c’est ce que je craignais ; mais heureusement lady Dalrymph cherche toujours Ă  ĂȘtre le plus loin possible, et il paraĂźt que je n’ai pas vu grand’chose.
– Oh ! assez pour votre amusement, il me semble, et puis vous aviez mieux Ă  faire. Je vois dans vos yeux que vous avez eu une soirĂ©e agrĂ©able. Vous causiez dans les entr’actes ? »
Anna sourit. « Que voyez-vous dans mes yeux ?
– Votre visage me dit que vous Ă©tiez hier avec la personne que vous trouvez la plus aimable entre toutes, et qui vous intĂ©resse plus que l’univers entier. »
Une rougeur s’étendit sur les joues d’Anna ; elle ne put rĂ©pondre.
« Et cela Ă©tant, continua Mme Shmith aprĂšs un silence, vous saurez combien j’apprĂ©cie votre visite. C’est vraiment bien bon de votre part, vous qui avez tant d’autres invitations. »
La pĂ©nĂ©tration de Mme Shmith saisit Anna d’étonnement et de confusion ; elle ne pouvait imaginer comment elle savait quelque chose sur Wenvorth.
« Dites-moi, je vous prie, continua Mme Shmith ; M. Elliot sait-il que je suis à Bath, et que vous me connaissez ?
– M. Elliot ! reprit Anna surprise, mais elle se reprit aussitĂŽt, et ajouta d’un air indiffĂ©rent : Vous le connaissez ?
– Je l’ai connu beaucoup autrefois, dit madame Shmith gravement ; mais c’est fini maintenant.
– Vous ne m’en avez jamais rien dit ! Si je l’avais su, j’aurais eu le plaisir de lui parler de vous.
– Pour dire la vĂ©ritĂ©, dit Mme Shmith reprenant son air gai, c’est exactement le plaisir que je vous prie de me faire. M. Elliot peut m’ĂȘtre trĂšs utile, et si vous avez la bontĂ©, chĂšre miss Elliot, de prendre ma cause en main, elle sera gagnĂ©e.
– J’en serais extrĂȘmement heureuse : j’espĂšre que vous ne doutez pas de mon dĂ©sir de vous ĂȘtre utile, rĂ©pondit Anna, mais vous me supposez une plus grande influence que je n’en ai. Je suis parente de M. Elliot, Ă  ce titre seulement n’hĂ©sitez pas Ă  m’employer. »
Mme Shmith lui jeta un regard pénétrant, puis, souriant, elle lui dit :
« J’ai Ă©tĂ© un peu trop vite Ă  ce que je vois. Pardonnez-le-moi, j’aurais dĂ» attendre une dĂ©claration officielle. Mais, chĂšre miss Elliot, dites-moi, comme Ă  une vieille amie, quand je pourrai parler. Me sera-t-il permis, la semaine prochaine, de penser que tout est dĂ©cidĂ©, et de bĂątir mes projets Ă©goĂŻstes sur le bonheur de M. Elliot ?
– Non, rĂ©pondit Anna ; ni la semaine prochaine, ni les suivantes. Rien de ce que vous pensez ne se fera. Je ne dois pas Ă©pouser M. Elliot. Qui vous le fait croire ? »
Mme Shmith la regarda avec attention, sourit, secoua la tĂȘte et dit :
« Je crois que vous ne serez pas cruelle quand le moment sera arrivĂ©. Jusque-lĂ , nous autres femmes, nous ne voulons rien avouer. Tout homme qui ne nous a pas encore demandĂ©es est censĂ© refusĂ©. Laissez-moi plaider pour mon ancien ami. OĂč trouverez-vous un mari plus gentleman, un homme plus aimable ? Laissez-moi recommander M. Elliot. Je suis sĂ»re que le colonel Wallis ne vous a dit de lui que du bien ; et qui peut le mieux connaĂźtre que le colonel Wallis ?
– Ma chùre madame Shmith, il n’y a pas un an que Mme Elliot est morte. Votre supposition n’est pas admissible.
– Oh ! si ce sont lĂ  vos seules objections ! dit Mme Shmith d’un air malin, M. Elliot est sauvĂ©, et je ne m’inquiĂšte plus de lui. Ne m’oubliez pas quand vous serez mariĂ©e : voilĂ  tout. Dites-lui que je suis votre amie, et il m’obligera plus facilement qu’aujourd’hui. J’espĂšre, chĂšre miss Elliot, que vous serez trĂšs heureuse. M. Elliot a assez de bon sens pour apprĂ©cier la valeur d’une femme telle que vous. Votre bonheur ne fera pas naufrage comme le mien. Vous avez la fortune, et vous connaissez le caractĂšre de votre fiancĂ©. D’autres ne l’entraĂźneront pas Ă  sa ruine.
– Oui, dit Anna, je peux croire tout le bien possible de mon cousin. Son caractĂšre paraĂźt ferme et dĂ©cidĂ©, et j’ai pour lui un grand respect. Mais je ne le connais pas depuis longtemps, et ce n’est pas un homme qu’on puisse connaĂźtre vite. Ne comprenez-vous pas qu’il ne m’est rien ? S’il demandait ma main, je refuserais. Je vous assure que M. Elliot n’était pour rien dans le plaisir que j’ai eu hier soir. Ce n’est pas M. Elliot qui »
Elle s’arrĂȘta, et rougit fortement, regrettant d’en avoir tant dit. Puis, impatiente d’échapper Ă  de nouvelles remarques, elle voulut savoir pourquoi Mme Shmith s’était imaginĂ© qu’elle Ă©pouserait M. Elliot.
« D’abord, pour vous avoir vus souvent ensemble. J’ai pensĂ©, comme tout le monde, que vos parents et vos amis dĂ©siraient cette union. Mais c’est depuis deux jours seulement que j’en ai entendu parler.
– Vraiment, on en a parlĂ© !
– Avez-vous regardĂ© la femme qui vous a introduite hier soir ? C’était la garde, Mme Rock, qui, par parenthĂšse, Ă©tait trĂšs curieuse de vous voir et trĂšs contente de se trouver lĂ . C’est elle qui m’a dit que vous Ă©pousiez M. Elliot.
– Elle n’a pu dire grand’chose sur des bruits qui n’ont aucun fondement, » dit Anna en riant.
Mme Shmith ne répondit pas.
« Dois-je dire Ă  M. Elliot que vous ĂȘtes Ă  Bath ?
– Non, certainement. Je vous remercie ; ne vous occupez pas de moi.
– Vous disiez avoir connu M. Elliot pendant longtemps ?
– Oui.
– Pas avant son mariage, sans doute ?
– Il n’était pas mariĂ© quand je l’ai connu.
– Et vous Ă©tiez trĂšs liĂ©e avec lui ?
– Intimement.
– Vraiment ! alors dites-moi ce qu’il Ă©tait Ă  cette Ă©poque : je suis curieuse de le savoir. Était-il tel qu’aujourd’hui ?
– Je ne l’ai pas vu depuis trois ans, » rĂ©pondit Mme Shmith d’une voix si grave, que continuer ce sujet devenait impossible.
La curiositĂ© d’Anna en fut accrue. Elles restĂšrent toutes deux silencieuses ; enfin Mme Shmith dit :
« Je vous demande pardon, chĂšre miss Elliot, mais j’étais incertaine sur ce que je devais faire, et je me dĂ©cide Ă  vous laisser connaĂźtre le vrai caractĂšre de M. Elliot. Je crois maintenant que vous n’avez pas l’intention de l’accepter. Mais on ne sait ce qui peut arriver ; vous pourriez un jour ou l’autre penser diffĂ©remment. Écoutez la vĂ©ritĂ© :
» M. Elliot est un homme sans cƓur et sans conscience ; un ĂȘtre prudent, rusĂ© et froid, qui ne pense qu’à lui, qui, pour son bien-ĂȘtre ou son intĂ©rĂȘt, commettrait une cruautĂ©, une trahison, s’il n’y trouvait aucun risque. Il est capable d’abandonner ceux qu’il a entraĂźnĂ©s Ă  la ruine sans le moindre remords. Il n’a aucun sentiment de justice ni de compassion. Oh ! il n’a pas de cƓur, et son Ăąme est noire. »
Elle s’arrĂȘta, voyant l’air surpris d’Anna, et ajouta d’un ton plus calme :
« Mes expressions vous Ă©tonnent ; il faut faire la part d’une femme irritĂ©e et maltraitĂ©e, mais j’essayerai de me dominer. Je ne veux pas le dĂ©crier. Je vous dirai seulement ce qu’il a Ă©tĂ© pour moi.
» Il Ă©tait, avant mon mariage, l’ami intime de mon cher mari, qui le croyait aussi bon que lui-mĂȘme. M. Elliot me plut aussi beaucoup, et j’eus de lui une haute opinion. À dix-neuf ans on ne raisonne pas beaucoup. Nous vivions trĂšs largement : il avait moins d’aisance que nous, et demeurait au temple ; c’est Ă  peine s’il pouvait soutenir son rang. Mais notre maison Ă©tait la...

Table des matiĂšres

  1. PERSUASION
  2. CHAPITRE PREMIER.
  3. CHAPITRE II.
  4. CHAPITRE III.
  5. CHAPITRE IV.
  6. CHAPITRE V.
  7. CHAPITRE VI.
  8. CHAPITRE VII.
  9. CHAPITRE VIII.
  10. CHAPITRE IX.
  11. CHAPITRE X.
  12. CHAPITRE XI.
  13. CHAPITRE XII.
  14. CHAPITRE XIII.
  15. CHAPITRE XIV.
  16. CHAPITRE XV.
  17. CHAPITRE XVI.
  18. CHAPITRE XVII.
  19. CHAPITRE XVIII.
  20. CHAPITRE XIX.
  21. CHAPITRE XX.
  22. CHAPITRE XXI.
  23. CHAPITRE XXII.
  24. CHAPITRE XXIII.
  25. CHAPITRE XXIV.
  26. Page de copyright

Foire aux questions

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