Sherlock Holmes - Le Signe des quatre
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Sherlock Holmes - Le Signe des quatre

  1. 154 pages
  2. French
  3. ePUB (adaptée aux mobiles)
  4. Disponible sur iOS et Android
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Sherlock Holmes - Le Signe des quatre

À propos de ce livre

"Le Signe des quatre" ("The Sign of Four" en version originale) est la deuxiÚme aventure de Sherlock Holmes, écrite en 1889 par Arthur Conan Doyle et publiée en 1890. Le titre de ce roman, chronologiquement le premier du cycle de Sherlock Holmes à paraßtre en français, fut aussi traduit "La Marque des quatre" ou encore "Le Pacte des quatre".

Informations

Éditeur
Books on Demand
Année
2015
Édition
1
ISBN de l'eBook
9783738637502

Chapitre XII – L’étrange histoire de Jonathan Small.

Il Ă©tait vraiment d’un caractĂšre patient, l’agent que j’avais laissĂ© dans le fiacre, car ce ne fut qu’au bout d’un temps considĂ©rable que je le rejoignis. Lorsque je lui appris que la cassette Ă©tait vide, sa figure s’allongea sensiblement.
« Voici notre prime dans l’eau, dit-il tristement. Adieu l’argent, adieu toute rĂ©compense, tandis que si nous avions rapportĂ© le trĂ©sor, Sam Browns et moi nous aurions reçu chacun une jolie piĂšce d’or.
— Mais Mr Thaddeus Sholto est riche, dis-je, et il voudra certainement vous rĂ©compenser quand mĂȘme. »
L’inspecteur secoua la tĂȘte d’un air dĂ©couragĂ©.
« Mauvaise affaire, dit-il, et Mr Athelney Jones sera de cet avis. »
Il ne se trompait pas, car le dĂ©tective eut l’air fort dĂ©confit lorsqu’en arrivant Ă  Baker Street je lui prĂ©sentai le coffret vide. Holmes et lui venaient seulement d’arriver avec leur prisonnier ; ils avaient, en effet, changĂ© leur programme, et avaient commencĂ© par aller faire leur rapport Ă  un poste de police. Mon compagnon Ă©tait Ă©tendu dans son fauteuil avec l’expression distraite qui lui Ă©tait habituelle, tandis que Small se tenait assis en face de lui l’air abattu et sa jambe de bois croisĂ©e sur l’autre. Cependant, lorsque je montrai que la cassette ne contenait plus rien, il se renversa sur sa chaise, en Ă©clatant de rire.
« Ceci est encore un coup de votre façon, Small, dit Athelney Jones, d’un ton fort mĂ©content.
— Oui, certainement, s’écria-t-il d’un air de triomphe. J’ai envoyĂ© le trĂ©sor lĂ  oĂč vous ne pourrez jamais aller le repĂȘcher. Il Ă©tait Ă  moi d’abord, et, du moment oĂč il m’échappait, je tenais avant tout Ă  ce que personne autre ne pĂ»t en profiter. Il n’y a pas un ĂȘtre au monde, vous m’entendez bien, qui ait le droit d’y prĂ©tendre avec moi, si ce n’est trois malheureux qui comptent encore parmi les dĂ©portĂ©s aux Ăźles Andaman. Et comme je sais qu’ils ne pourront pas plus en jouir que moi, c’est aussi bien en leur nom qu’au mien propre que j’ai agi, car nous sommes liĂ©s par la marque des quatre, et je suis sĂ»r qu’ils auraient fait ce que j’ai fait, c’est-Ă -dire qu’ils auraient jetĂ© le trĂ©sor dans la Tamise plutĂŽt que de le voir s’en aller aux parents et aux amis de ce Sholto ou de Morstan. Ce n’est pas pour enrichir ces gens-lĂ  que nous avons fait l’affaire Achmet. Vous trouverez donc le trĂ©sor lĂ  oĂč vous trouverez la clef du coffre et le cadavre du petit Touga. Quand j’ai vu que votre chaloupe allait nous atteindre, j’ai tenu Ă  tout mettre en lieu sĂ»r. Ah ! vous avez fait lĂ  une excursion qui ne vous rapportera pas grand’chose !
— Vous cherchez Ă  nous tromper, Small, dit Athelney Jones, d’un ton sec ; si vous aviez vraiment voulu jeter le trĂ©sor dans la Tamise, il vous aurait Ă©tĂ© bien plus facile d’y jeter la cassette tout entiĂšre, contenant et contenu.
— Plus facile pour moi, c’est vrai, mais aussi plus facile pour vous, rĂ©pondit-il avec un clignement d’Ɠil malicieux. L’homme qui a Ă©tĂ© assez malin pour me dĂ©pister serait bien assez habile pour retirer un coffret en fer du fond de la riviĂšre. Mais maintenant que les bijoux sont Ă©parpillĂ©s sur un parcours d’une dizaine de kilomĂštres, c’est une autre affaire. Et pourtant cela m’a serrĂ© le cƓur ; je suis devenu Ă  moitiĂ© fou de rage, voyez-vous, quand vous vous ĂȘtes mis Ă  nous donner la chasse. Enfin, ce n’est plus le moment de se lamenter. J’ai eu quelques hauts dans ma vie, j’ai eu surtout bien des bas, mais cela m’a appris au moins Ă  ne jamais pleurer sur ce qui Ă©tait irrĂ©mĂ©diable.
— Tout cela est trĂšs grave, Small, reprit le dĂ©tective. Si vous aviez aidĂ© la justice au lieu de lui jouer un tour pareil, vous auriez eu quelques droits Ă  l’indulgence du tribunal.
— La justice ? grogna l’ex-forçat, vous parlez de justice ? Est-ce qu’elle n’est pas tout entiĂšre de mon cĂŽtĂ© la justice ? Alors vous trouveriez juste que je renonce Ă  ce que j’ai pĂ©niblement gagnĂ© en faveur de gens qui n’ont jamais rien fait ? Voulez-vous savoir quels sont mes droits ? Écoutez : vingt longues annĂ©es passĂ©es dans ces marais fiĂ©vreux, vingt longues annĂ©es d’un travail incessant au milieu des miasmes dĂ©lĂ©tĂšres des mangliers, la nuit enfermĂ© dans d’ignobles baraques, pĂȘle-mĂȘle, avec les forçats, dĂ©vorĂ© par les moustiques, torturĂ© par les fiĂšvres, maltraitĂ© par tous ces maudits surveillants noirs, trop heureux de pouvoir se revenger sur un blanc
. VoilĂ  comment j’ai gagnĂ© le trĂ©sor d’Agra, et vous venez ensuite me parler de justice, parce que je n’ai pu supporter la pensĂ©e de voir d’autres jouir de ce qui m’avait coĂ»tĂ© si cher ! Non, non, voyez-vous, j’aimerais mieux ĂȘtre pendu vingt fois, ou recevoir dans la peau un des dards de Touga, que de traĂźner toute mon existence dans une cellule de galĂ©rien pendant qu’un autre vivrait dans un palais tranquille et heureux, grĂące Ă  l’argent qui devrait m’appartenir. »
Small avait rejetĂ© son masque d’impassibilitĂ©, les mots s’échappaient tumultueusement de ses lĂšvres, ses yeux lançaient des Ă©clairs, et il faisait cliqueter ses menottes en se tordant convulsivement les mains. En voyant sa fureur et sa rage, je compris la terreur Ă©prouvĂ©e par le major Sholto en apprenant que le forçat dĂ©pouillĂ© par lui s’était lancĂ© Ă  sa poursuite.
« Vous oubliez que nous ignorons toute cette histoire, dit Holmes tranquillement. Vous ne nous l’avez pas racontĂ©e et il nous est impossible de savoir jusqu’à quel point la justice a pu, dans le principe, se trouver de votre cĂŽtĂ©.
— Eh bien, monsieur, je conviens que vous m’avez toujours parlĂ© trĂšs poliment, quoique je voie bien que c’est Ă  vous que je suis redevable de cette jolie paire de bracelets. Mais je ne vous en veux pas. Vous avez jouĂ© franc jeu, la chance vous a favorisĂ©, voilĂ  tout. Aussi, puisque vous dĂ©sirez connaĂźtre mon histoire, je suis prĂȘt Ă  tout vous raconter et chacune de mes paroles sera l’expression de la vĂ©ritĂ© la plus pure. Je le jure par le Dieu tout-puissant. Soyez seulement assez bon pour mettre le verre prĂšs de moi, de façon que je puisse me rafraĂźchir, si je me sens le gosier trop sec. – LĂ , merci.
« Je suis nĂ© dans le comtĂ© de Worcester prĂšs de Pershore. Je vous garantis que vous trouveriez encore maintenant une quantitĂ© de Small dans ces parages-lĂ , si vous vouliez vous en donner la peine. J’ai eu souvent envie d’aller y faire un petit tour, mais, Ă  vrai dire, je n’ai jamais fait grand honneur Ă  ma famille et je ne sais pas trop la rĂ©ception qui m’y attendrait. Tous ces gens-lĂ  Ă©taient de petits fermiers, tranquilles, assidus aux offices, connus et estimĂ©s dans leur pays, tandis que moi j’ai toujours Ă©tĂ© assez mauvais sujet. Enfin, vers l’age de dix-huit ans, je cessai de les ennuyer : car, m’étant embarquĂ© dans une mauvaise affaire Ă  propos d’une fille, je ne pus m’en tirer qu’en acceptant le « Schelling de la Reine[3] », et en me faisant incorporer au 3e grenadiers qui partait pour les Indes. Je n’étais cependant pas destinĂ© Ă  faire longtemps le mĂ©tier de soldat. Je commençais Ă  ĂȘtre Ă  peu prĂšs dĂ©crassĂ© et Ă  savoir manier mon fusil, lorsque j’eus un jour la fĂącheuse idĂ©e d’aller me baigner dans le Gange. Par bonheur, j’avais avec moi un sergent de ma compagnie, John Holders, un des meilleurs nageurs de toute l’armĂ©e. Tandis que j’étais au milieu du fleuve, un crocodile me happa la jambe droite et me la coupa, juste au-dessus du genou, aussi proprement qu’un chirurgien aurait pu le faire. L’émotion, jointe Ă  la perte de mon sang, me fit perdre connaissance et j’allais me noyer, quand Holders m’enpoigna et m’amena jusque sur le rivage. À la suite de cet accident, je restai cinq mois Ă  l’hĂŽpital et lorsqu’enfin je pus me traĂźner dehors avec cette bĂ©quille rivĂ©e Ă  ma cuisse, je me trouvai rayĂ© des contrĂŽles de l’armĂ©e comme invalide et impropre Ă  tout service actif.
« Mon sort, vous le voyez, Ă©tait plutĂŽt cruel, Ă  vingt ans infirme et incapable de rien faire, MalgrĂ© tout, mon malheur se trouva devenir pour moi une bonne fortune. Un planteur d’indigo, nommĂ© Abel White, avait besoin d’un contre-maĂźtre pour surveiller ses coolies et les faire travailler. Or, c’était un ami de mon colonel, et celui-ci s’était fort intĂ©ressĂ© Ă  moi depuis mon accident. Enfin, pour tout rĂ©sumer en quelques mots, le colonel me recommanda chaudement Ă  Mr White. Comme j’avais surtout Ă  parcourir la plantation Ă  cheval pour m’assurer du travail fait et prendre en note les paresseux, ma jambe n’était pas un obstacle, car il me restait assez de pince pour me tenir bien en selle. Mes appointements Ă©taient considĂ©rables, mon logement confortable, et j’envisageais gaiement la perspective de passer le reste de ma vie dans une plantation d’indigo. Mon maĂźtre Ă©tait un homme fort aimable et il lui arrivait souvent de venir dans ma petite cabane fumer une pipe avec moi ; dans ces pays-lĂ , voyez-vous, les gens de race blanche se sentent au cƓur l’un pour l’autre des tendresses qui leur seraient inconnues dans leur patrie.
« Mais quand j’ai eu de la veine, elle n’a jamais durĂ© longtemps. Un beau jour, sans aucun prĂ©sage prĂ©curseur, la grande rĂ©volte Ă©clata. La veille, les Indes paraissaient aussi calmes et aussi tranquilles que les comtĂ©s de Surrey ou de Kent. Le lendemain, deux cent mille dĂ©mons noirs Ă©taient dĂ©chaĂźnĂ©s et le pays prĂ©sentait vraiment l’image de l’enfer. Mais, messieurs, vous connaissez, sans doute, tout cela aussi bien et mĂȘme bien mieux que moi ; car la lecture n’est pas mon fort. Je ne sais donc que ce que j’ai vu de mes propres yeux. Notre plantation Ă©tait Ă  un endroit appelĂ© Muttra, prĂšs de la frontiĂšre nord-ouest. Chaque nuit, le ciel Ă©tait Ă©clairĂ© par des lueurs sinistres. C’était quelque habitation de colon qui brĂ»lait, et chaque jour nous voyions passer de petites troupes d’EuropĂ©ens traĂźnant Ă  leur suite leurs femmes et leurs enfants et se dirigeant vers Agra, oĂč se trouvait la garnison la plus rapprochĂ©e. Mr Abel White Ă©tait un homme fort entĂȘtĂ©. Il s’était mis dans la cervelle que la rĂ©volte avait Ă©tĂ© trĂšs exagĂ©rĂ©e et qu’elle se calmerait aussi rapidement qu’elle avait surgi. Aussi, tandis que le pays autour de lui Ă©tait tout entier en feu, il restait tranquillement sous sa vĂ©randa Ă  boire des grogs au whiskey et Ă  fumer de longues pipes. Vous pensez bien que je ne l’abandonnai pas, pas plus du reste que ne le fit Dawson, le teneur de livres de la plantation, dont la femme tenait le mĂ©nage du maĂźtre. Mais, un beau jour, la tourmente s’abattit sur nous. « Ce matin-lĂ , je m’étais rendu Ă  une plantation Ă©loignĂ©e et dans la soirĂ©e je rentrais lentement Ă  la maison, lorsque j’aperçus tout Ă  coup ce qui me sembla ĂȘtre un paquet de vĂȘtements tout au fond d’un profond ravin. En m’en approchant, un frisson d’horreur me glaça jusqu’aux os ; c’était la femme de Dawson, toute tailladĂ©e Ă  coups de sabre et dĂ©jĂ  Ă  moitiĂ© dĂ©vorĂ©e par les chacals et par les chiens indigĂšnes. Un peu plus loin, sur la route mĂȘme, le cadavre de Dawson gisait la face contre terre ; il tenait encore Ă  la main un revolver dĂ©chargĂ©, et prĂšs de lui Ă©taient Ă©tendus les corps de quatre cipayes qu’il avait tuĂ©s avant de succomber lui-mĂȘme. Je restais lĂ , me demandant quel parti prendre, quand je vis une fumĂ©e Ă©paisse s’échapper de l’habitation de Mr Abel White, tandis que des colonnes de flammes s’élançaient dans les airs. Il Ă©tait donc trop tard pour aller au secours de mon maĂźtre et je n’aurais pu, que risquer ma propre vie, sans la moindre utilitĂ©, en m’avançant davantage. De loin, je pouvais apercevoir des centaines de dĂ©mons noirs, portant encore la veste rouge, qui entouraient la maison incendiĂ©e en dansant et en hurlant. Quelques-uns d’entre eux m’ayant signalĂ©, une ou deux balles sifflĂšrent Ă  mes oreilles. Alors je me jetai dans les prairies et galopai une partie de la nuit jusqu’à ce que je me trouvasse sain et sauf dans les murs d’Agra.
« Cependant, mĂȘme dans cette ville, la sĂ©curitĂ© Ă©tait loin d’ĂȘtre absolue. Tout le pays Ă©tait soulevĂ© ; on se serait cru au milieu d’un essaim d’abeilles. Lorsque les Anglais parvenaient Ă  se grouper, ils restaient bien maĂźtres du terrain aussi loin que leurs fusils pouvaient porter ; mais voila tout, et, partout ailleurs, la fuite Ă©tait leur seule ressource. C’était la lutte de millions de forcenĂ©s contre quelques centaines d’hommes, et, dĂ©tail bien cruel, ces ennemis que nous combattions n’étaient autres que nos propres troupes, nos troupes d’élite, infanterie, cavalerie, artillerie, instruites et entraĂźnĂ©es par nous avec tant de soin, qui maintenant se rassemblaient dans leurs camps au son de nos propres sonneries et tournaient contre nous les armes que nous leur avions donnĂ©es.
« Dans Agra se trouvait rĂ©uni le 3e fusiliers du Bengale, quelques Sikhs, deux pelotons de cavalerie et une batterie d’artillerie. On avait créé en outre un corps de volontaires, composĂ© d’employĂ©s et de marchands et je demandai Ă  en faire partie, malgrĂ© ma jambe de bois. Dans les premiers jours de juillet, nous marchĂąmes Ă  la rencontre des rebelles et nous les battĂźmes Ă  Shahgunge, mais le manque de munitions nous força Ă  rĂ©trograder et Ă  rentrer dans la ville.
« Cependant nous recevions de tous cĂŽtĂ©s les nouvelles les plus alarmantes ; cela n’avait rien d’étonnant, car, si vous consultez la carte, vous verrez que nous nous trouvions au centre du pays soulevĂ©, n’ayant pour nous appuyer que Luchnow, Ă  plus de trois cents kilomĂštres Ă  l’est de Cawnpore, presque aussi Ă©loignĂ©e dans la direction du sud. Dans toute cette rĂ©gion on n’entendait plus parler que de crimes et d’atrocitĂ©s sans nom.
« Agra est une ville considĂ©rable remplie de fanatiques et de mĂ©crĂ©ants de toute espĂšce. Aussi notre poignĂ©e d’hommes se sentait perdue dans le labyrinthe de ses petites rues Ă©troites et tortueuses, et notre chef prit le parti de s’établir de l’autre cĂŽtĂ© de la riviĂšre, dans l’ancienne citadelle. Je ne sais, messieurs, si vous avez entendu parler de ce fort si curieux. C’est une des choses les plus extraordinaires que j’aie rencontrĂ©es et cependant Dieu sait si j’ai vu de drĂŽles de pays.
« En premier lieu, ses dimensions sont Ă©normes, et je suis sĂ»r que son enceinte contient un nombre respectable d’hectares. Tout un quartier est moderne : c’est lĂ  qu’on cantonna la garnison en mĂȘme temps que les femmes, les enfants, les magasins, etc., et encore tout cela n’en occupa-t-il qu’une faible partie. Cependant ce quartier moderne est bien moins considĂ©rable encore que le vieux quartier qui est, du reste, complĂštement abandonnĂ© et oĂč les scorpions et les mille-pattes rĂšgnent en maĂźtres. Celui-ci se compose uniquement de cours spacieuses, reliĂ©es par des passages tortueux, ou sĂ©parĂ©es les unes des autres par un dĂ©dale de longs corridors. Rien de plus facile que de s’y perdre. Aussi ne s’y aventurait-on que rarement, si ce n’est quelque patrouille munie de torches.
« La riviĂšre baigne le mur d’enceinte de la citadelle et la protĂšge en avant ; mais, sur les deux autres faces et sur les derriĂšres, de nombreuses portes s’ouvrent sur la campagne ; il fallait nĂ©cessairement les garder aussi bien dans le vieux quartier que dans celui qui Ă©tait occupĂ© par nos troupes. Comme nous manquions de monde et que nous avions Ă  peine assez d’hommes pour garnir les saillants et pour servir les piĂšces, il nous Ă©tait impossible de mettre Ă  chacune des ouvertures une garde suffisante. On organisa alors un poste central au milieu de l’enceinte et on ne mit Ă  chaque porte qu’un blanc avec deux ou trois indigĂšnes sous ses ordres. Je fus dĂ©signĂ© ainsi pour ĂȘtre de garde pendant quelques heures chaque nuit Ă  une poterne isolĂ©e qui donnait sur la face sud-ouest, et on mit...

Table des matiĂšres

  1. Chapitre I – La dĂ©duction Ă©levĂ©e Ă  la hauteur d’une science.
  2. Chapitre II – ExposĂ© de l’affaire.
  3. Chapitre III – À la recherche d’une solution.
  4. Chapitre IV – RĂ©cit de l’homme chauve.
  5. Chapitre V – Le drame de Pondichery Lodge.
  6. Chapitre VI – ThĂ©orie de Sherlock Holmes.
  7. Chapitre VII – Incident du baril.
  8. Chapitre VIII – Les irrĂ©guliers de Baker Street.
  9. Chapitre IX – En dĂ©faut.
  10. Chapitre X – Comment pĂ©rit l’insulaire Andaman.
  11. Chapitre XI – Le trĂ©sor d’Agra.
  12. Chapitre XII – L’étrange histoire de Jonathan Small.
  13. Notes
  14. Page de copyright

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