Manuel de transgression à l'usage de ceux qui veulent s'épanouir au travail
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Manuel de transgression à l'usage de ceux qui veulent s'épanouir au travail

Pour ne plus souffrir au travail

  1. 204 pages
  2. French
  3. ePUB (adaptée aux mobiles)
  4. Disponible sur iOS et Android
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Manuel de transgression à l'usage de ceux qui veulent s'épanouir au travail

Pour ne plus souffrir au travail

À propos de ce livre

Travailler est probablement la manière la plus efficace de nous faire du bien." Une procédure ne fonctionne que parce qu'on ne l'applique pas ".Appliquer la procédure à la lettre, c'est faire la grève du zèle, en s'obligeant à n'exécuter que ce qui nous est strictement demandé: le moyen infaillible de bloquer le système.A contrario, faire du zèle, c'est tout simplement laisser libre cours à notre envie de création et d'engagement, en développant notre agilité à transgresser les procédures. Christophe Genthial réunit théories et expériences vécues pour nous montrer comment installer la dynamique vertueuse qui nous permet de garder la main sur notre évolution professionnelle, pour réconcilier nos aspirations les plus profondes avec les enjeux de notre ou de nos métiers.Nous n'avons qu'une vie. Mais il ne tient qu'à nous d'y faire s'y succéder des vies professionnelles plurielles, évolutives, cohérentes, passionnantes: grâce à nos transgressions.C'est là le secret de ceux qui ne s'ennuient jamais au travail: parce qu'ils ont rejoint le groupe des travailleurs qui s'y épanouissent, ceux qui n'envisagent plus de travailler moins, mais de s'engager plus.

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Informations

Année
2020
Imprimer l'ISBN
9782322254859
ISBN de l'eBook
9782322197552

Il n’y a pas de sots
métiers, mais il y a encore
des sots qui l’ignorent

« Il n’est pas de punition plus terrible que le travail inutile
et sans espoir. »
Albert Camus
Le Mythe de Sisyphe (1942)

Mais pourquoi donc renoncer au plaisir de travailler plus ?

Nous ne travaillons plus assez, ce qui représente aujourd’hui un réel problème de santé (publique). En tout cas tant qu’il s’agit de travailler au sens de faire du zèle, et non pas d’accumuler des heures de présence.
Car ils sont nombreux, ceux qui travaillent beaucoup, dans son sens courant, qui y laissent du temps, de l’énergie, de leur santé, mais qui en réalité ne travaillent plus assez, dans le sens où ils ne trouvent plus dans leur activité professionnelle les occasions suffisantes de faire du zèle.
Dans cette situation, ceux qui s’obstinent à rapprocher temps au travail et rémunération s’égarent : parce qu’ils ont probablement oublié le plaisir qu’il y a à travailler.
Ils gagneraient à rapprocher temps au travail et plaisir au travail. La rémunération s’ajustera d’elle-même une fois le plaisir au travail retrouvé.
Cela revient dans un premier temps à s’économiser du temps au travail, pour le réinvestir dans du temps de zèle au travail : ceux qui en font l’expérience constatent rapidement combien ce mouvement ne réclame que très peu d’énergie.
Quand le temps au travail coûte, fatigue, parfois épuise, le même temps de zèle au travail nourrit, renforce, dynamise.
Mais peut-être n’ont-ils que trop rarement la chance de vivre l’expérience du zèle ? Peut-être font-ils partie de ces épuisés au travail, qui y ont passé trop de temps, sans pouvoir y développer leur zèle ?
Pour percevoir à leur juste mesure les bénéfices du travail, le plus efficace est d’observer ceux qui n’en ont pas, au sens même d’emploi. Sans travail aujourd’hui, je perds ma part d’identité la plus structurante, mon identité professionnelle.
Au mieux, j’endosse celle du « chercheur d’emploi », légèrement plus flatteuse que celle de « chômeur », mais si peu. J’endosse l’habit de la précarité, et je me prive, ou on me prive, de la possibilité de travailler, et au moins aussi important, de la possibilité de travailler collectivement.
Le chômeur souffre fondamentalement de l’absence de travail (avant même de l’absence d’emploi) et surtout de l’absence de collectif avec lequel élaborer et partager ce travail.
Ils existent bien sûr, ces inactifs épanouis en recherche d’activités, heureux, mais ils restent proportionnellement assez rares parmi les millions de leurs homologues qui – eux – subissent leur état de chercheur d’emploi.
L’expérience réussie, épanouie, de la recherche d’activité vient justement du fait que l’individu parvient à travailler, créativement, pour répondre à la consigne de l’élaboration d’un nouveau projet professionnel.
Ces individus parviennent à sublimer la consigne initiale qui se résume à trouver un moyen de subsistance, un emploi. Eux trouvail-lent, pour construire d’une façon originale, qui leur corresponde, un projet qui dépasse la question de l’emploi. Ils engagent un lourd travail pour affiner leur employabilité, développer une offre personnelle, originale, pour ensuite apprendre à la vendre et à la soutenir.
Dans cette perspective, chercher un emploi devient en réalité un exercice passionnant. Ce qui – entendons-le – n’enlève rien à sa difficulté.
Le retournement de situation que provoque cette transformation de l’approche de la recherche d’emploi – pour l’avoir vécu, accompagné et observé – me fascine :
- Dès que l’on cesse de chercher un emploi...
- ... pour commencer à travailler sur ce que pourrait être l’activité cible dans laquelle nous aimerions nous réaliser.
La recherche d’un emploi exige un travail à part entière, incluant un immense volume de zèle.
Elle devient alors une insondable source d’épanouissement personnel, avant même de devenir la source d’un épanouissement professionnel.
Encore faut-il en prendre conscience.
*
Le contexte de fort chômage actuel complique malheureusement la situation de ces chercheurs d’emploi.
La pire souffrance n’est même plus d’être sans emploi ou sans activité, mais d’être privé de travail : lorsqu’il n’est même plus possible pour le chômeur de travailler à chercher un emploi, ou qu’il n’en a plus les ressources.
Parce qu’il n’existe plus d’emplois à pourvoir.
Cette situation tellement douloureuse se caractérise par un écart trop important entre la consigne (le retour à l’emploi) et la réalité (il n’y a plus d’emplois).
Tout travail pour trouver ou se créer une activité professionnelle devient vain.
*
Ce qui précède montre combien ne pas travailler est plus délétère, plus épuisant que de travailler, à condition qu’en parlant de travail, il s’agisse bien de faire du zèle : l’enjeu n’est pas de passer plus ou moins de temps au travail. Tant que nous n’avons pas fait de notre travail l’occasion d’y faire du zèle, nous ne nous y épanouirons pas. Nous nous y épuiserons.
Le salaire n’a qu’un rapport assez lointain avec notre équation personnelle par laquelle en réalité nous cherchons à équilibrer travail et épanouissement.
L’enjeu est de travailler autant qu’il nous est possible de le faire ! Tant qu’il s’agit de zèle.
Quitte à gagner moins ? Et pourquoi pas. Ceux qui font ce choix ne sont plus si rares.
Ils s’appellent les frugalistes, et mettent en application leur désir de cesser de passer leur vie à la gagner, pour en profiter. Cela demande une importante créativité : pour minimiser ses besoins et maximiser ses revenus, tout en restant connecté à cette envie de ne conserver que des activités porteuses de sens.
On ne retient souvent de ces frugalistes que cette formule qui résumerait leur ambition : « prendre sa retraite à 40 ans ». Les commentateurs pressés y voient de prime abord une forme de paresse, de rejet du travail.
J’y entendrais plutôt le refus d’une vie gâchée par un travail « sans zèle », remplacée bien au contraire par un travail gigantesque pour parvenir à cette frugalité heureuse, au prix d’un zèle considérable !
*
Vérifions tout de même une dernière fois qu’il n’est pas plus épanouissant de moins travailler ?
Travailler, c’est donc faire du zèle.
Ne plus travailler, c’est donc faire la grève du zèle.
Rappelez-vous : il s’agit d’appliquer la consigne, la procédure. Strictement. Rien de moins. Rien de plus. En s’abstenant de toute initiative susceptible de la rendre plus efficace.
Avez-vous déjà fait la grève du zèle ?
Probablement.
À défaut, vous avez sûrement déjà entendu des grévistes du zèle. On les repère à leur manière de se vanter – avec une certaine aigreur – que « moi, je fais le minimum, rien de plus, ils m’en ont trop fait voir, ils ne m’auront plus » ; ou de déclarer que « de toute manière, l’heure c’est l’heure, je ferme mon PC et je rentre, ce qui n’est pas fait attendra, je m’en f… » ; ou d’expliquer que « moi, le soir, dès que j’ai claqué la porte du bureau, je laisse les problèmes derrière moi, pas question de penser une minute de plus au boulot ».
*
Imaginez-vous faire la grève du zèle : quels efforts – inhabituels et contre nature – pour vous retenir d’apporter le bon conseil, de faire le bon geste, de prendre la bonne initiative, de relancer le dialogue comme vous en avez envie dans l’instant…
Imaginez-vous en train de refouler l’élan spontané qui vous permet de « faire du bon boulot », et parfois même « le meilleur boulot possible »… pour au contraire, vous forcer à agir a minima, en vous freinant, en sachant que vous dégradez la qualité de votre travail !
Méfiez-vous – toujours – de ceux qui affirment avoir réussi à prendre leurs distances avec un travail devenu trop difficile à supporter.
Leur apparente confiance en eux masque – presque – toujours une difficulté au travail, mal supportée. Un gréviste du zèle agit contre sa nature. Il s’engage contre son envie de travailler, et contre lui-même, ce qui fondamentalement ne peut – à la longue – que l’amener à en souffrir.
Et comme on ne naît pas gréviste du zèle, on le devient à l’usure, après avoir déjà souffert de ne pas avoir pu suffisamment travailler : les grévistes du zèle sont déjà en souffrance lorsqu’ils le deviennent.
La grève du zèle viendra ajouter de la souffrance à la souffrance.
Faire la grève du zèle est l’ultime expression de la détresse au travail.
Résister à son envie de travailler revient à s’interdire le plaisir de faire du bon boulot.
Sur la carte du travail, le gréviste du zèle s’installe strictement à l’opposé du directeur qui ne court jamais : lorsque le directeur travaille avec zèle pour donner l’impression de ne pas trop travailler… notre gréviste du zèle, lui, s’épuise à travailler pour donner le moins de zèle possible à son employeur.
Nous continuerons d’éclaircir cela, plus loin, lorsque nous décrirons plus en détail les subtiles manœuvres des grévistes du zèle, qui finissent par saboter le travail... aussi doués pour saboter qu’ils sont eux-mêmes égarés et en souffrance.
*
Mais dans l’immédiat, en cherchant encore à répondre à la question de savoir s’il vaut mieux travailler plus ou moins… je pense aussi à tous ceux qui m’ont confié – avec toujours une grande prudence – : « Mon problème, c’est que je n’ai plus assez de boulot. Je l’ai dit une fois, deux fois, trois fois… Ça n’a rien changé, on n’a pas voulu m’écouter pour traiter la question avec moi. Maintenant je n’ose plus le dire ou ça va se retourner contre moi. J’ai des heures, parfois des demi-journées d’inactivité… Je deviens fou. »
Ces salariés accumulent dans cette position une triple souffrance :
- Celle de l’ennui et de l’absence de travail,
- du refus de l’environnement d’en discuter avec eux,
- et de la crainte de la perte d’emploi, dans le contexte de fort chômage actuel.
Il faut d’ailleurs se rappeler que la pensée commune associe stress ou épuisement professionnel à une surcharge de travail. Cette même pensée commune s’attarde plus facilement sur le sort des « surchargés de travail » que sur celui des « sous-chargés de travail ». Elle s’égare.
Les modèles et les questionnaires d’évaluation du stress, comme le plus courant d’entre eux, le modèle de Karasek, alertent autant sur la dangerosité de la suractivité que sur celle de la sous-activité.
On observe toutefois un gain de notoriété du terme « bore-out » (souffrance due à l’ennui au travail), qui peut-être un jour rattrapera ...

Table des matières

  1. Indication
  2. Remerciements
  3. Dédicace
  4. Epigraphe
  5. Sommaire
  6. Une procédure ne fonctionne que parce qu’on ne l’applique pas
  7. Il n’y a pas de sots métiers, mais il y a encore des sots qui l’ignorent
  8. Quand les cols blancs découvrent la boîte noire de leurs équipes
  9. Le collectif de travail : excipient ou principe actif de notre épanouissement ?
  10. En conclusion : le secret de ceux qui n’envisagent plus de travailler moins mais de s’engager plus
  11. À propos du livre
  12. Page de copyright

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