A travers cet ouvrage, partez à la découverte du quatrième arrondissement de Paris. Visitez des bâtiments historiques, des squares, des églises, des hôtels particuliers. Arpentez rues, avenues, boulevards et ruelles. Admirez des oeuvres majestueuses! Découvrez des édifices disparus aux histoires incroyables! Prenez le temps de voyager sans bouger (ou pas) de chez vous.

- 640 pages
- French
- ePUB (adaptée aux mobiles)
- Disponible sur iOS et Android
eBook - ePub
À propos de ce livre
Informations
QUARTIER SAINT-GERVAIS
Le quartier Saint-Gervais est le 14e quartier administratif de Paris. Il tient son nom des martyrs saint Gervais et saint Protais, dont la vie légendaire est relatée dans La Légende dorée et qui est le vocable de l’église Saint-Gervais-Saint-Protais.
D’une surface de 42 ha, le quartier abrite en son sein la mairie de l’arrondissement. D’une exceptionnelle richesse patrimoniale, il se distingue également par la diversité sociologique de ses habitants ou des activités qui y prennent place. La synagogue de la rue Pavée édifiée par Guimard prend place au cœur du quartier juif, dont la rue des Rosiers constitue le centre nerveux. Le Mémorial juif, lieu de recueillement à la mémoire des victimes du nazisme, est également un centre de recherche sur l’histoire de la présence juive depuis le XIXe siècle. Par ailleurs, plus à l’ouest, la communauté homosexuelle est regroupée dans un périmètre au nord du BHV, avec de nombreuses boutiques et restaurants entre les rues du Temple et Vieille-du-Temple. La colonne vertébrale que constitue la rue de Rivoli, vouée au commerce, sépare autant qu’elle relie, les deux rives du Marais. Au sud, deux formes de réhabilitation du bâti témoignent des réflexions des urbanistes à partir des années 1920 face aux problèmes d’insalubrité. La destruction de l’ilot 16 fit surgir un quartier entièrement neuf, entre les rues Geoffroy l’Asnier et des Jardins-Saint-Paul, et conjointement à la réutilisation des hôtels d’Aumont et de Sens appartenant à la ville de Paris, plusieurs créations virent le jour, comme la Cité internationale des arts. Par ailleurs, une solution moins radicale fut choisie en 1975, avec l’aménagement du village Saint-Paul. Au sud-ouest, une aire de tranquillité aux allures médiévales s’étend autour des moines de l’église Saint-Gervais-Saint-Protais et des ouvriers Compagnons du Devoir.

Parcours 4 (2,1 km)
Pour commencer ce circuit, il vous faut rejoindre l’Hôtel de
Ville.
Ville.
Rue de Rivoli
Immobilier
- 48 bis : Cette maison, due à l’architecte Auguste Joseph Laurent Garriguenc, a été distinguée au concours annuel des Façades de la ville en 1905 : « L’ensemble de cette maison est d’un aspect remarquable par son harmonie générale. La porte d’entrée de l’immeuble est habilement décorée de cariatides inspirées par l’une des meilleures œuvres de Pierre Puget. Ces figures, faisant suite à des gaines, supportent avec force et élégance un encorbellement de bonne forme, très usité dans les maisons modernes. Il est dominé au sommet par un cartouche couronné d’un fronton bien proportionné ». Les deux atlantes sont l’œuvre du sculpteur, graveur et médailleur Sylvain Kinsburger. L’un est jeune et l’autre figure un homme d’âge mûr. L’artiste parisien a voulu rendre hommage à la puissance narrative des Esclaves de Michel-Ange, figures destinées à orner le tombeau du pape Jules II.
Prendre à droite
Rue des Archives
Immobilier
- 22 : église des Billettes.
- 24 : cloître de l’église. Il fut construit en 1427 et partiellement restauré en 1885. En 1968, il est débarrassé des couches de plâtre et de peinture qui le recouvrait par une équipe de bénévoles amateurs. Il comporte quatre travées dans le sens de la longueur, trois en largeur, dont les voûtes ogivales retombent sur des piles polygonales vers la cour, sur des culs-de-lampe du côté opposé. Les clefs de voûte ont presque toutes été mutilées à l’exception d’une dans la galerie sud, où deux beaux anges tiennent un écusson. L’étage supérieur, qui date du XIXe siècle, écrase malheureusement le cloître et l’assombrit. Il est le dernier cloître médiéval de la capitale. Il sert de lieu d’exposition pour de jeunes artistes.
- 15 : le Cox. Ce bar gay a ouvert ses portes en 1995. Il est réputé pour sa terrasse bondée entre 18h et 22h. Le happy hour quotidien est un moment incontournable de la vie du quartier. Le dimanche soir des DJ installent les platines à l’extérieur et donnent un air de fête à la fin du week-end. La décoration de l’édifice change tous les trois mois et se révèle chaque fois plus impressionnante que la précédente. Hélas, le propriétaire doit faire face à l’invasion des boutiques de luxe qui tentent de faire perdre son identité à cette rue. Le 12 novembre 2011, vers 14h00, un incendie s’est déclaré dans l’immeuble, en provenance des cuisines du restaurant japonais. Il s’agit du 4e incendie en trois ans. Par chance, le feu a rapidement été maîtrisé, ne provoquant pas de dommages graves. Pourtant, il aurait pu en être autrement. Les pompiers ne répondant pas aux appels téléphoniques des habitants, des passants ont couru avertir le service incendie du BHV qui, grâce à sa ligne directe, a pu joindre le « 18 ». A 15h30, les résidents retrouvaient leurs logements.
Couvent des Billettes
Les chroniques médiévales relatent une affaire bien étrange concernant la fondation de l’église. En 1290, une pauvre femme se fit prêter 30 sous par un usurier juif nommé Jonathas. Elle laissa en gage son plus bel habit. Voulant le porter pour Pâques, elle retourna voir le prêteur qui n’accepta de le restituer qu’en échange du pain consacré qu’elle recevrait lors de la messe de Pâques. En possession de l’hostie, il la poignarda ; l’hostie se mit à saigner. Il la jeta dans le feu et l’hostie vola au-dessus des flammes. Il la plongea dans un baquet d’eau bouillante, laquelle se teignit de rouge tandis que l’hostie s’élevait au-dessus. Une femme du quartier fit alors irruption dans la maison et recueillit l’hostie miraculeuse qu’elle porta à Saint-Jean-en-Grève. La femme et les enfants de Jonathas, que le spectacle avait convertis, furent baptisés ; le profanateur fut brûlé vif. Ce « miracle » est resté célèbre et fut souvent représenté. Une suite de tapisseries conservées avant la Révolution à Saint-Jean-en-Grève racontait le miracle des Billettes. Il en existe des copies sous forme de toiles peintes, jadis visibles à Saint-Jean-Saint-François ; retirées de l’église après la guerre, elles sont aujourd’hui au dépôt des œuvres d’art de la ville de Paris. On peut voir à Saint-Leu-Saint-Gilles un tableau relatif à la même histoire, laquelle fait aussi le thème d’un vitrail à Saint-Etienne-du-Mont. Le roi Philippe le Bel confisqua les biens de l’usurier, fit raser la maison et donna le terrain à l’Eglise. Régnier Flaminge (ou Flamenge) avait, avec l’autorisation de Boniface VIII (1294), élevé une chapelle expiatoire (nommée chapelle du Miracle) sur l’emplacement de la maison du sacrilège.
Histoire
Le nouveau sanctuaire devint très vite un lieu de pèlerinage et les dons affluèrent. En 1299, Philippe le Bel y installa les frères hospitaliers de la Charité-Notre-Dame, appelés Billettes, sans qu’aucune explication satisfaisante ait été avancée pour cette dénomination. En 1347, cette congrégation est réunie aux Augustins. Transformée en prieuré, la chapelle est reconstruite en 1408 et dotée d’un cloître achevé en 1427. Le cloître subsiste encore. Les Carmes de l’Observance de Rennes, dit Carmes-Billettes, remplacèrent les hospitaliers en 1631 dont la règle s’était relâchée. En 1568, les moines furent surpris « faisant grande chère en dépit du carême, avec 22 bonnes perdrix, des pâtés, des jambons et force bouteilles de vin ». Ils jeûnèrent en prison.
Dès le début du XVIIe siècle, les Carmes envisagèrent de reconstruire l’église gothique, mais ils se heurtèrent à l’opposition des marguilliers de la paroisse voisine de Saint-Jean-en-Grève qui percevaient ce projet comme une atteinte à leurs revenus. En décembre 1668, Melle Du Parc (comédienne) fut inhumée dans l’église, ainsi que le cœur de l’historiographe de France Eudes de Mézeray. En 1742, les Carmes décident de relancer le projet de reconstruction de l’église. Il faut dire qu’ils sont passés de 14 moines à 50. Ils font appel en juin, à l’architecte Jacques Hardouin-Mansart de Sagonne, petit-fils de Jules Hardouin-Mansart. Au même moment, le roi Louis XV l’appelle sur le chantier de l’église Saint-Louis de Versailles. Dans son projet, il prévoyait de déplacer l’église sur un terrain voisin et de l’ouvrir sur la rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie. Nouvelle opposition des marguilliers. Mansart livra un second projet en 1748, mais la nef fut jugée trop vaste. Toutefois, l’architecte réclama son salaire de 3 165 livres, 1 sol et 7 deniers, en dépit de l’annulation du projet. Le projet est de nouveau ressorti en 1752. Victoire ! De 1755 à 1758, l’église fut une nouvelle fois reconstruite par les soins d’un architecte anonyme. Des sources évoquent le nom de frère Claude, architecte dominicain, mais tous les auteurs ne s’entendent pas sur cet élément. Etant donné le coût du projet de Mansart, il est évident que l’architecte s’est inspiré de quelques éléments. On retrouve le plan rectangulaire prolongé d’une rotonde, les pots-à-feu de part et d’autre de la façade, ainsi que les palmes. Devenus bien national en 1790, l’église et le couvent sont vendus à divers particuliers. L’église est transformée alors en grenier à sel. La ville la rachète en 1800 et l’affecte au culte luthérien d’Augsbourg en 1812. L’aménagement intérieur date pour l’essentiel de l’Empire et du règne de Louis-Philippe, sauf l’autel et le lutrin de création contemporaine. L’église est en cours de restauration.
L’architecture

La façade présente deux étages où se superposent les ordres doriques et ioniques. Au rez-de-chaussée, le portail s’ouvre dans une grande arcade cintrée. Le niveau supérieur est percé d’une large baie cintrée, encadrée de pilastres ioniques. L’ensemble est couronné d’un fronton triangulaire à modillons dont le centre est sculpté de palmes et d’un écusson au centre duquel se détache une croix. En arrière du fronton, se dresse un lanternon hexagonal à dôme ovoïde. La façade, d’un dessin élégant, n’a rien d’originale dans son invention. Plutôt retardataire pour l’époque, elle reprend le type bien connu qui dérive de celle du Gesù. Son plus grand mérite tient à la façon pittoresque dont elle est insérée dans la courbe que forme à cet endroit la ligne des maisons.
Les dimensions de l’intérieur ne sont pas vastes, mais son plan est original. Le volume se décompose en une nef, bordée de bas-côtés et un chœur prolongeant directement la nef, sans transept. La nef, voûtée en berceau, comprend quatre travées délimitées par des pilastres ioniques. Les bas-côtés sont voûtés d’arêtes et s’ouvrent sur la nef par des arcs surbaissés. Ces derniers comportaient primitivement une galerie, donnant sur la nef par des ouvertures rectangulaires. L’installation d’une seconde galerie, en bois, a altéré les proportions et donné à la nef quelque chose de l’aspect d’un théâtre. Le chœur adopte un plan en arc outrepassé qui le rend presque circulaire. Il est divisé en cinq arcades, rythmées par les mêmes pilastres que la nef. La tribune de l’orgue, installée dans la première travée de la nef, forme un vestibule ; des statues d’anges et des guirlandes la décorent. Il a été réalisé par le facteur d’orgue alsacien Mühleisen en 1983.
L’édifice appartenant au culte protestant, il est dépourvu de décoration. Le seul objet d’art est la chaire, des années 1830-1840, un beau meuble en chêne à la sculpture bien distribuée et d’une exécution robuste. La sacristie renferme quelques peintures, des œuvres anonymes des XVIIe et XVIIIe siècles d’école flamande et italienne. Avant la Révolution française, l’église possédait deux reliquaires exceptionnels. Un reliquaire en forme de soleil, en vermeil doré, renfermait l’hostie profanée. Quant aux instruments du miracle, le couteau de Jonathas et l’écuelle en bois qui recueillit l’hostie, ils étaient enfermés dans des reliquaires d’argent.
Procession
Plusieurs siècles après le miracle, on portait encore le reliquaire de l’hostie lors de processions solennelles organisées de Saint-Jean-en-Grève aux Billettes. Ainsi, en 1446, pour implorer la fin de la guerre de Cent Ans et en 1538, sur la demande de François 1er. Mais en plus de la procession religieuse, se déroulait le Mystère du Juif, c’est-à-dire une représentation dramatique de ce qui s’était passé en 1290. Toutes les rues qu’empruntait le cortège étaient tendues de tapisseries et d’étoffes. On a pu reconstituer le déroulement (en quatre parties) de ce mystère, dont Paolo Ucello s’inspira pour composer sa toile, le Miracle de l’hostie, aujourd’hui au musée d’Urbino. « Quand on lit attentivement le texte du mystère parisien, on constate qu’il a été composé à des fins générales d’édification, certes, mais aussi selon un but utilitaire : sa représentation était destinée à encourager les Parisiens à la générosité pour la construction des sanctuaires où étaient conservés les objets du miracle : Hostie et Canivet (couteau), et pour l’enrichissement des châsses ». Le curé de Saint-Jean-en-Grève, au terme du mystère, déclarait en effet : « Père en Dieu, la Vierge pure qui porte dans ses flancs Jésus Christ, vous ait en sa grâce éternelle. Je vais mettre dans cette armoire cette hostie sacro-sainte. Bonnes gens, le noble prélat (l’archevêque de Paris) ayant accordé cent jours d’indulgence plénière à quiconque donnera pour la châsse de cette relique précieuse, Dieu vous les remettra. Ne soyez pas négligents. Vous avez vu tout ce grand et sérieux miracle, gardez-en la mémoire ; respectez cette hostie, fondez et conservez une confrérie au lieu même où ce fait s’est passé ; et que les confrères se montrent pour la première fois autour du bûcher de ce Juif pervers et obstiné. C’est ainsi que nous obtiendrons le pardon et l...
Table des matières
- Epigraphe
- À propos du livre
- Sommaire
- QUARTIER SAINT-MERRI
- QUARTIER SAINT-GERVAIS
- LE QUARTIER DE L’ARSENAL
- LE QUARTIER NOTRE-DAME
- Bibliographie
- Quizz
- Liste des monuments et rues
- Page de copyright
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