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Futurs proches
Liberté, indépendance et impérialisme au XXIe siÚcle
- 392 pages
- French
- ePUB (adaptée aux mobiles)
- Disponible sur iOS et Android
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Ă propos de ce livre
Dans ce livre empreint d'un sentiment d'urgence, Noam Chomsky dresse l'inventaire des horizons possibles, «menaçants» ou «exaltants», de ce jeune XXIe siĂšcle. Au fil d'une analyse fine des Ă©vĂ©nements politiques des derniĂšres annĂ©es, il met Ă nu les rouages de la mĂ©canique implacable de l'impĂ©rialisme amĂ©ricain, mĂ©canique qui plonge des peuples entiers dans le dĂ©sarroi. Il montre ainsi que l'indĂ©pendance politique et l'Ătat demeurent les plus solides remparts pour la dĂ©fense de la libertĂ©.
En brossant ce portrait, Noam Chomsky explore les problĂšmes d'aujourd'hui : fossĂ© grandissant entre le Nord et le Sud, exceptionnalisme aux Ătats-Unis (qui perdure sous la prĂ©sidence d'Obama), fiascos meurtriers d'Irak et d'Afghanistan, offensive israĂ©lo-Ă©tats-unienne Ă Gaza, rĂ©centes crises financiĂšres. Chomsky ne sombre toutefois pas pour autant dans le dĂ©sespoir. Il se rĂ©jouit du fait que les rĂ©centes percĂ©es de la dĂ©mocratie en AmĂ©rique latine et les mouvements de solidaritĂ© internationale tĂ©moignent d'un « rĂ©el progrĂšs vers la libertĂ© et la justice ».
Informations
DeuxiĂšme partie
LâAmĂ©rique du NordâŠ
et ailleurs
Chapitre 5
De « bonnes nouvelles »
dâIrak et dâailleurs
PEU DE TEMPS avant la campagne prĂ©sidentielle amĂ©ricaine de 2008, on tenait pour acquis que la guerre dâIrak en serait lâenjeu principal, comme çâavait Ă©tĂ© le cas lors des Ă©lections lĂ©gislatives de mi-mandat de 2006. Cependant, il nâen a pratiquement pas Ă©tĂ© question, ce qui a suscitĂ© une certaine incomprĂ©hension. Cela nâavait pourtant rien de surprenant.
La population considĂ©rait toujours lâIrak comme une question dâimportance, mais la dĂ©mocratie contemporaine nâa que faire de son avis. Les affaires du monde sont du ressort des « hommes responsables », qui doivent « vivre Ă lâabri du piĂ©tinement et des beuglements dâun troupeau en dĂ©route », la population, constituĂ© dâ« observateurs ignorants et indiscrets » ayant une « fonction » de « spectateurs », et non de « participants ». Les spectateurs sont tenus dâĂ©viter de se creuser la tĂȘte avec les enjeux. Le Wall Street Journal lâa presque confirmĂ© dans un article sur le « super mardi » (le 5 fĂ©vrier 2008, journĂ©e oĂč avaient lieu de nombreuses primaires) publiĂ© Ă la une et ayant pour titre « Ălections 2008 : Les Ă©lecteurs privilĂ©gient la personnalitĂ© des candidats plutĂŽt que les enjeux ». Plus prĂ©cisĂ©ment, disons que les enjeux sâestompent parce que les candidats, les organisateurs politiques et leurs agences de relations publiques mettent lâaccent sur la personnalitĂ© des candidats (leurs qualitĂ©s, etc.). Ils ont dâailleurs de bonnes raisons de le faire. En sâapprochant un peu trop de lâarĂšne politique, le peuple peut devenir dangereux. Ceux qui « participent Ă lâaction » sont assurĂ©ment conscients du fait que, sur une foule dâenjeux cruciaux, les deux grands partis politiques se situent nettement plus Ă droite que la population en gĂ©nĂ©ral et ont toujours dĂ©fendu Ă peu prĂšs les mĂȘmes positions au fil du temps. Benjamin Page et Marshall Bouton ont abordĂ© le sujet rĂ©cemment dans une recherche fort pertinente sur la politique Ă©trangĂšre. On peut nĂ©anmoins dire la mĂȘme chose des questions de politique intĂ©rieure. Il est donc nĂ©cessaire de dĂ©tourner lâattention du troupeau[ 1].
Les mises en garde dont je viens de faire Ă©tat sont extraites dâun cĂ©lĂšbre « essai progressiste sur la dĂ©mocratie », rĂ©digĂ© par le plus grand intellectuel amĂ©ricain du XXĂšme siĂšcle, Walter Lippmann. Elles rendent bien les perceptions et opinions des intellectuels, largement partagĂ©es dâun bout Ă lâautre de lâĂ©troit spectre idĂ©ologique de lâĂ©lite. Ce qui fait consensus sâexprime cependant davantage par la pratique que par les mots, bien que dâautres que Lippmann lâaient aussi Ă©noncĂ© : le prĂ©sident Woodrow Wilson, par exemple, qui soutenait quâune Ă©lite constituĂ©e dâhommes du monde aux « nobles idĂ©aux » doit avoir le pouvoir de perpĂ©tuer la « stabilitĂ© et la vertu[ 2] », ce qui revient pour lâessentiel Ă lâidĂ©e des pĂšres fondateurs. Plus rĂ©cemment, les hommes du monde se sont muĂ©s en « technocrates », en « intellectuels de lâaction » sous John F. Kennedy, en nĂ©oconservateurs « straussiens », etc. Quelle que soit lâĂ©poque, câest lâune ou lâautre variante de cette doctrine qui sâimpose, non sans accents lĂ©ninistes.
Pour lâavant-garde chargĂ©e de dĂ©fendre ces nobles idĂ©aux et de rĂ©genter la sociĂ©tĂ© et le monde, la disparition de lâIrak de lâĂ©cran radar nâa rien de bien mystĂ©rieux. Le distinguĂ© historien Arthur Schlesinger en avait expliquĂ© les tenants et aboutissants de maniĂšre convaincante en 1966 dans son essai The Bitter Heritage[ 3], oĂč il exposait la position des colombes alors que lâinvasion amĂ©ricaine du Vietnam du Sud Ă©tait dans sa quatriĂšme annĂ©e et que Washington sâapprĂȘtait Ă ajouter 100 000 soldats aux 175 000 dĂ©jĂ en train de rĂ©duire le pays en lambeaux. Pourtant, Schlesinger et dâautres observateurs savaient sans doute que « ce qui a changĂ© la nature de la guerre du Vietnam [ âŠ] nâa pas Ă©tĂ© la dĂ©cision dâenvoyer des troupes terrestres au Vietnam du Sud » en 1965 ni de bombarder le Nord, « mais bien la dĂ©cision de mener une guerre aĂ©rienne illimitĂ©e Ă lâintĂ©rieur [le Vietnam du Sud], au prix de sa dĂ©vastation totale ». Ces faits ont Ă©tĂ© ostensiblement rapportĂ©s par Bernard Fall, historien militaire de renom, spĂ©cialiste de lâIndochine et farouche anticommuniste, qui, trĂšs tĂŽt, avait prĂ©dit que « le Vietnam en tant quâentitĂ© culturelle et historique [ âŠ] est menacĂ© dâextinction [ âŠ] [alors que] ses rĂ©gions rurales meurent littĂ©ralement sous les coups de la plus colossale machine militaire jamais dĂ©ployĂ©e dans une zone de cette taille ».
Au moment oĂč Schlesinger Ă©crivait ces lignes, lâinvasion quâavait dĂ©clenchĂ©e Kennedy faisait face Ă des difficultĂ©s et constituait un lourd fardeau budgĂ©taire pour les Ătats-Unis. Avec dâautres libĂ©raux de lâentourage du dĂ©funt prĂ©sident, il a commencĂ©, non sans rĂ©ticence, Ă mettre en cause leur propre position belliciste. Parmi eux se trouvait mĂȘme Robert Kennedy, qui, un an plus tĂŽt, quand Fall avait publiĂ© son compte rendu amer de la guerre dans le Sud, avait condamnĂ© lâidĂ©e dâun retrait en qualifiant ce dernier de « dĂ©saveu des engagements pris et rĂ©affirmĂ©s par trois administrations successives » risquant dâ« affaiblir sĂ©rieusement â et peut-ĂȘtre irrĂ©mĂ©diablement â la dĂ©mocratie en Asie ». En 1966, cependant, Robert Kennedy, Schlesinger et dâautres faucons dĂ©mocrates ont proposĂ© dâessayer de parvenir Ă un rĂšglement nĂ©gociĂ©, quâil ne fallait surtout pas confondre avec un retrait des troupes, un retrait sans victoire nâayant jamais Ă©tĂ© envisagĂ© par John F. Kennedy, contrairement Ă ce que laissent entendre nombre dâidĂ©es reçues[ 4].
Tout en reconsidĂ©rant sa position antĂ©rieure, Schlesinger gardait espoir : bien entendu, Ă©crivait-il, « nous prions tous » pour que les faucons aient raison de croire que lâescalade actuelle puisse « venir Ă bout de la rĂ©sistance » ; si tel est le cas, « nous pourrons tous rendre hommage Ă la sagesse et au sens de lâĂtat du gouvernement des Ătats-Unis » pour sa victoire, qui aura laissĂ© « ce tragique pays Ă©viscĂ©rĂ© et dĂ©vastĂ© par les bombes, brĂ»lĂ© par le napalm, stĂ©rilisĂ© par le dĂ©foliant chimique, une terre en ruines, une Ă©pave » dont le « tissu politique et institutionnel » aura Ă©tĂ© pulvĂ©risĂ© ; il est cependant probable que lâescalade nâaboutisse pas et sâavĂšre trop coĂ»teuse pour les Ătats-Unis, dâoĂč lâidĂ©e de revoir la stratĂ©gie.
Lâopinion des citoyens les plus progressistes a Ă©tĂ© bien illustrĂ©e par la section du Massachusetts de lâorganisme Americans for Democratic Action (ADA). Vers la fin de 1967, alors que lâopposition Ă la guerre prenait enfin lâenvergure dâun mouvement de masse, la direction de lâADA a dĂ©ployĂ© des efforts considĂ©rables (et plutĂŽt ridicules) pour empĂȘcher lâadhĂ©sion de personnes dont elle craignait lâĂ©ventuel appui Ă une rĂ©solution antiguerre proposĂ©e par cette section locale indocile (Howard Zinn et moi Ă©tions ces terrifiants candidats). Quelques mois plus tard aura lieu lâoffensive du TĂȘt, qui incitera le monde des affaires Ă se retourner contre la guerre Ă cause des coĂ»ts quâelle imposait aux AmĂ©ricains. Les plus lucides prenaient conscience que Washington avait dĂ©jĂ atteint ses principaux objectifs : dâabord, dĂ©truire le « virus » du dĂ©veloppement autonome, dont la rĂ©ussite aurait pu « provoquer une contagion » dans toute la rĂ©gion, pour emprunter la rhĂ©torique de Kissinger, puis vacciner ses victimes potentielles en leur imposant de brutales dictatures[ 5].
Tout Ă coup, on dĂ©couvrait que tout le monde sâĂ©tait toujours opposĂ© farouchement Ă la guerre (dans un profond silence). Les biographes de Kennedy ont dĂ» rĂ©viser en profondeur leurs comptes rendus pour les faire concorder avec le mythe voulant que ce prĂ©sident ait Ă©tĂ© une colombe inavouĂ©e, expĂ©diant leur riche documentation (y compris leur propre version antĂ©rieure des Ă©vĂ©nements) dans les poubelles de lâhistoire, oĂč les faits inopportuns se dissipent dans la paix et lâoubli[ 6]. Les autres ont prĂ©fĂ©rĂ© se taire, prĂ©sumant avec raison que la vĂ©ritĂ© finirait par disparaĂźtre. LâinterprĂ©tation Ă retenir sâest vite imposĂ©e : le mouvement antiguerre, radical et prĂ©somptueux, a nui aux tentatives plus sĂ©rieuses des « opposants de la premiĂšre heure » de mettre fin Ă la guerre. Au dĂ©but du XXIĂšme siĂšcle, on a mĂȘme inversĂ© le sens de certains termes. Dans les annĂ©es 1960, on sermonnait les tenants du « rĂ©visionnisme » historique parce quâils osaient affirmer que les intentions motivant la guerre du Vietnam Ă©taient loin dâĂȘtre nobles et pures, voire parce quâils suggĂ©raient que les Ătats-Unis auraient jouĂ© un certain rĂŽle dans le dĂ©clenchement et la poursuite de la guerre froide. Quarante ans plus tard, le « rĂ©visionnisme » dĂ©signe la doctrine selon laquelle la victoire des Ătats-Unis au Vietnam Ă©tait imminente, mais a Ă©tĂ© sabotĂ©e de lâintĂ©rieur. Une telle interprĂ©tation contredit la conception gĂ©nĂ©ralement admise voulant quâune victoire de cette noble cause ait Ă©tĂ© impossible et qualifiant la guerre dâerreur de jugement. Le dĂ©bat fait rage dans les cercles intellectuels. Ce glissement terminologique tĂ©moigne dâune mutation du spectre idĂ©ologique et constitue une grande victoire pour les gardiens de la culture impĂ©riale, du moins chez les Ă©lites cultivĂ©es.
Ă la fin de la guerre, en 1975, la position des colombes convaincues a Ă©tĂ© bien exprimĂ©e par Anthony Lewis, voix la plus critique de la presse Ă©crite et des mĂ©dias en gĂ©nĂ©ral. Selon lui, la guerre avait commencĂ© par des « tentatives maladroites de bien faire » â sous lâangle de lâidĂ©ologie dominante, lâexpression « tentatives de bien faire » frise la tautologie, et lâadjectif « maladroites » renvoie aux coĂ»ts et aux Ă©checs â, mais, dĂšs 1969, il Ă©tait « Ă©vident aux yeux du monde entier ou presque et de la plupart des AmĂ©ricains que cette intervention constituait une erreur catastrophique ». Contre la guerre, expliquait-il, on pouvait argumenter « que les Ătats-Unis sâĂ©taient avĂ©rĂ©s ignorants des forces culturelles et politiques Ă lâĆuvre en Indochine, et quâils sâĂ©taient trouvĂ©s dans une position oĂč ils ne pouvaient imposer aucune solution Ă moins dâen payer le prix, trop Ă©levĂ©[ 7] ».
En 1975, annĂ©e oĂč Lewis Ă©crivait ces lignes, « la plupart des AmĂ©ricains » voyaient les choses dâun tout autre Ćil. Environ 70 % dâentre eux considĂ©raient la guerre comme « fondamentalement injustifiĂ©e et immorale », et non comme une « erreur ». Cette opinion nâest toutefois que celle dâ« observateurs ignorants et indiscrets » quâil convient de ne pas prendre au sĂ©rieux ; dans les rares cas oĂč elle se fait entendre, on peut lâescamoter sans procĂšs en lui attribuant des motivations Ă©goĂŻstes et un manque de fondements moraux[ 8].
Dans les annĂ©es 2000, ces raisonnements de lâĂ©lite, tout comme la mentalitĂ© dont ils tĂ©moignent, ont Ă©tĂ© resservis sans grand changement dans les commentaires critiquant lâinvasion de lâIrak. Bien que les condamnations de la guerre contre lâIrak aient Ă©tĂ© beaucoup plus virulentes et radicales que celles qui avaient Ă©tĂ© exprimĂ©es Ă toutes les Ă©tapes Ă©quivalentes de la guerre du Vietnam, les principes articulĂ©s jadis par Schlesinger nâen persistent pas moins vigoureusement dans les mĂ©dias et les analyses.
Fait intĂ©ressant : Schlesinger lui-mĂȘme a adoptĂ© une position fort diffĂ©rente et nettement plus honorable Ă propos de lâinvasion de lâIrak, se dĂ©marquant ainsi de ses semblables. Quand les bombes se sont mises Ă tomber sur Bagdad, il a Ă©crit que la politique de Bush « ressemblait dâune maniĂšre alarmante Ă celle que lâempire du Japon avait appliquĂ©e Ă Pearl Harbor en âune date qui restera dans lâHistoire comme un jour dâinfamieâ, comme lâavait qualifiĂ©e un ancien prĂ©sident amĂ©ricain. Franklin D. Roosevelt avait raison, mais aujourdâhui nous, AmĂ©ricains, sommes ceux qui vivons dans lâinfamie ». Il serait instructif de connaĂźtre le traitement accordĂ© Ă cette objection de principe de Schlesinger dans les hommages qui lui ont Ă©tĂ© rendus aprĂšs son dĂ©cĂšs, ainsi que dans les nombreuses recensions de ses Journals 1952-2000 (dans lesquels le Vietnam nâest mentionnĂ© quâĂ partir des annĂ©es Johnson, ce qui concorde avec le contenu des premiĂšres Ă©ditions de sa biographie de Kennedy). Il nâest pas vraiment nĂ©cessaire de mener une enquĂȘte[ 9].
Que lâIrak soit devenu « une terre en ruines, une Ă©pave », ne fait aucun doute. Il ne devrait plus ĂȘtre nĂ©cessaire dâĂ©numĂ©rer les faits en dĂ©tail. La maison de sondages britannique Opinion Research Business a rĂ©cemment mis Ă jour son estimation du nombre de morts quâa faits la guerre Ă 1,03 million, en excluant les provinces de Kerbala et dâAl-AnbĂąr, deux des rĂ©gions oĂč la situation est la pire[10]. Que cette Ă©valuation soit juste ou que les vrais chiffres soient de loin infĂ©rieurs, comme certains le prĂ©tendent, il va sans dire que le coĂ»t en vies humaines est terrible. La guerre a aussi fait des millions de dĂ©placĂ©s. GrĂące Ă la gĂ©nĂ©rositĂ© de la Jordanie et de la Syrie, les millions de rĂ©fugiĂ©s ayant fui la dĂ©vastation de leur pays, y compris la plupart des professionnels irakiens (du moins ceux quâon nâa pas assassinĂ©s), nâont pas Ă©tĂ© simplement Ă©liminĂ©s. Toutefois, cet accueil a commencĂ© Ă sâamenuiser, pour la simple raison que la Jordanie et la Syrie nâont bĂ©nĂ©ficiĂ© dâaucun soutien digne de ce nom de la part de Washington et Londres, auteurs des crimes. LâidĂ©e que ces derniers puissent recevoir leurs victimes autrement quâau compte-gouttes est trop saugrenue pour ĂȘtre prise en compte. Autrefois larvĂ©s, des conflits entre sectes ont Ă©clatĂ© Ă la suite de lâinvasion, surprenant les Irakiens, qui les croyaient improbables, et embrasant le pays. Bagdad et dâautres rĂ©gions ont fait lâobjet dâodieux nettoyages ethniques et ont Ă©tĂ© laissĂ©es entre les mains des chefs de guerre et des milices, principal Ă©lĂ©ment de la stratĂ©gie contre-insurrectionnelle actuelle du gĂ©nĂ©ral David Petraeus, rĂ©putĂ© pour sa pacification de Mossoul, ville qui allait devenir le théùtre dâĂ©pisodes dâune rare violence.
La rĂ©alitĂ© des faits nâa pas Ă©chappĂ© aux observateurs les mieux informĂ©s et les plus respectĂ©s. David Gartner, correspondant pour le Moyen-Orient au Financial Times, a dĂ©crit la dĂ©vastation que Petraeus a semĂ©e Ă Mossoul. Il a aussi prĂ©sentĂ© les raisons du dĂ©clin de la violence au moment de lâ« escalade » ainsi que le contraste saisissant entre la version livrĂ©e par le Pentagone et les mĂ©dias et le « chĂąteau de cartes » dĂ©crit par le Government Accountability Office (organisme indĂ©pendant chargĂ© du contrĂŽle des comptes publics et relevant du CongrĂšs). Il poursuit en se penchant sur la « catastrophe » stra...
Table des matiĂšres
- FUTURS PROCHES. Liberté, indépendance et impérialisme au XXIe siÚcle
- Page de titre
- Avant-propos
- PremiĂšre partie. LâAmĂ©rique latine
- DeuxiĂšme partie. LâAmĂ©rique du Nord... et ailleurs
- Notes et références
- Table
- Déjà parus dans la collection «Futur proche»
- Crédits de production
- QuatriĂšme de couverture
Approuvé par les 375,005 étudiants
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