Maternance ou garderie
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Maternance ou garderie

Les processus d'attachement et de séparation chez l'enfant

  1. 292 pages
  2. French
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Maternance ou garderie

Les processus d'attachement et de séparation chez l'enfant

À propos de ce livre

Tous les parents font de leur mieux pour donner les soins essentiels Ă  leurs enfants. Mais cela suffit-il pour permettre Ă  l'enfant de s'Ă©panouir et d'ĂȘtre heureux? Dans ce livre, j'ai mis beaucoup d'attention Ă  rĂ©pondre aux questions rĂ©currentes des mamans et des papas inquiets pour leur enfant en donnant une idĂ©e plus concise de ce qu'a, impĂ©rativement, besoin un tout petit ĂȘtre humain pour arriver Ă  grandir heureux et sainement.Afin de soutenir les parents dans leurs devoirs de soins et d'amour, je me suis appliquĂ©e Ă  donner un aperçu des rĂ©flexions et des observations des spĂ©cialistes sur ce dont sont dotĂ©s les petits ĂȘtres humains qu'ils ont mis au monde. AprĂšs l'Ă©criture de 6 livres sur les besoins des enfants, je me suis efforcĂ©e de circonscrire, dans mes expĂ©riences, des histoires de cas que j'ai racontĂ© sous forme de dialogues ou de mises en scĂšne lesquels sauront, je le souhaite, dĂ©montrer de façon tangible que, depuis l'Ăšre des garderies, des situations indĂ©sirables existent et qu'elles sont difficiles Ă  vivre pour les jeunes enfants et leurs parents. Parce que, pour moi, les premiĂšres relations entre la mĂšre et l'enfant sont des liens fondateurs de la personnalitĂ©, je prĂ©sente les Ă©lĂ©ments qui en sont les bases et j'y aborde les thĂ©ories et les thĂšmes qui n'ont cessĂ© de m'interpeller, dont ceux concernant le processus d'attachement et ceux liĂ©s Ă  la sĂ©paration prĂ©coce.

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Informations

Année
2012
ISBN de l'eBook
9782897210120

Chapitre 1

Les premiĂšres relations

LE TOUCHER, L’ODEUR ET LA VOIX
Un texte de mĂ©decine ayurvĂ©dique nous dit que: « C’est par le canal des textures, des odeurs, des saveurs, des formes, des couleurs et des sons que s’effectue le dĂ©veloppement de l’embryon et du fƓtus.» Dans le monde rationnel des adultes, on a perdu l’habitude de tenir compte de la sensorialitĂ©; on ne sait plus parler de façon simple, des choses sur lesquelles on n’est plus habituĂ© de rĂ©flĂ©chir, j’entends par lĂ  le langage des sens. Pour plusieurs adultes, les processus sensoriels d’avant la naissance sont considĂ©rĂ©s comme des phĂ©nomĂšnes non indispensables dans le dĂ©veloppement. J’ai donc hĂ©sitĂ© Ă  traiter de cela, car, au premier abord, cette communication sensorielle peut sembler tenir plus d’un discours Ă©sotĂ©rique que d’un discours psychologique ; toutefois, parce qu’il m’importe d’informer et de guider les mĂšres dans l’univers de leur enfant, quelques idĂ©es tirĂ©es du texte de Frans Veldman sur l’haptonomie* m’ont convaincue d’aborder avec vous, lecteurs, lectrices, la question du caractĂšre fondamental de la communication sensorielle d’avant la naissance.
Tous les adultes, un tant soit peu sensibles Ă  la cause des enfants, admettront que dans les dĂ©buts de la vie de l’enfant, l’intelligence des sens existe vraiment. Pour bien comprendre la relation sans parole entre le nouveau-nĂ© et sa maman et bien comprendre les phases de son dĂ©veloppement, je crois qu’il faut nĂ©cessairement tenir compte de l’influence des processus sensoriels.
Tous les adultes rationnels admettent que les animaux possĂšdent, Ă  divers degrĂ©s, des sens qui leur permettent de percevoir le monde. Il en est de mĂȘme pour les ĂȘtres humains. Nous possĂ©dons tous une notion naturelle de la pesanteur et de l’espace qui nous permet de savoir si ce que nous voulons soulever est haut ou bas, lourd ou lĂ©ger. Nous possĂ©dons tous un sens de l’équilibre qui nous permet de grimper et de nous pencher sans tomber; c’est ce sens propriocepteur qui rĂ©tablit notre position Ă  tous les moments de la journĂ©e et qui, en consĂ©quence, garde notre corps d’aplomb. Nous possĂ©dons tous aussi ce sens grĂące auquel nous pouvons dĂ©terminer instantanĂ©ment si un objet est chaud ou froid. Ces perceptions sensorielles sont des plus importantes pour nous indiquer des repĂšres dans l’espace et des repĂšres physiologiques. Les perceptions sensorielles sont indispensables Ă  la survie de tous les ĂȘtres humains. Pourtant, nous n’en prenons conscience que lorsqu’elles viennent Ă  manquer.
DĂšs sa naissance, c’est avec les sens que l’enfant, Ă  travers un systĂšme perceptuel vierge, perçoit intimement le monde et la vie. Ce n’est qu’au fil des ans qu’il s’éloigne de ses instincts sensoriels. Les sens sont ses premiers outils auxquels l’enfant se fie pour communiquer ses joies et ses peines.
Les sens des tout-petits ne sont pas qu’une infime et inutile partie d’eux-mĂȘmes, mais bien la partie la plus authentique de leur savoir ĂȘtre spontanĂ©. La majoritĂ© des adultes omettent de se servir de leur sens, mais pour le jeune enfant les informations sensorielles ne sont ni une vague thĂ©orie ni une philosophie abstraite ; elles existent et ce sont elles qui construisent les bases de leur vie psychique.
Aujourd’hui, la science mĂ©dicale reconnaĂźt facilement qu’une mĂšre en bonne santĂ© a une influence positive sur le fƓtus : son mode de vie sain prĂ©vient des risques de maladies ou d’intoxications qui menacent l’enfant. On reconnaĂźt cependant, encore avec beaucoup de difficultĂ©, le bienfondĂ© d’une communication avec le fƓtus. Heureusement, certaines mĂšres se fient encore Ă  leur intuition pour communiquer avec l’enfant qui se dĂ©veloppe en elles. Et si l’apprentissage d’une communication entre la mĂšre et le fƓtus Ă©tait partie prenante de la croissance harmonieuse de l’enfant lors des premiĂšres semaines de vie?
Chez l’enfant, la communication sensorielle prĂ©cĂšde la communication verbale. Avant d’accĂ©der Ă  la parole, l’enfant est un ĂȘtre qui vit de ses perceptions et de ses sens. Tout comme le font les animaux, pour interprĂ©ter les intentions des gens et les situations, les bĂ©bĂ©s humains se fient Ă  leur goĂ»t, aux couleurs et aux odeurs. Comme les chauves-souris, les dauphins, les baleines, les oiseaux et les abeilles, qui se fient aux longueurs d’ondes et aux sons, tous les ĂȘtres humains utilisent d’abord des indices sensoriels pour procĂ©der au rĂ©el. Pour faire ceci ou cela, c’est en se servant, au premier chef, de son Ă©quipement neurologique et sensoriel que chaque bĂ©bĂ© se prĂ©pare Ă  l’exercice de communication avec sa mĂšre.
Si le fƓtus ne comprend pas les mots, il entend et il est particuliĂšrement sensible Ă  la maniĂšre dont sa mĂšre intervient avec lui. À travers les parois de l’utĂ©rus, il entend et apprend dĂ©jĂ  Ă  discriminer les voix humaines et les types de sons. On sait aujourd’hui que dans le ventre de sa mĂšre, le fƓtus entend la musique et les bruits de l’environnement oĂč se trouve la mĂšre. Les mĂšres ressentent d’ailleurs leurs fƓtus rĂ©agir aux sons forts et aux mouvements qui leur dĂ©plaisent. On peut ainsi dire qu’une mĂšre qui parle Ă  son fƓtus lui apprend dĂ©jĂ  Ă  reconnaĂźtre sa voix.
Avant la huitiĂšme semaine de la grossesse, c’est-Ă -dire avant qu’il ne soit considĂ©rĂ© un fƓtus, le corps physique de l’enfant est appelĂ© un embryon. Il est dĂ©montrĂ© qu’au stade embryonnaire, la puissance de dĂ©veloppement est presque exclusivement le fait de l’hĂ©ritage gĂ©nĂ©tique apportĂ© par la mĂšre et le pĂšre; il est aussi Ă©tabli que l’influence de l’environnement maternant n’apparaĂźt qu’aprĂšs le moment oĂč tous les organes sont en place. Le corps physique est alors constituĂ© et c’est ce qu’on appelle, la pĂ©riode d’aimance fƓtale.
Veldman, dans un long texte, expose la façon dont il conçoit et comprend le commencement de la relation entre une mĂšre et le fƓtus. Pour lui, toutes les mĂšres peuvent, relativement facilement, Ă©tablir un «contact affectif, sensoriel et fonctionnel » avec leur enfant, tout simplement, en touchant leur ventre.
À partir du moment oĂč les premiers mouvements sont perceptibles, moment variable suivant qu’il s’agit d’une primipare ou d’une multipare, habituellement autour du quatriĂšme ou cinquiĂšme mois de grossesse, la mĂšre oriente son affectivitĂ© avec une sensitivitĂ© accrue vers son enfant; elle le prend, Ă  la lettre, dans ses mains, l’enveloppant affectivement. La stimulation perceptive, ressentie par l’enfant, l’invite Ă  rĂ©pondre de façon rĂ©flexive, de plus en plus anticipante. Et, peu Ă  peu, il se dĂ©veloppe, entre la mĂšre et l’enfant, une interaction communicative qui, lorsqu’elle se rĂ©pĂšte rĂ©guliĂšrement, se rĂ©sume rapidement en un moment de rĂ©crĂ©ation rĂ©jouissante.
Veldman écrit encore que :
Le toucher est le premier organe des sens, il est le plus fondamental: il unit celui qui touche et celui qui est touchĂ©. La subjectivitĂ© de celui qui intervient ne peut ignorer la subjectivitĂ© de celui qui est contactĂ©. Les « contacts de jeux» avec le fƓtus sont une rĂ©alitĂ© tangible qui, en quelque sorte, permet Ă  la mĂšre de toucher Ă  son enfant.
AprĂšs tout, ĂȘtre enceinte est plus qu’une rĂ©alitĂ© purement physique: c’est aussi une rĂ©alitĂ© fortement physiologique et profondĂ©ment affective. Si c’était vrai que, simplement en jouant avec le fƓtus, la mĂšre pouvait dĂ©jĂ  lui donner l’envie de vivre ?
Par «les contacts de jeux», la mĂšre apprend, de maniĂšre palpable, Ă  accompagner et Ă  diriger son enfant; elle apprend Ă  percevoir ce qui se passe lorsqu’elle pose sa main sur son ventre.
[
] De façon concrĂšte, la mĂšre prend son utĂ©rus Ă  pleines mains, place son enfant sur son cƓur et modifie ainsi la position de l’enfant et la forme de l’utĂ©rus. Lorsque la mĂšre et le fƓtus sont syntones*, l’enfant synchronise harmonieusement sa respiration Ă  celle de sa mĂšre.
Le rĂ©sultat de ce travail est Ă©vident: l’enfant se place dans ce que nous appelons le corps de contact. Il n’est plus dans un corps de combat, de fuite ou d’anxiĂ©tĂ©. Il se sent libre, dĂ©tendu, en sĂ©curitĂ©.
La mĂšre, en allant Ă  la rencontre de son fƓtus, lui apprend, avant mĂȘme qu’il naisse, Ă  rĂ©pondre Ă  ses stimulations tactiles ou Ă  se dĂ©tendre, en toute sĂ©curitĂ©, entre ses mains tout en Ă©coutant sa voix. Le fƓtus apprend ainsi Ă  communiquer avec sa mĂšre.
Catherine Dolto-Tolitch, cĂ©lĂšbre haptopsychothĂ©rapeute qui a contribuĂ© et contribue toujours Ă  faire connaĂźtre en France ce qu’est l’haptonomie, a Ă©crit:
[
] bien avant qu’il y ait un systĂšme auditif fonctionnel, c’est-Ă -dire, au troisiĂšme trimestre de la grossesse, l’enfant peut reconnaĂźtre et discriminer les vibrations acoustiques rĂ©percutĂ©es par le liquide amniotique. L’enfant entend avec sa peau. Cette peau intelligente permet au fƓtus de rĂ©agir Ă  une voix familiĂšre et apprĂ©ciĂ©e comme celle du pĂšre, de rĂ©pondre aux invitations de la mĂšre et de rĂ©agir aux touchers qu’ils viennent de la mĂšre, du pĂšre ou de l’haptothĂ©rapeute, en se dĂ©plaçant pour s’y approcher et ce, qu’on y joigne la parole ou non.
Les accompagnements pratiquĂ©s pendant la grossesse ont amenĂ© les intervenants et intervenantes en haptothĂ©rapie Ă  comprendre que le fƓtus rĂ©agit, non seulement Ă  tout Ă©vĂ©nement physique, mais Ă©galement aux Ă©vĂ©nements affectifs, psychiques ou Ă©motionnels vĂ©cus par la mĂšre. Il est Ă©tabli qu’à partir du troisiĂšme trimestre de grossesse, l’enfant entend avec sa peau et qu’il est capable de manifester, selon le cas, son dĂ©sir de contact ou son besoin de tranquillitĂ©. Les haptothĂ©rapeutes avancent que grĂące Ă  la rĂ©ponse de la mĂšre, le fƓtus dĂ©veloppe un sentiment de sĂ©curitĂ© de base qui perdure au-delĂ  de la grossesse. Pour les haptothĂ©rapeutes, la rencontre avec le fƓtus, c’est le point de dĂ©part des gestes d’attachement tangibles entre la mĂšre et l’enfant.
Dans les expĂ©riences de Veldman, la mĂšre communique avec son enfant non seulement par la parole, mais Ă©galement par le toucher. Toutes les femmes qui l’ont vĂ©cu peuvent confirmer que prendre pour la premiĂšre fois contact avec son fƓtus est une expĂ©rience de joie et de bonheur unique qui rend tangible l’enfant que l’on a imaginĂ©.
Plusieurs Ă©lĂ©ments peuvent rendre difficile le contact affectif entre la mĂšre et l’enfant. Certaines femmes ont de la difficultĂ© Ă  vivre leur grossesse, tant au plan physique que psychologique; d’autres sont simplement perplexes devant le fait qu’un fƓtus puisse rĂ©pondre Ă  leur stimulation tactile et craignent, plus que tout, d’avoir l’air ridicule. Lorsque dans leurs essais, elles constatent qu’effectivement le fƓtus se love dans leurs mains, elles sont alors stupĂ©faites et agrĂ©ablement surprises.
Autour du sixiĂšme mois de grossesse, le fƓtus peut adopter des positions qui s’avĂšrent inconfortables pour la mĂšre; certaines femmes se plaignent que leur bĂ©bĂ© leur fait mal. Ces femmes sont Ă©tonnĂ©es en constatant que grĂące au toucher, il change de position. Avec les connaissances que nous avons acquises sur la sensorialitĂ© fƓtale, il est maintenant reconnu qu’en communiquant doucement avec les mains, on peut soulager la mĂšre en faisant bouger le bĂ©bĂ© qui pĂšse sur un organe. PoussĂ© par des mains sensibles, le bĂ©bĂ© se dĂ©place.
Aux dires des haptothĂ©rapeutes, les mouvements et les rĂ©actions qu’on reconnaĂźt au fƓtus influencent, non seulement la façon dont est vĂ©cue la grossesse, mais par la suite, la façon dont est vĂ©cu l’accouchement. Pour les haptothĂ©rapeutes, le contact avec le fƓtus durant la grossesse a quelque chose de l’ordre de l’éveil affectif, lequel permet dĂ©jĂ , lors de l’accouchement, que la mĂšre accompagne la douleur de son enfant.
Je suis persuadĂ©e que les relations tactiles naturelles avant la naissance, qui sont en soi d’authentiques gestes d’affection, participent Ă  construire les premiers liens d’attachement entre la mĂšre et l’enfant, et qu’à travers ces relations tactiles, la mĂšre et le fƓtus acquiĂšrent ensemble des habitudes qui leur serviront, non seulement, lors de l’accouchement mais aussi dans les jours suivant la naissance. Toutes les mĂšres devraient tenter de crĂ©er avec leur fƓtus ce lien d’attachement prĂ©natal, car il est facile de faire cette expĂ©rience touchante qui s’avĂšre particuliĂšrement vitalisante pour la mĂšre et pour l’enfant. Je souhaite Ă  toutes les mĂšres que leur fƓtus manifeste son plaisir Ă  entrer en contact avec elle.
Depuis que le nĂ©erlandais Frans Veldman a abordĂ© de cette maniĂšre la relation prĂ©natale, la sensorialitĂ© fƓtale et la mĂ©morisation prĂ©coce, on a fait de l’haptonomie la science de l’affectivitĂ©.
Un nouveau-nĂ© a toujours de la difficultĂ© Ă  s’inscrire dans sa nouvelle vie. Durant les premiers jours aprĂšs la naissance, il arrive que des bĂ©bĂ©s ne soient pas encore tout Ă  fait prĂȘts pour la vie Ă  l’extĂ©rieur de l’utĂ©rus. Ces bĂ©bĂ©s hĂ©sitent Ă  boire. La mĂšre s’inquiĂšte, avec raison, et, pour elle, la situation devient, parfois, source d’angoisse. Pour vivre, il faut manger et la mĂšre et l’enfant sont, l’un comme l’autre, dĂ©sarmĂ©s et ils pleurent souvent de concert. À ces nourrissons, il semble manquer un petit quelque chose pour faire jonction entre les sensations venues de l’intĂ©rieur de l’utĂ©rus et les sensations nouvelles qui viennent de l’extĂ©rieur et qu’ils ne connaissent pas encore.
L’éthologiste Konrad Lorenz et les psychanalystes RenĂ© Spitz et Françoise Dolto ont prouvĂ© que les nouveau-nĂ©s avaient, Ă  la naissance, une mĂ©moire olfactive particuliĂšrement dĂ©veloppĂ©e, mĂ©moire qui rĂ©gressera plus tard. Il est reconnu que le repĂšre olfactif est un moyen de rĂ©assurance pour un bĂ©bĂ© qui doit ĂȘtre sĂ©parĂ© de sa maman.
NaĂźtre a demandĂ© autant d’efforts au bĂ©bĂ© que cela en a demandĂ© Ă  sa mĂšre; dĂšs sa naissance, il est rassurant pour l’enfant de vivre un contact peau Ă  peau, il est apaisant d’entendre les battements du cƓur auquel il est habituĂ© et sĂ©curisant de retrouver la chaleur et l’odeur corporelle de sa mĂšre. Plusieurs nouveaux bĂ©bĂ©s qui hĂ©sitent Ă  vivre sont simplement malheureux parce que coupĂ©s trop brusquement des sensations qu’ils avaient dans le ventre de leur mĂšre. AprĂšs quelques contacts peau Ă  peau, la plupart des nourrissons acceptent leur nouvelle situation.
Certains nouveau-nĂ©s n’ont pas la force de tĂ©ter. Dans ces cas, les haptothĂ©rapeutes suggĂšrent aux mĂšres de prendre l’enfant bien serrĂ© contre elles afin qu’il ait un sentiment de sĂ©curitĂ© et de lui faire boire de leur lait, au gros compte-goutte, afin qu’il y goĂ»te et y prenne goĂ»t. AprĂšs quelques sĂ©ances de goutte Ă  goutte, les nourrissons sensibles aux attentions et aux paroles de leur mĂšre ressentent l’importance qu’ils ont pour elle et, gĂ©nĂ©ralement, ils retrouvent l’envie de boire; dĂšs lors, les symptĂŽmes disparaissent et la mĂšre et l’enfant dĂ©cident tous deux de vivre ensemble.
Nombre d’expĂ©riences douloureuses ont prouvĂ© que sans la prĂ©sence physique de sa mĂšre un nouveau-nĂ© peut perdre le goĂ»t de vivre. La preuve est faite que pour affronter la situation nouvelle, le nourrisson a besoin de sa mĂšre; il a besoin de celle qui a Ă©tĂ© son repĂšre intra-utĂ©rin. Il est toujours impensable pour un nouveau-nĂ© de faire face Ă  l’inconnu sans sa mĂšre. Mais, quelques fois, la santĂ© de la mĂšre ou celle du nouveau-nĂ© impose une sĂ©paration. On sait maintenant que dans les circonstances oĂč le nouveau-nĂ© doit ĂȘtre ainsi sĂ©parĂ© de sa mĂšre, l’odeur qui rĂ©gnait Ă  l’intĂ©rieur de l’utĂ©rus et qui lui rappelle sa prĂ©sence lui permet d’affronter, pour un temps, cette nouvelle situation sans elle. On sait Ă©galement que l’odeur et les saveurs de ce que la mĂšre mange passent dans le sang et dans le liquide amniotique. Si maman n’est pas lĂ , pour lui rappeler l’odeur de son ancienne vie et pour lui dire combien il est important pour elle qu’il boive son lait, il peut suffire de l’évoquer, en imbibant un chiffon de son liquide amniotique. Il est Ă©tabli que dĂšs la naissance, le bĂ©bĂ© reconnaĂźt entre toutes, l’odeur de sa mĂšre. Sachant cela, s’il est possible de mettre en rĂ©serve le sang et le sperme, pourquoi ne serait-il pas possible de constituer une banque de liquide amniotique pour sĂ©curiser ces nouveau-nĂ©s forcĂ©s de se sĂ©parer de leurs mĂšres ?
Roy Bedichek, dans Le sens de l’odorat, explique qu’au niveau inf...

Table des matiĂšres

  1. Couverture
  2. Faux titre
  3. Titre
  4. Catalogage
  5. Avant-propos
  6. Chapitre 1 : Les premiÚres relations
  7. Chapitre 2: Les réponses affectives
  8. Chapitre 3: Les souffrances émotives
  9. Lexique
  10. Bibliographie
  11. Table des matiĂšres
  12. QuatriĂšme de couverture

Foire aux questions

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