
- 150 pages
- French
- ePUB (adaptée aux mobiles)
- Disponible sur iOS et Android
eBook - ePub
Le conservatisme à l'ère Trump
À propos de ce livre
Il y a dix ans, le fondateur de la Chaire Raoul-Dandurand, Charles-Philippe David, dirigeait avec Julien Tourreille un ouvrage collectif dressant un portrait du conservatisme aux États-Unis. Une décennie plus tard, force est de constater que les bouleversements survenus au cours des dernières années sur la scène politique américaine – la crise économique et financière de 2008?; la descente aux enfers de la présidence Bush?; l'élection historique, puis la réélection de Barack Obama?; la montée du Tea Party et les gains également historiques du Parti républicain au Congrès et au sein des gouvernements d'États?; et, finalement, l'élection fracassante de Donald Trump et son arrivée à la Maison-Blanche – ont contribué à transformer le mouvement conservateur. Maintenant et pour les années à venir, les répercussions sont importantes pour la gouvernance à Washington et au-delà des frontières américaines.
Le besoin est donc né, pour les auteurs du présent ouvrage, de revisiter le portrait du conservatisme américain réalisé à l'époque. L'objectif de ce livre est de fournir au lecteur une compréhension globale de ce que constitue le conservatisme américain à l'ère Trump. Il décrit, à l'attention de quiconque s'intéresse à la politique américaine, comment le mouvement a été façonné, comment il continue à être remodelé, et quelle influence il peut avoir au sein de la plus puissante démocratie de la planète.
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Informations
PARTIE II
STRUCTURES CONSERVATRICES DE LA VIE POLITIQUE AMÉRICAINE
CHAPITRE 3
Le virage conservateur des médias américains
Karine Prémont et Tristan Rivard
Aux États-Unis, l’idée que les médias ont un parti pris en faveur d’un camp et d’idées politiques, spécifiquement libérales et démocrates, au détriment des conservateurs et des républicains, est largement répandue. L’ancien directeur des nouvelles à ABC (American Broadcasting Company) et NBC (National Broadcasting Company), Paul Friedman, soutient, par exemple, que les médias électroniques ont « une légère tendance centre-gauche, ayant un intérêt plus marqué pour les reportages sociaux que pour les histoires de drapeau et de religion » (cité dans Auletta, 2003, p. 270). Bien que les libéraux se sentent aussi lésés par la couverture médiatique, ce sont les sympathisants conservateurs qui ont le plus souvent le sentiment de voir leurs positions défavorablement présentées par des journalistes aux inclinations libérales prononcées.
L’évolution récente des médias, marquée notamment par l’émergence de conglomérats, la dilution de l’auditoire libéral et l’essor des émissions d’opinion oblige cependant à nuancer cette perception, et même à constater un virage conservateur des médias. De plus, l’Internet et les médias sociaux développent un nouvel espace communicationnel particulièrement propice aux revendications médiatiques du mouvement conservateur.
1. La perception d’un penchant libéral dans le traitement de l’information
Dans ce contexte, plusieurs républicains ont accusé les médias d’être responsables, en tout ou en partie, de leurs déboires politiques. En 2005, lorsqu’il a été accusé de violations à l’éthique, l’ancien leader de la majorité à la Chambre des représentants, Tom Delay (républicain, Texas), a affirmé que « la légion des “journalistes amis des démocrates” était la source de ses problèmes » (cité dans Mason, 2006, p. 168). Plus récemment, le président Donald Trump, qui a fréquemment critiqué le travail des médias traditionnels durant la campagne électorale de 2016, a affirmé sur son compte Twitter que « les médias des fausses nouvelles (les échecs que sont le New York Times, NBC News, ABC News, CBS News et CNN) ne sont pas mes ennemis, ils sont les ennemis du peuple américain » (Trump, 2017).
Ainsi, les républicains et les conservateurs protestent régulièrement contre le travail des journalistes et des médias, souvent considérés comme étant trop libéraux. Les libéraux considèrent, pour leur part, que les médias adoptent surtout le point de vue conservateur à cause de l’influence des grandes entreprises sur la sélection des nouvelles – de grands et puissants conglomérats possédant maintenant les médias – et par la publicité (Mason, 2006, p. 168). La fortune et le prestige personnel de plusieurs personnalités médiatiques accentuent également cette tendance vers la droite. De la même manière, si plusieurs libéraux et conservateurs prétendent que les médias ont offert une couverture médiatique injuste de leur candidat respectif lors des deux dernières élections présidentielles, ce sont surtout les républicains qui se sont sentis lésés par les médias. Un sondage national Gallup publié en 2016 montre également que, sur une base partisane, seuls les électeurs démocrates étaient majoritaires dans leur confiance à l’endroit des médias. À la fois les électeurs indépendants et (de façon encore plus marquée) les électeurs républicains étaient nettement majoritaires à déclarer ne pas avoir confiance envers les médias (Gallup, 2016), comme le démontre la figure 3.1.
Figure 3.1 Perception d’une couverture médiatique tendancieuse contre Donald Trump aux élections de 2016 (%)

Source : Données tirées de Quinnipiac University Poll, 2016.
La perception d’un biais libéral n’est pas restreinte à la classe politique, puisque près des trois quarts des Américains estimaient en 2016 que les médias ont un parti pris : la proportion passe de 65 % chez ceux se définissant comme des démocrates, et à 82 % chez ceux se considérant comme des républicains (Mitchell et al., 2016).
Ces perceptions répondent en partie au fait que la couverture médiatique des candidats présidentiels est devenue de plus en plus négative : la proportion de couverture négative est graduellement passée de 24 %, en 1960, à 71 %, en 2016 (Patterson, 2016, p. 4). Durant l’élection générale de 2016, 77 % de la couverture médiatique de Trump était négative, tandis que celle de Clinton l’était à 64 % (Patterson, 2016, p. 4). Dans ce contexte, il est possible de mieux comprendre les perceptions de partis pris présentes chez les deux partis, mais d’une manière particulièrement prononcée chez les conservateurs.
Bien qu’il n’existe que peu d’études sur la tendance idéologique des médias, hormis durant les périodes électorales, on peut cependant dire qu’il est vrai que les journalistes – mais pas nécessairement les médias – sont plus libéraux dans l’ensemble que la population américaine. De plus, s’ils appuient davantage le Parti démocrate que le Parti républicain (Mason, 2006, p. 166), les journalistes se considèrent de plus en plus comme des indépendants, comme l’illustre la figure 3.2.
Figure 3.2 Affiliation politique des journalistes américains, 1971-2013 (%)

Source : Willnat et Weaver, 2014.
Ainsi, une étude conduite en 2014 note que les journalistes américains qui se disent démocrates sont quatre fois plus nombreux que ceux se disant républicains (Willnat et Weaver, 2014, p. 11). À cet égard, de janvier 2015 à août 2016, les contributions financières faites par les journalistes américains à la campagne d’Hillary Clinton s’élevèrent à plus de 380 000 $, tandis que la campagne de Donald Trump reçut moins de 15 000 $ (Levinthal et Beckel, 2016). Pour contrer la tendance libérale des journalistes, les conservateurs « ont senti la nécessité de créer et d’utiliser des médias alternatifs pour promouvoir leur message » (Leighley, 2004, p. 166). Pour ce faire, ils se sont tournés vers la radio et la télévision par câble dans les années 1990, et vers Internet durant les années 2000.
Lorsqu’on examine la position idéologique des médias plus largement, et non des journalistes, différents indices nous invitent à penser qu’ils sont de plus en plus conservateurs, notamment le recours fréquent à des chercheurs liés à des think tanks de droite, comme la Heritage Foundation, l’American Enterprise Institute et la Hoover Institution, même par des médias de gauche ou libéraux.
2. Les facteurs du virage conservateur des médias américains
Le décalage vers la droite des médias peut s’expliquer à l’aide de trois facteurs plus généraux : l’acquisition des médias par des conglomérats, l’augmentation des émissions d’opinion au détriment des émissions d’information, et la dilution de l’auditoire libéral.
2.1 L’arrivée des grands conglomérats médiatiques
Les médias sont désormais la propriété de grands conglomérats qui possèdent souvent des dizaines d’entreprises dans des domaines variés. Alors qu’il y avait plus d’une cinquantaine d’entreprises médiatiques dans le monde dans les années 1970, les fusions des années 1980 et 1990 ont considérablement réduit le nombre d’acteurs impliqués (Bagdikian, 2004, p. 27). Aujourd’hui, seulement 10 groupes, dont 8 sont localisés aux États-Unis, se partagent 90 % des médias dans le monde (Prémont, 2016, p. 82). Évidemment, à cette élite des médias se superposent les grandes corporations américaines d’Internet, à savoir Amazon, Facebook et Google (Kharpal, 2016). La figure 3.3 est claire en ce sens.
Figure 3.3 Les compagnies médiatiques aux revenus les plus élevés dans le monde (en milliards de dollars US)

Source : Données tirées de Richter, 2016.
Les médias doivent donc faire des profits et répondre à des critères stricts de rentabilité. Pour ce faire, les reportages présentés ne doivent pas offenser les annonceurs ni les téléspectateurs ou les lecteurs, puisque la publicité est la source de revenus la plus substantielle des médias (Bagdikian, 2004, p. IX). D’ailleurs, cette logique n’épargne pas les géants publicitaires de l’Internet, puisque Google a fait l’objet d’un boycottage publicitaire en 2017 en raison du fait que son système d’affichage automatisé des publicités signifie que celles-ci peuvent se retrouver aux côtés de messages offensants (Vranica, 2017). Les médias libéraux ou modérés sont ceux qui ont le plus écopé de ce nivellement : la population étant plus conservatrice, les médias conservateurs ont augmenté leur lectorat ou leur auditoire, alors que le déplacement des médias libéraux vers le centre leur en a fait perdre. Le résultat de ces mouvements idéologiques est souvent une « diversification du contenu éditorial, l’ajout de suppléments culturels, la présentation des émissions de télévision dans les journaux » (Gabszewicz, Laussel et Sonnac, 2001, p. 330), toutes des méthodes visant à attirer de gens. Dans ces circonstances, on comprend mieux la transformation de l’information en divertissement, plus rentable pour les propriétaires des médias et moins compromettante au plan idéologique.
L’impératif de la r...
Table des matières
- Couverture
- Titre
- Crédits
- Préface – Frédérick Gagnon
- Liste des figures et des tableaux
- Liste des sigles
- Introduction – Rafael Jacob et Julien Tourreille
- Partie I. Origines, fondement et histoire
- Partie II. Structures conservatrices de la vie politique américaine
- Partie III. Conservatisme en contexte
- Conclusion – Rafael Jacob
- Notices biographiques
- Notes