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Regards interdisciplinaires sur les publics de la culture
- 272 pages
- French
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Regards interdisciplinaires sur les publics de la culture
Ă propos de ce livre
La question des publics constitue l'une des prĂ©occupations principales de nombreux acteurs du champ culturel. Depuis une trentaine d'annĂ©es, les efforts dĂ©ployĂ©s pour que les productions culturelles rejoignent des publics plus nombreux s'avĂšrent considĂ©rables. La dĂ©mocratisation culturelle, l'Ă©ducation populaire, les politiques culturelles, l'Ă©ducation Ă la culture et la mĂ©diation culturelle, notamment, ont engendrĂ© une certaine forme d'obligation de rĂ©sultats. Le rapport Ă la culture s'en trouve modifiĂ©, tout comme ce que signifie «?ĂȘtre public?».
Le prĂ©sent ouvrage se compose de chapitres d'auteurs d'horizons variĂ©s et rĂ©unis par le Laboratoire de recherche sur les publics de la culture de l'UniversitĂ© du QuĂ©bec Ă Trois-RiviĂšres, qui regroupe des chercheurs et des Ă©tudiants des cycles supĂ©rieurs de plusieurs universitĂ©s ainsi que des professionnels des milieux culturels et scolaires. Le lecteur dĂ©couvrira ici la complexitĂ© et la diversitĂ© des relations entre les publics et la culture dans diverses sphĂšres d'activitĂ©s, de mĂȘme qu'une sĂ©rie d'interrogations autour de la question des non-publics.
Il sera également amené à porter un regard sur les rapports entre culture et éducation, et sur l'évolution des pratiques de recherche dans ce domaine au carrefour de plusieurs disciplines.
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Art généralChapitre 1
QUELS LECTEURS LâUNIVERSITĂ FORME-T-ELLE?
PETITE HISTOIRE DE LâOUVERTURE DES ĂTUDES LITTĂRAIRES FRANĂAISES AU CORPUS CONTEMPORAIN1
Mathilde Barraband
Université du Québec à Trois-RiviÚres
Les discours dĂ©clinistes sur la littĂ©rature, sâils constituent un exercice aussi ancien que la littĂ©rature elle-mĂȘme, se sont multipliĂ©s ces derniĂšres dĂ©cennies en France (Gefen, 2009). Ils ont servi Ă proclamer la mort du grand Ă©crivain (Raczymov, 1994), la fin de la littĂ©rature (Todorov, 2007) ou, de maniĂšre un peu plus mesurĂ©e, lâadieu des Modernes Ă la littĂ©rature (Marx, 2005). Quoique la rĂ©pĂ©tition de ces actes de dĂ©cĂšs puisse Ă juste titre inspirer la mĂ©fiance, force est de constater que la littĂ©rature nâoccupe plus le rĂŽle central quâelle occupait historiquement dans la «nation littĂ©raire» quâest la France (Fergusson, 1991). Dans ce contexte, la formation Ă la lecture littĂ©raire a inspirĂ© dâassez nombreuses Ă©tudes qui ont cherchĂ© Ă Ă©clairer ce qui sâenseigne dans les Ă©coles, du primaire au secondaire, et ce qui constitue la bibliothĂšque intĂ©rieure des enseignants (voir la recension dans Rouxel et Louichon, 2010, p. 9). Si «la littĂ©rature, câest ce qui sâenseigne», selon le mot bien connu de Roland Barthes (1971, p. 170), lâavenir de la littĂ©rature se joue en effet en partie dans les classes. Peu de travaux ont toutefois portĂ© sur le cas particulier des Ă©tudes littĂ©raires Ă lâuniversitĂ©. Peut-ĂȘtre en va-t-il du sentiment que la culture littĂ©raire des Ă©tudiants est dĂ©jĂ faite. Peut-ĂȘtre, aussi, les universitaires sont-ils peu enclins Ă questionner leurs propres pratiques. Pourtant, ce que lisent et Ă©tudient, font lire et Ă©tudier les universitaires a fort Ă nous apprendre. Câest bien Ă lâuniversitĂ© que sont formĂ©s les maĂźtres, ceux-lĂ mĂȘmes qui transmettront leur savoir, du primaire jusquâau supĂ©rieur. En outre, les corpus dâĂ©tudes et de recherche littĂ©raires de lâuniversitĂ© ont beaucoup Ă©voluĂ© ces derniĂšres dĂ©cennies.
Lâhistoire rĂ©cente des Ă©tudes littĂ©raires universitaires en France mĂ©rite donc quâon sây arrĂȘte davantage. Quels types de lecteurs cherchent-elles Ă produire2? Quels corpus favorisent-elles et avec quelle conception de la fonction sociale de la littĂ©rature et de lâuniversitĂ©? Pour avancer des rĂ©ponses Ă ces questions, lâanalyse du sort dĂ©volu au corpus contemporain3 est un excellent indicateur. Si lâintĂ©gration de la littĂ©rature actuelle Ă lâenseignement et Ă la recherche sâest aujourdâhui banalisĂ©e, elle a longtemps suscitĂ© une forte opposition. On aurait pu considĂ©rer que le foisonnement de la crĂ©ation appelait lâexpertise du chercheur, que la comprĂ©hension des formes nouvelles nĂ©cessitait la mĂ©diation dâun professeur. Mais ce sont dâautres reprĂ©sentations qui se sont mises en place et ont dominĂ© le champ des Ă©tudes littĂ©raires universitaires. Il y a peu, encore, une coutume prescrivait dâattendre un dĂ©lai de 20 ans aprĂšs la publication dâun texte pour lâenseigner, voire dâattendre la disparition dâun Ă©crivain avant de mener des recherches sur son Ćuvre (Doubrovsky, 1992; Viart, 2008). Le commentaire de la littĂ©rature actuelle a longtemps Ă©tĂ© dĂ©lĂ©guĂ© Ă la critique journalistique et sa transmission assurĂ©e par les pairs, dâĂ©tudiant Ă Ă©tudiant notamment. Pourquoi une telle division des tĂąches entre critique universitaire et critique journalistique? Pourquoi Ă©vacuer la littĂ©rature contemporaine de lâenseignement et de la recherche? Je propose dâapporter quelques Ă©lĂ©ments de rĂ©ponse Ă ces questions, en retraçant la lente et difficile lĂ©gitimation du corpus contemporain Ă lâuniversitĂ©, depuis les origines des Ă©tudes littĂ©raires modernes, câest-Ă -dire la seconde moitiĂ© du XIXe siĂšcle, jusquâĂ nos jours. Je reprendrai ici le rĂ©sultat dâenquĂȘtes que jâai menĂ©es ces derniĂšres annĂ©es, souvent en collaboration, et qui ont pris diverses formes: celles de lâĂ©tude des programmes et des ressources en enseignement et en recherche dans les universitĂ©s ou encore dâentretiens avec des enseignants-chercheurs de diffĂ©rentes gĂ©nĂ©rations. Ces enquĂȘtes se concentrent pour lâinstant essentiellement sur le cas des universitĂ©s parisiennes et elles nâont pas le caractĂšre systĂ©matique quâelles mĂ©riteraient. Mais elles permettent de dresser un premier Ă©tat des lieux que dâautres travaux pourront complĂ©ter.
1.1.
UNE QUESTION DE MĂTHODE
UNE QUESTION DE MĂTHODE
Le sociologue de la littĂ©rature Alain Viala a proposĂ© de dĂ©couper en quatre phases le processus de classicisation dâune Ćuvre ou dâun auteur (1993, p. 25)4. La premiĂšre phase, dite de lĂ©gitimation, suppose «la reconnaissance par [âŠ] les instances autorisĂ©es du champ». La deuxiĂšme, appelĂ©e phase dâĂ©mergence, est celle dâune «lĂ©gitimation supĂ©rieure» et correspond au moment oĂč lâĆuvre ou lâauteur lĂ©gitimĂ©(e) se distingue des autres auteurs ou Ćuvres lĂ©gitimĂ©(e)s. La troisiĂšme phase, celle de la consĂ©cration, «advient quand il y a accĂšs aux marques les plus hautes de distinction». La derniĂšre phase, enfin, soit celle de perpĂ©tuation, est celle de la classicisation proprement dite. Elle «suppose lâentrĂ©e dans des espaces qui assurent une diffusion de notoriĂ©tĂ© Ă long terme [âŠ], lâentrĂ©e au patrimoine reconnu»5. Comme Viala sâintĂ©resse Ă la classicisation dâune Ćuvre ou dâun auteur dans lâensemble de lâespace social, il prend pour indicateurs aussi bien lâentrĂ©e au rĂ©pertoire dâun théùtre que lâinscription dans les programmes scolaires ou la transformation du nom ou du titre en toponyme. Jâadapterai donc quelque peu sa proposition pour dĂ©crire la classicisation dâun corpus dans son ensemble, le contemporain, au sein dâune institution particuliĂšre, lâuniversitĂ© française. Je partirai du principe que la classicisation dâun corpus Ă lâuniversitĂ© commence par lâattention conjointe de diverses instances liĂ©es Ă la recherche ou Ă lâenseignement Ă lâintĂ©rieur de lâinstitution (phase de lĂ©gitimation), quâelle progresse Ă mesure que ces marques dâattention deviennent plus prestigieuses (phases dâĂ©mergence puis de consĂ©cration) et quâelle sâachĂšve lorsque cette attention est si forte quâelle conduit Ă inscrire le corpus dans des espaces universitaires destinĂ©s Ă durer et Ă favoriser sa diffusion vers le reste de lâespace social (phase de perpĂ©tuation).
Lâinstitution universitaire nâest pas un ensemble homogĂšne mais a plusieurs fonctions et notamment deux fonctions principales, distinctes quoique corrĂ©lĂ©es: celle de lâenseignement et celle de la recherche. Si lâon veut observer la classicisation de la littĂ©rature contemporaine Ă lâuniversitĂ©, il faut observer sa lĂ©gitimation non seulement comme objet dâenseignement mais aussi comme objet de recherche. Dans le premier cas, cela revient Ă regarder si les programmes dâenseignement proposent lâĂ©tude dâĂ©crivains vivants ou de faits littĂ©raires des trois derniĂšres dĂ©cennies. Il faut encore sâintĂ©resser Ă la formation des enseignants: sont-ils prĂ©parĂ©s Ă enseigner la littĂ©rature rĂ©cente? Leur a-t-on donnĂ© des outils pour le faire, leur a-t-on laissĂ© entendre quâelle faisait partie des objets dâenseignement attendus? Pour observer la lĂ©gitimation de la littĂ©rature contemporaine comme objet de recherche, on doit Ă©videmment analyser les corpus Ă©lectifs des chercheurs, mais on peut plus largement sâintĂ©resser aux orientations scientifiques des structures de la recherche telles que les chaires, les laboratoires ou les centres, et mĂȘme les organismes subventionnaires, Ă lâinstar de lâAgence nationale de la recherche. Dâautres indices, qui tĂ©moignent Ă la fois des prioritĂ©s dâenseignement et de recherche dâune universitĂ©, doivent encore retenir lâattention. Câest le cas des intitulĂ©s de postes de professeurs, et ce, dâautant plus quâune coutume ancienne veut que lâon divise par pĂ©riodes, en gĂ©nĂ©ral par siĂšcles, les domaines de spĂ©cialitĂ© en Ă©tudes littĂ©raires. Les programmes en littĂ©rature ouvrent ainsi, selon leurs besoins, des postes de mĂ©diĂ©vistes, de seiziĂ©mistes, de dixseptiĂšmistes, etc. Les fonds des bibliothĂšques universitaires constituent enfin un indicateur digne dâintĂ©rĂȘt. Les politiques en matiĂšre dâachat de livres sâadaptent, lĂ encore, aux champs dâenseignement et de recherche privilĂ©giĂ©s par les universitĂ©s. Câest donc Ă partir de lâensemble de ces indicateurs que lâon peut observer la classicisation du corpus contemporain au sein de lâuniversitĂ©.
1.2.
LâHISTOIRE DU CORPUS CONTEMPORAIN DANS LES ĂTUDES LITTĂRAIRES
LâHISTOIRE DU CORPUS CONTEMPORAIN DANS LES ĂTUDES LITTĂRAIRES
1.2.1.
AUX ORIGINES DES ĂTUDES LITTĂRAIRES
AUX ORIGINES DES ĂTUDES LITTĂRAIRES
Ceux que lâon appelle dĂ©sormais les contemporanĂ©istes Ă©voquent souvent la bataille quâils ont dĂ» mener, au cours des annĂ©es 1980-1990, pour faire admettre la prise en compte du corpus contemporain Ă lâuniversitĂ©. Le processus de lĂ©gitimation de la littĂ©rature actuelle Ă lâuniversitĂ© nâa toutefois pas Ă©tĂ© aussi linĂ©aire quâon le croit parfois. Il est possible de trouver des traces trĂšs anciennes qui prouvent que la littĂ©rature actuelle a Ă©tĂ© enseignĂ©e de longue date Ă la Sorbonne. Un des pionniers de lâhistoire littĂ©raire, Saint-RenĂ© de Taillandier, y donne par exemple en 1846 des leçons sur la pensĂ©e «de 1789 jusquâĂ nos jours» (Fraisse, 2002, p. 89). Soixante-dix ans plus tard, en 1925, le professeur Daniel Mornet publie son Histoire de la littĂ©rature et de la pensĂ©e françaises contemporaines (1870-1925)6 pour «les besoins de [s]on enseignement» Ă la Sorbonne et Ă lâĂ©tranger. Entretemps, les grandes rĂ©formes du secondaire amorcĂ©es en 1880 ont encore favorisĂ© le phĂ©nomĂšne. Elles ont, entre autres, ouvert les corpus dâenseignement, recommandant aux professeurs de lycĂ©e dâaborder la littĂ©rature jusquâen 18507. Ă lâuniversitĂ©, oĂč lâon forme les professeurs du secondaire, il devient donc aussi nĂ©cessaire dâactualiser les corpus dâĂ©tudes pour prĂ©parer les enseignants Ă cette nouvelle rĂ©alitĂ© dictĂ©e par les programmes.
Il ne faudrait pas toutefois exagĂ©rer la prĂ©sence du corpus contemporain dans les Ă©tudes littĂ©raires au XIXe et au dĂ©but du XXe siĂšcle. Le contemporain prend place avant tout au sein de cours transversaux, dont il constitue le terminus ad quem, et non au sein de cours dĂ©diĂ©s, comme il en existe pour la littĂ©rature dite classique, celle du XVIIe siĂšcle. Sâil est possible dâenseigner la littĂ©rature actuelle Ă la Sorbonne en 1846 ou en 1925, il nâexiste Ă lâĂ©poque ni de chaire ni de postes dĂ©diĂ©s Ă la littĂ©rature contemporaine. Saint-RenĂ© de Taillandier a consacrĂ© sa thĂšse Ă un clerc irlandais du IXe siĂšcle. Quant Ă Mornet, il est avant tout reconnu pour ses travaux sur le XVIIIe siĂšcle8. Il faut aussi rappeler les mĂ©saventures de Gustave Lanson, le grand refondateur et patron des Ă©tudes littĂ©raires Ă la Sorbonne au tournant du XXe siĂšcle. Lorsquâil sâest lancĂ© dans la critique théùtrale, ses collĂšgues lui ont vertement rappelĂ© quelle Ă©tait sa place. Enfin, on remarque que, lorsque les professeurs de littĂ©rature du premier XXe siĂšcle intĂšgrent la littĂ©rature actuelle aux histoires de la littĂ©rature quâils publient en marge de leur cours, par un significatif besoin de mise Ă distance, leurs exemples se font plus volontiers allemands ou russes que français. Je rĂ©sumerai donc les choses en disant que, dans la seconde moitiĂ© du XIXe et au dĂ©but du XXe, la littĂ©rature contemporaine est prĂ©sente dans lâenseignement et la recherche universitaires mais pas encore lĂ©gitime.
1.2.2.
LA LĂGITIMATION: 1960-1980
LA LĂGITIMATION: 1960-1980
Ce qui constituait tout de mĂȘme une ouverture au contemporain au moment de la fondation des Ă©tudes littĂ©raires modernes se ferme Ă partir des annĂ©es 1940. Un indice le montre clairement. Les professeurs dâuniversitĂ© sont de grands producteurs dâhistoires littĂ©raires. Prendre part Ă lâĂ©criture dâune histoire ou en Ă©crire une tout Ă soi a longtemps Ă©tĂ© un passage obligĂ© de la carriĂšre. Or les histoires de la littĂ©rature française dĂ©sinvestissent nettement le contemporain Ă partir des annĂ©es 1940 et jusque dans les annĂ©es 1970. Alors que, entre 1896 et 1945, 75% des histoires de la littĂ©rature transversales (du type «des origines Ă nos jours») traitent de faits littĂ©raires des 30 derniĂšres annĂ©es, entre 1946 et 1968, elles ne sont plus que 50% Ă le faire. Il faut attendre les annĂ©es 1970 et surtout 1980 pour que rĂ©apparaissent des indicateurs dâune lĂ©gitimation du contemporain en leur sein. En 1970, trois universitaires et un inspecteur de lâĂ©ducation nationale9 publient par exemple chez un Ă©diteur scolaire, Bordas, une histoire littĂ©raire qui fera date et trouvera divers prolongements: La littĂ©rature en France depuis 1945 (Bersani et al., 2003)10. Le but explicite des auteurs est alors dâanticiper des modifications de programme dans le secondaire mais aussi de combler un vide quâils jugent gĂȘnant. En effet, les programmes du secondaire ont peu Ă©tĂ© rĂ©actualisĂ©s, et sâil Ă©tait audacieux dâĂ©tudier la littĂ©rature de 1850 en 1880, cela ne lâest guĂšre un siĂšcle plus tard. Dans la prĂ©face du volume, les auteurs affirment encore vouloir rĂ©pondre au dĂ©sir des Ă©tudiants en traitant de la littĂ©rature de leur temps. Cet argument, prĂ©sent dans des histoires de la littĂ©rature plus anciennes, fait ici Ă©cho Ă un contexte particulier. Les annĂ©es 1968, comme les historiens ont pris lâhabitude de les appeler, ont en effet fait apparaĂźtre le gouffre gĂ©nĂ©rationnel qui sĂ©pare dĂ©sormais les professeurs de leurs Ă©tudiants baby-boomers. Ces derniers critiquent violemment lâenseignement quâon leur dispense quâils jugent datĂ© et Ă©litiste. La vieille Sorbonne notamment sortira fragilisĂ©e de ce conflit, prise de vitesse par dâautres Ă©tablissements dâenseignement supĂ©rieur moins conservateurs, comme lâUniversitĂ© Paris 8 et la VIe section de lâĂcole pratique des hautes Ă©tudes (EPHE), devenue en 1975, lâĂcole des hautes Ă©tudes en sciences sociales (EHESS).
Ă la mĂȘme pĂ©riode, câest aussi la formation des enseignants qui commence Ă se rĂ©former. Au dĂ©but de la dĂ©cennie 1960, aprĂšs une longue et houleuse bataille, le concours des professeurs de littĂ©rature du secondaire et du supĂ©rieur, lâagrĂ©gation, sâĂ©largit. Une agrĂ©gation dite de lettres modernes est créée pour complĂ©ter la traditionnelle agrĂ©gation de lettres classiques fortement axĂ©e sur lâapprentissage du latin et du grec ancien11. Dans les annĂ©es 1960 et 1970, le nouveau concours se montre assez favorable au contemporain, proposant de temps en temps lâĂ©tud...
Table des matiĂšres
- Couverture
- Page légale
- Table des matiĂšres
- Préface: Vous avez dit culture!
- Liste des figures et tableaux
- Liste des sigles
- Introduction: Regards interdisciplinaires sur les publics de la culture
- 1. Quels lecteurs lâuniversitĂ© forme-t-elle?: Petite histoire de lâouverture des Ă©tudes littĂ©raires françaises au corpus contemporain
- 2. Enjeux disciplinaires et culturels associĂ©s Ă lâappropriation scolaire de la plateforme musĂ©ale ĂducArt
- 3. SĂ©parer le bon grain de lâivraie: Les critĂšres de sĂ©lection des repĂšres culturels dans la classe de français, langue premiĂšre, au secondaire
- 4. Les musĂ©es de sciences et de technologie, lâĂ©ducation formelle et lâĂ©ducation non formelle
- 5. Le discours officiel sur les relations entre les ministĂšres de la Culture et de lâĂducation du QuĂ©bec de 1961 Ă 2007: DĂ©mocratisation ou dĂ©mocratie culturelle?
- 6. Les non-publics des musĂ©es dâart: Les raisons du dĂ©sintĂ©rĂȘt chez les 15-24 ans
- 7. Les tĂ©moins-publics et le patrimoine mĂ©moriel: Patrimonialisation des anciens camps dâinternement des exilĂ©s espagnols en Catalogne
- 8. La perception de lâamĂ©lioration continue en contexte musĂ©al
- 9. Lâoffre et les usages des bibliothĂšques publiques autonomes quĂ©bĂ©coises de 2012 Ă 2014: Un portrait
- 10. Le processus de la lecture narrative: Savoir-ĂȘtre lecteur dans Volley-ball, de Christian Oster
- 11. La notion dâexpĂ©rience en philosophie, en théùtre et en tourisme
- 12. LâĂ©tude des pratiques de visites au musĂ©e: Entre sociographie et rĂ©ception
- Notices biographiques
- QuatriĂšme de couverture
Foire aux questions
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