Regards interdisciplinaires sur les publics de la culture
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Regards interdisciplinaires sur les publics de la culture

  1. 272 pages
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Regards interdisciplinaires sur les publics de la culture

À propos de ce livre

La question des publics constitue l'une des prĂ©occupations principales de nombreux acteurs du champ culturel. Depuis une trentaine d'annĂ©es, les efforts dĂ©ployĂ©s pour que les productions culturelles rejoignent des publics plus nombreux s'avĂšrent considĂ©rables. La dĂ©mocratisation culturelle, l'Ă©ducation populaire, les politiques culturelles, l'Ă©ducation Ă  la culture et la mĂ©diation culturelle, notamment, ont engendrĂ© une certaine forme d'obligation de rĂ©sultats. Le rapport Ă  la culture s'en trouve modifiĂ©, tout comme ce que signifie «?ĂȘtre public?». Le prĂ©sent ouvrage se compose de chapitres d'auteurs d'horizons variĂ©s et rĂ©unis par le Laboratoire de recherche sur les publics de la culture de l'UniversitĂ© du QuĂ©bec Ă  Trois-RiviĂšres, qui regroupe des chercheurs et des Ă©tudiants des cycles supĂ©rieurs de plusieurs universitĂ©s ainsi que des professionnels des milieux culturels et scolaires. Le lecteur dĂ©couvrira ici la complexitĂ© et la diversitĂ© des relations entre les publics et la culture dans diverses sphĂšres d'activitĂ©s, de mĂȘme qu'une sĂ©rie d'interrogations autour de la question des non-publics. Il sera Ă©galement amenĂ© Ă  porter un regard sur les rapports entre culture et Ă©ducation, et sur l'Ă©volution des pratiques de recherche dans ce domaine au carrefour de plusieurs disciplines.

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Informations

Année
2017
ISBN de l'eBook
9782760548459

Chapitre 1

QUELS LECTEURS L’UNIVERSITÉ FORME-T-ELLE?
PETITE HISTOIRE DE L’OUVERTURE DES ÉTUDES LITTÉRAIRES FRANÇAISES AU CORPUS CONTEMPORAIN1

Mathilde Barraband
Université du Québec à Trois-RiviÚres
Les discours dĂ©clinistes sur la littĂ©rature, s’ils constituent un exercice aussi ancien que la littĂ©rature elle-mĂȘme, se sont multipliĂ©s ces derniĂšres dĂ©cennies en France (Gefen, 2009). Ils ont servi Ă  proclamer la mort du grand Ă©crivain (Raczymov, 1994), la fin de la littĂ©rature (Todorov, 2007) ou, de maniĂšre un peu plus mesurĂ©e, l’adieu des Modernes Ă  la littĂ©rature (Marx, 2005). Quoique la rĂ©pĂ©tition de ces actes de dĂ©cĂšs puisse Ă  juste titre inspirer la mĂ©fiance, force est de constater que la littĂ©rature n’occupe plus le rĂŽle central qu’elle occupait historiquement dans la «nation littĂ©raire» qu’est la France (Fergusson, 1991). Dans ce contexte, la formation Ă  la lecture littĂ©raire a inspirĂ© d’assez nombreuses Ă©tudes qui ont cherchĂ© Ă  Ă©clairer ce qui s’enseigne dans les Ă©coles, du primaire au secondaire, et ce qui constitue la bibliothĂšque intĂ©rieure des enseignants (voir la recension dans Rouxel et Louichon, 2010, p. 9). Si «la littĂ©rature, c’est ce qui s’enseigne», selon le mot bien connu de Roland Barthes (1971, p. 170), l’avenir de la littĂ©rature se joue en effet en partie dans les classes. Peu de travaux ont toutefois portĂ© sur le cas particulier des Ă©tudes littĂ©raires Ă  l’universitĂ©. Peut-ĂȘtre en va-t-il du sentiment que la culture littĂ©raire des Ă©tudiants est dĂ©jĂ  faite. Peut-ĂȘtre, aussi, les universitaires sont-ils peu enclins Ă  questionner leurs propres pratiques. Pourtant, ce que lisent et Ă©tudient, font lire et Ă©tudier les universitaires a fort Ă  nous apprendre. C’est bien Ă  l’universitĂ© que sont formĂ©s les maĂźtres, ceux-lĂ  mĂȘmes qui transmettront leur savoir, du primaire jusqu’au supĂ©rieur. En outre, les corpus d’études et de recherche littĂ©raires de l’universitĂ© ont beaucoup Ă©voluĂ© ces derniĂšres dĂ©cennies.
L’histoire rĂ©cente des Ă©tudes littĂ©raires universitaires en France mĂ©rite donc qu’on s’y arrĂȘte davantage. Quels types de lecteurs cherchent-elles Ă  produire2? Quels corpus favorisent-elles et avec quelle conception de la fonction sociale de la littĂ©rature et de l’universitĂ©? Pour avancer des rĂ©ponses Ă  ces questions, l’analyse du sort dĂ©volu au corpus contemporain3 est un excellent indicateur. Si l’intĂ©gration de la littĂ©rature actuelle Ă  l’enseignement et Ă  la recherche s’est aujourd’hui banalisĂ©e, elle a longtemps suscitĂ© une forte opposition. On aurait pu considĂ©rer que le foisonnement de la crĂ©ation appelait l’expertise du chercheur, que la comprĂ©hension des formes nouvelles nĂ©cessitait la mĂ©diation d’un professeur. Mais ce sont d’autres reprĂ©sentations qui se sont mises en place et ont dominĂ© le champ des Ă©tudes littĂ©raires universitaires. Il y a peu, encore, une coutume prescrivait d’attendre un dĂ©lai de 20 ans aprĂšs la publication d’un texte pour l’enseigner, voire d’attendre la disparition d’un Ă©crivain avant de mener des recherches sur son Ɠuvre (Doubrovsky, 1992; Viart, 2008). Le commentaire de la littĂ©rature actuelle a longtemps Ă©tĂ© dĂ©lĂ©guĂ© Ă  la critique journalistique et sa transmission assurĂ©e par les pairs, d’étudiant Ă  Ă©tudiant notamment. Pourquoi une telle division des tĂąches entre critique universitaire et critique journalistique? Pourquoi Ă©vacuer la littĂ©rature contemporaine de l’enseignement et de la recherche? Je propose d’apporter quelques Ă©lĂ©ments de rĂ©ponse Ă  ces questions, en retraçant la lente et difficile lĂ©gitimation du corpus contemporain Ă  l’universitĂ©, depuis les origines des Ă©tudes littĂ©raires modernes, c’est-Ă -dire la seconde moitiĂ© du XIXe siĂšcle, jusqu’à nos jours. Je reprendrai ici le rĂ©sultat d’enquĂȘtes que j’ai menĂ©es ces derniĂšres annĂ©es, souvent en collaboration, et qui ont pris diverses formes: celles de l’étude des programmes et des ressources en enseignement et en recherche dans les universitĂ©s ou encore d’entretiens avec des enseignants-chercheurs de diffĂ©rentes gĂ©nĂ©rations. Ces enquĂȘtes se concentrent pour l’instant essentiellement sur le cas des universitĂ©s parisiennes et elles n’ont pas le caractĂšre systĂ©matique qu’elles mĂ©riteraient. Mais elles permettent de dresser un premier Ă©tat des lieux que d’autres travaux pourront complĂ©ter.
1.1.
UNE QUESTION DE MÉTHODE
Le sociologue de la littĂ©rature Alain Viala a proposĂ© de dĂ©couper en quatre phases le processus de classicisation d’une Ɠuvre ou d’un auteur (1993, p. 25)4. La premiĂšre phase, dite de lĂ©gitimation, suppose «la reconnaissance par [
] les instances autorisĂ©es du champ». La deuxiĂšme, appelĂ©e phase d’émergence, est celle d’une «lĂ©gitimation supĂ©rieure» et correspond au moment oĂč l’Ɠuvre ou l’auteur lĂ©gitimĂ©(e) se distingue des autres auteurs ou Ɠuvres lĂ©gitimĂ©(e)s. La troisiĂšme phase, celle de la consĂ©cration, «advient quand il y a accĂšs aux marques les plus hautes de distinction». La derniĂšre phase, enfin, soit celle de perpĂ©tuation, est celle de la classicisation proprement dite. Elle «suppose l’entrĂ©e dans des espaces qui assurent une diffusion de notoriĂ©tĂ© Ă  long terme [
], l’entrĂ©e au patrimoine reconnu»5. Comme Viala s’intĂ©resse Ă  la classicisation d’une Ɠuvre ou d’un auteur dans l’ensemble de l’espace social, il prend pour indicateurs aussi bien l’entrĂ©e au rĂ©pertoire d’un théùtre que l’inscription dans les programmes scolaires ou la transformation du nom ou du titre en toponyme. J’adapterai donc quelque peu sa proposition pour dĂ©crire la classicisation d’un corpus dans son ensemble, le contemporain, au sein d’une institution particuliĂšre, l’universitĂ© française. Je partirai du principe que la classicisation d’un corpus Ă  l’universitĂ© commence par l’attention conjointe de diverses instances liĂ©es Ă  la recherche ou Ă  l’enseignement Ă  l’intĂ©rieur de l’institution (phase de lĂ©gitimation), qu’elle progresse Ă  mesure que ces marques d’attention deviennent plus prestigieuses (phases d’émergence puis de consĂ©cration) et qu’elle s’achĂšve lorsque cette attention est si forte qu’elle conduit Ă  inscrire le corpus dans des espaces universitaires destinĂ©s Ă  durer et Ă  favoriser sa diffusion vers le reste de l’espace social (phase de perpĂ©tuation).
L’institution universitaire n’est pas un ensemble homogĂšne mais a plusieurs fonctions et notamment deux fonctions principales, distinctes quoique corrĂ©lĂ©es: celle de l’enseignement et celle de la recherche. Si l’on veut observer la classicisation de la littĂ©rature contemporaine Ă  l’universitĂ©, il faut observer sa lĂ©gitimation non seulement comme objet d’enseignement mais aussi comme objet de recherche. Dans le premier cas, cela revient Ă  regarder si les programmes d’enseignement proposent l’étude d’écrivains vivants ou de faits littĂ©raires des trois derniĂšres dĂ©cennies. Il faut encore s’intĂ©resser Ă  la formation des enseignants: sont-ils prĂ©parĂ©s Ă  enseigner la littĂ©rature rĂ©cente? Leur a-t-on donnĂ© des outils pour le faire, leur a-t-on laissĂ© entendre qu’elle faisait partie des objets d’enseignement attendus? Pour observer la lĂ©gitimation de la littĂ©rature contemporaine comme objet de recherche, on doit Ă©videmment analyser les corpus Ă©lectifs des chercheurs, mais on peut plus largement s’intĂ©resser aux orientations scientifiques des structures de la recherche telles que les chaires, les laboratoires ou les centres, et mĂȘme les organismes subventionnaires, Ă  l’instar de l’Agence nationale de la recherche. D’autres indices, qui tĂ©moignent Ă  la fois des prioritĂ©s d’enseignement et de recherche d’une universitĂ©, doivent encore retenir l’attention. C’est le cas des intitulĂ©s de postes de professeurs, et ce, d’autant plus qu’une coutume ancienne veut que l’on divise par pĂ©riodes, en gĂ©nĂ©ral par siĂšcles, les domaines de spĂ©cialitĂ© en Ă©tudes littĂ©raires. Les programmes en littĂ©rature ouvrent ainsi, selon leurs besoins, des postes de mĂ©diĂ©vistes, de seiziĂ©mistes, de dixseptiĂšmistes, etc. Les fonds des bibliothĂšques universitaires constituent enfin un indicateur digne d’intĂ©rĂȘt. Les politiques en matiĂšre d’achat de livres s’adaptent, lĂ  encore, aux champs d’enseignement et de recherche privilĂ©giĂ©s par les universitĂ©s. C’est donc Ă  partir de l’ensemble de ces indicateurs que l’on peut observer la classicisation du corpus contemporain au sein de l’universitĂ©.
1.2.
L’HISTOIRE DU CORPUS CONTEMPORAIN DANS LES ÉTUDES LITTÉRAIRES
1.2.1.
AUX ORIGINES DES ÉTUDES LITTÉRAIRES
Ceux que l’on appelle dĂ©sormais les contemporanĂ©istes Ă©voquent souvent la bataille qu’ils ont dĂ» mener, au cours des annĂ©es 1980-1990, pour faire admettre la prise en compte du corpus contemporain Ă  l’universitĂ©. Le processus de lĂ©gitimation de la littĂ©rature actuelle Ă  l’universitĂ© n’a toutefois pas Ă©tĂ© aussi linĂ©aire qu’on le croit parfois. Il est possible de trouver des traces trĂšs anciennes qui prouvent que la littĂ©rature actuelle a Ă©tĂ© enseignĂ©e de longue date Ă  la Sorbonne. Un des pionniers de l’histoire littĂ©raire, Saint-RenĂ© de Taillandier, y donne par exemple en 1846 des leçons sur la pensĂ©e «de 1789 jusqu’à nos jours» (Fraisse, 2002, p. 89). Soixante-dix ans plus tard, en 1925, le professeur Daniel Mornet publie son Histoire de la littĂ©rature et de la pensĂ©e françaises contemporaines (1870-1925)6 pour «les besoins de [s]on enseignement» Ă  la Sorbonne et Ă  l’étranger. Entretemps, les grandes rĂ©formes du secondaire amorcĂ©es en 1880 ont encore favorisĂ© le phĂ©nomĂšne. Elles ont, entre autres, ouvert les corpus d’enseignement, recommandant aux professeurs de lycĂ©e d’aborder la littĂ©rature jusqu’en 18507. À l’universitĂ©, oĂč l’on forme les professeurs du secondaire, il devient donc aussi nĂ©cessaire d’actualiser les corpus d’études pour prĂ©parer les enseignants Ă  cette nouvelle rĂ©alitĂ© dictĂ©e par les programmes.
Il ne faudrait pas toutefois exagĂ©rer la prĂ©sence du corpus contemporain dans les Ă©tudes littĂ©raires au XIXe et au dĂ©but du XXe siĂšcle. Le contemporain prend place avant tout au sein de cours transversaux, dont il constitue le terminus ad quem, et non au sein de cours dĂ©diĂ©s, comme il en existe pour la littĂ©rature dite classique, celle du XVIIe siĂšcle. S’il est possible d’enseigner la littĂ©rature actuelle Ă  la Sorbonne en 1846 ou en 1925, il n’existe Ă  l’époque ni de chaire ni de postes dĂ©diĂ©s Ă  la littĂ©rature contemporaine. Saint-RenĂ© de Taillandier a consacrĂ© sa thĂšse Ă  un clerc irlandais du IXe siĂšcle. Quant Ă  Mornet, il est avant tout reconnu pour ses travaux sur le XVIIIe siĂšcle8. Il faut aussi rappeler les mĂ©saventures de Gustave Lanson, le grand refondateur et patron des Ă©tudes littĂ©raires Ă  la Sorbonne au tournant du XXe siĂšcle. Lorsqu’il s’est lancĂ© dans la critique théùtrale, ses collĂšgues lui ont vertement rappelĂ© quelle Ă©tait sa place. Enfin, on remarque que, lorsque les professeurs de littĂ©rature du premier XXe siĂšcle intĂšgrent la littĂ©rature actuelle aux histoires de la littĂ©rature qu’ils publient en marge de leur cours, par un significatif besoin de mise Ă  distance, leurs exemples se font plus volontiers allemands ou russes que français. Je rĂ©sumerai donc les choses en disant que, dans la seconde moitiĂ© du XIXe et au dĂ©but du XXe, la littĂ©rature contemporaine est prĂ©sente dans l’enseignement et la recherche universitaires mais pas encore lĂ©gitime.
1.2.2.
LA LÉGITIMATION: 1960-1980
Ce qui constituait tout de mĂȘme une ouverture au contemporain au moment de la fondation des Ă©tudes littĂ©raires modernes se ferme Ă  partir des annĂ©es 1940. Un indice le montre clairement. Les professeurs d’universitĂ© sont de grands producteurs d’histoires littĂ©raires. Prendre part Ă  l’écriture d’une histoire ou en Ă©crire une tout Ă  soi a longtemps Ă©tĂ© un passage obligĂ© de la carriĂšre. Or les histoires de la littĂ©rature française dĂ©sinvestissent nettement le contemporain Ă  partir des annĂ©es 1940 et jusque dans les annĂ©es 1970. Alors que, entre 1896 et 1945, 75% des histoires de la littĂ©rature transversales (du type «des origines Ă  nos jours») traitent de faits littĂ©raires des 30 derniĂšres annĂ©es, entre 1946 et 1968, elles ne sont plus que 50% Ă  le faire. Il faut attendre les annĂ©es 1970 et surtout 1980 pour que rĂ©apparaissent des indicateurs d’une lĂ©gitimation du contemporain en leur sein. En 1970, trois universitaires et un inspecteur de l’éducation nationale9 publient par exemple chez un Ă©diteur scolaire, Bordas, une histoire littĂ©raire qui fera date et trouvera divers prolongements: La littĂ©rature en France depuis 1945 (Bersani et al., 2003)10. Le but explicite des auteurs est alors d’anticiper des modifications de programme dans le secondaire mais aussi de combler un vide qu’ils jugent gĂȘnant. En effet, les programmes du secondaire ont peu Ă©tĂ© rĂ©actualisĂ©s, et s’il Ă©tait audacieux d’étudier la littĂ©rature de 1850 en 1880, cela ne l’est guĂšre un siĂšcle plus tard. Dans la prĂ©face du volume, les auteurs affirment encore vouloir rĂ©pondre au dĂ©sir des Ă©tudiants en traitant de la littĂ©rature de leur temps. Cet argument, prĂ©sent dans des histoires de la littĂ©rature plus anciennes, fait ici Ă©cho Ă  un contexte particulier. Les annĂ©es 1968, comme les historiens ont pris l’habitude de les appeler, ont en effet fait apparaĂźtre le gouffre gĂ©nĂ©rationnel qui sĂ©pare dĂ©sormais les professeurs de leurs Ă©tudiants baby-boomers. Ces derniers critiquent violemment l’enseignement qu’on leur dispense qu’ils jugent datĂ© et Ă©litiste. La vieille Sorbonne notamment sortira fragilisĂ©e de ce conflit, prise de vitesse par d’autres Ă©tablissements d’enseignement supĂ©rieur moins conservateurs, comme l’UniversitĂ© Paris 8 et la VIe section de l’École pratique des hautes Ă©tudes (EPHE), devenue en 1975, l’École des hautes Ă©tudes en sciences sociales (EHESS).
À la mĂȘme pĂ©riode, c’est aussi la formation des enseignants qui commence Ă  se rĂ©former. Au dĂ©but de la dĂ©cennie 1960, aprĂšs une longue et houleuse bataille, le concours des professeurs de littĂ©rature du secondaire et du supĂ©rieur, l’agrĂ©gation, s’élargit. Une agrĂ©gation dite de lettres modernes est créée pour complĂ©ter la traditionnelle agrĂ©gation de lettres classiques fortement axĂ©e sur l’apprentissage du latin et du grec ancien11. Dans les annĂ©es 1960 et 1970, le nouveau concours se montre assez favorable au contemporain, proposant de temps en temps l’étud...

Table des matiĂšres

  1. Couverture
  2. Page légale
  3. Table des matiĂšres
  4. Préface: Vous avez dit culture!
  5. Liste des figures et tableaux
  6. Liste des sigles
  7. Introduction: Regards interdisciplinaires sur les publics de la culture
  8. 1. Quels lecteurs l’universitĂ© forme-t-elle?: Petite histoire de l’ouverture des Ă©tudes littĂ©raires françaises au corpus contemporain
  9. 2. Enjeux disciplinaires et culturels associĂ©s Ă  l’appropriation scolaire de la plateforme musĂ©ale ÉducArt
  10. 3. SĂ©parer le bon grain de l’ivraie: Les critĂšres de sĂ©lection des repĂšres culturels dans la classe de français, langue premiĂšre, au secondaire
  11. 4. Les musĂ©es de sciences et de technologie, l’éducation formelle et l’éducation non formelle
  12. 5. Le discours officiel sur les relations entre les ministĂšres de la Culture et de l’Éducation du QuĂ©bec de 1961 Ă  2007: DĂ©mocratisation ou dĂ©mocratie culturelle?
  13. 6. Les non-publics des musĂ©es d’art: Les raisons du dĂ©sintĂ©rĂȘt chez les 15-24 ans
  14. 7. Les tĂ©moins-publics et le patrimoine mĂ©moriel: Patrimonialisation des anciens camps d’internement des exilĂ©s espagnols en Catalogne
  15. 8. La perception de l’amĂ©lioration continue en contexte musĂ©al
  16. 9. L’offre et les usages des bibliothĂšques publiques autonomes quĂ©bĂ©coises de 2012 Ă  2014: Un portrait
  17. 10. Le processus de la lecture narrative: Savoir-ĂȘtre lecteur dans Volley-ball, de Christian Oster
  18. 11. La notion d’expĂ©rience en philosophie, en théùtre et en tourisme
  19. 12. L’étude des pratiques de visites au musĂ©e: Entre sociographie et rĂ©ception
  20. Notices biographiques
  21. QuatriĂšme de couverture

Foire aux questions

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