Ambroise Paré
eBook - ePub

Ambroise Paré

Chirurgien des rois et roi des chirurgiens

  1. French
  2. ePUB (adaptée aux mobiles)
  3. Disponible sur iOS et Android
eBook - ePub

Ambroise Paré

Chirurgien des rois et roi des chirurgiens

À propos de ce livre

Il n'est pas besoin de forcer le trait pour faire un roman de la vie d'Ambroise Paré. Cet enfant de Laval, fils d'un modeste coffretier, deviendra barbier, puis chirurgien de guerre, et enfin premier chirurgien du royaume. Il côtoiera six rois de France, aura une vie extraordinaire, d'une longévité remarquable pour l'époque, proche du siècle, et quel siècle, celui de la Renais­sance! Mais sa vie aventureuse, les événements majeurs aux­quels il va participer, et les personnages qu'il va côtoyer, ne doivent pas nous faire oublier qu'Ambroise était un praticien hors pair, qui donna à la chirurgie ses lettres de noblesse et lui fit faire d'énormes progrès. Ses découvertes telles que les liga­tures vasculaires, la prise en charge des plaies par armes à feu, pour ne citer que celles-là, restent parmi les avancées décisives de la médecine. D'autre part, Ambroise, tout au long de sa vie, mit un acharnement tout particulier à prendre en charge les cas les plus difficiles et les plus désespérés, et ce sans préjuger de la condition de ses patients, ni de leur rang, ni de leur fortune. Il reste à cet égard un exemple sur le plan éthique pour notre profession. Enfin, rappelons qu'il fut le premier à rédiger des livres de médecine en français, les rendant ainsi accessibles à tous, délaissant le latin de rigeur à l'époque.

Approuvé par les 375,005 étudiants

Accès à plus d'un million de titres pour un prix mensuel raisonnable.

Étudiez plus efficacement en utilisant nos outils d'étude.

Informations

Éditeur
La Geste
Année
2019
ISBN de l'eBook
9791035308452
Imprimer l'ISBN
9791035308452
L’écrivain (1545)

Une semaine plus tard, Ambroise était parmi les étudiants venus assister à une leçon d’anatomie du grand Sylvius. Comme l’avait annoncé Thierry, l’amphithéâtre était comble et l’on se pressait autour de la table de dissection, sur laquelle le cadavre encore chaud d’un homme était déjà installé, recouvert d’un drap. Le maître était en retard, et les étudiants commençaient à s’agiter. Il finit cependant par arriver et immédiatement le silence s’installa dans la salle : on ne chahutait pas le grand Sylvius.
Messieurs, commença le maître, j’apprends à l’instant que mon prosecteur est malade ; la lecture du livre de cet André Vésale lui aura procuré quelques nausées.
De grands éclats de rire saluèrent cette boutade du maître.
Aussi, vais-je devoir annuler cette leçon, à moins qu’il en soit un parmi vous qui sache manier la lancette et veuille remplacer mon aide.
Personne n’osa se présenter, tout le monde connaissant la hargne avec laquelle Sylvius injuriait ses prosecteurs quand ils n’arrivaient pas à illustrer ses propos en exposant correctement les pièces anatomiques. Ambroise décida cependant de relever le défi.
Si vous le voulez bien, maître, je puis remplacer votre assistant.
Tout le monde s’écarta pour laisser s’approcher l’inconscient qui n’allait pas manquer de se faire écharper.
Et vous êtes, monsieur ? s’enquit Sylvius, étonné qu’il y eût un volontaire.
Ambroise Paré, monsieur, chirurgien ordinaire du comte de Rohan.
Du diable si j’ai besoin d’un chirurgien « ordinaire » ! assura Sylvius, j’en veux un extraordinaire.
De nouveaux éclats de rires dans l’assemblée vinrent saluer cet autre bon mot.
Je crois avoir entendu parler de vous, monsieur Paré, reprit Sylvius, n’êtes-vous pas celui qui a fait passer une lance à travers le crâne du duc de Guise ?
J’ai eu cet honneur, effectivement, confirma Ambroise.
De là à considérer qu’il n’y a pas l’once d’une cervelle dans le crâne du duc de Guise, il n’y a qu’un pas que seuls les huguenots oseraient franchir.
Je ne me hasarderai pas sur ce point précis, monsieur, mais je puis affirmer qu’il y a un courage admirable en cet homme-là, car il a enduré des soins fort douloureux que bien peu auraient supportés.
Sylvius trouva ce chirurgien « ordinaire » assez bien embouché du bec.
Fort bien, reprit-il, vous voudrez bien inciser le ventre de notre spécimen depuis le sternum jusqu’à l’os symphysaire du pubis.
Ambroise posa sa veste, retroussa ses manches, souleva le drap qui recouvrait le corps et il se saisit des instruments qui se trouvaient sur la table de dissection. En un tour de main, il fit ce qu’avait demandé Sylvius, exposant la grande cavité abdominale.
Vous voudrez bien maintenant procéder à l’éviscération des intestins, je vous prie, continua Sylvius.
Il fallut une dizaine de minutes à Ambroise pour sectionner les intestins, près de l’estomac pour le petit et au niveau du rectum pour le gros, et libérer ensuite tous les accolements qui les retenaient au ventre.
Je vois que vous avez posé des ligatures aux deux extrémités de l’intestin, nota Sylvius, sage précaution qu’oublie généralement mon prosecteur habituel, ce qui nous embrème fortement pour le reste de la leçon.
Ambroise avait sorti la masse des viscères qu’il déposa sur la table à côté du cadavre.
Je vous demanderai maintenant de nous montrer le foie dans son ensemble, en procédant à son exérèse.
Ambroise dégagea totalement la grosse glande, logée dans la partie haute et droite de la cavité abdominale, en sectionnant les nombreux vaisseaux qui venaient s’y aboucher.
Décidément, reprit Sylvius, notre prosecteur est très savant, la plupart de ses collègues me sortent la rate, quand je leur demande d’extraire le foie.
Nouveaux éclats de rire dans l’assistance.
Messieurs les étudiants, je vous inviterai maintenant à bien considérer les différents vaisseaux qui émanent du foie, reprit Sylvius. Vous y verrez trois grosses veines, l’une qui part vers le haut, perfore le diaphragme et va irriguer toute la partie supérieure du corps. Deux autres qui se dirigent vers le bas, l’une pour les intestins et l’autre à destination de la partie inférieure du corps.
Ambroise montrait aux étudiants ces différents vaisseaux au fur et à mesure de la description du maître.
Ceci illustre parfaitemen...

Table des matières

  1. Avant propos (1592)
  2. L’enfant de Bourg-Hersent (1509)
  3. L’apprenti barbier (1525)
  4. L’étudiant de l’Hôtel-Dieu (1529)
  5. Le chirurgien de guerre (1537)
  6. Le maître chirurgien-barbier (1538)
  7. Le chirurgien en campagne (1542)
  8. L’écrivain (1545)
  9. Le chirurgien ordinaire du roi (1552)
  10. Le prisonnier d’Hesdin (1553)
  11. Le chirurgien de robe longue (1554)
  12. Le réformé (1558)
  13. Le convalescent (1561)
  14. Le premier chirurgien du roi (1562)
  15. Le courtisan itinérant (1564)
  16. Le consultant des Flandres (1569)
  17. Le rescapé de la Saint-Barthélemy (1572)
  18. Le jeune marié (1573)
  19. L’embaumeur du roi (1574)
  20. L’ennemi de la faculté (1575)
  21. L’anticésaréen (1576)
  22. Le contestataire (1582)
  23. L’espion du roi (1585)
  24. Le grand-père (1589)
  25. épilogue (1594)
  26. Remerciements
  27. Cartes
  28. Remerciements
  29. Commentaires