Le canada dans le monde
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Le canada dans le monde

acteurs, idées, gouvernance

  1. 480 pages
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Le canada dans le monde

acteurs, idées, gouvernance

À propos de ce livre

RĂ©unissant les contributions d'une trentaine de spĂ©cialistes, cet ouvrage d'introduction Ă  la politique canadienne propose un nouveau regard sur les dynamiques politiques et sociales qui façonnent le pays aujourd'hui. Il offre aux lecteurs une perspective multidisciplinaire sur les concepts clĂ©s et les grands dĂ©bats politiques actuels. Comment la question du rĂ©chauffement climatique est-elle devenue un problĂšme public? Quelle est la place des Autochtones dans les institutions et l'identitĂ© canadiennes? Les mouvements sociaux remplacent-ils les partis politiques? Quel rĂŽle joue le Canada dans les organisations internationales? Les nouvelles technologies de l'information et de la communication favorisent-elles l'Ă©mergence de nouveaux modes de mobilisation? AnimĂ©es par une volontĂ© d'Ă©largir la discussion au-delĂ  des frontiĂšres traditionnelles, les rĂ©ponses Ă  ces questions, et Ă  bien d'autres, sont adaptĂ©es aux salles de classe de Moncton Ă  Vancouver. À la fois Ă  jour sur les dĂ©bats thĂ©oriques et illustrĂ© de nombreux exemples concrets, l'ouvrage examine les principaux enjeux politiques canadiens d'un point de vue historique, politique et social, tout en mettant l'accent sur les diffĂ©rentes rĂ©alitĂ©s des provinces et des villes canadiennes.

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Informations

PARTIE 1

INSTITUTIONS ET ACTEURS

CHAPITRE 1

La Confédération canadienne

Valérie Lapointe-Gagnon
Si la crĂ©ation de la ConfĂ©dĂ©ration canadienne date du 1er juillet 1867, les premiĂšres discussions entourant l’union des colonies britanniques d’AmĂ©rique du Nord remontent au XVIIIe siĂšcle. DĂšs le lendemain du traitĂ© de Paris de 1763, qui cĂ©dait la Nouvelle-France Ă  la Grande-Bretagne, le juge William Smith de l’État de New York suggĂ©rait Ă  Londres de fĂ©dĂ©rer les colonies britanniques d’AmĂ©rique et d’instaurer un parlement rĂ©unissant 141 dĂ©putĂ©s issus de 15 colonies rĂ©parties sur les territoires de ce qui allait devenir le Canada et les États-Unis (RĂ©millard, 1979). Le fruit n’était pas encore mĂ»r. Avec la montĂ©e des tensions entre le Nord et le Sud aux États-Unis et les transformations des relations commerciales entre la Grande-Bretagne et ses colonies, la situation sera amenĂ©e Ă  changer au cours du XIXe siĂšcle. Vers la fin des annĂ©es 1850, Londres devient le théùtre de discussions sur l’avenir des colonies au cours desquelles on pense la fĂ©dĂ©ralisation non seulement des colonies canadiennes, mais aussi sud- africaines et australiennes (Chevrier, 2016).
Comme l’a mentionnĂ© l’historien et juriste Jean-Charles Bonenfant, lĂ  oĂč l’esprit rĂ©volutionnaire a dominĂ© chez les PĂšres fondateurs des États-Unis, dĂ©sireux de rompre avec le modĂšle britannique, du cĂŽtĂ© canadien, c’est plutĂŽt un sentiment d’urgence qui a menĂ© Ă  la fondation du dominion. Et si les architectes de la Constitution des États-Unis Ă©taient des fĂ©rus de philosophie, s’inspirant des idĂ©es de Locke et de Montesquieu, leurs homologues canadiens Ă©taient plutĂŽt des hommes pragmatiques, qui ont dĂ» s’ajuster au climat de l’époque pour trouver une solution aux problĂšmes politiques et Ă©conomiques qui se multipliaient dans les colonies (Bonenfant, 1963). Ainsi, considĂ©rer la ConfĂ©dĂ©ration canadienne comme «le pur fruit de l’initiative et de l’imagination dĂ©bordante des Ă©lites des colonies de l’AmĂ©rique du Nord [
] [relĂšverait] du conte de fĂ©es», comme le rappelle le politologue Marc Chevrier (2016). Ce chapitre souhaite retourner aux origines de la ConfĂ©dĂ©ration afin d’étudier les raisons de sa naissance, les motifs des acteurs, notamment des Canadiens français engagĂ©s dans le dĂ©roulement des nĂ©gociations et les rĂ©sultats des confĂ©rences qui ont menĂ© Ă  l’adoption de l’Acte de l’AmĂ©rique du Nord britannique (AANB) de 1867. Il s’intĂ©ressera Ă©galement au type d’union privilĂ©giĂ©, aux voix exclues du processus et aux institutions fondĂ©es au moment de la ConfĂ©dĂ©ration.
Le chapitre aborde plus précisément les éléments suivants:
  • le climat de l’époque;
  • les discussions entre Ă©lites: les confĂ©rences de Charlottetown, de QuĂ©bec et de Londres;
  • l’union lĂ©gislative et le fĂ©dĂ©ralisme;
  • le Canada français et la ConfĂ©dĂ©ration;
  • les institutions créées par la ConfĂ©dĂ©ration.

Le climat de l’époque

À la veille de la ConfĂ©dĂ©ration, il existait six colonies britanniques bĂ©nĂ©ficiant dĂ©jĂ  d’une certaine indĂ©pendance au nord de la frontiĂšre amĂ©ricaine: Terre-Neuve, la Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick, l’Île-du-Prince-Édouard, la province unie du Canada1 et la Colombie-Britannique (formĂ©e en 1866). La Compagnie de la Baie d’Hudson gĂ©rait le reste du territoire. Étendues sur un vaste espace gĂ©ographique, les colonies ne communiquaient pas aisĂ©ment entre elles. Aussi, les motifs prĂ©sidant Ă  leur regroupement politique sont venus de causes internes et d’impĂ©ratifs externes.
Sur la scĂšne intĂ©rieure, la province du Canada, créée par l'Acte d'union (1840), qui avait rassemblĂ© le Haut-Canada et le Bas-Canada Ă  la suite des recommandations du rapport Durham (1839) dans le but d’assimiler les Canadiens français, devient de plus en plus difficile Ă  administrer. En effet, originellement, le systĂšme de gouvernement se voulait avantageux pour le Haut-Canada majoritairement anglophone, moins populeux, en lui donnant le mĂȘme nombre de reprĂ©sentants Ă  l’AssemblĂ©e lĂ©gislative que le Bas-Canada, majoritairement francophone. Toutefois, la dĂ©mographie se transforma rapidement et le Haut-Canada, devenu le Canada-Ouest, se retrouva plus densĂ©ment peuplĂ© avec toujours le mĂȘme nombre de dĂ©putĂ©s en Chambre. Des voix s’élevĂšrent donc dans le Canada-Ouest pour souligner leur insatisfaction envers le systĂšme et demander une reprĂ©sentation proportionnelle Ă  la population au Parlement. Dans un milieu oĂč certains souhaitaient un changement de rĂ©gime, le climat devint propice Ă  l’exploration d’autres formes de gouvernement.
La guerre civile qui Ă©clata au sud de la frontiĂšre en 1861 ne fit qu’accĂ©lĂ©rer le processus de rĂ©flexion. Les trajectoires historiques des États-Unis et du Canada Ă©tant Ă©troitement imbriquĂ©es, il ne faut pas nĂ©gliger le rĂŽle majeur du voisin du Sud comme catalyseur des dĂ©cisions qui vont mener Ă  la ConfĂ©dĂ©ration (Bonenfant, 1965; Roby, 2017). Alors que les relations canado-amĂ©ricaines Ă©taient relativement chaleureuses, les choses se corsent avec la guerre. Les Canadiens sont pour la plupart antiesclavagistes et antisĂ©cessionnistes. Or, la Grande-Bretagne choisit de ne soutenir aucun camp, ce que le Nord perçut comme un appui au Sud. En raison de la position de la Grande-Bretagne, les Ă©crits annexionnistes visant Ă  s’emparer du Canada se multipliĂšrent dans les États du Nord. Devant les menaces d’une Ă©ventuelle attaque, l’appui canadien au Nord vacilla. Dans ce contexte, le Canada se rangea du cĂŽtĂ© de la Grande-Bretagne et l’idĂ©e de rĂ©unir les colonies pour offrir un front commun, qui saurait mieux rĂ©sister Ă  un Ă©ventuel affrontement, paraissait plus que jamais pertinente. Bien que la menace militaire s’estompĂąt peu de temps aprĂšs 1861, la guerre civile marqua l’imaginaire canadien en raison des atrocitĂ©s perpĂ©trĂ©es. Certains mirent la faute de ces horreurs sur le fĂ©dĂ©ralisme amĂ©ricain, trop dĂ©centralisĂ©, et sur le rĂ©publicanisme (Roby, 2017). C’est ainsi que le modĂšle canadien allait s’élaborer en rĂ©action au modĂšle amĂ©ricain, en tentant d’éviter de reproduire les erreurs des PĂšres fondateurs amĂ©ricains et de crĂ©er une union permettant de rĂ©sister aux menaces, rĂ©elles ou imaginaires, d’invasion.
Outre la peur des États-Unis et un certain rejet du modĂšle amĂ©ricain, le besoin de stimuler les relations Ă©conomiques entre les colonies britanniques d’AmĂ©rique du Nord et de faciliter les communications entre ces entitĂ©s distantes raviva les dĂ©bats sur l’union. En 1846, la Grande-Bretagne abolit son tarif prĂ©fĂ©rentiel pour les produits coloniaux. Afin de trouver de nouveaux marchĂ©s pour leurs exportations, les colonies avaient obtenu le droit de nĂ©gocier un traitĂ© de libre-Ă©change avec les États-Unis. RatifiĂ© en 1854, le TraitĂ© de rĂ©ciprocitĂ©, qui avait ouvert le marchĂ© amĂ©ricain aux intĂ©rĂȘts canadiens, ne dura pas, ce qui eut comme consĂ©quence d’augmenter les Ă©changes entre les colonies britanniques. Afin de dynamiser les activitĂ©s commerciales et les communications, les transports devaient s’amĂ©liorer. L’idĂ©e de s’allier pour construire l’Intercolonial, un chemin de fer reliant le QuĂ©bec, l’Ontario et les colonies des Maritimes devint un argument en faveur de la ConfĂ©dĂ©ration. D’ailleurs, les dĂ©lĂ©guĂ©s du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse ont affirmĂ©, lors des confĂ©rences de Charlottetown et de QuĂ©bec, qu’ils refuseraient de se joindre au projet sans la construction d’un chemin de fer. C’est pour persuader la province du Canada de contribuer au dĂ©veloppement des voies de transport que les dĂ©lĂ©guĂ©s des Maritimes ont organisĂ© la confĂ©rence de Charlottetown Ă  l’Île-du-Prince-Édouard, du 1er au 9 septembre 1864.

Les discussions entre élites:
les conférences de Charlottetown,
de Québec et de Londres

Les Ă©lites monopolisent essentiellement les discussions qui mĂšneront Ă  l’Acte de l’AmĂ©rique du Nord britannique de 1867. Si les nĂ©gociations ont gĂ©nĂ©ralement exclu la population, il y a tout de mĂȘme eu des dĂ©bats dans les journaux et au sein des assemblĂ©es lĂ©gislatives des colonies britanniques d’AmĂ©rique du Nord. Les principales dĂ©cisions sur le contenu des documents se sont toutefois prises pendant les trois confĂ©rences rassemblant les 36 hommes que l’on considĂšre comme les PĂšres de la ConfĂ©dĂ©ration canadienne. À la confĂ©rence de Charlottetown s’ajoutent celle de QuĂ©bec tenue un mois plus tard, du 10 au 27 octobre 1864, et celle de Londres, en dĂ©cembre 1866. C’est principalement lors de la confĂ©rence de QuĂ©bec que les principes de base qui devaient s’inscrire dans la Constitution ont fait l’objet de discussions (Moore, 2016). Bien que les mondanitĂ©s entourant la confĂ©rence aient attirĂ© des centaines de personnes, notamment des journalistes provenant des États-Unis et de la Grande-Bretagne, la plupart des discussions constitutionnelles se sont tenues Ă  huis clos entre les 33 dĂ©lĂ©guĂ©s accrĂ©ditĂ©s.
La dĂ©lĂ©gation la plus imposante provenait de la province du Canada, qui comprenait douze reprĂ©sentants issus du Cabinet de coalition du gouvernement provincial. L’unitĂ© de cette dĂ©lĂ©gation n’était que de façade puisqu’elle Ă©tait composĂ©e d’hommes qui partageaient des opinions distinctes quant au pays Ă  bĂątir. À cĂŽtĂ© d’un John A. Macdonald, qui n’apprĂ©ciait guĂšre le fĂ©dĂ©ralisme et dĂ©fendait l’union lĂ©gislative, se trouvait un George-Étienne Cartier, partisan d’un fĂ©dĂ©ralisme permettant Ă  la diversitĂ© culturelle de s’exprimer, et un George Brown, rĂ©formiste adhĂ©rant au projet d’un fĂ©dĂ©ralisme souple (Romney, 2016). Les dĂ©lĂ©gations reprĂ©sentant les Maritimes correspondaient Ă  la composition de leurs lĂ©gislatures. Des membres de l’opposition dans les Chambres du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Écosse et de l’Île-du-Prince-Édouard cĂŽtoyaient donc des membres du gouvernement au pouvoir. Terre-Neuve avait Ă©galement envoyĂ© deux observateurs, l’un du gouvernement et l’autre de l’opposition. La confĂ©rence donna naissance aux 72 RĂ©solutions, qui constituent la premiĂšre Ă©bauche de ce qui deviendra la Constitution canadienne. Ces rĂ©solutions prĂ©voyaient une reprĂ©sentation proportionnelle Ă  la population, la division des compĂ©tences entre le fĂ©dĂ©ral et les provinces et le bilinguisme du Parlement gĂ©nĂ©ral et de la lĂ©gislature du Bas-Canada.
Les dĂ©lĂ©gations envoyĂ©es par chacune des colonies aux confĂ©rences Ă©taient loin de reprĂ©senter la diversitĂ© culturelle de l’époque. Les grands absents Ă©taient les peuples autochtones, considĂ©rĂ©s avec mĂ©pris par les Ă©missaires de l’Empire. Ceux qui Ă©taient Ă©tablis avant l’arrivĂ©e des EuropĂ©ens avaient vu leur culture, leurs traditions et leur systĂšme social s’effriter aux contacts des Français et des Britanniques (DelĂąge, 1991). Lorsque vint le temps de nĂ©gocier la crĂ©ation de la ConfĂ©dĂ©ration, «personne ne souleva mĂȘme la question de leur partenariat», comme le soulignent Olive Dickason et William Newbigging (2017). Cette absence ne fut pas sans consĂ©quence pour la suite des Ă©vĂ©nements puisque dĂ©butait un rĂ©gime visant Ă  contrĂŽler puis Ă  assimiler les populations autochtones2. Les Acadiens, prĂ©sents en sol amĂ©ricain depuis 1604, n’avaient Ă©galement pas Ă©tĂ© conviĂ©s Ă  cette discussion, de mĂȘme que les Irlandais catholiques des Maritimes. Les femmes n’étaient prĂ©sentes que dans les mondanitĂ©s, rappelant que leur place Ă  l’époque n’était pas Ă  la table des dĂ©cisions3.
Les Canadiens français, quant Ă  eux, Ă©taient reprĂ©sentĂ©s par quatre dĂ©lĂ©guĂ©s participant aux confĂ©rences: Étienne-Paschal TachĂ©, George-Étienne Cartier, Hector Langevin et Jean-Charles Chapais. Au sein du Canada-Uni, un groupe qui s’exprimait virulemment contre le projet de ConfĂ©dĂ©ration avait refusĂ© de faire partie du gouvernement de coalition et donc de participer aux confĂ©rences: il s’agissait du Parti rouge – les libĂ©raux – qui s’opposait aux bleus – les conservateurs – de Cartier. Le chef des rouges, Antoine-AimĂ© Dorion, est d’ailleurs l’un de ceux qui ont exprimĂ© le plus de rĂ©ticences envers l’union. Selon lui, le projet Ă©tait conçu dans le dos du peuple (Dorion, dans Corbo et Lamonde, 2009). Dorion croyait Ă©galement que la ConfĂ©dĂ©ration Ă©tait factice et qu’il s’agissait en fait d’une union lĂ©gislative dĂ©guisĂ©e.
Il serait faux de croire que les rĂ©sistances provenaient exclusivement du Bas-Canada. Les Maritimes accueillirent tiĂšdement les 72 RĂ©solutions puisqu’elles ne protĂ©geaient pas assez les intĂ©rĂȘts rĂ©gionaux des colonies de l’Est (Buckner, 2017). Dorion n’était d’ailleurs pas le seul Ă  critiquer les «portes closes» de la confĂ©rence de QuĂ©bec. Comme le prĂ©cise le politologue François Rocher, «dans toutes les colonies, les confĂ©rences furent dĂ©criĂ©es en raison de leur caractĂšre Ă©litiste et secret» (Rocher, 2016, p. 228). On avait menĂ© sans le peuple cette grande conversation sur les principes politiques qui allaient guider le futur des colonies. Chacune des colonies, selon ses intĂ©rĂȘts, a formulĂ© d’autres critiques: la crainte des Canadiens français de se voir minorisĂ©s cĂŽtoyait celle qu’éprouvaient les Maritimes de se retrouver prises dans un projet taillĂ© sur mesure pour la province du Canada ou de voir les catholiques assujettis aux protestants (Rocher, 2016). L’Île-du-Prince-Édouard choisit finalement de ne pas rejoindre l’union puisqu’elle avait une identitĂ© et une Ă©conomie fortes et ne pensait pas pouvoir bĂ©nĂ©ficier des avantages du nouveau systĂšme politique en construction (Tattrie, 2014).
C’est dans un climat politique instable tant sur la scĂšne coloniale que britannique que les dĂ©lĂ©guĂ©s des colonies d’AmĂ©rique du...

Table des matiĂšres

  1. Remerciements
  2. Introduction
  3. PARTIE 1
  4. INSTITUTIONS ET ACTEURS
  5. PARTIE 2
  6. IDENTITÉS
  7. PARTIE 3
  8. IDÉES ET IDÉOLOGIES POLITIQUES
  9. PARTIE 4
  10. GOUVERNANCE ET ACTION PUBLIQUE
  11. PARTIE 5
  12. RELATIONS INTERNATIONALES
  13. Les collaboratrices et les collaborateurs

Foire aux questions

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