Prendre l'Histoire Ă rebrousse-poil pour faire entendre les voix de ses victimes; exposer la barbarie que cachent la culture et le progrĂšs technique; montrer que la mĂ©moire n'est pas l'affaire du passĂ©, mais du prĂ©sent et que l'Ă©criture peut et doit faire justice. Telle est l'entreprise d'Esther Cohen, qui s'inscrit entre autres dans le sillage de Walter Benjamin et Jacques Derrida. Son livre se veut, comme les oeuvres qui le nourrissent, un acte de rĂ©sistance contre le silence et l'indiffĂ©rence qui ont Ă©tĂ© les complices de la Shoah comme des nombreux massacres qui ont continuĂ© de dĂ©vaster le monde contemporain.Primo Levi, Jean AmĂ©ry, Jorge Semprun, Imre KertĂ©sz, mais encore Hannah Arendt, Albert Camus ou mĂȘme Franz Kafka: les auteurs rassemblĂ©s dans cet ouvrage ont vĂ©cu les camps, en ont Ă©tĂ© les tĂ©moins historiques, ou en ont eu le sombre pressentiment. En les rĂ©unissant, Esther Cohen fait entrer en rĂ©sonance quelques-unes des oeuvres capitales du XXe siĂšcle. PrĂ©face de Silvestra Mariniello

- 202 pages
- French
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eBook - ePub
Les narrateurs d'Auschwitz
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LittératureCHAPITRE 1
La fuite sans fin: lâĂ©tranger radical
Il vivait, au cours des derniers mois, dans un Ă©tat pour lequel il nâexiste pas de nom en russe ni en allemand, probablement dans aucune langue au monde, un Ă©tat entre la rĂ©signation et lâattente.
JOSEPH ROTH
Lâempereur François-Joseph meurt le 21 novembre 1916. On pouvait sentir se condenser, Ă cette date, lâhaleine de la dĂ©cadence qui se respirait depuis un certain temps en Europe centrale: câest comme si le dernier rĂąle du monarque de la dynastie habsbourgeoise dĂ©clarait Ă tout vent lâagonie de lâEmpire austro-hongrois. Deux annĂ©es plus tard, en 1918, la dĂ©sintĂ©gration finale de cette puissance confirme ce qui se prĂ©parait depuis des dĂ©cennies: soutenu de maniĂšre illusoire, enfermĂ© dans lâisolement et le pathĂ©tisme grĂące au portrait du vieux François-Joseph accrochĂ© aux murs des maisons, des Ă©coles, des casernes et mĂȘme des bordels, portrait « dont Ă©mane le prĂ©sage dâune digne dĂ©cadence1 », lâEmpire tombe finalement en ruine. Dans les dĂ©combres disparut un ordre qui allait bien au-delĂ de la discipline monarchique et militaire. Si la PremiĂšre Guerre a mis fin Ă un monde arbitraire et despotique, elle a aussi inaugurĂ© un ordre diffĂ©rent, Ă©galement cruel et sanguinaire, qui livre lâhumanitĂ©, Ă peine deux dĂ©cennies plus tard, au dĂ©shonneur du nazisme.
Des ruines de cette sociĂ©tĂ© surgit un homme moderne, nostalgique, dĂ©senchantĂ©, exilĂ© dâune « patrie » non pas rĂ©elle mais mythique, fantasmĂ©e pendant plus dâun siĂšcle par les Ă©crivains et les artistes. Le mythe de la grandeur monarchique, recueilli, louĂ© ou ironisĂ© par les Ă©crivains qui survĂ©curent Ă sa chute, ne fut pas une crĂ©ation purement littĂ©raire; la fable mystificatrice de cet univers, dĂ©sormais perdu Ă jamais, nâest quâun maillon du long procĂšs dĂ©formateur de la rĂ©alitĂ© habsbourgeoise. Pourtant, selon Claudio Magris, Ă partir de 1918, dĂ©sorientĂ©s dans le nouveau monde, ce furent bien les intellectuels et les Ă©crivains qui « se cramponnĂšrent Ă cette tradition [habsbourgeoise] idĂ©alisĂ©e et fascinante, acceptant ou, du moins, subissant la mystification aliĂ©nante de la rĂ©alitĂ© historique caractĂ©ristique de lâĂ©poque de François- Joseph2 ». Sâest imposĂ©, comme rĂ©sultat, ce quâon appelle la rĂ©alitĂ©. LâEmpire et lâordre qui lâaccompagnait se sont achevĂ©s avec un monde qui nâavait plus de place. Ă lâimage du champ de ruines que Walter Benjamin pressentait dans la destruction de lâEurope et dans lâannihilation de la culture judĂ©o-allemande, le prĂ©sent fut aussi, dans sa particularitĂ©, le paysage animique dans lequel Roth, Musil, Zweig, Kraus, Hofmannsthal et Schnitzler, parmi dâautres, ont affirmĂ© la mort dâune Ă©poque et le surgissement dâun espace oĂč les hommes ne pourraient plus jamais se retrouver dans un « ici », mais toujours « loin dâici ». Prenant des positions allant de la louange Ă lâironie, du pathĂ©tisme Ă la rĂ©signation, tous ont persĂ©vĂ©rĂ© à « donner vie » au mythe, fĂ»t-ce dans le regret ou la dĂ©sacralisation.
Le spectre de lâempire a hantĂ© cette gĂ©nĂ©ration dâĂ©crivains qui, dâune façon ou dâune autre, ont dĂ» surmonter la mort du « pĂšre » en carton-pĂąte pour sâintĂ©grer Ă la « civilisation » moderne, Ă un vingtiĂšme siĂšcle qui, depuis des dĂ©cennies, prĂ©figurait et prĂ©parait le terrain pour accueillir le nouveau citoyen de la modernitĂ©, câest-Ă -dire lâ« Ă©tranger » Ă lâintĂ©rieur comme Ă lâextĂ©rieur de toute frontiĂšre. Joseph Roth (Galicie, 1894 â Paris, 1939) reprĂ©sente exemplairement cette fracture interne de lâEuropĂ©en; sa vie et son Ćuvre montrent, avec une sincĂ©ritĂ© dĂ©chirante, la diversitĂ© des formes et des expressions qui traduisent le sentiment de manquer de racines. La fragmentation dâun territoire se manifeste par une dĂ©sintĂ©gration des cultures et des identitĂ©s, mĂȘme si elles semblaient ne relever que de lâillusion. Subitement, le monde entier se transforme en une terre qui nâappartient Ă personne; et sa propre demeure, la majestueuse citĂ© viennoise, devient un enfer dans lequel on se retrouve doublement Ă©tranger car galicien et juif, Ă ce moment tragique de lâhistoire. Il faut absolument fuir. Mais fuir oĂč? Câest ce que raconte un petit dialogue populaire parmi les juifs dâEurope centrale: « Comment? tu vas lĂ -bas? Comme tu seras loin! / â Loin? Mais loin de quoi? » Une fois la carte altĂ©rĂ©e, lâon ne se retrouve plus jamais dans un pays ou dans une ville. LâexpĂ©rience dâhabiter le nom propre sera, pour cette population, une pratique totalement dĂ©suĂšte. Car sâil existe dans lâĆuvre de Roth un moment oĂč lâĂ©trangĂ©itĂ© face au monde devient transparente, câest prĂ©cisĂ©ment dans lâincapacitĂ© de ses personnages Ă habiter leurs noms. InadaptĂ©s, suffocants ou, dans le pire des cas, indiffĂ©rents, tous les personnages manquent de relief et dâĂ©paisseur: ce sont des noms sans corps ni Ăąme.
Le personnage central du roman La fuite sans fin (1927) de Joseph Roth, le lieutenant de lâarmĂ©e autrichienne Franz Tunda, est le portrait Ă nu dâune Ă©poque â la nĂŽtre. Câest un nouveau genre dâhomme issu du dĂ©racinement et mĂ» uniquement par un vent fortuit, parce que, en fin de compte, il nâa rien Ă perdre: « Je ne suis ni courageux, ni aventureux. Un vent me pousse et je ne crains pas la mort3. » Son histoire nâest pas lâhistoire dâun hĂ©ros, ce nâest mĂȘme pas lâhistoire dâune victime; son destin est celui qui Ă©choit Ă un nombre croissant dâhommes et de peuples, Ă partir de 1916 (quand il est fait prisonnier en Russie); sa vie se dissout dans lâanonymat et dans la fugue sans fin: il ne fuit rien ni personne, parce quâil est sans origine et sans destin. Tunda passe de Russie en SibĂ©rie, puis de Berlin Ă Paris, de lâArmĂ©e rouge au monde intellectuel, de la vie militaire Ă lâennui, pour enfin terminer au cĆur de lâEurope, orphelin de nom, de patrie et dâexistence.
En 1943, Hannah Arendt soutenait que les rĂ©fugiĂ©s, dĂ©placĂ©s de pays en pays, reprĂ©sentaient lâavant-garde de leur peuple. Si cela est vrai, Franz Tunda serait lâun des prĂ©curseurs littĂ©raires dâun drame Ă venir, vĂ©cu dans une apparente impermĂ©abilitĂ© Ă la douleur et Ă lâavarie. Personnage dâ« avant-garde », plein dâavenir mais sans avenir aucun, comme le dira, Ă un autre moment, Irving Wohlfarth en faisant rĂ©fĂ©rence Ă lâĆuvre picturale dâun survivant des camps nazis.
Ă une certaine occasion, alors quâon lui demandait Ă quel point il se sentait seul, Kafka rĂ©pondit: « Seul comme Franz Kafka. » Si lâon pouvait poser une question semblable Ă Joseph Roth au sujet de son personnage, il rĂ©pondrait sans doute: « Ătranger et seul comme Franz Tunda. » Car ni lâintrigue du roman ni le personnage principal ne conduisent quelque part; câest plutĂŽt le rĂ©cit dâune odyssĂ©e dĂ©nuĂ©e de passion et dâengagement. Il ne sâagit plus de lâhistoire dâun dĂ©chirement ou dâune mĂ©lancolie, comme dans ses autres romans, mais de lâhistoire de leurs consĂ©quences. Il nâexiste plus de nostalgie ou de peine, le monde est simplement devenu le théùtre du bannissement total, absolu et dĂ©solant. Pour prendre part Ă ce spectacle, ainsi quâil arrive dans LâAmĂ©rique de Kafka oĂč tous sont conviĂ©s Ă jouer sur la scĂšne du grand théùtre dâOklahoma, quiconque peut se convertir en un acteur chargĂ© de reprĂ©senter, avec sa vie, son propre personnage.
Mais pour Roth, les rĂŽles sont Ă©changeables: Ă la maniĂšre dâune farce, les acteurs de ce nouveau monde post-impĂ©rial se perdent et ne peuvent plus se reconnaĂźtre sous leurs propres noms. Quelle chose Ă©trange, en effet, que cette incapacitĂ© Ă sâarrĂȘter, fĂ»t-ce momentanĂ©ment, dans ce territoire du nom qui, bien que jamais totalement habitable, est toujours le premier sol, le lieu privilĂ©giĂ© oĂč lâaltĂ©ritĂ© se manifeste. Mais si «dans les noms vit une force comme dans les habits4 », ainsi que lâĂ©crit sarcastiquement Roth, Franz Tunda, avec ce nom « si grand, si fort, si mĂ©ticuleusement dessinĂ© avec ses cheveux et son ombre, quâil se dĂ©tachait presque du papier, quâil accĂ©dait Ă une vie propre5 », nâest plus finalement que lâinterprĂšte dâune vie quelconque, sans spĂ©cificitĂ©, rĂ©duit Ă vivre malgrĂ© la vigueur de son nom aux confins de lâhumanitĂ©. Parce quâau moment de fuir de sa captivitĂ© en Russie, il se rĂ©fugie sous un nom dâemprunt polonais, Baranowicz, et accepte quâ« il lui semblait quâil avait derriĂšre lui la partie la plus importante de sa vie [âŠ]. Chaque semaine il Ă©crivait Ă son ami sibĂ©rien Baranowicz [âŠ]. Le nom Tunda nâĂ©tait pas faux, Tunda Ă©tait effectivement Franz Baranowitz, citoyen des Ătats soviĂ©tiques, fonctionnaire heureux, mariĂ© Ă une femme silencieuse, domiciliĂ© Ă Bakou. Il Ă©tait possible que son pays natal et sa vie antĂ©rieure revinssent quelques fois dans son rĂȘve6. »
Des fois, il se souvenait de son ancien monde, mais toujours Ă la maniĂšre de celui qui pense Ă ses vieux vĂȘtements ou Ă une carte dâidentitĂ© cousue au revers dâune veste ou dâun manteau. Ce passĂ©-lĂ , qui inclut le temps oĂč Franz Tunda hĂ©bergeait encore un lieutenant de lâarmĂ©e impĂ©riale autrichienne, Ă©tait seulement un rĂȘve vague, chaque fois plus Ă©thĂ©rĂ© et irrĂ©el. Câest parce que la mĂ©moire nâest pas une prĂ©rogative des sans-noms. Câest uniquement dans le nom que la mĂ©moire trouve un objet et Franz Tunda lâavait progressivement perdue en chemin; il avait supprimĂ©, avec son nom, la possibilitĂ© mĂȘme de se remĂ©morer.
Primo Levi, dans son roman de tĂ©moignage Si câest un homme, revient incessamment sur lâobsession du nom aboli, non pas Ă la maniĂšre de Tunda dans une errance « sans inquiĂ©tude aucune, nâayant rien Ă perdre », mais arrachĂ© Ă mĂȘme la peau dans les baraques et les crĂ©matoires:
Câest Null Achtzehn. On ne lui connaĂźt pas dâautre nom. ZĂ©ro dix-huit, les trois derniers chiffres de son matricule: comme si chacun sâĂ©tait rendu compte que seul un homme est digne de porter un nom, et que Null Achtzehn nâest plus un homme. Je crois bien que lui-mĂȘme a oubliĂ© son nom; tout dans son comportement porterait Ă le croire7.
Vingt ans sĂ©parent le roman de Levi de celui de Roth, deux dĂ©cennies qui verront lâĂȘtre humain se prĂ©cipiter dans un abĂźme sans nom, cette fois bien au-delĂ de toute possibilitĂ© linguistique. Pourtant, le Tunda de Roth prĂ©figure celui qui, pour Levi, sera lâimage concentrĂ©e du mal de notre temps: la figure du «musulman». Dans une lettre Ă son cher ami, Tunda Ă©crit:
Tu te demandes si je me suis plu en Russie. Jâai vĂ©cu les derniers mois dans un Ă©tat pour lequel il nây a pas de nom, ni en russe, ni en allemand, et probablement dans aucune autre langue du monde, dans un Ă©tat qui se tient entre la rĂ©signation et lâattente. Jâimagine que les morts sont, durant un instant, dans cet Ă©tat lorsquâils abandonnent la vie terrestre et nâont pas encore commencĂ© lâautre. [âŠ] Jâavais lâimpression que Baranowicz Ă©tait mort et Tunda pas encore nĂ©8.
Ă quel point, et malgrĂ© la distance historique, la description de lâĂ©tat dâĂąme de Tunda rĂ©sonne avec les pages de Primo Levi! Cette mutation du nom, sans douleur et sans possibilitĂ© mĂȘme dâĂȘtre nommĂ©e, atteindra des dimensions inouĂŻes avec Levi. Les « musulmans » des camps sont une incarnation plus sauvage et plus brutale de Tunda, qui ne reprĂ©sente plus dĂ©sormais que le dĂ©but dâune souffrance qui se dĂ©veloppera jusquâĂ devenir le dĂ©rĂšglement indĂ©passable de lâespĂšce humaine. Lâexil expĂ©rimentĂ© par le « musulman » nâaura plus de caractĂšre littĂ©raire, ce ne sera plus une avant-garde. Primo Levi le dĂ©crit ainsi:
Tous les « musulmans » qui finissent Ă la chambre Ă gaz ont la mĂȘme histoire, ou plutĂŽt ils nâont pas dâhistoire du tout: ils ont suivi la pente jusquâau bout, naturellement, comme le ruisseau va Ă la mer. [âŠ] Leur vie est courte mais leur nombre infini. Ce sont eux, les MuselmĂ€nner, les damnĂ©s, le nerf du camp; eux la masse anonyme, continuellement renouvelĂ©e et toujours identique, des non-hommes en qui lâĂ©tincelle divine sâest Ă©teinte, et qui marchent et peinent en silence, trop vides dĂ©jĂ pour souffrir vraiment. On hĂ©site Ă les appeler des vivants: on hĂ©site Ă appeler mort une mort quâils ne craignent pas parce quâils sont trop Ă©puisĂ©s pour la comprendre9.
DiffĂ©rent de Carl Joseph Trotta, le jeune hĂ©ros de La marche de Radetzky de Joseph Roth, qui vit tourmentĂ© par la mĂ©moire du grand-pĂšre Trotta matĂ©rialisĂ©e dans un portrait et veillant jalousement, du haut du mur, sur lâhonneur du nom, Franz Tunda ne se souvient de rien, ne se tourmente dâaucun passĂ©; il ne souffre Ă aucun moment du vide absolu du nom.
Si Kafka a montrĂ© lâaffaissement du nom rĂ©duit Ă une seule consonne, Roth montre le mĂȘme affaissement dans un tumulte de noms qui peu Ă peu se vident et se dĂ©sintĂšgrent: Tunda, Trotta, Taittinger⊠Tunda nâest plus un personnage aux caractĂ©ristiques particuliĂšres qui en feraient un individu Ă©trange, ou un Ă©tranger; Tunda nâest pas uniquement lâallĂ©gorie dâun monde et dâun homme en exil, il est la figure mĂȘme de lâexil. Il a bien une histoire, mais celle-ci est dĂ©nuĂ©e dâĂąme; Tunda est un corps qui rĂ©pond dans lâimmĂ©diat Ă lâexpĂ©rience, sans passions dâaucune sorte et, surtout, sans la mĂ©moire qui fait du nom un espace symbolique dans lequel la tension entre le fait dâhabiter ce nom et le remettre en question rend possible lâirruption de lâaltĂ©ritĂ© et, avec elle, la manifestation de lâhumain. Celui qui est dĂ©pourvu de la dimension mĂ©morielle nâest pas capable dâoublier et celui qui est incapable dâoublier est condamnĂ© Ă revivre Ă jamais la mĂȘme histoire dans une sorte de spirale Ă©ternelle.
Franz Tunda est lâĂ©missaire dâune modernitĂ© faite dâhommes et de noms anonymes, dâun anonymat transparent qui ne dissimule pas, qui ne ressent pas, qui ne se remet pas en question et qui ne...
Table des matiĂšres
- Page de couverture
- Demi-page titre
- Page de titre
- Page de copyright
- Dédicace
- Fugue de la mort
- Préface
- Introduction
- Chapitre 1: La fuite sans fin: lâĂ©tranger radical
- Chapitre 2: Franz Kafka et la mĂ©moire de lâavenir
- Chapitre 3: Raconter: témoigner face à la mutité de la langue
- Chapitre 4: La trĂȘve: le voyage et lâexpĂ©rience de la mĂ©moire
- Chapitre 5: Le pouvoir silencieux du nazisme: la langue du IIIe Reich
- Chapitre 6: Par-delĂ le pardon: Jean AmĂ©ry et lâodyssĂ©e du ressentiment
- Chapitre 7: Imre Kertész: le sourire du survivant
- Chapitre 8: Etty Hillesum: « Nous avons quitté le camp en chantant »
- Chapitre 9: Albert Camus: un exercice de mémoire
- Bibliographie
- Table Des MatiĂšres
- Dans La MĂȘme Collection
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