
- 264 pages
- French
- ePUB (adaptée aux mobiles)
- Disponible sur iOS et Android
eBook - ePub
À propos de ce livre
Raconter l'histoire de la Champagne en treize "tableaux" est une gageure car cette vaste région est riche en évènements dont certains font partie de l'histoire de France. Ecrite à la fois pour les passionnés et les amoureux de cette province mais également pour les simples curieux qui veulent découvrir par des récits les faits marquants de cette brillante contrée, renommée au Moyen Âge et qui a su faire face à des situations difficiles durant l'ère moderne.J'assume un choix original allant de la bataille des champs Catalauniques à la culture de la vigne dans la Champagne méridionale en passant par les comtes de Champagne et rois de Navarre, Napoléon et Renoir qui allait "paysanner" en Champagne, etc.
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Informations
Napoléon Bonaparte en Champagne
L’aurore de l’ère napoléonienne, Brienne-le-Château
« Pour ma pensée, Brienne est ma patrie ; c’est là que j’ai ressenti les premières impressions de l’homme »
La fabuleuse épopée napoléonienne commence véritablement sur un quai du port de Bastia, le 12 décembre 1778. Napoléon Bonaparte (ou plutôt Neapoleonne Buonaparte) a neuf ans et quatre mois et embarque pour Marseille accompagné de son père Charles, de son frère aîné Joseph, du demi-frère de sa mère Joseph Fesch et d’un cousin l’abbé Aurèle Varèse. La destination de cette « caravane Bonaparte » (sauf Fesch « déposé » au séminaire d’Aix-en-Provence afin de poursuivre ses études de théologie) est Autun, en Bourgogne qu’elle atteint le 30 décembre.
Pourquoi Autun ? Cette cité antique de 7 000 habitants environ abrite un collège réputé, fondé par les Jésuites au XVIIe siècle ; en 1778 il est administré par des prêtres séculiers sous l’autorité de l’évêque Mgr de Marbeuf… neveu du gouverneur de la Corse ; ce dernier, puisqu’ami de Charles et surtout de Letizia Bonaparte, a cautionné l’admission de leurs deux fils aînés153. Joseph y poursuivra ses études jusqu’en juin 1784 tandis que Napoléon, dont l’objectif était de perfectionner son français qu’il parle mal, quitte Autun et son collège le 21 avril 1779 pour intégrer une Ecole militaire, celle de Brienne, en Champagne méridionale.
Brienne-le-Château
C’est une cité de 1 800 habitants – au début du XIXe siècle - située entre Troyes et Saint-Dizier sur une route historique reliant l’ouest (Rennes, Orléans) à l’est de la France (Toul, Nancy). Elle est le berceau d’une famille réputée être une des plus anciennes et des plus illustres de la noblesse du royaume, les comtes de Brienne ; vassaux des comtes de Champagne certains se sont illustrés dès les Croisades et l’un, Jean de Brienne a été sacré roi de Jérusalem après avoir épousé en 1210 Marie de Montferrat fille et héritière d’Isabelle Ière de Jérusalem ; sage, vaillant, brave et quelque peu entreprenant il sera couronné empereur latin de Constantinople en 1231 ! Cette première branche s’éteint en 1356 par la mort de Gauthier VI, connétable de France, à la bataille de Poitiers ; son père Gauthier V a été duc d’Athènes au tout début du XIVe siècle.
Par alliance le comté de Brienne se retrouve dans la famille des Loménie au début du XVIIe et les deux frères Loménie de Brienne, ministres de Louis XVI, en sont les derniers représentants. Ce sont eux qui lancent le chantier du château actuel à l’emplacement d’une forteresse du Xe siècle rebâtie plusieurs fois et transformée au fil du temps en maison-forte. Il est terminé en août 1778 et « inauguré » par une grandiose réception. Il est à l’origine du nom de la commune qui s’est dénommée de 1849 à 1880, Brienne-Napoléon ! Aujourd’hui il abrite un EPSM154 ou dans le langage courant, un hôpital psychiatrique.
L’école royale militaire
Elle fait partie des douze établissements créés en 1776 par le comte de Saint-Germain (Secrétaire d’Etat à la guerre) destinés aux enfants de la noblesse pauvre afin de leur fournir une formation moderne et efficace préparatoire à une carrière dans l’armée. Entrés à l’âge de 8-10 ans les élèves suivaient un cycle d’étude de six ans à l’issue duquel les meilleurs avaient la possibilité d’intégrer la prestigieuse Ecole militaire de Paris.
A la fin de l’Ancien Régime l’enseignement secondaire est entièrement « entre les mains » de congrégations religieuses155 (les Jésuites et les Oratoriens essentiellement). Elles officient, tant dans le domaine de l’administration que dans celui de l’enseignement, à l’intérieur d’établissements scolaires appelés collèges. Cette mainmise de l’Eglise dans l’éducation était, pour les laïcs, un gage de sérieux aussi bien sur le plan des mœurs que sur celui de la compétence pédagogique… et l’assurance d’un enseignement de qualité156. Un collège était implanté dans la plupart des bourgades du royaume.
Les douze écoles militaires ne dérogent pas à cette règle et, à Brienne l’enseignement était confié aux Minimes, ordre austère fondé au XVe siècle par saint François de Paule !
Les disciplines enseignées devaient être pratiques et résolument utiles pour le militaire : le latin (pas trop, juste ce qu’il faut pour la bonne intelligence des auteurs classiques), l’histoire, la géographie (avec des cartes), l’étude des fortifications, la littérature, la grammaire, l’allemand, l’italien et l’anglais comme langues vivantes (l’Angleterre était l’adversaire historique et la France se battait bien souvent en Germanie et en Italie…) et les disciplines scientifiques comme les mathématiques, la physique surtout axée sur la mécanique et l’hydraulique sans oublier les arts dits d’agrément comme la danse, l’équitation, l‘escrime... En réalité cette école n’avait de militaire que le nom car ni la tactique ni la stratégie, sciences militaires s’il en est, ne faisaient partie du cycle éducatif ! Il s’agissait de former autant des officiers que des gentilshommes fidèles serviteurs de la royauté. On peut penser aussi que, telles certaines Grandes Ecoles du XXe siècle, l’objectif de l’enseignement dispensé était, à partir de connaissances générales mais précises dans les domaines des sciences techniques et humaines, de former des jeunes hommes avides et capables d’apprendre en disposant d’un jugement solide et d’un esprit critique. La remarque du chancelier d’Aguesseau à son fils « Vos classes sont terminées, vos études commencent »157 est encore d’actualité aujourd’hui.
Le règlement intérieur régissant la vie à l’école de Brienne imposait une existence rude aux collégiens. Qu’on en juge ! Durant la totalité de la scolarité (cinq à six ans) il n’était pas possible de quitter l’école et, seules, pour prendre contact avec le monde, des visites au parloir étaient autorisées. Les vacances du 15 septembre au 1er novembre voulaient dire que les aprèsmidi étaient sans classes et les matins consacrés à la révision des cours de l’année précédente !
L’école occupait des bâtiments neufs du monastère et la centaine de pensionnaires (dont une soixantaine de boursiers – dits élèves du Roi – comme Bonaparte) disposaient chacun d’une chambre individuelle – du genre cellule monastique – meublée d’un lit rudimentaire, d’une chaise, d’une armoise basse, d’un pot à eau et d’une cuvette, et elle était, dois-je le signaler, sans chauffage !
Elle a été pillée, ravagée et détruite en grande partie durant la Terreur et dans le seul bâtiment épargné, l’ancien réfectoire, est installé aujourd’hui un musée à la gloire de son illustre élève… après avoir été de longues années une caserne !
Napoléon à Brienne
Pour accompagner le jeune Bonaparte à Brienne, Mgr de Marbeuf choisit Mr de Champeaux de la Boulaye dont le fils, Jean-Baptiste, doit lui aussi intégrer l’Ecole militaire. Partis d’Autun le 21 avril 1779 ils n’atteignent Brienne que le 15 mai après un séjour – prévu ou imprévu ?158 - dans le château familial de la famille Champeaux à Thoisy-le-Désert en Pays Auxois.
Napoléon restera plus de cinq ans à Brienne mais ce que l’on sait sur son séjour serait plutôt du domaine de la légende et non pas de l‘Histoire ! Les historiens des XIXe et XXe siècles qui ont écrit sur la jeunesse de Napoléon (Arthur Chuquet, baron de Coston, Paul Bartel, Frédéric Masson entre autres) ont puisé leurs sources dans des documents du Consulat ou de l’Empire plus ou moins inventés donc peu fiables dont Napoléon luimême se moquait… L’Empereur rit beaucoup de tous les contes et de toutes les anecdotes dont on charge sa jeunesse, dans la foule des petits ouvrages qu’il a fait éclore ; il n’en avoue presque aucune… d’après Las Cases159.
Les Mémoires de son condisciple Bourrienne (1769-1834) sont les plus célèbres et les plus sujets à caution. Après avoir été son confident, son secrétaire et son chargé de missions plus ou moins secrètes Napoléon le renvoie en 1813 indisposé par sa cupidité160 ! Il rédige ses Mémoires sous la Restauration en falsifiant la réalité pour obtenir des avantages matériels. Ils furent jugés calamiteux par plusieurs anciens compagnons de Napoléon, à tel point que la plupart rédigèrent une réponse dûment documentée éditée sous le nom de Bourrienne et ses erreurs volontaires ou involontaires.
Pour suivre le comportement du jeune Bonaparte il faut se mettre à la place d’un gamin d’à peine dix ans obligé de s’intégrer dans un univers militaro-religieux à l’opposé de sa vie d’enfant corse choyé et dorloté par sa famille. Comme il parle français avec un fort accent italien il est bien souvent la risée de ses camarades ce qui le rend solitaire et renfermé. En outre il a dû supporter la morgue de certains élèves qui pouvaient faire étalage d’une haute lignée alors que lui, était boursier et de « petite » noblesse (son grand-père paternel avait obtenu ses lettres de noblesse auprès du grand duc de Toscane en 1757). Il se plaisait – ou se réfugiait – dans la lecture ; il puisait ses livres dans la vaste bibliothèque du monastère bien achalandée… du moins la légende le prétend puisqu’elle a été dispersée à la Révolution. Ses préférences allaient vers des livres d’histoire en général et de l’Antiquité en particulier.
Sombre et même farouche, presque toujours renfermé en luimême… constamment seul, ennemi de tous les jeux, de tous les amusements de l’ensemble, il ne prit jamais part à la brulante joie de ses camarades… tel est le jugement d’un de ses condisciples dans une plaquette publiée à Londres en 1797 dont l’auteur, inconnu, aurait été admis à Brienne à titre d’étranger. D’après Guy Godlewski, ancien président du Souvenir napoléonien, le document serait crédible car l’auteur a été bénévole à la bibliothèque de l’école… Pendant la résidence de Buonaparte à l’école militaire de Brienne on y établit une bibliothèque… la distribution des livres a été entièrement abandonnée à la direction de deux pensionnaires choisis par leurs camarades. Je fus l’un des deux… ce qui me donna de très fréquentes occasions de voir Buonaparte… ses demandes de livres furent très fréquentes…
En réalité Napoléon a eu à Brienne, deux passions, les mathématiques et Plutarque. Par contre le français et l’orthographe ont été ses points faibles si l’on croit Hippolyte Taine …Non seulement il n’a pas appris et n’apprendra jamais l’orthographe mais il ignore la langue, le sens propre, la filiation et les alliances des mots, la convenance ou la disconvenance mutuelle des phrases, la valeur propre des tours, la portée exacte de images, il marche violemment, à travers un pêle-mêle de disparates, d’incohérences, d’italianismes, de barbarismes et trébuche, sans doute par maladresse, par inexpérience mais aussi par excès d’ardeur et de fougue : la pensée surch...
Table des matières
- Epigraphe
- Sommaire
- Préambule
- La Champagne et les Champenois
- La bataille des champs Catalauniques
- La renommée de la Champagne
- Le sacre des rois de France à Reims
- Comtes de Champagne et rois de Navarre
- L’abbaye de Clairvaux
- Bernard de Clairvaux et Michel Onfray
- Le traité de Troyes de 1420…
- Le Saint-Suaire en Champagne
- Le massacre de protestants à Wassy
- Napoléon Bonaparte en Champagne
- Pierre-Auguste Renoir à Essoyes
- La culture de la vigne dans la Champagne
- Méditation écrite d'un homme âgé…
- Toutes les photographies sont de l’auteur
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