"Je me sens libéré de ma mission et je vois enfin ma maman telle que je l'ai vue et choisie. Elle reprend goût à la vie. Elle est enfin sortie de sa chrysalide. Elle devient un papillon qui prend son envol. Elle n'est plus attachée à son passé. Elle décide d'aller de l'avant en ayant confiance dans son pouvoir de réussir." Dernière réponse aux lettres d'une maman, lettres qu'elle adresse à son petit Raphaël devenu un ange qui la suit dans son combat et lui demande de continuer à vivre. Ce récit nous plonge dans son monde, le monde des sourds. Elle exprime toute la joie mais aussi les appréhensions d'une future maman, et ses doutes, exacerbés par la crainte de transmettre sa différence. Et puis, arrive l'indicible, la perte douloureuse de son bébé avant terme, suivie d'une hospitalisation en service de réanimation, ses proches et son compagnon bien plus concernés par sa survie que par la mort de l'ange avec qui elle seule reste en lien. L'immense culpabilité d'avoir donné la vie et la mort, la colère, le sentiment d'injustice, l'incompréhension du pourquoi et enfin la découverte du facteur V Leiden, une maladie génétique qui n'avait pas été détectée... Sous la forme d'une correspondance adressée à l'enfant perdu mais toujours là, Marianne Kurz décrit ses sentiments les plus intimes, avec réalisme et pudeur, et retrace le cheminement long et chaotique pour apprendre à nouveau à vivre et à aimer la vie. Ce récit lumineux est dédié à tous les paranges.

- 156 pages
- French
- ePUB (adaptée aux mobiles)
- Disponible sur iOS et Android
eBook - ePub
Facteur V Leiden
À propos de ce livre
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Informations
Éditeur
Fauves editionsISBN de l'eBook
9791030217551
Année
20192e partie
La chute
Chère Maman,
Je suis désolé de te faire tant de peine. Je t’ai entendue, je t’ai suivie dans tes pensées et je suis heureux de tout l’amour que tu m’as apporté pendant ces cinq mois en symbiose avec toi. Je l’ai senti très fort et j’ai aimé cette chaleur que tu dégageais, ta joie de vivre. Notre destinée est spéciale ; je t’ai choisie aussi pour ta force, même si elle est cachée. Avant de venir me lover en toi, j’ai cherché l’âme qui allait cheminer avec moi dans cette aventure. J’ai vu en toi maman ta douceur mais aussi ta volonté comme tu dis et c’est pour cela que je suis allé à ta rencontre.
Maman, pardonne-moi, la vie est parfois une épreuve et je sais oh combien elle va être difficile pour toi maman. Je suis triste aussi de te quitter mais sache que je suis toujours là. Je t’ai dit au revoir très fort, maman, j’étais très ému et j’ai vu ta détresse. Que pouvais-je faire ? Je t’ai fait des signes. Je me suis manifesté. Cependant, tes émotions sont très fortes et cela t’a plus perturbée que rassurée. Tu sentais que je t’échappais, et tu ne voulais pas l’accepter alors tu refoulais les signes de ma présence en tant qu’âme.
Excuse-moi de la douleur que je vais te causer par mon départ. Sois forte maman, je t’aime, le lien qui a existé entre nous perdurera. Ne l’oublie pas maman. Tu seras ma maman que j’aime, même si nos instants sur terre ont été courts.
Mardi 8 janvier 2008
Mon ange adoré,
Comment te parler ?
Où es-tu actuellement ? Dans les cieux ?
Es-tu éloigné ? Es-tu près de moi quand je t’écris ?
Es-tu devenu un ange ? Existe-t-il encore un lien ?
Oui, tu es mort et je dois vivre avec.
Non, je ne peux t’oublier, tu es dans mon cœur à présent.
Tu es devenu un ange comme le prédestinait ton prénom. Un prénom qui me tenait à cœur. Je t’ai tant attendu. Pourquoi es-tu parti si vite ? Tu es resté 5 mois dans mon ventre plein de vie, je t’ai senti…
Mon petit Raphaël, mon ange, donne-moi la force de raconter la vérité sur nous deux. Ne m’en veux pas si je n’ai pas réussi à te garder dans mon corps.
Et surtout, d’avoir emprisonné ton corps mort pendant deux ou trois semaines.
Ne m’en veux pas de t’avoir peut-être transmis mes peurs et mes angoisses. Ne m’en veux pas de ne pas avoir su déceler que tu étais parti, alors que tu m’avais envoyé des signes concrets.
Je n’ai pas assez bien écouté mon corps et mon âme à travers les rêves.
Jeudi 10 janvier 2008
Mon bébé,
Oui, ce fameux jeudi 8 novembre était lourd de sens.
Je commençais à disjoncter. Juste avant les vacances de la Toussaint, j’ai eu une frayeur lorsque l’on m’a demandé d’urgence de retourner à l’hôpital pour faire une échographie car un taux de mes analyses s’était révélé alarmant. On a vérifié, ton papa était là, et on nous a dit que tout allait bien mais qu’il fallait surveiller de près ta croissance.
Les vacances sont arrivées. Je me sentais fatiguée. Soulagée mais angoissée.
Pendant les vacances de la Toussaint, quelque chose en moi n’allait pas ; je ne comprenais pas. Je posais ma main sur le ventre en espérant te sentir comme ce matin d’octobre où ton petit pied s’était manifesté. Malheureusement, rien ne venait plus de ta part.
Ce fut la première et la dernière manifestation de toi.
À Paris, le frère de ton papa et sa femme nous ont proposé de nous ...
Table des matières
- Couverture
- 4ème de couverture
- Copyright
- Titre
- Dédicaces
- Exergues
- 1e partie : La joie
- 2e partie : La chute
- 3e partie : Les mains vides
- 4e partie : La tristesse
- 5e partie : L’apaisement
- 6e partie : La libération
- Remerciements
- Table des matières