Se mobiliser en Belgique
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Se mobiliser en Belgique

Raisons, cadres et formes de la contestation sociale contemporaine

  1. 270 pages
  2. French
  3. ePUB (adaptée aux mobiles)
  4. Disponible sur iOS et Android
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Se mobiliser en Belgique

Raisons, cadres et formes de la contestation sociale contemporaine

À propos de ce livre

Pour quoi et pourquoi se mobilise-t-on en Belgique? Quelles sont les particularités du cadre institutionnel et socio-politique belge qui influencent l'action des mouvements sociaux? Quelles formes prend la contestation? Telles sont les questions que soulÚve cet ouvrage collectif. Il s'agit non seulement de comprendre ce que le cadre belge fait aux mobilisations, mais aussi de mettre en évidence ce que les mouvements sociaux apportent au systÚme belge dans son ensemble.

Foire aux questions

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Informations

CHAPITRE 1
L’ENGAGEMENT ALTRUISTE DANS LA LUTTE DES MIGRANTS

Youri Lou Vertongen
La Belgique connaĂźt Ă  intervalles rĂ©guliers des mobilisations collectives en faveur des droits des migrants : occupations des universitĂ©s et grĂšves de la faim (2008-2009), marches des Afghans (2013), Caravane europĂ©enne des migrants (2014) et, plus rĂ©cemment, occupation du Parc Maximilien durant la « crise de l’accueil des rĂ©fugiĂ©s » de l’étĂ© 20151. Ces mobilisations semblent toutes ĂȘtre caractĂ©risĂ©es par des collaborations entre, d’une part, des acteurs migrants rĂ©unis au sein de collectifs Ă©phĂ©mĂšres qui initient une mobilisation (manifestations, occupations, grĂšves...) et, d’autre part, des associations composĂ©es de personnes belges ou en sĂ©jour rĂ©gulier qui entretiennent des relations de solidaritĂ© avec ces migrants (Ă  travers une aide logistique, une campagne de sensibilisation ou en jouant les intermĂ©diaires avec les pouvoirs publics). Ce chapitre entend approfondir la question de l’engagement solidaire des seconds, mobilisĂ©s pour une cause dont ils ne sont pas les bĂ©nĂ©ficiaires directs. Pour ce faire, il revient sur les mouvements de lutte des sans-papiers en Belgique observĂ©s entre 1974 - date de la « fermeture thĂ©orique des frontiĂšres » (Martiniello, Rea 2012 : 27) - et 2009 - date de la derniĂšre campagne massive de rĂ©gularisation des sans-papiers.
Plusieurs questionnements sont Ă  l’origine de ce chapitre. Comment expliquer que des acteurs qui ne sont a priori pas concernĂ©s par l’issue d’une mobilisation collective dĂ©cident nĂ©anmoins de s’y engager ? Cette solidaritĂ© correspond-elle Ă  un acte purement gratuit ou peut-on observer chez les acteurs solidaires de la « cause des sans-papiers » (SimĂ©ant 1998) en Belgique des formes de rĂ©tribution qui contrebalanceraient le coĂ»t de leur engagement ? Afin d’y apporter des Ă©lĂ©ments de rĂ©ponse, je commencerai par dresser un Ă©tat de la littĂ©rature sur les raisons de l’engagement, en insistant particuliĂšrement sur la notion d’« action altruiste » mise en avant par Florence Passy (1998). Dans un second temps, j’examinerai les mutations des caractĂ©ristiques propres aux soutiens des migrants en Belgique en explorant trois pĂ©riodes de forte mobilisation (1974, 1999 et 2009). Cette perspective historique permettra d’identifier les groupes institutionnels engagĂ©s de façon rĂ©currente aux cĂŽtĂ©s des migrants (associations, syndicats, partis) et les raisons structurelles de leur soutien. En troisiĂšme lieu, je comparerai les raisons de l’action altruiste telles que dĂ©crites par F. Passy avec celles des acteurs issus des comitĂ©s de soutien Ă©phĂ©mĂšres Ă  travers l’analyse d’entretiens rĂ©alisĂ©s auprĂšs de membres du Collectif contre les expulsions (CCLE) et du ComitĂ© d’actions et de soutien (CAS). En conclusion, je reviendrai sur les principaux apports de cette analyse.

1. Les raisons de l’engagement

Dans son entendement classique, l’engagement dans un mouvement de protestation est un processus qui convertit en actes une sympathie politique pour une cause conflictuelle (Neveu 2011 : 6). Or, pour Mancur Olson (1978), l’empathie pour une cause et l’engagement qui s’ensuit ne vont pas nĂ©cessairement de pair. Un comportement guidĂ© par une rationalitĂ© instrumentale laisserait aux autres le coĂ»t de l’engagement pour privilĂ©gier la stratĂ©gie du free riding, permettant de bĂ©nĂ©ficier de la mobilisation des autres sans s’engager soi-mĂȘme. Pour expliquer que des personnes s’engagent malgrĂ© tout, M. Olson avance l’idĂ©e d’« incitations sĂ©lectives » qui seraient Ă  mĂȘme de compenser le « coĂ»t de l’engagement » chez les groupes mobilisĂ©s (tels que des avantages individuels et statutaires ou, Ă  l’inverse, des contraintes ou des sanctions).
DĂšs les annĂ©es 1970, John D. McCarthy et Mayer N. Zald observaient deux types d’engagement au sein d’un mouvement social (McCarthy, Zald 1977). Ils utilisaient l’expression de « militants par conscience » (conscience constituents) pour dĂ©crire ces personnes engagĂ©es dans une mobilisation sans ĂȘtre personnellement concernĂ©es par ses revendications. À cette premiĂšre catĂ©gorie, J. D. McCarthy et M. N. Zald opposaient les « bĂ©nĂ©ficiaires potentiels » (potential beneficiaries), concernĂ©s en personne par les revendications du mouvement. Pour autant, Annie Collovald (2002) met en garde contre un enjolivement de l’engagement des militants par conscience, qui ne prendrait pas en compte les rĂ©tributions perçues par ces militants mobilisĂ©s pour la cause de l’autre. Dans cette mĂȘme perspective critique, l’étude d’Alessandro Pizzorno (1990) invalide les notions olsoniennes « d’incitations sĂ©lectives » pour les remplacer, dans le contexte de l’engagement solidaire, par ce qu’il nomme « incitations de solidaritĂ© », soulignant ainsi une forme de rĂ©tribution symbolique de certains militants par conscience. Non seulement l’engagement dans un mouvement de contestation offrirait Ă  l’acteur la conviction qu’il agit en accord avec ses valeurs morales, mais il lui assurerait Ă©galement l’occasion de communier avec d’autres individus partageant les mĂȘmes systĂšmes de valeurs. Les incitants mis en Ă©vidence par A. Pizzorno sont donc davantage liĂ©s Ă  la sociabilitĂ© des acteurs qu’à un gain matĂ©riel Ă  tirer de l’engagement pour la cause d’un autre.
Cet auteur invite Ă  penser les motivations de l’engagement solidaire autrement que sur la base d’une rationalitĂ© purement instrumentale. C’est l’hypothĂšse privilĂ©giĂ©e par F. Passy dans son ouvrage sur l’« action altruiste » (1998). Elle estime que pour saisir les motivations de l’engagement solidaire, il faut l’aborder de maniĂšre duale : sur un plan « structurel » (contextualisant l’engagement afin de ne pas considĂ©rer l’acteur qui s’engage comme socialement dĂ©sincarnĂ© et supposant une « prĂ©disposition Ă  l’engagement ») et sur un plan « intentionnel » (renvoyant aux opportunitĂ©s qui justifient la dĂ©cision de s’engager). Le niveau structurel permet d’examiner les potentialitĂ©s de l’acteur Ă  s’engager en fonction de son contexte socioculturel (systĂšme de valeurs...) et relationnel (personnes cĂŽtoyĂ©es dans le mouvement, place occupĂ©e dans celui-ci, etc.). À partir de ces Ă©lĂ©ments, l’acteur Ă©value les possibilitĂ©s et les contraintes Ă  l’Ɠuvre lors de la concrĂ©tisation de son engagement. C’est ce que F. Passy nomme l’« intentionnalitĂ© de l’acteur » qui rationalise ses motivations Ă  agir (1998 : 20-21). Les interactions entre acteur et milieu sont le point pivot entre le structurel et l’intentionnel. Ce chapitre s’appuie sur la perspective de F. Passy envisageant les dynamiques structurelies et intentionnelles comme moteurs de l’engagement altruiste et l’applique au cas des soutiens Ă  la lutte des sans-papiers en Belgique.

2. Trois moments de mobilisation : 1974, 1999 et 2009

Depuis 1974 et la dĂ©cision unilatĂ©rale de la Belgique de fermer ses frontiĂšres Ă  la suite de la crise pĂ©troliĂšre, les mouvements de contestation autour des questions migratoires suivent une « trajectoire en dents de scie » (Bietlot 2007 : 97), alternant moments d’anomie sociale et moments d’effervescence politique. Cela est Ă  mon sens la consĂ©quence d’au moins deux phĂ©nomĂšnes propres au contexte belge. PremiĂšrement, il n’existe pas de politique migratoire dĂ©finissant des critĂšres clairs et permanents de rĂ©gularisation (Adam et al. 2002). Ces rĂ©gularisations se font le plus souvent sur une base individuelle et plusieurs associations citoyennes assimilent cette procĂ©dure Ă  un « jeu de loterie » (SirĂ©as 2005). Seules trois campagnes de rĂ©gularisation, massives mais ponctuelles, ont Ă©tĂ© effectuĂ©es Ă  la suite de mobilisations : en 1974, en 1999 et en 2009. Ces « rĂ©ajustements » - dont l’objectif Ă©tait la remise Ă  zĂ©ro des compteurs de l’immigration clandestine - n’auraient eu de sens « que /s’ils] reprĂ©sentai[en]t la premiĂšre Ă©tape d’une rĂ©vision globale des politiques de l’immigration. Or il n’en fut rien. Une fois clĂŽturĂ©es, [ces campagnes ont] occultĂ© pour un temps la prĂ©sence des sans-papiers dans l’espace public mais [ont laissĂ©] sans solution la reproduction de la clandestinitĂ© » (Bietlot 2007 : 101). DeuxiĂšmement, il n’existe pas de structure organisationnelle permanente qui maintienne une visibilitĂ© de la contestation autour des phĂ©nomĂšnes migratoires en Belgique (Barrou 2014). Les collectifs qui se mobilisent autour de ces enjeux sont le plus souvent Ă©phĂ©mĂšres et dessinent une historicitĂ© fragmentĂ©e. Ces deux Ă©lĂ©ments expliquent pourquoi collectifs et associations de soutien varient d’une mobilisation Ă  l’autre.

2.1. La régularisation de 1974

Jusque dans les annĂ©es 1980, les phĂ©nomĂšnes migratoires Ă©taient apprĂ©hendĂ©s essentiellement au travers du prisme du travail. La rĂ©gulation des « travailleurs immigrĂ©s » Ă©tait une prĂ©rogative du ministĂšre du Travail2. PrĂ©textant une aggravation de la crise Ă©conomique, le gouvernement Tindemans II dĂ©cide, le 1er aoĂ»t 1974, l’arrĂȘt officiel de l’immigration destinĂ©e au travail. En contrepartie, et sous la pression des grĂ©vistes de l’église Saints-Jean-et-Nicolas3, le gouvernement procĂšde Ă  une rĂ©gularisation massive de travailleurs immigrĂ©s (Alaluf, De Schutter 2003 : 94). Cette campagne de rĂ©gularisation se fait grĂące Ă  une large mĂ©diation des organisations syndicales (CSC et FGTB) dont le rĂŽle est, d’une part, de former politiquement les militants issus de l’immigration en les incluant dans la communautĂ© des travailleurs et, d’autre part, d’amoindrir le poids du patronat dans l’opĂ©ration de rĂ©gularisation (Rea 2000).
Entre 5 000 et 8 000 dossiers sont traitĂ©s sur les 40 000 « travailleurs immigrĂ©s » prĂ©sents sur le territoire en 1974 (Alaluf, De Schutter 2003 : 95). Sous la protection des syndicats, ce rĂ©sultat a Ă©tĂ© le fruit d’une collaboration entre collectifs de migrants rĂ©unis sous la banniĂšre du Mouvement des travailleurs arabes (MTA), soutenus par le curĂ© de l’église Saints-Jean-et-Nicolas et les comitĂ©s de soutien citoyens.

2.2. La régularisation de 1999

Dans le courant des annĂ©es 1980, l’arrĂȘt de « l’immigration pour le travail » ne permet l’accĂšs au territoire que par la demande d’asile, le regroupement familial, le visa Ă©tudiant ou le visa touristique. Une nouvelle structuration de la migration - avec l’arrivĂ©e de femmes et d’enfants -, qui diffĂšre de celle des annĂ©es 1960-1970, fait alors son apparition (Alaluf, De Schutter 2003 : 97). Les questions migratoires passent en consĂ©quence de l’autoritĂ© du ministĂšre du Travail Ă  celle du ministĂšre de l’IntĂ©rieur et les instances syndicales, dont le soutien aux immigrĂ©s Ă©tait jusqu’alors prĂ©pondĂ©rant, perdent leur influence au profit d’une constellation associative de soutien humanitaire aux rĂ©fugiĂ©s et demandeurs d’asile4.
À partir de 1996, avec l’avĂšnement des « lois Vande Lanotte » - inspirĂ©es de la Convention d’application des accords de Schengen et qui entendent restreindre l’accĂšs au territoire et renforcer la rĂ©pression des illĂ©gaux -, nombre de nouvelles associations voient le jour. Citons, d’une part, le Mouvement national pour la rĂ©gularisation des sans-papiers et rĂ©fugiĂ©s (MNRSPR)5, qui se bat pour la rĂ©gularisation de « plusieurs catĂ©gories d’étrangers » (Mawet 2005 : 32) et non plus uniquement pour des travailleurs. D’autre part, des collectifs plus radicaux et parfois moins institutionnels, comme le Collectif de rĂ©sistance aux centres pour Ă©trangers (CRACPE) ou le Collectif contre les expulsions (CCLE), qui dĂ©noncent « les lois inhumaines en vigueur en Belgique (...) et revendiquent] une rĂ©gularisation gĂ©nĂ©rale, collective, inconditionnelle et non limitĂ©e dans le temps » (Beauchesne 2001 : 259).
Ces nouvelles structures de pression et de soutien relancent la perspective d’une mobilisation collective des sans-papiers et plusieurs collectifs de migrants voient ainsi le jour autour d’occupations d’églises Ă  partir de 1997. Ces occupations mĂšnent trĂšs souvent Ă  des grĂšves de la faim qui exacerbent le sentiment d’urgence de rĂ©gularisation massive. Un dernier Ă©lĂ©ment, et non des moindres, accĂ©lĂšre la procĂ©dure de rĂ©gularisation. Le 22 septembre 1998, l’homicide par Ă©touffement de SĂ©mira Adamu par les policiers chargĂ©s de son expulsion provoque un Ă©moi populaire sans prĂ©cĂ©dent. L’intensification du mouvement d’occupations d’églises et la dĂ©mission du ministre de l’IntĂ©rieur Louis Tobback (SP) contraignent le gouvernement Ă  une rĂ©gularisation massive - mais ponctuelle et individuelle - de 42 000 dossiers (Vandermeersch 2001).

2.3. La régularisation de 2009

Si elle permet la rĂ©gularisation de milliers de personnes, la campagne de 1999 n’instaure aucun critĂšre permanent de rĂ©gularisation. De nouvelles situations de « sĂ©jours irrĂ©guliers » apparaissent et les occupations d’églises et de bĂątiments publics par les sans-papiers dĂ©boutĂ©s se multiplient. En 2006, l’Union de dĂ©fense des sans-papiers (UDEP) et des cabinets d’avocats rĂ©digent une proposition de loi au nom de l’UDEP Ă©tablissant des critĂšres permanents de rĂ©gularisation6. Écolo accepte de dĂ©poser cette « proposition de loi UDEP » Ă  la Chambre des reprĂ©sentants. Cette dĂ©marche s’appuie sur pas moins de quarante-sept occupations liĂ©es Ă  l’UDEP entre 2005 et 2006 et dĂ©ployĂ©es dans plus de vingt villes de Belgique (Bietlot 2007 : 111). MalgrĂ© cette intense mobilisation, il faut attendre mars 2008 et l’accord de gouvernement Leterme I pour voir poindre la possibilitĂ© d’une rĂ©gularisation sur la base des « attaches durables », critĂšre avancĂ© par la proposition de loi de l’UDEP. Annemie Turtelboom (Open VLD), nommĂ©e ministre de la Politique de migration et d’asile, est chargĂ©e de mettre l’accord en Ɠuvre. Alors qu’un groupe de sans-papiers entre en grĂšve de la faim Ă  l’église du BĂ©guinage, dans le centre de Bruxelles, l’UDEP organise une autre occu...

Table des matiĂšres

  1. Couverture
  2. 4e de couverture
  3. COLLECTION « SCIENCE POLITIQUE »
  4. Titre
  5. Copyright
  6. INTRODUCTION - LA BELGIQUE DES MOUVEMENTS SOCIAUX
  7. CHAPITRE 1 - L’ENGAGEMENT ALTRUISTE DANS LA LUTTE DES MIGRANTS
  8. CHAPITRE 2 - LES MOBILISATIONS « BLANCHES » : D’UNE CRISE DE LEGITIMITE A L’EMERGENCE DE « NOUVEAUX MOUVEMENTS EMOTIONNELS » ?
  9. CHAPITRE 3 - CONTESTER PAR LA CONSOMMATION ? CONSOMMATION CRITIQUE ET ALIMENTATION LOCALE
  10. CHAPITRE 4 - LE DROIT A L’AVORTEMENT : UNE MOBILISATION PERSISTANTE
  11. CHAPITRE 5 - LES RELATIONS ENTRE SYNDICATS ET PARTIS POLITIQUES : UN FREIN A LA MOBILISATION SOCIALE ?
  12. CHAPITRE 6 - SE MOBILISER DANS UNE ETHNOFEDERATION : LE CAS DES MOUVEMENTS DE FEMMES ET LESBIGAYTRANS
  13. CHAPITRE 7 - MILITER DANS UNE DEMOCRATIE CONSOCIATIVE ET PILARISEE. L’EXEMPLE DU MOUVEMENT GAY ET LESBIEN
  14. CHAPITRE 8 - LA MANIFESTATION COMME OUTIL DE LA CONTESTATION. HISTOIRE ET PARTICULARITES DE SON USAGE EN BELGIQUE
  15. CHAPITRE 9 - LA GREVE EN ENTREPRISE APRES LA CRISE FINANCIERE DE 2008 : NOUVELLE DONNE OU ACCENTUATION DES TENDANCES PASSEES ?
  16. CHAPITRE 10 - LE MOUVEMENT FLAMAND DANS LA RUE : UN MOUVEMENT DE MASSE ?
  17. CHAPITRE 11 - LE MOUVEMENT ETUDIANT FRANCOPHONE : DECLIN OU EVOLUTION ?
  18. ONT CONTRIBUE A CET OUVRAGE
  19. Table des matiĂšres