
- 124 pages
- French
- ePUB (adaptée aux mobiles)
- Disponible sur iOS et Android
eBook - ePub
À propos de ce livre
Comment peut-on expliquer l'attrait pour la France de l'intelligentsia iranienne des années 1830 après deux traités humiliants imposés par la Russie? Notre hypothèse est que la diaspora iranienne francophone, née au 19e siècle, se nourrirait essentiellement d'une proximité culturelle et littéraire, de recherche d'un asile politique; dans les années 1980, elle se serait étendue à un large éventail d'individus de parcours légal ou clandestin, au regroupement familial.
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Sciences socialesSujet
Sociologie1
La dynastie des Qadjar
Quelles sont les origines historique, culturelle et sociale de la dynastie Qadjar ? Pourquoi s’intéresser à la dynastie Qadjar pour étudier la ? En quoi la France a-t-elle été concernée par l’histoire politique iranienne de cette période ? Comment s’incarne le prisme francophile en Iran à cette époque ? Quelles ont été les conséquences des échecs militaires lors des deux guerres de 1813 et 1828 pour les relations franco-iraniennes ?
Géohistoire d’une dynastie
La tribu et les clans des Qadjar, issus de groupes turcs, se répartissaient de l’ouest et du sud de la mer Caspienne jusque dans des pays de l’Asie centrale. Ils ont vécu pendant plusieurs siècles sous une organisation tribale et leur présence politique remonte aux 14e et 15e siècles dans le vaste territoire de l’Iran où ils participent à la « confédération des Qizilbash ». Cependant, selon l’historien Nasser Takmil Homayoun, la connaissance historique de cette tribu dans le cadre de l’« Iranité » sur le plan culturel et social n’est pas encore arrivée à son terme25.
Pour l’historien Mohammad Reza Djalili, la dynastie Qadjar, issue d’une tribu dont les premières traces en Iran remontent au 10e siècle, a tenu les rênes de l’empire jusqu’en 1925. C’est une tribu turcomane d’éleveurs nomades originaires d’une région qui s’étend du Mazandaran, au bord de la mer Caspienne, jusqu’à la grande province du Khorasan, située au nord-est de l’Iran. Á l’époque safavide, les Qadjar appartiennent à la confédération des tribus disciples de l’ordre soufi chiite des Safavides ; tribus sur lesquelles s’appuie la dynastie safavide pour établir son pouvoir26.
Dans ce territoire, grand comme trois fois la France, il fallait des semaines pour relier les villes à la capitale. En 1800, l’Iran comptait cinq ou six millions d’habitants et la population était clairsemée. En raison de la présence du plateau désertique, les villages s’étaient regroupés dans les fonds de vallées, seuls endroits (outre la plaine caspienne qui jouit de pluies abondantes) où pouvait s’implanter un habitat rural. L’irrigation était assurée soit en surface, soit par drainage des eaux de piémont. Le modèle par excellence de cet habitat était le jardin irrigué par des canaux savamment disposés et protégé du vent sec par de hauts murs de pisé27.
L’environnement géographique et climatique avait entraîné une autre forme particulière d’occupation du sol, le nomadisme. Profitant en été des pâturages dégagés par la neige d’altitude et en hiver de la douceur des plaines, les nomades d’Iran n’effectuaient pas des déplacements saisonniers très lointains : trois cents kilomètres en moyenne. Leur structure sociale était très hiérarchisée, tribale, car le groupe devait pouvoir défendre son territoire à tout moment contre les empiètements d’un rival. Au début du 19e siècle, on estime que l’Iran comptait un demi-million de nomades, soit environ un dixième de la population, soit environ un tiers selon les sources. En proportion, le peuplement nomade va diminuer avec la croissance démographique générale, mais il restera numériquement presque constant et symboliquement central, bien qu’aujourd’hui il représente seulement une frange négligeable de la population28.
La prise du pouvoir par Agha Mohammad Khan
La tribu des Qadjar se divise en deux branches rivales : les Qovanlu et les Davanlu. Agha Mohammad Khan (1742-1797), le fondateur de la dynastie, est le chef du clan des Qovanlu. Après l’échec de son père dans une guerre au Khorassan29, il a été châtré à l’âge de six ans par Adel Shah Afshar (1719-1749) pour l’empêcher de régner un jour ; dès lors, il rêve de se venger et de reconstituer le royaume safavide mais il passe quinze années à Chiraz comme otage de Karim Khan Zand (1705-1779), dont la dynastie règne sur le sud du pays de 1750 à 1794.
Après la mort de Karim Khan en 1779, Agha Mohammad Khan s’échappe de prison et se lance dans la lutte contre ses proches pendant une décennie, de 1779 à 1789, pour réunifier les factions Qadjar et imposer son autorité sur le nord de l’Iran. Par la suite, il étend son entreprise sur l’ensemble de ce qui constitue aujourd’hui le territoire iranien plus le Caucase du sud.
Le groupe turcoman et turcophone qui nomadisait au nord de l’Iran, comptait environ mille personnes lorsqu’il s’empara du pouvoir par les armes en réduisant les principautés qui s’étaient disputé la domination du plateau iranien après la mort de Nader Shah (1688-1747). Il établit sa capitale à Téhéran. De là, il pouvait aller facilement au nord par des cols ouverts pendant une grande partie de l’année et où passaient les caravanes reliant Tabriz à Mashhad. Il fallut encore une dizaine d’années à Agha Mohammad Khan pour réunifier les terres persanes30. Mais comme Nader Shah, il devient de plus en plus obsédé par le pouvoir et se livre à des atrocités. Lors du siège de la ville de Bam, encore sous l’autorité du dernier rescapé de la dynastie Zand, Agha Mohammad Khan ordonne le massacre général des habitants de la ville et après la chute de celle-ci, il crève lui-même les yeux de Lotf Ali Khan Zand (1769-1794)31.
Devenu cruel et narcissique, il fut assassiné par trois de ses serviteurs à l’âge de 57 ans lors d’une guerre à Shoush, dans la région de Géorgie. Après des erreurs commises par ses serviteurs, Agha Mohammad Khan avait en effet décidé de les tuer mais ceux-ci en furent informés. Comme l’exécution avait été reportée en raison du vendredi soir, les trois hommes, pour sauver leur peau, entrèrent dans la tente d’Agha Mohammad Khan pendant la nuit et le tuèrent de coups de couteau pendant son sommeil32.
Fath Ali Shah
L’État qu’Agha Mohammad Khan a fondé s’inspire du modèle safavide mais avec une administration aux dimensions très modestes. C’est de cette structure qu’hérite son neveu et successeur désigné, Baba Khan, qui règne sous le nom de Fath Ali Shah (1772-1834) de 1797 à 1834. Il dirige un État extrêmement pauvre avec une population d’environ 6 millions d’habitants dont un large tiers est nomade, difficile à contrôler et vivant autour d’une grosse bourgade, la capitale Téhéran. Celle-ci a été préférée à Ispahan, la vieille capitale des Safavides, en raison de sa proximité avec le territoire traditionnel des Qadjar et avec le Caucase convoité par Agha Mohammad Khan. Sa population ne dépasse pas 30 000 habitants. Sur le plan militaire, l’État dispose de forces armées peu nombreuses, composées d’environ 35 000 cavaliers et 15 000 fantassins mis à la disposition du shah par les tribus33.
Tout au long de leur règne, malgré certains efforts de modernisation des forces armées sur le modèle des réformes entreprises dans l’empire ottoman voisin, parfois avec l’aide d’instructeurs étrangers, les Qadjar demeurent faibles sur le plan militaire, ce qui pose le problème géopolitique du facteur extérieur, à savoir la présence de deux États aux visées impérialistes : au nord la Russie et au sud l’Angleterre.
Les deux guerres et les deux échecs fatals
La première guerre russo-iranienne (1804-1813) : le Traité de Golestan
À la mort du roi de Géorgie en décembre 1800, la Russie qui maintenait des troupes dans ce territoire depuis 1799 veut l’annexer. Mais Téhéran résiste, considérant que cette région était sous sa souveraineté. Le prince Abbas Mirza envoie ses troupes pour faire la guerre, mais en dépit d’une victoire initiale et en raison du manque de logistique et de l’absence de soutien de la cour, son armée est complétement défaite en octobre 1812 à Aslandouz, sur le fleuve Araxe. Fath Ali Shah doit signer en octobre 1813 le Traité de Golestan, un village du Qarabâgh, par lequel il abandonnait la majorité de ses provinces caucasiennes : le Karabagh, le Daghestan, le Shirvan, la Géorgie, une partie du Talesh et les villes de Ganja et Bakou34.
Ce traité de Golestan mettant fin à la première guerre irano-russe de 1804 à 1813, est humiliant pour l’Iran qui doit non seulement céder le Caucase à la Russie, mais lui garantir également l’exclusivité de l’activité militaire sur la mer Caspienne. De plus, le tsar de Russie se voit attribuer des droits à reconnaître le prince héritier du trône, une disposition vague qui offre à Saint-Petersbourg la possibilité de s’immiscer dans la succession royale de son voisin.
L’analyse de cet échec met en évidence des facteurs intérieurs mais fait également intervenir un facteur extérieur, celui de la suspension des relations avec la France. En effet, après l’échec de Napoléon en Russie et la retraite de l’hiver 1812, la France ne s’intéresse plus à l’Iran et ne peut apporter aucun soutien militaire comme cela avait été prévu par le Traité d’alliance de Finckenstein de 1805 ; nous y reviendrons plus en détail dans le prochain chapitre.
La deuxième guerre : le Traité de Torkmanchay
Les termes du traité de Golestan sont difficilement admis par les Iraniens. Treize ans plus tard, en 1828, Fath Ali Shah, tente de prendre sa revanche mais le général Paskévitch résiste efficacement. Après la prise d’Erévan, défendue par Abbas Mirza (1788-1833), les troupes russes entrent en Azerbaïdjan et s’emparent de Tabriz. Face à ce désastre, Fath Ali Shah demande la paix qui est signée le 10 février 1828 dans le village de Torkmanchay. L’Iran cède ses possessions d’Erévan, du Nakhitchevan, les territoires au nord du fleuve Araxe qui devient la frontière entre la Russie et l’Iran et le reste du Talesh ; cela reporte la frontière qui sépare les deux pays jusqu’à la Caspienne. La Russie obtient le droit exclusif du commerce et de la navigation en mer Caspienne et l’Iran doit payer une très forte indemnité de guerre35.
Le traité de Torkmanchay de 1828, qui met fin à la deuxième guerre irano-russe dirigée par le prince Abbas Mira, accentue donc l’amertume ressentie par les Iraniens après le Traité de Golestan, car il est encore plus sévère pour l’Iran qui, après avoir perdu tous ses territoires au nord de l’Araxe, subit désormais un « régime de capitulation » : l’exterritorialité juridique est en effet accordée aux commerçants étrangers sur le sol iranien et provoque la fureur des commerçants persans. En résumé, l’Iran sort du conflit amputé au nord et l’Angleterre a utilisé ces deux périodes de guerre pour tenter d’imposer des privilèges commerciaux et diplomatiques en tant que médiateur entre la Russie et la Perse.
À partir de 1828, c’est donc l’influence de deux puissances étrangères, en l’occurrence la Russie et l’Angleterre, qui détermine la légitimité d’une succession.
Le prince Abbas Mirza (1789-1833) disparaît en 1833, son successeur, Fath Ali Shah (1772-1834) meurt quelques mois après son accession au trône. Obsédé par le harem, il est surtout connu pour ses prouesses sexuelles, ses innombrables épouses et concubines. Selon les sources, il entretenait un millier de femmes, si l’on compte les suivantes, servantes et jeunes filles en attente d’un mariage. On dit qu’il a eu 60 garçons et 55 filles pour lesquels il fallut sans cesse agrandir le harem royal et sa descendance était estimée à 10000 personnes une quinzaine d’années après sa mort36.
Après un tel règne succédant à deux échecs militaires et deux traités humiliants, l’Iran recherche des appuis et se tourne alors vers un pays qui n’a pas d’emprise coloniale en Iran ; c’est le sujet présenté dans le chapitre suivant.
Conclusion
La dynastie Qadjar, issue de tribus turcomanes d’éleveurs nomades, a vécu depuis le 10e siècle sous une organisation tribale au nord et au nord-est de la mer Caspienne. Certaines sources estiment qu’au début du 19e siècle, il y avait environ un demi-million de nomades. Leur activité politique remonte aux 14e et 15e siècles, quand ils participaient à la « confédération des Qizilbash » sous la dynastie safavide. C’est en 1779 qu’Agha Mohammad Khan, après le décès de Karim Khan Zand, s’échappe de prison et élimine ses concurrents au sein de sa tribu pour ensuite, de 1779 à 1789, imposer son autorité sur le nord de l’Iran. Puis, étendant son pouvoir dans le territoire iranien jusqu’au Caucase du sud, il fonde en 1794 la dynastie Qadjar et déplace la capitale à Téhéran. Devenu tyrannique, sanguinaire et assoiffé de pouvoir, il est tué une nuit par trois de ses serviteurs. Son neveu, Fath Ali Shah (1772-1834), dirige ensuite un État e...
Table des matières
- Couverture
- 4e de couverture
- Copyright
- Du même auteur
- Titre
- Dans la même collection
- Remerciements
- Introduction
- 1. La dynastie des Qadjar
- 2. Le réchauffement des relations franco-iraniennes
- 3. La révolution constitutionnelle de 1906
- 4. L’apparition de l’exilé politique
- 5. Le tournant migratoire de la révolution de 1979
- 6. Les réfugiés politiques en France métropolitaine
- 7. La population iranienne en France métropolitaine
- Conclusion générale
- Bibliographie
- Index tableaux et illustrations
- Résumé en français
- Résumé en anglais
- Résumé en iranien
- Table des matières