
eBook - ePub
Sous la glace et les débris du temps
Front de l'Est et bombardements en Europe
- 360 pages
- French
- ePUB (adaptée aux mobiles)
- Disponible sur iOS et Android
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Sous la glace et les débris du temps
Front de l'Est et bombardements en Europe
À propos de ce livre
Ce volume est consacré au front de l'Est et aux bombardements en Europe. De la guerre éclair à l'occupation du territoire soviétique, du massacre de Babi Yar au siège de Leningrad, selon le point de vue des militaires ou des civils, du haut d'un bombardier ou sous un déluge de bombes en Grande-Bretagne, en France, en Italie ou en Allemagne, cet ensemble d'études sur la Seconde Guerre mondiale assume la multiplicité des expériences vécues au niveau individuel.
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Informations
Sujet
StoriaSujet
Storia mondialePartie I
Sur le front de l’Est :
de la guerre éclair à l’occupation,
du massacre de Babi Yar au siège de Leningrad
Études
Archives et témoignages sur la Grande Guerre patriotique
Dans la littérature soviétique et post-soviétique consacrée à la Seconde Guerre mondiale, le terme « Grande Guerre patriotique » désigne les hostilités qui éclatent en territoire soviétique le 22 juin 1941. La plupart des recherches et publications portent sur cette période de la guerre, mais n’incluent pas la collecte et l’analyse des documents relatifs aux événements de la période précédente (du 1er septembre 1939 au 21 juin 1941), qui comprend notamment la « libération » de l’Ukraine et de la Biélorussie occidentales (septembre 1939), la guerre soviéto-finlandaise (1939-1940), l’annexion des pays baltes (juin 1940) et celle d’une partie de la Roumanie (août 1940)1. Notre article ne prend pas en compte les documents portant sur ces épisodes de la Seconde Guerre mondiale. Il est consacré aux sources courantes d’origine personnelle concernant la Grande Guerre patriotique.
Aspects historiographiques de la question
En URSS, on a compris très tôt l’importance de ces sources rédigées en « temps réel », avant même la bataille de Stalingrad2. En dehors des « annales héroïques », on considérait que ces témoignages sur la vie quotidienne méritaient d’être pris en compte. À l’époque soviétique, divers types de sources ont fait l’objet d’études, mais il s’agit principalement de mémoires et de lettres adressés aux organes d’information. Ces travaux avaient pour but d’exalter et de mettre en valeur l’héroïsme soviétique sur le front et à l’arrière, ainsi que l’activité des partisans. Ce n’est qu’après la chute de l’Union soviétique, que les chercheurs ont commencé à s’intéresser véritablement au quotidien des hommes et à leurs relations personnelles.
En 1942, un premier recueil de recommandations méthodologiques fut publié3, qui instaurait les principes théoriques et pratiques de la collecte, la conservation et l’utilisation des documents d’origine personnelle sur la Grande Guerre patriotique. Cet ouvrage préconisait « une représentation quasi photographique, fidèle, de la vie, des rapports et des événements. », et donnait la priorité aux documents « produits au cours des événements »4. Cependant, certains aspects de la classification des documents étaient régis par des considérations idéologiques très perceptibles, tandis que la représentation de la vie dans les territoires occupés par l’armée allemande était réduite au constat des crimes nazis et à l’exaltation des hauts faits des patriotes soviétiques.
C’est la Commission pour l’histoire de la Grande Guerre patriotique (constituée en 1941) de l’Académie des sciences de l’URSS5 qui élabora pour la première fois les procédés d’analyse et les méthodes d’évaluation des sources en question. Les recommandations de la Commission insistaient sur la nécessité d’une approche rigoureuse, la vérification de l’authenticité des informations, dates, noms, faits et événements par des interrogations croisées systématiques des individus et des documents.
Dès les années 1960, les premières études spécialisées portant sur les lettres du front en tant que sources historiques voient le jour6. Cependant, elles n’incluent pas les lettres privées et ne prennent en compte que celles qui furent envoyées pendant la guerre aux rédactions des journaux et des revues. À la charnière des années 1950 et 1960, les chercheurs attirent l’attention sur l’importance des mémoires du simple soldat7. Par ailleurs, étant donné que la plupart des ouvrages de l’époque mettent en valeur les souvenirs des chefs de guerre et des partisans, quelquefois sciemment falsifiés par les éditeurs scientifiques, les auteurs s’interrogent sur le degré d’authenticité de ces sources8.
Les études menées dans les années 19709 synthétisent l’expérience de collecte des documents portant sur la période contemporaine, tout en procédant à une évaluation du corpus des écrits d’origine personnelle relatifs à la dernière guerre (lettres, souvenirs, carnets). À la fin des années 1980, certaines archives régionales publient des ouvrages spécialisés sur la collecte des documents personnels10, dans le cadre du projet « Lettre du front »11.
À l’époque postsoviétique, il faut souligner les travaux novateurs de E. S. Seniavskaïa qui, pour aborder le thème de « l’homme et la guerre », propose une analyse combinant l’archivistique, la psychologie et la sociologie12. Certains chercheurs ont tenté aussi de confronter les documents d’origine personnelle (notamment la correspondance) de la Première et de la Seconde Guerre mondiale. Dans les années 2000, des études réalisées essentiellement par les universités de province ont analysé les lettres du front sous l’angle de la psychologie sociale, de l’histoire du quotidien, de l’histoire régionale, etc.13
Enfin, précisons que les préfaces aux recueils de lettres du front14 (en URSS, il en a paru quelques centaines), les manuels d’archéographie et d’archivistique, ainsi que les ouvrages consacrés à l’histoire de la Grande Guerre patriotique traitent à certains endroits de la question des sources, en particulier de leur origine et de leur état15.
Composition et spécificités du corpus
Ces documents peuvent être consultés aujourd’hui dans divers lieux de conservation : archives fédérales et régionales, musées nationaux, sociétés savantes et associations diverses, organismes scientifiques et publics, archives de presse, archives privées. Une partie non négligeable de ces documents reste entre les mains des familles, que ce soient les auteurs des messages et leurs destinataires ou leurs descendants de deuxième ou troisième génération. Ces reliques familiales précieusement conservées permettent d’envisager la construction d’une mémoire collective. En émigrant à l’étranger on emporte habituellement quelques objets, parmi lesquels des lettres et des photographies de guerre par exemple.
De nos jours, on continue à produire des témoignages, qui relèvent parfois de « l’histoire orale ». Les lettres, les mémoires et les carnets sont les sources personnelles les plus utilisées dans l’historiographie. Les deux premiers types de documents existent en abondance, tandis que les journaux intimes sont beaucoup plus rares.
On entend habituellement par « sources courantes d’origine personnelle » les lettres envoyées aux médias : à la presse militaire et civile, à la radio (par exemple à l’émission populaire « Lettres du front »16). Sont inclus également les courriers adressés aux organes du pouvoir (par exemple, une demande de renseignements sur les proches restés dans les territoires occupés par l’armée allemande), ainsi qu’aux journalistes et aux écrivains de renom (pour leur demander de publier la correspondance ou solliciter leur aide dans la résolution de divers problèmes). Mais ces documents devraient être qualifiés de « semi-personnels » et impliquent des méthodes d’analyse spécifiques. Ce sont avant tout les lettres à caractère intime qui peuvent être considérées comme des « sources courantes d’origine personnelle » au sens propre.
Leur exploitation ouvre de larges perspectives aux chercheurs, dans les domaines les plus variés. Ces sources contiennent des renseignements qui n’intéressent pas seulement les historiens, mais concernent aussi d’autres disciplines comme la sociologie, la psychologie, l’ethnographie, la démographie, etc.
Ce sont des documents essentiels d’un point de vue historiographique, car ils contiennent des faits précis et marquants, quant à la situation militaire, aux difficultés réelles du quotidien, à la condition des soldats et des officiers. Mais ils dévoilent aussi des impressions personnelles sur les événements qui se déroulent sur la ligne du front, à l’arrière ou dans les zones occupées, de même que les jugements et les réflexions de leurs auteurs sur la situation vécue. Ils ne témoignent pas seulement de la situation réelle des hostilités, des destins humains, de la perception quotidienne de la guerre par les individus. Ils exposent les principes éthiques, les qualités morales et les systèmes de valeurs des personnes qui ont vécu et combattu pendant la Seconde Guerre mondiale, et révèlent ainsi la diversité de la conscience collective.
Les renseignements contenus dans la correspondance varient selon les sujets : la participation aux combats, le quotidien des militaires, l’héroïsme et l’abnégation, la mort des amis, le refus de s’accoutumer à la mort, l’exposition à un danger permanent, les atrocités commises par les occupants contre les civils, l’inquiétude éprouvée pour la famille ou pour le destin du pays.
Les lettres évoquent des régions et des pays variés. Aujourd’hui notre intérêt devrait porter sur l’attitude des Soviétiques face à l’intervention des Alliés, les hostilités en Afrique et en Italie, l’ouverture du Deuxième Front (le débarquement des Alliés en Normandie). Ces aspects n’ont pas encore été explorés, de même que l’attitude des Soviétiques envers la population des territoires libérés (États d’Europe et territoires annexés à l’URSS en 1940-1941), mais aussi la perception de l’Armée rouge par la population locale.
Différents aspects de l’analyse des sources
L’étude et l’analyse du corpus de documents d’origine personnelle peuvent être réalisées en comparant les différents types de sources entre elles, mais aussi avec des documents d’autre nature. Par exemple, il est possible de les mettre en perspective avec les informations délivrées par la presse périodique, avec des documents photographiques et cinématographiques, administratifs et judiciaires (l’instruction des crimes nazis). Il est nécessaire de dater précisément ces sources et de déterminer le lieu et les circonstances de leur rédaction. Il convient aussi d’analyser leurs particularités linguistiques (en fonction du niveau de scolarisation et de l’âge de l’auteur et du destinataire), le mode de transmission et de dissimulation de l’information face à des personnes tierces et à la censure militaire, la valeur informative des propos et leur degré d’exactitude.
Il faut également être attentif à la provenance des lettres : elles peuvent émaner des régions où se déroulent les hostilités, de la ligne de front, des hôpitaux, des unités militaires stationnées en dehors de la zone des combats, des camps de prisonniers et des ghettos, des détachements de partisans, mais elles ont parfois aussi été expédiées par les déportés en Allemagne et par les habitants des territoires occupés par l’armée allemande. Les lettres écrites pendant le siège de Leningrad, à Moscou, dans les villes assiégées puis occupées d’Odessa et de Sébastopol17, constituent une autre collection d’archives bien distincte. Ces différents ensembles de lettres renseignent sur les aspects particuliers de la vie du pays en temps de guerre.
L’analyse approfondie de ces sources historiques permet de saisir, dans le cadre d’une approche collective, la diversité des manifestations individuelles au cours du conflit. La vie quotidienne, les enfants et la guerre, le sort des femmes dans la zone des combats et à l’arrière, la tragédie de la ville de Leningrad assiégée et la Shoah présentent, à notre avis, un intérêt particulier.
L’attribution des documents doit faire l’objet d’une étude spécifique. Les lettres du front, recueillies et éditées par les archives pendant la perestroïka et dans la Russie contemporaine, sont dues généralement à des soldats : les lettres envoyées depuis les zones de combats sont les plus nombreuses. En revanche, celles à destination des lieux des hostilités le sont beaucoup moins. Très rares sont les lettres de femmes participant aux combats, de même que les pièces de correspondance bilatérale, échangées entre le front et l’arrière. Une série d’échanges entre les étudiants et les professeurs des universités de Moscou et de Leningrad amène à distinguer une catégorie de témoignages appartenant à des personnes d’un niveau culturel élevé. Cependant, il n’est pas toujours possible d’analyser les particularités linguistiques des lettres publiées, car il arrive souvent que les éditeurs adaptent et corrigent le texte sans en avertir le lecteur.
Les lettres de l’époque de la Grande Guerre patriotique ont été écrites par des personnes de diverses origines. Le degré de maîtrise du russe (on analysera également les lettres dans d’autres langues d’URSS), mais aussi les aspects ethno-psychologiques nécessitent une étude spécifique. Il s’agit par exemple des courriers rédigés par les représentants d’une même nationalité, mais résidant dans des lieux différents (à l’intérieur de la « vieille frontière » ou s...
Table des matières
- Couverture
- 4e de couverture
- Copyright
- Titre
- Sommaire
- Introduction
- I. Sur le front de l’Est : de la guerre éclair à l’occupation, du massacre de Babi Yar au siège de Leningrad
- II. Les bombardements en Europe de l’Ouest