CHRONOLOGIE
ALGERIE
VERSUS
KABYLIE
KABYLIE
CHRONOLOGIE DEPUIS 1962
Cette chronologie, sans être exhaustive, retrace les événements marquants qui opposent l’Algérie à la Kabylie dans un duel à mort. Dès le passage du témoin colonial français à l’Algérie dite « indépendante », la Kabylie qui a toujours lutté pour sa liberté s’est insurgée contre la dictature que le nouveau pouvoir installé à Alger veut lui imposer. S’ensuit, depuis, une défiance mutuelle à laquelle le présent Mémorandum se propose de mettre un terme par une voie pacifique, celle du droit à l’autodétermination du peuple kabyle, celle de l’expression de la démocratie.
Pour comprendre comment les deux parties en sont arrivées là, le lecteur trouvera dans le rappel des faits maillant cette chronologie, les éléments d’information qui peuvent l’édifier. Il se rendra compte que leurs tensions sont permanentes, depuis 1962, et que les deux entités sont irréductibles. Par conséquent, leur séparation est la seule issue pour un avenir de paix si, du moins, la communauté internationale ne souhaiterait pas que le conflit politique prenne, un jour, des proportions beaucoup plus dangereuses aussi bien pour les deux antagonistes que pour la stabilité de tout le bassin méditerranéen. Même si la Kabylie continue de penser qu’une guerre évitée est un bienfait pour l’humanité, celle-ci n’en sera jamais tout à fait une tant que tous les peuples ne sont pas libres.
Les années 60
18/03/1962 : Signature des Accords d’Evian par Krim Belkacem, mettant fin à plus de sept années de guerre et 132 ans de colonisation française.
14/04/1962 : Ben Bella, se préparant à prendre le pouvoir à Alger, déclare à Tunis : « Nous sommes des Arabes, des Arabes, 10 millions d’Arabes ! ».
05/07/1962 : Proclamation de l’indépendance de l’Algérie.
15/09/1963 : Coup d’État contre la Constituante algérienne, une constitution, imposée par le clan d’Oujda (Ben Bella-Boumediene), est proclamée dans un grand cinéma d’Alger. Elle consacre l’islam comme religion d’État et la langue arabe comme langue nationale, au mépris de la Kabylie laïque et amazighe.
L’indépendance est confisquée. Le rêve tourne au cauchemar.
29/09/1963 : La Kabylie déclare la guerre contre le pouvoir algérien. Hocine Ait Ahmed, Mohand Oulhadj, et Abdelhafid Yaha, le font au nom du FFS (Front des Forces Socialistes).
03/10/1963 : Guerre des frontières, appelée « Guerre des Sables », entre le Maroc et l’Algérie.
15/10/1963 : Mohand Oulhadj, sur pression de ses collaborateurs, retire ses troupes du maquis kabyle et les envoie à la guerre des sables.
Décembre 1963 : Pourparlers de paix entre la Kabylie et Alger. Ils vont échouer trois mois plus tard.
Mars 1964 : Reprise de la guerre entre la Kabylie et l’Algérie.
16/10/1964 : Arrestation de Hocine Ait Ahmed, chef de la rébellion kabyle.
25/11/1964 : Mohand Oulhadj est forcé par Ben Bella de lui remettre, contre reçu, le Trésor de la Kabylie constitué de 46 lingots d’or d’un kilo chacun, plus de 9000 pièces d’or de monnaie française de diverses valeurs et la somme de 300 millions de francs.
10/04/1965 : Ait Ahmed est condamné à mort. Deux jours plus tard, sa peine est commuée en détention à perpétuité. Il ne doit son salut qu’à Mohand Oulhadj qui a menacé Ben Bella de mort s’il venait à l’exécuter.
La guerre de Kabylie aura coûté 497 morts et plus de 3000 arrestations. À ce jour, ses victimes kabyles ne sont pas reconnues en tant que telles par l’Algérie.
21/04/1965 : Le Congrès du FLN accouche de « La Charte d’Alger » dans laquelle la langue arabe et l’islam sont renforcés par l’option socialiste du pays et aucun mot sur l’identité et les langues amazighes. Elle énonce en introduction : « Le peuple algérien est un peuple arabo-musulman. En effet, à partir du VIIIe siècle, l’islamisation et l’arabisation ont donné à notre pays le visage qu’il a sauvegardé jusqu’à présent. ». L’amazighité, en tant qu’élément identitaire fondamental est évacuée
16/06/1965 : Accord entre le FFS (Kabylie) et Ben Bella (Algérie) mais le document n’a jamais été publié (Souce Abdelhafid Yaha). Un entrefilet dans la presse, attribué à l’un des négociateurs du pouvoir, Mohamed Bejaoui, est publié mais signifiant, plutôt qu’un accord politique, la capitulation du FFS
19/06/1965 : Coup d’État à Alger, Boumediene renverse Ben Bella et suspend la constitution. La terreur politique est institutionnalisée, particulièrement contre tout ce qui est « berbère » et surtout kabyle.
01/05/1966 : Évasion de Hocine Ait Ahmed de la prison d’El Harrach (Alger) vers le Maroc d’où il va rejoindre la Suisse.
14/06/1966 : Création en France de l’Académie Berbère, une organisation politico-linguistique qui va assurer l’éveil identitaire auprès de plusieurs générations de lycéens kabyles, grâce, entre autres à la ténacité d’un homme : Mohand Arav Bessaoud.
1967 : Réduction du temps d’émission de la radio kabyle (Chaine II) héritée de la colonisation. Ouverture à 6h30 du matin, elle interrompt ses émissions entre 9h et 12h, entre 15h et 18h, puis fermeture de l’antenne à 22h.
1967 : La chanson kabyle connaît, sous l’impulsion de Cherif Kheddam sa première mutation en ouvrant la radio à de jeunes talents dont émergeront quelques géants de notre patrimoine.
L’heure de Kabyle diffusée par l’ORTF (Radio France) sur les Ondes Courtes est ramenée à 15mn, à la demande d’Alger. Hamid Hamici en était l’animateur et Slimane Azem le chanteur le plus engagé de l’époque.
Octobre 1968 : Le dictateur Houari Boumediene humilie la Kabylie en y allant passer 10 jours, une manière de dire qu’elle était « pacifiée », digérée.
Fin 1968 : Suppression du dernier temps d’antenne du kabyle sur les Ondes Courtes de Radio France.
1969 : La JSK (Jeunesse Sportive de Kabylie) accède en première division de football. Elle sera le porte-drapeau et le symbole de résistance de la Kabylie.
1969 : Juillet : Marguerite Taos Amrouche, chanteuse kab...